arnaudus a écrit 5789 commentaires

  • [^] # Re: et hop des economies

    Posté par . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 4.

    Je crois qu'en effet, le "droit de lire un DVD" n'est pas un droit constitutionnel :-) Autrement, tu pourrais acheter un DVD et venir pleurer parce que tu n'as pas de lecteur de DVD. Le problème est donc juste un chouilla décalé : on peut dorénavant lire un DVD seulement avec un lecteur de DVD certifié. S tu n'as pas de lecteur de DVD certifié, bah tu ne peux pas lire de DVD. Ta liberté n'a pas grand chose à voir là dedans.

    Bien sûr, il est possible de prendre d'autres angles d'attaque : 1) on ne devrait pas pouvoir appeler CD ou DVD des trucs qui ne sont pas lisibles avec tous les lecteurs de CD / DVD. 2) il y a une distortion de concurrence vis à vis des boîtes qui vendent des systèmes d'exploitation "alternatifs" --mais ces boîtes pourront toujours intégrer un lecteur propriétaire dans leurs distributions, donc ça ne tient pas longtemps. Bref, des points de détails à chipoter, mais dans l'ensemble, on ne peut pas dire que tes libertés fondammentales sont violemment attaquées. En fait, je me répète, mais ça revient peut à peu à traiter les oeuvres culturelles comme des marchandises. Si le tournevis de Leroy Merlin est trop gros pour être utilisé avec les petites vis achetées chez Bricorama, tu ne vas pas saisir le conseil constitutionnel et la cour européenne des droits de l'Homme. Il va falloir t'y faire, et acheter le matériel et les logiciels X qui permettent de lire les DVD Y. Ça va être marqué dessus, et puis voila.
  • [^] # Re: et hop des economies

    Posté par . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 4.

    C'est en effet la censure d'un raisonnement mathématique

    En fait, ce qui est étrange dans cette série de mesures, c'est que le contournement de la protection dans le but de commettre un acte délictueux est assimilé avec le contournement de la protection dans le but de faire autre chose qu'un acte délictueux. Ce type de raisonnement idiot est malheureusement fréquent. Je me rappelle par exemple d'un article du règlement de la RATP qui punit d'une amende le franchissement des portillons, même si l'on a un ticket valide. De même, en France, il est interdit de se garer devant son propre portail. Toutes ces situations ont un point commun : il est impossible pour un agent (police, controlleur...) de deviner si on est dans son bon droit ou non, sans arrêter / mettre une contravention, et vérifier après coup. Pour les DRM, c'est un peu la même chose : contourner les DRM pouvait être légal, ou non. Alors pour se simplifier la vie, on pique un peu de liberté, et on interdit l'action potentiellement délictueuse. Et tant pis pour ceux qui le faisaient sans vouloir violer aucune loi. C'est bête et méchant, mais ça a le mérite d'éclaircir une situation ambigüe ("Mais je faisais une copie privée Monsieur l'agent!").
  • [^] # Re: et hop des economies

    Posté par . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 7.

    Il n'y a pas de question particulierement precise a se posser

    Je dirais, au contraire, bien sûr que si, posons des questions précises et tentons d'y répondre plutôt que de tomber dans des délires paranos teintés de théorie du complot, sur l'air de "tous pourris" et "on va tous mourir".

    Le problème est bien celui de la distribution d'oeuvres commerciales propriétaires. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'a priori, les ayant-droits d'un titre musical ou d'un film ont bien le droit de décider des conditions de redistribution de leur bouse oeuvre. Quand tu distribues un soft sous GPL, tu dis "vous avez le droit de faire ça, vous n'avez pas le droit de faire ça", pour un disque, c'est pareil : "tu as le droit de l'écouter, mais pas de le diffuser sur Internet sinon tu vas te faire botter les fesses". Si les conditions de redistribution ou d'utilisation ne te plaisent pas, c'est comme Windows : tu refuses le contrat de licence, sauf que pour un CD, il n'y a pas de vente liée, personne ne te force à l'acheter, alors tu ne l'achètes pas.

    La réalité est juste plus complexe car même les beuglements de Lara Fabian ou les errements d'Audrey Tautou dans le DaVinci Code sont considérés comme des oeuvres culturelles. Et qu'en France particulièrement, la culture a quelque chose de sacré, et qu'elle ne peut pas être soumise aux mêmes lois que le travers de porc ou le dernier reflex numérique. Du point de vue des distributeurs des oeuvres culturelles, certaines de ces lois sont mauvaises pour leur business : la copie privée, l'accès à la culture à tous par exemple, c'est pas bon pour les dernières ventes (disons que c'est potentiellement à risque : même si c'est pas mauvais, ça ne peut pas être bon).

    L'accès à la culture, c'est une pression citoyenne. L'accès gratuit à la culture, c'est une pression citoyenne démagogique (mais ça ne veut pas dire que c'est mauvais, dans l'absolu). Le contrôle de la diffusion des oeuvres, c'est une pression industrielle. Nous vivons dans un monde de plus en plus capitaliste, et nos gouvernants, élus démocratiquement --je ne parle pas du futur repris de justice, mais des députés --, représentent les idées pour lesquelles ils ont été élus (ce n'est pas la premiére fois que je le dis ici, mais un gouvernement de droite qui applique une politique de droite, moi j'appelle ca une victoire de la démocratie. La prochaine fois il faudra réfléchir au nom que vous mettez dans la petite enveloppe).

    Bref, ce que tu appelles "TES DROITS", c'est en fait les droits que tu penses avoir sur la propriété intellectuelle d'autrui. Je me fais un peu l'avocat du diable ici, parce que je pense aussi qu'on devrait avoir des droits sur la propriété intellectuelle d'autrui à partir du moment où "autrui" veut diffuser son oeuvre, mais lá n'est pas la question. Je veux juste souligner que ce n'est pas vraiment une histoire de liberté : tu as le droit d'utiliser Linux, de l'installer, de le désinstaller, etc. (la libre concurrence serait une autre question). Tu as toujours le droit de faire ce que tu veux avec le CD que tu as acheté, tu peux le suspendre à ton sapin de Noël ou tirer dessus à la carabine. Par contre, le contenu du CD, qui ne t'appartient pas, tu ne peux pas en faire ce que tu veux. La question est donc la balance qu'il doit exister entre ta volonté de faire ce que tu veux avec le contenu (le lire sous Linux par exemple) et la volonté du propriétaire du contenu de t'imposer les moyens d'utiliser le contenu (le lire sous une plate-forme qu'il choisit). La tendance actuelle est de donner raison aux doléances des industriels (choix qui n'est pas illogique vu l'impuissance de l'État à faire respecter le code de la propriété intellectuelle).

    Je reste persuadé que l'impossibilité d'utiliser Linux (ou n'importe quoi d'autre "non certifié") n'est pas un but délibéré des industriels, mais plutôt un effet de bord dont ils n'ont absolument rien à secouer (sauf Apple peut-être, et encore...). Définissons donc calmement ce qu'on va avoir le droit de faire, et ce qu'on ne va pas avoir le droit de faire avec DADVSI. Est-ce que le p2p est explicitement interdit? Non, je ne pense pas. Est-ce que l'utilisation de Linux est interdite? Définitivement non (il ne s'agit que de la protection par la loi de la volonté des industriels à controller l'utilisation que tu fais des oeuvres dont ils possèdent les droits. Ils ne veulent pas que tu utilises Linux? Soit. Ils décident après tout, c'est leur CD). etc etc. Et pour chaque question qui pose problème, on peut discuter des conséquences pour le logiciel libre.
  • [^] # Re: conseil anti-constitutionnel ment

    Posté par . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 5.

    Le conseil constitutionnel prend des décisions sur la forme, et pas sur le fond. Si la loi est mal écrite et anticonstitutionnelle, ils suppriment les articles qui posent problème. Ils n'ont pas à se préoccuper des conséquences de la modification de la loi.

    Ceci pour justifier mon moinssage de ta remarque démago. Sans rancune! :-)
  • [^] # Re: Quid du materiel hi-fi ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 10.

    Bah c'est pas la loi qui est "n'importe quoi", c'est bien le principe même des DRM. Si on t'autorise à utiliser tes yeux / tes oreilles, alors on a besoin d'un dispositif qui transmet de l'information à tes yeux / tes oreilles. Dans tous les cas, le flux d'information pourra être intercepté à ce niveau, et la copie effectuée.

    Les DRM ne sont qu'un moyen de gêner cette copie. Le DRM ultime, bien entendu, c'est un matériel 100 DRMisé, puisque le seul signal que tu pourras enregistrer, c'est le signal analogique en sortie. Et comme on te l'as seriné depuis 20 ans (sans que ça soit forcément vrai en pratique, d'ailleurs), le signal analogique est moins bon que le numérique, et on se retrouve avec la même situation qu'auparavant, avec les cassettes VHS et les cassettes audio : tu peux copier la musique / le film, mais le résultat sera de moins bonne qualité, et il existe un argument pour acheter le produit initial.

    Évidemment, si la chaîne de matériel n'est pas 100% DRM, depuis le lecteur de CD jusqu'à la carte son, il y a des "niveaux" intermédiaires dans lesquels le signal est transmis "en clair", et c'est une faille gigantesque. C'est bien pour ça que ces grands industriels font tout pour que tu ne puisses pas lire leurs CD, DVD, et exécuter leurs jeux sous Linux : ils n'ont rien contre Linux, mais les DRM sous Linux, c'est illusoire, et ils préférent condamner cette plate-forme plutôt que de ruiner leurs plans (c'est tout á fait logique, selon leur point de vue).

    Le grand public, les journalistes et même les politiques ont du mal à appréhender le problème parce qu'il est complexe. la réallité, c'est que le code de la propriété intellectuel n'est plus appliqué depuis quelques années, et que "tout le monde" (c'est une caricature évidemment) "pirate", pour les raisons que tout le monde connait (internet haut débit, prix exorbitant des CD, politique des majors qui visent les ados fauchés, impunité, etc). La solution la plus logique, ça serait que les majors demandent à l'État que la loi soit respectée : c'est la moindre des choses. C'est ce qui avait été fait timidement ces deux ou trois dernières années, mais c'était extrêmement maladroit : condamnations pour l'exemple, avec tout le monde opposé aux sanctions disproportionnées (opinion publique et journalistes). Il y a une deuxième solution, c'est de constater l'échec du controle des échanges de fichier, et de changer les règles : c'était l'idée de la licence globale, qui "garantissait" un équilibre économique précaire. La dernière possibilité n'est pas une solution, mais c'est celle qui a été retenue. Il s'agit de brider les possibilités des ordinateurs et d'Internet, de fausser la libre concurrence des éditeurs de logiciels et des fabricants de matériel, et par dessus tout de compromettre la liberté des individus, pour maintenir une situation économique précaire que l'on sait déja condamnée. Bien entendu, cette possibilité était soutenue par les majors, les entreprises n'ont pas de raisons d'avoir des principes. Heureusement, notre liberté est garantie par nos élus, désignés démocratiquement, et qui n'ont dans leur vie qu'un seul but : défendre les intérêts, la liberté et la sécurité de leurs électeurs. D'un revers de manche, ils auraient dû dégager cette idée de DRM de la table des négociations, et passer à quelque chose de plus sérieux. À l'évidence, quelque chose a merdé...
  • [^] # Re: Jugement

    Posté par . En réponse à la dépêche Agir contre la vente liée. Évalué à 6.

    Bah tu peux ronchonner tout ce que tu veux, le juge a considéré, à raison probablement, que tu étais un emmerdeur anarchiste.

    Voila la situation : tu veux acheter un PC sans Windows. Soit.

    1) Tu vas chez Leclerc, et tu achètes un PC avec Windows. Admet que c'est bizarre comme comportement. Tu achètes un produit dans le but de démontrer que le vendeur n'avait pas le droit de le vendre comme ça.

    2) Tu réclames le remboursement de Windows. Tu en as le droit, le code de la consommation est d'accord avec toi (je n'ai jamais remis en cause le fond du problème). Mais HP t'offre une possibilité alternative qui, à mes yeux, est totalement équivalente : on te rembourse l'ordi avec Windows, et tu achètes un ordi sans Windows.

    3) Tu vas au tribunal, parce que la proposition de HP ne te convient pas. Pourquoi? OK, ils ne respectent pas scrupuleusement le code de la consommation, mais tu n'es pas Zorro, tu es sensé être un mec qui veut un PC sans Windows.

    4) le juge de proximité n'est pas compétent, mais il est loin d'être tombé de la dernière pluie. Son rôle n'est pas de fixer la jurisprudence sur un problème aussi complexe. D'ailleurs, le jugement ne dit pas clairement que HP viole (ou non) le code de la consommation. Le juge s'est simplement arrêté à ton litige : tu veux un PC sans Windows. Alors soit tu l'achètes sans Windows, soit tu l'achètes avec et tu le désinstalles, les deux possibilités te sont offertes. Tu ne veux ni l'une ni l'autre : tu montres donc que ton but n'était pas vraiment d'acheter un PC sans Windows. Du coup, bah tu es débouté, ça me parait logique.

    Encore une fois, le fond du problème est réel, mais la décision de justice me parait somme toute assez logique : tu t'es mis dans une situation indéfendable en refusant les propositions de HP et de Leclerc. Pour le juge, ça revient à acheter une boite de spaghettis, et de les rapporter en disant que tu voulais des raviolis, mais que tu ne veux pas qu'on te rembourse les spaghettis pour les remplacer par des raviolis : tu veux qu'on vide la boite de spaghettis et qu'on mette des raviolis à la place. L'illogisme de ton comportement a donc beaucoup plus compté que la légalité ou non de l'offre du vendeur, et le rôle de la justice, c'était bien de te débouter. Tu devrais peut-être changer d'avocat :-)
  • [^] # Re: Jugement

    Posté par . En réponse à la dépêche Agir contre la vente liée. Évalué à 9.

    Mmmhhh, je ne suis pas si choqué que ça du résultat du jugement. Si j'ai bien lu, le juge n'affirme jamais que la vente de logiciels en même temps que le matériel n'est pas de la vente liée. Il ne faut pas interpréter de travers. Le juge affirme simplement qu'il est possible d'acheter ce matériel HP sans logiciel (ce qui est vrai), et que si le plaignant voulait ce matériel sans logiciel, il devait l'acheter sans logiciel (et non l'acheter avec puis demander le remboursement). Le fait que le centre Leclerc ne vende pas ce matériel sans logiciel n'est en aucun cas la faute d'HP.

    Aucun juge n'aime avoir l'impression que le plaignant se fout de la gueule de la justice, ou utilise la justice pour faire passer un message politique. La justice est faite pour traiter des litiges au cas par cas. Dans ce cas, le litige a été réglé : le PC peut être remboursé intégralement, et racheté sans logiciel dans un magasin spécialisé. Mais non. Le plaignant veut un exemple, il veut un traitement particulier. C'est clair, le juge est une moule en informatique, et il n'a rien compris des tenants et des aboutissants politiques du problème. Mais il n'a pas à les comprendre. Pour lui, les propositions de solution à l'amiable étaient satisfaisantes pour le plaignant, qui ne s'en n'est pas contenté, et qui a voulu poursuivre la procédure jusqu'au bout pour des raisons politiques. Les frais de justice à payer sont complètement logiques de ce point de vue.

    Moralité : un tribunal n'est pas une tribune politique. Le combat est bon, les moyens ne l'étaient pas.

    Experience ++;
    return 0;
  • [^] # Re: guerreau

    Posté par . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à -2.

    Alors ce qui est bien, parfois, c'est que les moules sont bilingues, et peuvent aller lire l'article de Wikipédia en anglais : http://en.wikipedia.org/wiki/Free_content

    Citation : Free content, or free information, is any kind of functional work, artwork, or other creative content having no legal restriction relative to people's freedom to use, redistribute, improve, and share the content. Importantly, when free content is modified, expanded, or incorporated within another work, the resulting work must also be distributable as free content (see share-alike). To be considered free content, a work must allow modification and redistribution.

    Et voila.

    Tu réecris l'histoire (cf mon post plus haut ou plus bas). 1) il existe un sens avéré de "libre" dans le cadre des oeuvres de l'esprit, c'est le sens de la FSF. 2) certaines licences CC sont libres, certaines ne le sont pas. 3) par ignorance ou par souci de simplification extrêmiste, tu souhaiterais que "libre" ait plusieurs sens quand on parle d'oeuvres de l'esprit. 4) du coup toutes les CC sont libres.

    Si ça n'était qu'un débat sur les termes, à la limite, je m'en foutrais. Mais c'est bien plus que ça. En appelant "libre" un simple droit de redistribution (encore une fois, ça, c'est du freeware, c'est pas libre, c'est gratuit), tu chies sur la philosophie du libre, et tu mets dans le même panier les gens qui font du vrai libre altruiste, et ceux qui se mettent dans le sens du vent en utilisant Internet pour diffuser des oeuvres propriétaires.
  • [^] # Re: guerreau

    Posté par . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à 6.

    À ma connaissance, les logiciels libres ont défini en premier la signification du terme "libre" en rapport avec la propriété intellectuelle (dans le contexte du droit d'auteur et des oeuvres de l'esprit). Logiciels, peintures, films, livres : même combat, c'est du pareil au même, les mêmes lois protègent leurs auteurs.

    Là où la FSF a loupé son coup, c'est qu'elle n'a pas prévu l'extension de ce concept de "libre" aux autres oeuvres de l'esprit. La GPL est bien trop spécifique aux logiciels, et ça a ouvert un trou gigantesque dans lequel se sont engouffrés les CC, qui couvrent un grand ensemble de conditions de redistribution possibles, du domaine public (ou BSD-like) au droit d'auteur restreint (freeware-like). Mais autant on pouvait à coup sûr dire que les licences GNU étaient libres les yeux fermés (c'est pas totalement vrai d'ailleurs, voir l'horrible GFDL), autant on ne peut pas en dire autant des CC : dire que l'oeuvre est distribuée sous CC, ça n'a aucune signification quant à sa liberté. C'était, je pense, le but de la news.

    Maintenant, certains viennent clamer que toutes les CC sont libres. Ils ne viennent pas le prouver, il viennent dire "ah oui mais on n'appelle pas "libre" la même chose". Pour moi, ça revient à retomber dans ce débat de cour d'école, où il faut expliquer que "pas libre" ne veut pas dire "mal", et que "gratuit" n'est pas suffisant pour être "libre".
  • [^] # Re: Un contenu libre!

    Posté par . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à 4.

    Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à dire que dans un contexte différent, un même mot n'a pas la même définition.

    Le contexte n'est pas différent, c'est bien ça le problème. Ces diffusions sous CC-nc et companie s'appuient sur les structures existantes du logiciel libre (ce site, par exemple, justement). Ça revient à surfer sur un mouvement, sans en partager la philosophie. Le terme "libre" et "liberté" est défini par rapport à un peuple ou à des individus. L'innovation apportée par la définition de GNU, c'est d'appliquer ce terme à des oeuvres de l'esprit, c'est à dire dans le cadre de la propriété intellectuelle. Je suis peut-être sectaire,mais je pense que cette définition doit avoir une priorité absolue dans ce domaine. Si je fais un film librement distribuable et modifiable, il est libre. Si je fais un film et je veux bien qu'on le copie, alors il est gratuit. Dire qu'il est libre, ça revient à usurper le mouvement de fond porté par les gens qui font vraiment du libre, en chipotant sur les définitions.
  • [^] # Re: guerreau

    Posté par . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à 10.

    C'est marrant, j'ai l'impression qu'on assiste à un glissement sémantique par rapport à ce que peut vouloir dire "libre". Toutes proportions gardées, ça me fait penser au glissement qu'à connu le terme "sciences" ces dernières années.

    1) il y a un consensus pour dire que le libre/ la science, c'est bien, ça fait du bien à l'humanité, ça correspond à la vision du monde tel qu'on le souhaite.

    2) beaucoup de gens essayent de rattacher ce qu'ils font à ce concept : on voit apparaitre l'"art libre", ou les "sciences humaines".

    3) peu à peu, tout ce qui n'est pas libre/sicentifique devient pourri. Un médecin ou un économiste se sent vexé quand on lui dit que sa discipline n'est pas scientifique, un artiste se sent humilié quand on lui dit que son oeuvre sous CC-nc n'est pas libre

    4) les frustrés du point 3, qui ont souvent loupé le point de départ du mouvement (et donc sa philosophie sous-jacente), tentent de dévaluer le terme plutôt que de concéder que leur conception n'est pas partagée par les initiateurs des concepts.

    5) un nouveau terme, souvent ridicule mais plus précis, apparaît (sciences dures, libre au sens de GNU...)

    Pour les excités qui confondent libre et gratuit, la "liberté" du mouvement des logiciels libres se décline en :

    * liberté d'"utilisation"
    * liberté d'étudier
    * liberté de diffusion
    * liberté de modifier et de diffuser les modifications

    Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre n'est pas libre. Ou alors, vous redéfinissez le concept, mais vous en profitez pour surfer sur le mouvement du libre, porté par les gens qui font du vrai libre, et ça c'est quand même assez répugnant comme comportement.

    Si les artistes pensent que la diffusion gratuite devrait s'appeller "libre", alors il fallait y penser en premier.
  • [^] # Re: Un contenu libre!

    Posté par . En réponse à la dépêche Les licences Creative Commons et la liberté. Évalué à 2.

    Est-ce-que les licences CC sont libres au sens GNU du terme? Mais on s'en bat les couilles!!!!!

    Mais tu t'en bats les couilles. Tu fais ce que tu veux avec tes couilles, ça te regarde, mais ne présume pas de l'intérêt des autres.

    Moi ce que je vois c'est des contenus artistiques au minimum librement redifusable dans un cadre non commercial, et ça, c'est bon pour la culture.

    Tu peux citer un post qui dit le contraire? Le monsieur ne te dit pas que c'est mal, il te dit que c'est pas libre.

    Dans l'industrie du logiciel, les boîtes qui font du LL peuvent vendre du service, quand est-il de l'artiste?

    Des concerts? Des expos? Des commandes privées? Des invitations à participer à des événements culturels? Du mécénat?

    Plutot que de râler, remercions toutes les personnes qui diffusent leurs oeuvres sous licence cc-* d'offrir une culture accessible librement pour tous (ceux qui ont les moyens de se payer les lecteurs appropriés aux media diffusés).

    OK. Ce que tu décris, ça a un nom. Ça ne s'appelle pas "libre", ça s'appelle "gratuit". Il y a encore des gens qui confondent libre et gratuit sur linuxfr?
  • [^] # Re: Ou va libération?

    Posté par . En réponse à la dépêche Il n'a de libre que le nom. Évalué à -1.

    C'est marrant, parce que je vois mal "Edouard de Rothschild" regarder le match de foot ce soir avec un bière à la main et des chips dans l'autre, entouré de copains hurlant des remarques à la finesse contestable sur la pilosité excessive des génitrices des joueurs portugais. Alors que "Rober Bidochon", si.

    Je suis d'accord pour dire qu'un nom avec un "de" ne veut rien dire. Par contre, contrairement à ce que tu as l'air de penser, l'aristocratie existe encore dans la tête de ceux qui appartiennent à ces familles "prestigieuses", et qui font en général bien attention à qui ils introduisent dans leur famille et à leur "réputation".
  • [^] # Re: Article

    Posté par . En réponse à la dépêche Le projet de loi DADVSI adopté. Évalué à 5.

    Je pense que tu as tout à fait raison. Le fait est que le sujet est extrêmement technique, et que la plupart des gens s'en foutent, simplement. Non seulement ils s'en foutent, mais en plus ils ont appris à penser comme des moutons : "mon truc ne marche plus avec les anciens CD? Bah il en faut un neuf, alors", aidés en celá par la publicité, les vendeurs de la FNAC, et tristement, les "meilleurs copains" spécialistes en matos technologique.

    La plupart des gens sont donc incapables de protéger leur propre liberté (et pire, ils sont prêts à s'enfermer eux-mêmes). Cette protection devrait être apportée par la loi, dictée par les instances dirigeantes de notre pays. Ce n'est évidemment pas le cas.

    Mais où est l'absence de démocratie? Je ne la vois nulle part. Un gouvernement libéral, élu par une majorité, applique une politique libérale qui conduit vers une version extrême de la société de consommation, vers laquelle de toutes manières le grand public se dirige spontanément. Je ne vois que le la démocratie, justement. La démocratie n'a jamais sous-entendu l'adoption des lois les plus sensées et raisonnables, elle ne fait qu'imposer la liberté d'un peuple à choisir ses dirigeants, même si ces derniers sont carriéristes, incompétents et manipulateurs. Le peuple a choisi, la démocratie a parlé.

    Je crois que je vois tout en noir aussi, hein?
  • [^] # Re: Faire appliquer la loi.

    Posté par . En réponse à la dépêche L'Éducation nationale vend les produits de Microsoft dès la maternelle. Évalué à 3.

    obligatoirement dans un contexte médicalisé

    Seulement en France, et c'est démocratisé aux non-médecins (dentistes, infirmiers...). Les lobbys de l'ordre des médecins et des pharmaciens sont encore forts, et à ma connaissance, la "pratique illégale de la médecine" ne s'arrête pas aux médicaments : se faire payer pour remettre un genou en place, pour retirer une verrue, ou pour refaire des seins sans être médecin (ou profession médicale), c'est illégal -- quel que soit le résultat (efficace ou non) du procédé. C'est donc tout à fait normal que, quelle que soit l'efficacité de l'homéopathie, elle s'apparente à un acte médical, au moins aux yeux du patient, et elle ne peut pas être proposée comme n'importe qui.

    Mais bon, je comprends que tu défendes l'homéopathie : si comme j'ai compris plus haut tu confonds une corrélation et un lien de cause à effet, on est mal partis au niveau du raisonnement rigoureux...
  • [^] # Re: Faire appliquer la loi.

    Posté par . En réponse à la dépêche L'Éducation nationale vend les produits de Microsoft dès la maternelle. Évalué à 5.

    Ça alors, j'ai lancé un troll sur l'homéopathie sans même parler de l'homéopathie... Trop fort...

    Quand au sujet du troll lui-même, personne n'a jamais nié que l'homéopathie n'avait pas d'effet. L'homéopathie a exactement le même effet que le placebo, effet qui est loin d'être négligeable (vous savez, c'est ce qui vous fait oublier le mal de crâne 5 minutes après la prise du Doliprane, alors que le cachet est à peine dissous dans l'estomac...).

    Tout le problème sur le remboursement de l'homéopathie, c'est de savoir si, et si oui à quelle hauteur, il faut rembourser un médicament qui ne contient que du sucre en poudre. Parce que le prix est aussi un élément essentiel de l'effet placebo : si je te file un traitement gratuit, tu vas le trouver inefficace (de la même manière que tu vas trouver efficace un médoc à 1000¤ qui vient de sortir). Du coup, l'efficacité est corrélée au prix, et changer le prix, c'est changer l'efficacité du bouzin... La belle prise de tête, quoi.

    Pour ceux qui sont persudés que l'homéopathie est un traitement miraculeux, c'est très bien pour eux : c'est ce qui fait l'efficacité du traitement. Par contre, qu'ils essayent de persuader les autres du bien fondé de leurs opinions, c'est logique, mais ça n'en est pas moins discutable. On dirait Rael qui défend son bout de viande ("de toutes manières la science ne peut tout expliquer, etc etc).
  • [^] # Re: Faire appliquer la loi.

    Posté par . En réponse à la dépêche L'Éducation nationale vend les produits de Microsoft dès la maternelle. Évalué à 9.

    Au risque de choquer, je dirais même que le programme était annoncé à l'avance. Les gens ont voté pour ça : baisse des impots, donc privatisation des services publics. l'UMP est un parti à tendance libérale (car c'est vraiment de ça qu'il s'agit : du pur libéralisme), ile ne font qu'appliquer leurs solutions. Ce qui est une défaite pour la société est en quelque sorte une victoire de la démocratie... et c'est le même principe pour les DRM par exemple.

    Contrairement à ce que certains beaufs décérébrés se complaisent à dire lascivement étendus sur un comptoir de bistro, finalement, le petit papier qu'on met dans l'enveloppe a peut-être encore son importance.
  • [^] # Re: Waouh !!! Mais ça sert à quoi ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Google de plus en plus proche du libre (?). Évalué à 6.

    Et puis je pense aussi que le but de Google, c'est aussi l'expérimentation. L'innovation, c'est pas toujours vers des trucs qui semblent sûrs. J'ai les mêmes doutes que toi sur l'utilité du truc, mais si ça se trouve, dans 10 ans, tout le monde fonctionnera de cette manière.

    Laissons leur le bénéfice du doute. Je préfère ça à une politique non innovante, dont le but n'est d'offrir qu'une énième alternative à la concurrence <troll inside> le premier qui parle d'OpenOffice, c'est lui, c'est pas moi </troll inside>
  • [^] # Re: Plus fort que tout ...

    Posté par . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 5.

    on devrais interdire l'utilisation de tous les mots car issus d'une oeuvre si on suis rigoureusement ce que tu dis

    Mais bien sûr que non! Le mot, comme la note ou un nom de fonction dans un code, n'est pas soumis au droit d'auteur en tant que tel. Le CPI considère comme "oeuvre de l'esprit" toute création qui exprime la personnalité de l'auteur. Une lettre ne peut exprimer la personnalité de l'auteur, un mot non plus. Une phrase, par contre, si. Des groupes de mots particuliers également (je me rappelle d'une histoire il n'y a pas longtemps avec l'expression "le lundi au soleil"). Par contre "Il fait beau" ne relève certainement pas du droit d'auteur. La subtilité en fait, c'est ce qui existe entre la copie et le hasard : deux mots associés, c'est certainement du hasard. Trois, ca dépend. Quatre, cinq six? Ça n'est plus du hasard. Pour prendre un exemple, Prenons ta phrase : "Ensuite dire que les lois sur les drm vont faire pencher la balance".

    1er mot : 32,500,000 occurrences dans Google
    2 mots : 25,500
    3 mots: 994
    4 mots: 211
    5 mots: 0 occurrences.

    Apparemment, sur Internet, personne avant toi n'a jamais écrit "Ensuite dire que les lois". Étonnant, non? Rajoute "sur les drm", et là, tu peux être quasiment sûr que quelqu'un qui réutilise cette expression t'a copié. Une pharse, une demi phrase même, suffit à démontrer un plagiat : 5 mots suffisent à "exprimer la personnalité de l'auteur". Des centaines de personnes ont déja voulu dire la même chose, mais l'ont dite avec des mots différents : ces cinq mots t'identifient comme l'auteur unique de cette pensée. Pour les notes, ça doit être du même genre d'idées. Et cette unicité qui est prise en compte par la loi. En cas de doute, alors c'est un tribunal de trancher, mais je pense que les cas douteux sont extrêmement rares. Est-ce que ça te parait plus clair maintenant?

    PS : j'ai par contre tout à fait le droit de réutiliser tes propos, ça rentre dans le cadre de la "courte citation" dans un but pédagogique, avec identifiaction de l'auteur. Malheureusement, la jurisprudence n'accorde le droit de citation que sur le texte : il n'est techniquement pas possible de citer une image (la citation doit reprendre seulement une faible partie de l'oeuvre originale) ni, plus étonnamment, une chanson (un extrait de 30s a déja été jugé non recevable vis-à-vis du droit de citation : 30s sur quelques minutes, c'est trop pour une citation).
  • [^] # Re: Plus fort que tout ...

    Posté par . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 1.

    OK, je crois que je n'ai pas été très clair. Je ne te parle pas de mes idées personnelles, mais du code de la propriété intellectuelle tel qu'il existe en France (c'est en gros la même chose dans les autres pays, si on oublie le "fair use" américain par exemple). Toi tu me parles de ton interprétation de ce que tu crois savoir comment ça marche dans l'île aux enfants. Mais non. Ton idée d'"interprétation" par exemple n'existe pas dans le code. Et ta joconde, ce n'est pas une interprétation, c'est une mauvaise copie. La reproduction de partoches, ce n'est pas de l'interprétation, c'est de la copie (par un autre moyen que la copie de fichier, mais la loi ne rentre pas dans les détails techniques). Je te cite les articles, et toi tu restes dans ton délire. Tu penses ou tu souhaites avoir le droit de ce que tu prétends être l'"interprétation". Tes exemples sont un bon gloubiboulga du droit de citation, de copie privée et de plagiat ; tu mets tout ça sous le terme "interprétation" qui n'a aucune existence légale et hop, ça y est, tu as argumenté. Alors soit tu vas te renseigner, lire la jurisprudence (il y a un exemple très intéressant avec un fichier MIDI (classiquement, les notes d'un morceau) et la SACEM : un fichier MIDI est bien une copie du morceau), lire le code (il est compliqué, mais fait rare pour un texte de loi, assez abordable par le commun des mortels). Mais le boulet qui crie "Je vous emmerde, j'ai le droit d'interpréter" à chaque fois qu'on te demande de clarifier ses propos, ça commence à me lasser.

    Ça, c'était pour le côté légal. Maintenant, le débat est ouvert pour dire quels points de la loi sont bien, quels point sont mauvais, etc. Par exemple, ouvrir le droit d'"interpréter" à l'oreille les partitions, ça peut poser des problèmes. Typiquement, les sonneries casse-pompes de portables à télécharger pour seulement 3,95¤. Elles sont bien entendu reproduites "à l'oreille", tu souhaiterais que ni l'artiste, ni la maison de disque puisse avoir des droits là dessus? Chaque modification de la loi a des conséquences, certaines sont prévisibles, d'autres non (qui aurait pu prévoir ces histoires de sonneries de portable il y a 15 ans?). Les lois sur lesquelles les majors s'appuient pour faire fermer ces sites de partition sont les mêmes que celles qui protègent les auteurs contre les abus de ces mêmes majors, et tout est toujours plus compliqué que des rêves d'adolescents cannabinoïsés. Le message que je voulais faire passer, c'est que les lois actuelles étaient cohérentes, et qu'elles établissaient une sorte d'équilibre entre les libertés des consommateurs et les libertés des auteurs. Introduire des DRM inviolables ou au contraire anarchiser la diffusion des oeuvres, c'est faire pencher la balance vers quelque chose d'inconnu et c'est potentiellement dangereux.
  • [^] # Re: Grand méchant loup...

    Posté par . En réponse à la dépêche Google, futur grand méchant loup ?. Évalué à 5.

    Une dangereuse tendance se profile à l'horizon : l'hégémonie de Google.

    Vu la tournure de l'article, ça ne ressemble méchamment pas à du deuxième degré... Ou alors faut être plus clair. Parce qu'apparemment, peu de gens ici ont compris le deuxième degré. Mea culpa si j'ai pas compris le ton de l'article... Mais je pense ne pas être le seul, alors.
  • [^] # Re: Plus fort que tout ...

    Posté par . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 2.

    Tu renie la partie 'interprétation' parce que ca te gene et ca ne rentre pas dans ton systeme de valeur, mais une interprétation n'est pas et ne sera jamais une copie , ne t'en déplaise.

    Art. L. 122-3. La reproduction consiste dans la fixation matérielle de l'oeuvre par tous procédés qui permettent de la communiquer au public d'une manière indirecte.

    Il va te falloir un sacré bon avocat pour plaider qu'une partition reproduite à l'oreille n'est pas une reproduction.

    Art. L. 122-4. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.

    Je crains que ta "joconde" ne tombe là dedans.

    Ton seul espoir est dans l'article L 122-5:

    Art. L. 122-5. Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire :
    ...
    4° La parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre

    Je ne comprends pas ce que tu entends par "interprétation". Soit c'est un travail dérivé (comme dans le cas d'une partition à l'oreille, ou de ta Joconde), et c'est illicite. Soit c'est un travail personnel, et c'est licite, mais ce n'est pas une "interprétation", c'est une "inspiration". Quelques définitions pour "interprétation"?

    Fait de traduire les paroles d'un orateur ou le dialogue de deux ou plusieurs personnes. = traduction. Illégal.

    Action d'expliquer, de chercher à rendre compréhensible ce qui est dense, compliqué ou ambigu; résultat de cette action = explication. Parfaitement légal, mais ni ta Joconde, ni l'histoire des partitions de musique, ne peuvent rentrer là dedans.

    Action de donner un sens allégorique, symbolique, mystique à quelque chose; résultat de cette action. Un peu pareil à la précédente.

    Action de jouer un rôle ou un morceau de musique en traduisant de manière personnelle la pensée, les intentions d'un auteur ou d'un musicien; résultat de cette action illicite sans l'autorisation de l'auteur (sauf en privé)

    Action de reproduire (un modèle ou la nature) de manière personnelle, selon sa propre vision des choses. = reproduction. Illicite.

    Donc évidemment, "interprétation" a plusieurs sens, donc c'est impossible de dire "L'interprétation d'une oeuvre est illégale". Mais c'est jouer sur les mots. Alors OK, selon toi, ce que tu appelles "interprétation" n'est pas une copie, ne m'em déplaise. Mais le code de la propriété intellectuelle, lui, considère la reproduction comme une copie, et mon dico considère qu'une "interprétation", dans ton sens, est bien une reproduction. Mon système de valeurs semble être identique à celui de la loi... Comme je l'ai déja dit, je n'aime pas ce système, mais il est cohérent. Ton "interprétation", c'est une idée amusante, mais elle induit tellement de nuances que dans les faits, elle est impossible à formaliser. Il existe au moins 5 définitions différentes pour le mot "interprétation"! "interpréter" ce n'est pas un fait. Soit tu reproduis, soit tu ne reproduis pas. Tu peux t'inspirer d'une oeuvre, mais seulement t'inspirer. Ta Joconde est une (mauvaise, désolé) copie, pomper un algo est aussi une copie, réecrire l'histoire d'un livre est un plagiat. Bienvenu dans le monde réel! :-)
  • [^] # Re: Plus fort que tout ...

    Posté par . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 2.

    c'est toi qui semble énérvé

    Oui, je suis énervé parce je ne devrais pas avoir à argumenter sur des faits aussi basiques que le respect de la propriété intellectuelle.

    Soit tu nies l'existence de la propriété intellectuelle (je pense que ça n'est pas une bonne idée, mais passons) : dans ce cas, tu peux trouver une certaine logique au système. On vit alors dans une sorte de communisme intellectuel, ou rien n'appartient à personne. Accessoirement, les films sont libres (ou plutôt "publiques"), les livres aussi, la musique aussi, etc. Il faut alors trouver un système alternatif pour faire vivre les gens dont c'est le métier. Mais ça se défend, c'est une vision idéaliste d'un monde utopique, mais ça peut marcher.

    Le problème, c'est que je ne crois pas que ça soit la manière dont tu penses. D'après ce que tu as écris, tu voudrais que la propriété intellectuelle soit quelque chose d'extrêmement flexible, tout en nuances complexes, basées sur des idées comme "je suis gentil donc j'ai le droit de faire ça, mais Microsoft ils sont méchants donc ils n'ont pas le droit". Or, je ne t'apprends rien je pense, le logiciel libre, pour exister, a besoin d'un droit d'auteur très fort. Droit d'auteur au sens littéral : l'auteur doit pouvoir décider de ce que les autres font avec ses "créations". En tant qu'auteur d'un logiciel libre, par exemple, tu peux décider que ton code ne peut être redistribué que sous GPL. La moindre flexibilité dans ce principe, comme je l'ai déja dit plus haut, fait foirer tout le système : s'il est possible de changer les conditions de redistribution sans l'avis de l'auteur, alors le logiciel libre n'existe plus.

    J'aimerais donc bien que tu m'expliques le monde dans lequel tu voudrais que tes enfants vivent. Tu voudrais qu'on puisse recopier une chanson, la modifier, la réinterpréter, sans l'avis de son auteur et sans le rétribuer? Ou tu places la limite? Tu voudrais qu'on puisse copier les chansons, en refaire des compilations, et les revendre sans rétribuer l'auteur? Pareil pour les logiciels? Pareil pour les films? Ça ressemble drôlement à une visions ultra-libérale du monde, non? Plus rien me protège les "petits", les petits logiciels libres, les petits chanteurs, etc. Sans l'exclusivité sur un film ou une chanson, plus de labels indépendants.

    Ce que je te reproche, c'est que tu ne réalises pas les conséquences d'autoriser par la loi les oeuvres dérivées et la copie non privée, avec redistribution potentielle. Toi, tu ne vois que ton intérêt de particulier dans l'histoire : "ah ouais c'est cool la musique gratos, ah ouais cool de pouvoir échanger des partoches avec mes potes, de les mettre sur mon blog". Et puis de mettre des pubs sur ton blog, après? Pour gagner de l'argent? Un peu au début, puis beaucoup quand tu deviens le site n°1 de partoches gratuites? Jusqu'au jour ou quelqu'un va pomper ta base de données, issue de 5 ans de travail acharné, et créer partoche.com avec de la pub à la télé? Bah oui, plus de protection sur les bases de données...

    Je ne dis pas que le système actuel est bon. Je pense qu'il est vicieux, notemment par la possibilité de transférer la gestion de ses droits à un tiers (maison de disque par exemple) qui ne va pas forcément défendre les intérets de l'auteur. Mais il a le mérite d'être dans une certaine mesure cohérent. Il a le mérite de préserver la liberté des auteurs (aux dépens de celle des consommateurs, je te l'accorde). On peut avec les lois actuelles faire du libre et du propriétaire, avec une cohabition (un peu foireuse, mais possible). Si tu fais sauter la protection accordée par le droit d'auteur, alors tout le monde, de facto, fait du libre. Comment tu vas justifier ça auprès des auteurs qui ne veulent pas ça? Tu appelles ça comment, si c'est pas du fascisme? D'un autre côté, les lois qui passent maintenant sont également liberticides, car elles tendent à faire pencher la balance du côté du modèle entièrement propriétaire. C'est certainement pas libéral, au contraire; ça revient à présevrer les bénéfices de quelques entreprises par des lois extrêmement fortes et contraignantes qui vont énormément réduire la liberté des consommateurs (copie privée par exemple).

    Tu peux me trouver "borné" si tu veux. C'est pas très agréable d'avoir le rôle du mec chiant qui rappelle toujours "attention, c'est plus compliqué que ça", mais oui, je pense que la réalité est plus compliquée qu'un modèle de type "fête du slip pour ados boutonneux" qui résolverait tous les problèmes posés par ces grosses méchantes major du disque en laissant tout le monde faire ce qu'il veut, à peu de choses près, avec les créations des autres. Si tu me proposes un modèle qui garantisse un revenu aux auteurs, une liberté de controller la diffusion de leurs oeuvres, la liberté des consommateurs, la coexistence de plusieurs systèmes de distribution, la libre concurrence, et tout ça rendu possible dans le cadre actuel des règles du commerce mondial, alors on pourra aborder une discussion constructive. "le copyright ça pue, on peut pas pirater les mp3 comme on veut" me semble, par exemple, un mauvais point de départ pour une telle discussion...
  • [^] # Re: Grand méchant loup...

    Posté par . En réponse à la dépêche Google, futur grand méchant loup ?. Évalué à 5.

    Pas mieux. Je ne comprends pas vraiment le but de cet article, qui tourne autour d'une fumeuse théorie du complot teintée de paranoïa, avec en arrière plan une haine non dissimulée pour toute grande entreprise...

    Google c'est pas l'île aux enfants. C'est une boîte, qui comme toutes les boîtes est là pour faire des sous (pas forcément des bénéfices : les sous servent aussi à payer les employés et à investir). Pour faire des sous, elle a décidé de se baser principalement sur l'innovation, en proposant soit des services beaucoup plus efficaces que les concurrents (moteur de recherche), soit des services inexistants ailleurs, et qui n'auraient peut-être pas existé avant 20 ans sans Google (Google Earth par exemple), soit des services de base, mais gratuits (alors que souvent payants ou beacoup moins efficaces ailleurs) (gmail par exemple).

    Pour faire des sous, Google a aussi décidé d'investir dans le logiciel libre, et la séduction des communautés d'utilisateurs (libres ou non, d'ailleurs). Ils font aussi peut-être ça parce qu'ils croient au logiciel libre (ils ne seraient probablement rien sans lui), et parce que ça embête bien leurs concurrents au passage.

    Pour moi, Google est une boîte modèle du XXIe siècle, contrairement aux "vieux" monstres du XXe (Microsoft, Sun...). Pas empêtrée dans des principes fondateurs castrateurs (à mon avis, si dans 3 ans le LL commence à puer à cause des brevets et des lois libérales, Google se désengagera vite fait), cherchant à séduire en démontrant (et non pas en promettant), engagée à fond dans l'innovation, et décidée à jouer un rôle dans l'avenir du web et des technologies de communication. Tout cela dans un respect assez impressionnant des libertés individuelles, et une démarche apparemment humaniste (sans être suicidaire : on bride les résultats du moteur de recherche en Chine, mais on va le raconter à tout le monde). Si seulement toutes les boîtes étaient comme Google, on vivrait dans un monde bien meilleur. Alors la parano psychotique...
  • [^] # Re: Plus fort que tout ...

    Posté par . En réponse à la dépêche DADVSI : l'interopérabilité disparait. Évalué à 3.

    De la même manière que tu peux retranscrire de la musique à l'oreille, tu peux retranscrire une recette de cuisine au gout.

    Non. J'ai déja expliqué plus haut pourquoi. La recette ne relève pas du droit d'auteur, la musique, si.

    Et la je ne parle pas de copie mais de retranscription.

    C'est pareil. J'ai déja expliqué plus haut aussi. Le moyen par lequel tu réalises la copie ne rentre pas en ligne de compte. Si j'apprends par coeur un bouquin et que je le recopie 3 jours après, je suis coupable de contrefaçon.

    avec un retranscription, tu ne copie pas, tu interprètes.

    Non. Et même si? Une "interprétation" est une oeuvre dérivée, c'est interdit. Encore une fois, le matériel que tu copies ne t'"appartient" pas intellectuellement parlant, que ce soit pour un texte, pour une musique, pour un film, pour une sculpture, un tableau, un bâtiment... Quand tu achètes un CD, tu achètes une forme de licence d'utilisation, pas de ré-utilisation!

    ou s'arrête la retransription d'un oeuvre musicale

    Exactement au même endroit que la retranscription d'un texte. Combien de mots peux-tu copier d'un texte avant de pouvoir être accusé de plagiat? Une phrase? un groupe de mots? un mot? une lettre? En cas de conflit, c'est au juge de décider. En attendant, la logique veut de mettre la limite là où le hasard n'est plus possible. Et si t'es capable de composer une chanson avec deux mesures identiques à un autre, sans que tu en aies connaissance, t'es vachement fort. Donc la limite se situe probablement entre le groupe de notes et la mesure.

    Je ne comprends pas pourquoi tu réagis comme ça. C'est quoi ton "truc"? L'anarchie? Tout le monde fait ce qu'il veut avec le travail des autres? Ou un libéralisme extrême, où rien n'est controllable par la loi? Dans tous les cas, avec ta vision des choses, le logiciel libre par exemple est impossible : si n'importe qui peut s'inspirer du code d'un logiciel pour le mettre dans un autre, fermé, sans respecter les licences, sans demander l'avis des auteurs, alors la GPL par exemple n'a absolument aucun sens!

    En tout cas, ce que tu appelles "liberté", moi j'appelle ça du fascisme (-> PointGodwin++). De quel droit tu veux décider pour les autres? La propriété intellectuelle n'a rien de malsain en elle même, c'est un rempart qui protège avant tout les auteurs (même si elle est fréquemment détournée), et la liberté des auteurs à diffuser leur oeuvre selon leurs propres désirs. Au passage, encore une fois, la propriété intellectuelle par exemple ne remet absolument pas en cause le droit à la copie privée : tu as parfaitement le droit de retranscrire, dessiner, interpréter, etc. les oeuvres des autres, les commenter, les analyser... Mais, simplement, c'est "privé" : tu gardes ça pour toi, seul l'auteur est en droit de dire ce que tu peux en faire.