• [^] # Re: et hop des economies

    Posté par . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 7.

    Il n'y a pas de question particulierement precise a se posser

    Je dirais, au contraire, bien sûr que si, posons des questions précises et tentons d'y répondre plutôt que de tomber dans des délires paranos teintés de théorie du complot, sur l'air de "tous pourris" et "on va tous mourir".

    Le problème est bien celui de la distribution d'oeuvres commerciales propriétaires. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'a priori, les ayant-droits d'un titre musical ou d'un film ont bien le droit de décider des conditions de redistribution de leur bouse oeuvre. Quand tu distribues un soft sous GPL, tu dis "vous avez le droit de faire ça, vous n'avez pas le droit de faire ça", pour un disque, c'est pareil : "tu as le droit de l'écouter, mais pas de le diffuser sur Internet sinon tu vas te faire botter les fesses". Si les conditions de redistribution ou d'utilisation ne te plaisent pas, c'est comme Windows : tu refuses le contrat de licence, sauf que pour un CD, il n'y a pas de vente liée, personne ne te force à l'acheter, alors tu ne l'achètes pas.

    La réalité est juste plus complexe car même les beuglements de Lara Fabian ou les errements d'Audrey Tautou dans le DaVinci Code sont considérés comme des oeuvres culturelles. Et qu'en France particulièrement, la culture a quelque chose de sacré, et qu'elle ne peut pas être soumise aux mêmes lois que le travers de porc ou le dernier reflex numérique. Du point de vue des distributeurs des oeuvres culturelles, certaines de ces lois sont mauvaises pour leur business : la copie privée, l'accès à la culture à tous par exemple, c'est pas bon pour les dernières ventes (disons que c'est potentiellement à risque : même si c'est pas mauvais, ça ne peut pas être bon).

    L'accès à la culture, c'est une pression citoyenne. L'accès gratuit à la culture, c'est une pression citoyenne démagogique (mais ça ne veut pas dire que c'est mauvais, dans l'absolu). Le contrôle de la diffusion des oeuvres, c'est une pression industrielle. Nous vivons dans un monde de plus en plus capitaliste, et nos gouvernants, élus démocratiquement --je ne parle pas du futur repris de justice, mais des députés --, représentent les idées pour lesquelles ils ont été élus (ce n'est pas la premiére fois que je le dis ici, mais un gouvernement de droite qui applique une politique de droite, moi j'appelle ca une victoire de la démocratie. La prochaine fois il faudra réfléchir au nom que vous mettez dans la petite enveloppe).

    Bref, ce que tu appelles "TES DROITS", c'est en fait les droits que tu penses avoir sur la propriété intellectuelle d'autrui. Je me fais un peu l'avocat du diable ici, parce que je pense aussi qu'on devrait avoir des droits sur la propriété intellectuelle d'autrui à partir du moment où "autrui" veut diffuser son oeuvre, mais lá n'est pas la question. Je veux juste souligner que ce n'est pas vraiment une histoire de liberté : tu as le droit d'utiliser Linux, de l'installer, de le désinstaller, etc. (la libre concurrence serait une autre question). Tu as toujours le droit de faire ce que tu veux avec le CD que tu as acheté, tu peux le suspendre à ton sapin de Noël ou tirer dessus à la carabine. Par contre, le contenu du CD, qui ne t'appartient pas, tu ne peux pas en faire ce que tu veux. La question est donc la balance qu'il doit exister entre ta volonté de faire ce que tu veux avec le contenu (le lire sous Linux par exemple) et la volonté du propriétaire du contenu de t'imposer les moyens d'utiliser le contenu (le lire sous une plate-forme qu'il choisit). La tendance actuelle est de donner raison aux doléances des industriels (choix qui n'est pas illogique vu l'impuissance de l'État à faire respecter le code de la propriété intellectuelle).

    Je reste persuadé que l'impossibilité d'utiliser Linux (ou n'importe quoi d'autre "non certifié") n'est pas un but délibéré des industriels, mais plutôt un effet de bord dont ils n'ont absolument rien à secouer (sauf Apple peut-être, et encore...). Définissons donc calmement ce qu'on va avoir le droit de faire, et ce qu'on ne va pas avoir le droit de faire avec DADVSI. Est-ce que le p2p est explicitement interdit? Non, je ne pense pas. Est-ce que l'utilisation de Linux est interdite? Définitivement non (il ne s'agit que de la protection par la loi de la volonté des industriels à controller l'utilisation que tu fais des oeuvres dont ils possèdent les droits. Ils ne veulent pas que tu utilises Linux? Soit. Ils décident après tout, c'est leur CD). etc etc. Et pour chaque question qui pose problème, on peut discuter des conséquences pour le logiciel libre.