• [^] # Re: Quid du materiel hi-fi ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Le conseil constitutionnel aggrave encore DADVSI. Évalué à 10.

    Bah c'est pas la loi qui est "n'importe quoi", c'est bien le principe même des DRM. Si on t'autorise à utiliser tes yeux / tes oreilles, alors on a besoin d'un dispositif qui transmet de l'information à tes yeux / tes oreilles. Dans tous les cas, le flux d'information pourra être intercepté à ce niveau, et la copie effectuée.

    Les DRM ne sont qu'un moyen de gêner cette copie. Le DRM ultime, bien entendu, c'est un matériel 100 DRMisé, puisque le seul signal que tu pourras enregistrer, c'est le signal analogique en sortie. Et comme on te l'as seriné depuis 20 ans (sans que ça soit forcément vrai en pratique, d'ailleurs), le signal analogique est moins bon que le numérique, et on se retrouve avec la même situation qu'auparavant, avec les cassettes VHS et les cassettes audio : tu peux copier la musique / le film, mais le résultat sera de moins bonne qualité, et il existe un argument pour acheter le produit initial.

    Évidemment, si la chaîne de matériel n'est pas 100% DRM, depuis le lecteur de CD jusqu'à la carte son, il y a des "niveaux" intermédiaires dans lesquels le signal est transmis "en clair", et c'est une faille gigantesque. C'est bien pour ça que ces grands industriels font tout pour que tu ne puisses pas lire leurs CD, DVD, et exécuter leurs jeux sous Linux : ils n'ont rien contre Linux, mais les DRM sous Linux, c'est illusoire, et ils préférent condamner cette plate-forme plutôt que de ruiner leurs plans (c'est tout á fait logique, selon leur point de vue).

    Le grand public, les journalistes et même les politiques ont du mal à appréhender le problème parce qu'il est complexe. la réallité, c'est que le code de la propriété intellectuel n'est plus appliqué depuis quelques années, et que "tout le monde" (c'est une caricature évidemment) "pirate", pour les raisons que tout le monde connait (internet haut débit, prix exorbitant des CD, politique des majors qui visent les ados fauchés, impunité, etc). La solution la plus logique, ça serait que les majors demandent à l'État que la loi soit respectée : c'est la moindre des choses. C'est ce qui avait été fait timidement ces deux ou trois dernières années, mais c'était extrêmement maladroit : condamnations pour l'exemple, avec tout le monde opposé aux sanctions disproportionnées (opinion publique et journalistes). Il y a une deuxième solution, c'est de constater l'échec du controle des échanges de fichier, et de changer les règles : c'était l'idée de la licence globale, qui "garantissait" un équilibre économique précaire. La dernière possibilité n'est pas une solution, mais c'est celle qui a été retenue. Il s'agit de brider les possibilités des ordinateurs et d'Internet, de fausser la libre concurrence des éditeurs de logiciels et des fabricants de matériel, et par dessus tout de compromettre la liberté des individus, pour maintenir une situation économique précaire que l'on sait déja condamnée. Bien entendu, cette possibilité était soutenue par les majors, les entreprises n'ont pas de raisons d'avoir des principes. Heureusement, notre liberté est garantie par nos élus, désignés démocratiquement, et qui n'ont dans leur vie qu'un seul but : défendre les intérêts, la liberté et la sécurité de leurs électeurs. D'un revers de manche, ils auraient dû dégager cette idée de DRM de la table des négociations, et passer à quelque chose de plus sérieux. À l'évidence, quelque chose a merdé...