Zatalyz a écrit 593 commentaires

  • [^] # Re: Le sens des priorités

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien UE : l'IA doit s'afficher. Évalué à 4 (+2/-0).

    Et sur la question du filtrage, c'est aussi un souci complexe. Pour donner un exemple, comment tu gères si un modèle doit analyser les thèmes de Lolita, ou qu'on demande à traduire le roman en luxembourgeois ? Et des cas de filtrage automatique pourri, il y a eu des exemples connus (par exemple celui du père qui a été banni de Google pour avoir envoyer des photos à la demande de son docteur en 2022).

    Il y a une différence entre ce qu'il y a dans les machines et ce que les utilisateurs peuvent amener. Les entreprises qui ont fait le choix d'inclure dans des données d'entrainement des textes/images érotiques,pornographiques voir pédoporn ont une responsabilité. Je ne crois pas que Lolita soit obligatoire à inclure dans le corpus pour qu'un LLM apprenne à faire des phrases qui sont syntaxiquement correcte. Certes, ça aurait demandé de ne pas inclure toute la littérature de "romance" mais il y aurait encore eu assez de données pour apprendre à parler aux LLM. Ça aurait aussi demandé d'inclure bien moins d'images de filles légèrement vêtus et ça aurait sans doute été un mieux pour la variation dans les générations d'images par la suite. Ensuite, dans le cadre d'analyse/traductions d'œuvres litigieuses (comme Lolita), je doute que ça aurait eu beaucoup d'impact. À l'origine, Deepl avait été entrainé uniquement avec des textes traduits de façon certifiée (un corpus plutôt limité !), et ça ne l'empêchait d'arriver à traduire des textes avec des fautes, sur les sujets les plus variés.

    Les base de données des LLM ont été créés dans un cadre puritain (américains et chinois principalement ; les deux cultures ne sont pas des plus à l'aise avec la sexualité, qu'elle soit positive ou non). Il y a dans ces cultures tout un discours moral plutôt tranché (auquel on adhère ou non, mais il est là), où l'épouvantail du pedoporn est régulièrement brandi pour des prétextes variés, servant généralement à faire reculer des droits fondamentaux et à opprimer, plus qu'à réellement protéger les victimes. J'aurais attendu un peu plus de cohérence côté politique. Et il y a quand même une différence sans appel entre la façon dont certaines grosses entreprises ont mis très vite tous les gardes-fous qu'elles pouvaient et celles qui se sont vautrés dans le stupre sans remord. Faire générer une phrase vaguement sexuelle à ChatGPT a toujours tenu du jailbreak ; éviter du porn grossier et non consensuel avec Character.ai tenait du jailbreak dans le même temps. Le second ciblant très clairement les ados dans son marketting, et ayant des modèles visiblement entrainé sur des chat porn, à quel moment on arrête de donner des excuses ?

    Je précise bien que ce qui m'horripile est l'hypocrisie politique plus que tout le reste. Ouais, bon, je trouve très moche que des gamins soient exposés à des choses crasses, mais ça c'est une opinion un peu facile (qui va défendre le contraire ?). Mais là on a des politiques, des gens qui ont le pouvoir d'agir, qui disent "écoutez, ça fait rentrer des sous, alors on ne va pas arrêter tout de suite ces gens ; on va plutôt commencer par frapper là où il n'y a pas d'impact économique. Mais oui, oulala, c'est grave hein ! Un jour, un jour, vous verrez, on va taper des poings sur la table et dire qu'on est pas content ! Par contre, déportez moi ces immigrés en camp de concentration, ils ne rapportent pas de sous."

    Je ne suis pas surprise, mais ça m'agace mortellement. Et je ferais mieux de faire un peu de méditation, parce que ça n'a rien de nouveau que les politiques soient des tartuffes qui nous prennent pour des crétins et que ça ne va pas s'arrêter parce que je partage mon humeur ici ;)

    Je te rejoins par ailleurs sur le souci de la modération automatique, cette fois sur le contenu amené par les utilisateurs. Là on a forcément des dérives et soucis, largement documentés, ce qui est encore un autre problème à mes yeux. Or, on voit se monter un arsenal qui va frapper plus fort sur les gens comme ce père de famille, tout en laissant les vrais nuisibles (comme Grok) continuer sans grosses conséquences. Mais pour le coup, je ne suis pas certaine que cet AI Act vise cela ? Cela semble plutôt se concentrer sur ce que les entreprises laissent générer/exploitent comme données.

  • # Le sens des priorités

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien UE : l'IA doit s'afficher. Évalué à 10 (+8/-0).

    Je suis un peu perplexe sur le fait qu'indiquer qu'on a affaire à du contenu généré/modifié par IA doit être signalé dès maintenant, tandis que le "contenu sexuellement explicite et intime non consensuel ou du matériel d'abus sexuel sur enfants", c'est toléré jusqu'en décembre, avec l'excuse "Leur entrée en vigueur a été récemment retardée pour laisser le temps aux entreprises de s'y préparer." Heu ? On sait que la lutte contre la pédophilie est juste un argument utilisé pour noyer divers poissons et pas une réelle préoccupation politique, mais là c'est un peu trop visible non ? Je crois que c'est définitivement la partie qui me fait le plus tiquer. Bloquer l'accès à certaines entreprises pédophiles me semblerait pourtant "à faire là, de suite ; et on triera plus tard si on débloque". C'est pas un peu plus critique que le slop-website qui vante les mérites de (insérer un produit lambda) ?

    Même si la formulation de l'ensemble du document pique sur pas mal de point. Genre "Ce règlement européen interdit notamment certaines pratiques, comme l'utilisation de l'intelligence artificielle pour vous tromper ou vous manipuler, ou pour exploiter les vulnérabilités liées à l'âge ou aux situations de handicap." => Ho ben, ça va alors, ces pratiques sont autorisées si c'est fait sans IA ? (heureusement, non...).

    J'espère que les textes officiels sont mieux rédigés ; je n'ai pas encore la foi d'aller les lire, mais ce résumé est assez effrayant.

  • [^] # Re: On manquait un peu de moustiques

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien « Je dois écrire un article ».... Évalué à 5 (+3/-0).

    Mais on peut offrir un point d'eau sans héberger des moustiques (ni noyer des hérissons). C'est même assez facile : une coupelle (du type de celle pour l'eau des plantes) à un endroit où on passe tous les jours. La faible profondeur fait que l'eau est bue/s'évapore rapidement (on remet alors de l'eau), et si ce n'est pas le cas, de toute façon on vide et rince au moins tous les deux jours. Le nettoyage de la coupelle vire les éventuels moustiques, la profondeur n'est pas suffisante pour que quiconque s'y noit, sauf les insectes les plus maladroits à la limite. Et encore, même eux sont souvent capables de regagner le bord d'un coupelle et de s'y sécher...

    Je n'avais pas lu en détail au delà de l'intro mais clairement : on ne noie même pas un lézard dans 3 centimètres d'eau. Heureusement d'ailleurs. La plupart des bestioles savent nager, et si la coupelle est basse, ben... enfin... j'sais pas... Le seul vrai risque c'est effectivement de faire pondoir, mais un petit truc comme ça se nettoie très bien régulièrement.

  • [^] # Re: Prompt

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien « Je dois écrire un article ».... Évalué à 8 (+6/-0).

    Ha, c'est plus que drôle. C'est même un fail assez épique.

  • [^] # Re: Un retour

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 7 (+5/-0).

    Ce n'est pas parce que de mauvaises expériences t'on été rapportées qu'il faut en faire une généralité.

    10ème baromètre des relations auteurs-éditeurs

    Tu as parfaitement le droit de minimiser les chiffres. J'aurais tendance à dire que vu la façon dont certaines choses sont présentées dans ce genre de rapport, on en est plutôt encore à invisibiliser une partie des problèmes. On ne parle pas de "moins de 1%".

    Beaucoup d'auteurs vendent peu et ne rapportent rien ou presque à leur éditeur.

    1) Pourquoi un éditeur décider de publier un auteur dont le travail n'est pas vendable ? Pour favoriser la saturation du marché ? Parce qu'il est trop incompétent pour juger de la qualité d'un livre ?
    2) S'il est en réalité vendable, pourquoi ne fait-il pas son travail de promotion de façon égalitaire entre ses divers auteurs ?

    Si je compare de mon expérience les bonnes et de mauvaises maisons d'éditions : dans les bonnes, chaque livre finalement imprimé sera défendu de la même façon, et les déséquilibres entre les ventes ne sont pas immenses. Il y a des flop et des tops, mais c'est équilibré. Dans les mauvaises maisons, tous les efforts sont mis sur "l'auteur qui rapporte", les autres servant à justifier d'un peu de volume, à se donner bonne conscience, à "sur un malentendu, on ne sais pas", et autres raisonnements que je ne suis pas capable de comprendre, mais ce qui est certain, c'est qu'il y a une différence de traitement a priori, avant même qu'un livre soit sur le marché, faisant que tout le monde n'aura pas les mêmes chances. C'est étrangement souvent ces dernières qui rechignent aussi à payer 100€ de droit d'auteur par an à leurs "petits" pour les raisons pré-citées.

    Après, je ne sais pas pourquoi je discute. Il y a tout ce qu'il faut de rapports et d'études montrant l'état catastrophique de la création littéraire en France, il y a des rapports officiels qui pointent tout ce qui ne va pas ; que ce soit confirmé par ce que me racontent mes proches est absolument secondaire, mon témoignage a évidement bien moins de poids que ces rapports et je ne prétends rien d'autre, mon seul objectif initialement étant de saluer le fait que SpaceFox, lui, fait le choix de bien faire, et qu'il n'y a pas à minimiser son choix, bien plus honorable que ce que d'autres font dans la profession.

    Les problèmes sont identifiés, les causes clarifiées, et le souci ne va pas se régler dans une discussion sur linuxfr. Mais vu que ça touche des gens que j'aime et que j'apprécie, qui sont pour la plupart réellement talentueux, je vois un peu rouge quand on utilise des sophismes douteux pour minimiser le fait qu'ils se font exploités voir escroqués. Et je ne comprends vraiment pas ton intérêt à dire que ce n'est pas grave que nombre d'auteurs subissent cela, de les réduire à un chiffre négligeable.

  • [^] # Re: Amazon et les l’impression à la demande

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 7 (+5/-0).

    Il y a effectivement une politique chez Amazon d'avoir un stock déjà dispo. Ce qui est assez logique finalement vu qu'ils promettent de livrer "vite".
    Je n'avais jamais eu de retour sur l'impression à la demande. Par contre une amie autrice de bouquins de cuisine a eu une situation un peu cocasse avec ça. Elle vend très bien, depuis des années. Elle sort un nouveau bouquin... et genre un mois plus tard, un ami lui dit "j'ai voulu commander ton livre chez mon libraire, mais impossible, il n'y a plus de stock". En réalité une part importante du stock avait été racheté par amazon et il fallait passer par la plate-forme pour se procurer son livre.
    Ça remonte à une dizaine d'année, et ça ressemble quand même à un cafouillage de l'algorythme, mais peut-être qu'amazon avait jugé, au vu des demandes précédentes, que cette quantité serait rapidement demandée.

    Amazon est assez... bizarre. Je n'ai pas très envie d'inciter les gens à passer par eux, mais je serais malhonnête de ne pas leur reconnaitre leur efficacité. Leur algo peut donner une chance à des "petits", ils paient en temps et en heure, et au final les clients, les auteurs et les éditeurs en sont contents. Les libraires, forcément, un peu moins (encore que certains mettent leur stock sur Amazon). D'un point de vue commercial, c'est un bon partenaire. D'un point de vue éthique, ça gratte pas mal. À chacun de faire son arbitrage ; je ne pense pas qu'il y aie une réponse simple.

  • [^] # Re: Un retour

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 5 (+3/-0).

    Merci pour tes réponses :)

    Ce bouquin-ci est particulier, parce qu’en fait il vient... d’un de mes textes à l’origine.

    Han, mais c'est génial, une illustration de l'utilisation d'une licence libre dans le cadre d'un écrit ! Ce n'est pas très courant en effet, et je trouve ça vraiment chouette que ça se soit fait. C'est une jolie anecdote à raconter autour du livre.

    C'est un truc que je trouve très frustrant dans le cadre des fanfic : il y a des textes et des idées qui sont bonnes, mais sans licence libre, tout l'exercice est voué à rester dans l'ombre. Et pourtant, c'est plaisant de se faire reprendre ses textes, de reprendre ceux des autres, de jouer dans un cercle... C'est un autre rapport à la création, c'est certain, mais c'est une pratique qui gagne à être encouragée.

  • [^] # Re: Un retour

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 9 (+7/-0).

    Les vrais éditeurs font signer un contrat d'édition avec un pourcentage et éventuellement une avance sur ventes.

    Ho, les contrats existent. Sinon comment on s'assure qu'un écrivain n'aille pas essayer de vendre son bouquin ailleurs ?

    Par contre, les paiements ?

    Dans les excuses les plus régulières :
    - "ça faisait un trop petit montant, on vous paiera tout l'an prochain" (qui se reporte d'année en année)
    - "on n'a pas encore vérifié le total des livres vendus" (depuis deux ans ?)
    - "il y a des difficultés de trésorerie" (toujours)

    Et l'un de mes préférés :
    "Non mais la maison d'édition a des soucis, si on vous paie on est obligé de fermer". Il y a quand même des auteurs qui en sont à payer leurs éditeurs pour éviter qu'ils ferment. Si ça, c'est pas de l'arnaque. Pardon, du crowdfunding.

    Il y a aussi ceux qui convertissent le montant des droits d'auteurs en bouquins "comme ça vous pourrez les vendre vous, c'est pareil".

    J'ai aussi un de mes potes dont l'éditeur a été racheté par un autre ; au mépris des lois, il n'en a pas été prévenu et n'a donc pas pu s'opposer au transfert de son contrat vers le nouvel éditeur. Lequel a republié ses bouquins (qui se vendent) sans l'en avertir, et sans le payer. "Ha bon, mais vous vouliez être payé ? Ça ne vous suffit pas d'être distribué ?"

    Ho et ce très grand éditeur, du genre que tout le monde connait, qui a rémunéré un ouvrage de référence en donnant une somme fixe misérable aux auteurs qui avaient écrits les articles... "Mais vous comprenez, le prestige d'être publié chez nous".

    Est-ce légal ? Non. Est-ce que les auteurs vont engager des frais de justice alors qu'ils ne savent souvent même pas à combien se montent leurs ventes et qu'ils se doutent que ça ne dépasse probablement pas 2000€/an dans le meilleur des cas ? Non. Est-ce que les éditeurs se font leur trésorerie sur le dos de leurs auteurs les plus dociles ? oui, avec des comptes qui sont plus qu'opaque, avec des paiements qui ont parfois deux ans de retard...

    Donc, oui, la règle est de payer avec la promesse que "un jour" c'est sûr ils seront payés.

    Les éditeurs qui ne font pas cela, qui paient mois après mois, ou au moins une fois dans l'année, et exposent clairement les comptes, sont des exceptions. Il y en a. Mais ils sont rares.

    On reparle du rapport Racine ? Du scandale de la caisse de retraite des écrivains ?

    Parce qu'il y a des gens qui se font du pognon dans la chaine du livre. Si si. Donc ce n'est pas que le secteur est, en soit, si moribond. C'est surtout qu'il y a des infâmes saloupiots sans aucune morale ni éthique, qui profitent allègrement du besoin compulsif des écrivains de "se faire publier". L'excuse "mais c'est parce qu'il y a trop de livres qui sortent et pas assez de gens qui lisent", c'est l'excuse pour 1) ne pas payer les auteurs 2) ne pas faire le minimum de travail de curation en tant qu'éditeur aussi (mais sérieusement, il y a des choses qui sont publiés par certaines grosses maisons... même un LLM fait mieux... mais peu importe c'est sur le bon segment marketting, y'aura aussi assez de pigeons pour en acheter dans la collection).

    Et est-ce que je suis un peu énervée contre ce genre de personnes et leurs arguments ? C'est possible.

  • [^] # Re: plop

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 10 (+9/-0).

    Et, alors qu’objectivement il n’y a pas d’argent à se faire dans le domaine, on trouve plein de vendeurs de pelles : des gens qui ne sont ni auteurs ni éditeurs, mais qui vont vendre – parfois très cher – des formations & cie pour « améliorer son texte », comme des « bêta-lectures professionnelles ». C’est ainsi qu’on voit des personnes très satisfaites des « excellents conseils » qu’elles ont eu pour près de 1000 ,ドル conseils qui s’avèrent au mieux être des trivialités ; au pire des conseils directement pris du monde anglo-saxon mais inapplicable en francophonie (au point où je suppose une relecture par IA...), voire des hypercorrections directement tirées du site de l’Académie Française.

    Sur ce point, je ne sais pas trop.

    Alors, oui, de base : il y a souvent un aspect "arnaque" parce que ce n'est certainement pas en passant par une formation de ce genre qu'on va ensuite vendre son texte, ou même arriver à le faire publier. Et que l'argent investi là-dedans n'a aucune chance d'offrir un retour. Maintenant, c'est un peu comme de prendre des cours de cuisine (ou dans n'importe quelle discipline) : si le but est uniquement par rapport à soi-même, qu'on a les moyens, ben... pourquoi pas ? Parce qu'on peut réellement apprendre aussi. Écrire, c'est comme tout : ça s'apprend. Et que certains se fassent rémunérer pour l'apprendre aux autres, pourquoi pas. C'est accessoirement l'une des sources de revenu réelle d'auteurs publiés.

    Il y a par chez moi un auteur charmant, qui a publié des textes magnifiques au cours de sa longue carrière. Les livres eux-même ne lui ont jamais rapporté grand chose, et même s'il est considéré comme une célébrité (localement et dans son domaine d'écriture), il se moque lui-même avec beaucoup de grâce du côté ridicule de ses plus gros tirages. Ce monsieur a pu écrire parce que son activité professionnelle lui laissait le temps de le faire. Il complète sa retraite en organisant des ateliers d'écriture. Ça ne me gêne pas de le payer pour ça : ce travail en groupe me fait explorer des choses que je n'aurais pas fait sans ça, et ses retours me font voir des choses dans mes textes dont je n'avais pas conscience. On n'est clairement pas dans l'arnaque, c'est plus un échange de bons procédés : je suis prête à trouver cet argent sur mon budget pour passer une bonne après-midi une fois par mois et me motiver à écrire ensuite.

    Dans un autre genre, il y a quelques mois j'ai enfin abouti assez un de mes projets pour me dire "hey, je vais le soummettre à une critique pro". Bon, j'ai pas payé, mais vu le retour, franchement, ça l'aurait mérité. La personne (professionnelle de l'écriture) a pris de son temps pour lire ma novella, pour noter tous les points à améliorer, pour questionner certains de mes choix (histoire de vérifier si c'était des vrais choix ou des angles morts), pour relever ce qui était bon aussi. C'était extrêmement difficile pour moi d'oser me soumettre à cette critique mais ça a aussi été assez génial, finalement. Et si tous les auteurs avaient des retours aussi pointus sur le texte, ce serait sans doute bien (je me suis fardée une série de très mauvais livres dernièrement : je ne comprends même pas qu'un éditeur pro aie osé les publier en l'état...). Je sais bien que ma novella ne me rapportera jamais un seul rond, que je n'ai pas les moyens de payer un travail comme ça, mais pourtant, en soit, tout cela mériterait une vraie rémunération...

    Tout ça pour dire : le business autour du fantasme de "devenir un écrivain riche et célèbre" existe et est problématique, mais je ne jetterais pas "tout" pour autant, il y a aussi des services réellement intéressant. Le souci est d'être au clair sur ce qu'on recherche et sur la différence entre fantasme et réalité.

  • # Un retour

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 7 (+5/-0).

    Une longue dépêche appelle un long commentaire... Je suis partie dans tous les sens, il y a trop de choses intéressantes !

    Le second, c’est que mis à part quelques exceptions comme le cinéma, beaucoup d’arts sont profondément solitaires ou se pratiquent en tout petit comité, là où le développement logiciel est généralement un travail d’équipe. Les notions de partage, d’amélioration mutuelle sont beaucoup plus fréquents dans le développement logiciel que dans l’art.

    Ça, je trouve que c'est plus une image qu'une réalité. Oui, on peut faire de l'art en solitaire, façon "arts créatifs", mais si on envisage d'arriver à des œuvres réellement abouties, c'est pas gagné en restant seul.

    En tant qu'artiste, on a besoin d'apprendre notre art et quelques que soit les titres que prennent les professeurs, il y a forcément formation, et celle sans retour (via les bouquins, les tutos vidéo etc) trouve vite ses limites. On a besoin de retours critiques professionnels (parce qu'il y a une sacré différence entre l'amie qui n'y connaît rien et qui n'a pas envie de nous freiner dans notre élan et la pro qui va pointer chaque point faible au regard de l'art). On a besoin de gens qui nous poussent à surmonter nos défauts (qu'il s'agisse de la flemme, du perfectionnisme, de l'ego trop grand ou trop faible...). On a besoin, enfin et surtout, de gens qui croient en nous et qui vont nous "vendre".

    En fait, dès qu'on sort du hobby du dimanche, on se confronte nécessairement à cette nécessité (pas toujours évidente!) de devoir travailler avec plusieurs acteurs. Et c'est d'ailleurs ce que tu fais en devenant éditeur, tu parle d'ailleurs toi-même de la "chaine du livre", qui, quand elle n'existe pas, conduit les manuscrits à juste dormir dans un coin sans que personne ne les lisent (et souvent sans qu'ils ne deviennent aboutis).

    Sur les couvertures : je suis totalement d'accord avec ta réflexion. Mieux vaut une couverture sobre et qui s'identifie bien de loin, car c'est plus que secondaire dans l'achat du bouquin. Il y a quelques illustrations qui m'ont fait rêver, il y en a aussi un paquet que j'ai trouvé très décevantes par rapport au contenu du livre ; et surtout il y a des livres où juste à la tranche, je sais quelle collection c'est, ce qui aide dans les flâneries chez les bouquinistes. Par contre "sobre" ne dispense peut-être pas de se passer de travailler sur le modèle avec un pro, histoire de trouver les bons accords de couleur, police, placement, et que cette sobriété soit au service du storytelling de ta maison d'édition. Pour avoir assisté un ami sur un projet similaire, je crois qu'on sous-estime grandement la difficulté à faire du "bon" sobre. Est-ce que j'arrive à faire une critique constructive de ton design ? Pas vraiment, je trouve que globalement l'idée est bonne, mais il y a un truc qui me chatouille sans que je mette le doigt dessus. Peut-être que c'est trop saturé ? Mais... bah, ça marche, et c'est le principal : il est certain que ça se démarquera dans un linéaire.

    Concrètement, c’est un·e auteur·ice qui écrit pour le plaisir, en loisir, et donc n’a pas besoin de ce revenu pour vivre. Je vais être très clair sur un point : je paie mes auteur·ices, et il n’a jamais été question de ne pas le faire. Simplement, je ne peux pas me permettre d’avance sur droits ni promettre des ventes faramineuses, cf. le point précédent.

    Je te rassure sur ce point : tu fais bien plus que beaucoup d'éditeurs professionnels. Je vis dans un milieu d'écrivains, il y en a plusieurs dans ma famille, dans mes proches, certains ayant publiés des livres de référence dans leur domaine, ou ayant réussi à vendre assez pour faire quelques rééditions. J'ai donc des retours sur diverses maisons d'éditions, petites et grandes, et... celles qui sont honnêtes sont l'exception. La règle est de ne pas payer les auteurs avec autre chose que des promesses, et de leur filer des cacahuètes à la limite. Au final, quand on gratte un peu, celles et ceux qui peuvent passer leur journées à écrire bénéficient en général de ressources en dehors de leur écriture, et c'est particulièrement vrai depuis une vingtaine d'année, la situation des écrivains (au moins en France) n'ayant cessé de se dégrader... Ce n'est pas pour rien que le Droit du serf avait été créé :/
    Les auteurs s'épuisent dans ces luttes qui n'aboutissent pas, parce qu'au final il y aura toujours assez de gens qui accepteront les conditions toujours plus injurieuses imposées par la chaîne du livre. Et que les vendeurs de papier n'ont besoin que d'une star/un politicien qui va mettre son nom sur une couverture pour faire de la thune (que ça se vende/lise n'étant pas leur problème, pour le coup), ce qui se trouve toujours assez facilement.
    Donc tout ça pour dire : merci beaucoup d'essayer de faire les choses bien :)

    Pour ton site web, vu mes propres capacités en design, je ne m'aventurerais pas trop loin. Il a le grand avantage d'être lisible, ce qui, je dois l'avouer, est bien plus que pas mal de sites d'éditeurs... C'est sobre, perso j'aime bien ; peut-être que cela gagnerait un peu de "fun" à utiliser des décos façons "vieux journaux" sur tes lignes horizontales (il y a des choses sympas dans les "frames" des svg du genre openclipart). Ou, pour rester plus raccord avec le logo, quelques éléments en pixel art.
    Sur grand écran, le multicolonne est un peu lourd à lire.

    Concernant la chaîne éditoriale elle-même, as-tu jeté un œil aux outils mis en place par Des Livres En Commun (anciennement Framabook) ? https://framagit.org/framabook
    L'objectif était justement de créer des livres "propres", que ce soit côté typographie, accessibilité, respect des standards epub. Et si jamais, je suis assez certaine que les auteurs du système répondent aux questions ;)

    Par curiosité, sur l'impression à la demande, tu es passé par qui finalement ? C'est hélas en effet un peu la seule solution tenable quand il y a des petits volumes. Ce n'est pas déconnant, par ailleurs : on évite d'imprimer un stock qui reste sur les bras.

    Pour la diffusion/distribution, je ne peux pas dire que c'est une mafia, ce serait de la médisance (ou un autre truc puni par la loi). Je ne le dis donc pas, hein. Mais c'est le point qui, bizarrement, met dans la panade nombre de maisons d'éditions, là où certains acteurs ont ce qui pourrait ressembler à une sorte de monopole. Il y a plein de supers bouquins qui ne trouvent jamais le chemin des librairies et des lecteurs, pour des raisons très intéressantes à décortiquer, mais qui n'ont rien à voir avec la qualité et la compétence des divers acteurs de la chaîne. Si tu arrive à trouver comment vendre suffisamment, je serais super intéressée de lire ça. Pour le moment, les seuls exemples "réussis" que j'ai en tête (sur les éditeurs indépendants) avaient des méthodes de ventes pas évidentes à reproduire et surtout des gens d'une force marketing et d'une énergie assez impressionnante. Les success story sont toujours chouettes à lire et j'espère que ça sera ton cas. Mais je dois avouer que j'ai aussi entendu un paquet de fail story (qui sont quand même moins partagées publiquement, étrangement). Après, tant que le but n'est pas de générer un revenu à tout prix et que vous ne perdez pas d'argent... au moins, il y a des livres libres publiés et ça, c'est cool !

    Sur les licences libres : pour moi, en art, c'est finalement aussi la meilleure façon de ne pas se faire déposséder de sa propre œuvre. Le "droit d'auteur" est un abus de langage et ne protège pas vraiment les auteurs, il y a même plutôt tout un arsenal pour les enchaîner. Il y a tellement d'auteurs qui ne peuvent plus publier leur œuvre, parce que l'éditeur a un exemplaire en stock dans le fond d'un entrepôt et un contrat signé avec du sang qui interdit au créateur d'aller voir ailleurs... Au moins, quand on a publié sous licence libre, on se garde le droit de se forker soit-même, de se diffuser autrement. Ça me semble plus sain, comme base. Il y a peu de raison de multiplier les partenaires si tout va bien, mais c'est bien de pouvoir se tirer simplement quand ça va mal.

    J'aime beaucoup ta proposition de soumission de texte ! C'est plus poche de la logique des agents (méthode anglo-saxonne), qui est vraiment pertinente. Mais du coup, tu as accompagné ton autrice sur son texte depuis ce "départ", ou elle avait déjà son premier jet quand tu as commencé à travailler avec elle ?

    Bravo pour ton projet et le boulot accompli, et merci pour le partage.

  • # Silence

    Posté par (site web personnel) . En réponse au message messagerie sécurisée (chiffrée) par SMS. Évalué à 9 (+7/-0).

    Tu as Silence qui fai(sai?)t cela ; échanger des sms chiffrés. Je l'ai utilisé un temps, puis il y a eu des bugs qui le rendaient inutilisable, j'ai abandonné. C'est dommage, ceci dit : ça marchait bien, c'était hyper simple, et ça n'empêchait pas d'échanger des sms non-chiffrés avec ceux qui n'avaient pas l'appli.

  • [^] # Re: Tant de mots

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Ma découverte de l'IA, et de sa mise en exploitation personnelle.. Évalué à 4 (+3/-1).

    Avec un clavier ?

  • [^] # Re: Ça vous sert à quoi au quotidien ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Auto-héberger ses LLM (IA) : Débordement CPU+RAM, Mixture-of-Experts et Benchmarks. Évalué à 2 (+0/-0).

    Ho, si l'IA arrive à suivre ces consignes, ça doit donner des discussions sacrément plus drôles ! Merci pour la découverte. Sauf que maintenant faut que je résiste à aller tester, c'est malin. Je n'avais pas prévu d'aller taquiner une IA aujourd'hui...

  • [^] # Re: Ça vous sert à quoi au quotidien ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Auto-héberger ses LLM (IA) : Débordement CPU+RAM, Mixture-of-Experts et Benchmarks. Évalué à 4 (+2/-0).

    Mon boulot actuel est justement d’essayer de comprendre ce que mon client veut versus ce qu’il pense vouloir. Dans mon cas, je n’ai pas trouvé comment l’IA actuelle pouvait aider en cela.

    Tiens, c'est proche d'un usage que j'ai parfois. Que l'IA m'aide à clarifier ce que je veux histoire que ça devienne explicable/cherchable. Pour le coup je trouve ça parfois assez impressionnant, quand mon prompt ressemble à "j'ai une vague idée d'un truc qui ferait ce genre de chose" et qu'assez rapidement elle me sort les bons mots de vocabulaire. Parce qu'avec les bons mots/concepts, le reste devient plus facile.

    Ceci dit, je ne pense pas que ça remplacera facilement ton job, parce que ça n'est pas non plus au niveau de permettre des plans d'actions complètement pertinents. Des trucs génériques un peu bâteau oui, parfois quelques pistes intéressantes à explorer, mais beaucoup trop de choses très "scolaires" qui manquent du petit truc réellement pertinent. Peut-être qu'en les nourrissant de beaucoup plus d'infos, on finit par arriver à de bonnes choses, mais je n'ai pas poussé mes tests aussi loin et jusque là, après un premier débroussaillage, il me reste soit à trouver un humain qualifié avec qui discuter, soit à réfléchir beaucoup en me nourrissant de plein de littérature.

    J'ai aussi eu l'usage "j'ai une idée à la con, et je ne vais pas dormir tant que je ne l'aurais pas exploré à fond", une discussion avec un LLM me permettant justement d'explorer un peu plus toutes les conneries liées et de finir par me dire "ouais, c'était vraiment ça : une idée à la con. Je peux la mettre dans /dev/null et dormir".

    Ceci dit, ni l'un ni l'autre de ces usages ne justifie l'outil, je le reconnais...

  • [^] # Re: A force

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Drew Devault répond à Linus sur l'IA. Évalué à 5 (+3/-0).

    Bah, si on reste sur le noyau : je ne peux plus le mettre à jour sur ma distribution, parce que sinon, je n'aurais plus d'affichage graphique. Ma carte graphique a été considéré comme "trop vieille", son pilote n'est plus maintenu, et visiblement il fait appel à des trucs côté noyau. Ne me demande plus les détails techniques, je ne sais plus ; j'ai passé un week-end à tourner en rond il y a quelques temps, au final j'ai retrouvé mon affichage en revenant à un noyau plus ancien et ça semble réellement être le destin de cet ordi : être coincé dans le passé.

    Je peux donc potentiellement jeter une pièce électronique en parfait état de marche (un choix politique vu les ressources que ça demande de les faire, de les recycler, etc). Ou recompiler mon propre noyau ou maintenir moi-même le pilote (ce qui, vu l'état de mes connaissances, passerait au mieux par l'usage d'un LLM, autre orientation politique). Bon, ok, dans l'état actuel, je vais juste figer mon ordi et ne plus faire aucune mise à jour pour un bon moment (un autre choix politique) ; peut-être que dans quelques mois/années je me bougerais pour passer sur une distribution qui fait le choix politique de maintenir la compatibilité pour cette carte (si ça existe), ou que je trouverais quelqu'un qui a envie de me donner une carte graphique plus récente (économie du don, encore un truc politique), tout ça alors que mes besoins graphiques restent assez peu élevés.

    Bien évidement, le fait que la compatibilité avec ma carte graphique cesse n'est pas un choix politique conscient, c'est juste qu'il n'y a pas assez de mainteneurs pour gérer "tout", ceci dit on reste sur de la politique quand même : faire reposer une économie sur la disponibilité d'une main-d'œuvre gratuite, etc etc. Tout ceci parle d'un écosystème où les choix (ou non-choix) faits mènent à une surexploitation des ressources minières, du travail non rémunéré, des déchets, des catastrophes écologiques, des discussions sur les brevets et la propriété intellectuelle (si Nvidia avait libéré son foutu code !) bref, toutes choses qui entrent dans un champ politique, à un moment ou un autre.

  • [^] # Re: A force

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Drew Devault répond à Linus sur l'IA. Évalué à 10 (+16/-2).

    Conduire un train vers les camps de la mort ou construire des V2 ce sont des activités ayant une finalité maléfique.

    C'est le genre de remarque qui ignore un peu la réalité de l'histoire et du fonctionnement humain. L'organisation nazi a justement travaillé la dilution de responsabilité jusqu'à ce que personne ne se sente "responsable" (et a été reprise avec succès dans le management moderne, nous habituant à n'être responsable de rien). C'est facile de se dire "non mais je ne suis qu'un rouage mineur et inoffensif, si on ne regarde que ce que JE fais". Et autant j'adore le principe du KISS, autant justement quand on travaille sur un élément "atomique", c'est pas mal de se questionner sur comment tout ça se place dans un contexte plus large et dans quel ecosystème notre outil se place.

    Parce que dans l'absolu, conduire un train, ça n'a rien de maléfique, c'est tout autant une activité "neutre" qui peut être "utilisé pour une infinité d'usages" (et réellement, c'est souvent plutôt bénéfique !). Mais si on s'arrête à ça, si on ne se questionne pas sur le type de train qu'on conduit, sur sa destination, et sur la politique où on le conduit, on finit bien par servir des trucs pas sympa du tout.

    Dans le cas du noyau linux, si le noyau lui-même reste un outil, l'environnement dans lequel il est développé et les positionnements politiques de ses mainteneurs a un impact. Que certains considèrent que d'y accepter l'usage de l'IA est équivalent à accepter de conduire vers un camp de la mort, c'est entendable, car l'usage de certaines technos nous fait accélérer vers le mur où pas mal d'humains vont mourir (sans parler des écosystèmes). Rejeter ça en essayant de dire "l'outil est neutre", c'est bien dire "ça va, ce rouage, pris tout seul, ne fait rien de mal, donc tout va bien, je continue ! Et c'est pas mon souci ce qu'il y a autour".

  • # Un formulaire avant d'accéder à la rédaction ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Les journaux générés par IA. Évalué à 6 (+5/-1).

    Plutôt d'accord avec le journal et je trouve les critères de détection des journaux problématiques assez clairs.

    Peut-être, avant d'accéder à la page de rédaction pour les futurs contenu (journaux et dépêches), avoir avant une page avec des cases à cocher, en mode "j'ai lu les CGU". Ça permettra au moins aux écrivains débutants de bonne foi d'éviter des déconvenues (et peut-être perturber quelques agents IA aussi...). Une page très simple avec les propositions suivantes à cocher :

    "- Je jure sur l'honneur n'avoir utilisé aucun LLM pour rédiger mon contenu.
    - Je m'engage à ne pas avoir utilisé de LLM pour coder mon projet.
    - Je certifie être fait de chair et de sang et non une IA, un bot, ou un adepte du marketting digital.

    En cas de fraude manifeste, vous vous exposerez à être houspillé en place publique, dénigré et condamné à avoir un karma négatif."

    Ce qui n'empêchera pas tout, mais ça devrait au moins éviter ce qui me gêne le plus dans tout ça : que des humains soient blessés (qu'il s'agisse de l'auteur qui se fait houspillé ou des lecteurs qui se sentent pris pour des idiots).

    Il y a sans doute de meilleurs formulations, et par ailleurs je ne suis pas certaine qu'il y ait consensus sur le site sur les deux propositions (se faire relire par un LLM est-il si gênant, surtout quand on a des soucis avec le français ? Et certains utilisent l'IA pour coder mais en sachant ce qu'ils font, sans être en chien fou, et je trouve leurs retours intéressants), mais ça peut être difficile de placer un curseur trop flou... Mais quelque chose dans cet esprit me semble intéressant, sans rajouter un poids de plus à la modération sur le filtrage des contenus.

    Par ailleurs j'aime bien la proposition du délai de 24h avant de poser son premier contenu, hors commentaires et forum. Ce délai offre un petit espoir que la personne découvre le site avant de poster... et donc son ambiance, et quelques pré-requis. Pour ceux qui font de la promo sans réfléchir, ça peut suffire à ce qu'ils aillent voir ailleurs, restera les plus motivés à vraiment publier ici.

    Ce ne sont pas des gros freins, ça n'est pas ça qui me découragerait de publier des contenus (j'ai plein d'idées de journaux, mais entre la flemme et la crainte des réactions, je me retiens :p), mais ça pourrait peut-être réduire un peu les contenus les plus "slop".

  • [^] # Re: comment cette idée nous vient elle en tête ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Les femmes qui utilisent l’IA sont vues comme incompétentes, les hommes comme pragmatiques. Évalué à 4 (+2/-0).

    Je crois que Bernard Lahire a aussi fait une conférence sur le sujet, plutôt détaillée, si le format convient plus à certains.

    Il se peut que dans deux siècles, ce livre sera devenu un classique des classiques

    C'est en tout cas un livre fondamental sur ce genre de question, merci de l'avoir pointé et mis en lumière !

  • [^] # Re: comment cette idée nous vient elle en tête ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Les femmes qui utilisent l’IA sont vues comme incompétentes, les hommes comme pragmatiques. Évalué à 9 (+7/-0).

    Mais d'où ça vient ?

    Du patriarcat.

    (Oui, bon, elle était facile).

    Plus sérieusement, j'ai l'impression que si on enlève "usage de l'IA" de l'article, le résultat est assez proche : les femmes sont vues comme incompétentes, les hommes comme pragmatiques, et les adjectifs s'empilent négativement dans les problématiques intersectionnelels. C'est un peu la base des combats pour l'égalité : il y un humain de référence considéré comme un optimum (l'Homme, si possible blanc, cis, hétéro, etc etc) et tout le reste est forcément "moins bien". L'usage de l'IA, là-dessus, n'est qu'un dernier saupoudrage pour justifier des biais, non ?

  • [^] # Re: Ça ne va pas aider

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Émancipation numérique, comment convaincre ?. Évalué à 6 (+4/-0).

    Je ne pense pas que ces personnes soient réellement conscientes des conséquences de la collecte de données massive.

    Dans ce cas, il y a de l'espoir, même si peut-être pas à court terme. En partageant les anecdotes des conséquences sur l'exposition de la vie privée, en discutant tranquillement de tout ceci à l'occasion (sans braquer, sans harceler, en écoutant les besoins et limites réelles), les gens finissent généralement par accepter d'essayer d'autres choses. Si ce n'est sur Whatsapp, peut-être sur d'autres trucs. Mais c'est long, généralement en terme d'années. C'est compliqué d'abandonner le confort d'un truc qu'on connait, même quand on sait que c'est pour le mieux. Donc, ça ne résoud pas non plus le problème immédiat, mais ce n'est pas perdu.

    limiter les relations avec les personnes qui ne sont pas sensibles ou pas conscientes du problème, j'ai du mal à comprendre : ça doit représenter 99% de la population, non ?

    Ça, c'est un truc hyper-intéressant.

    Quand j'étais gamine, la communication à distance était difficile (oui, je suis vieille). Donc on pouvait passer des mois, voir plus, sans nouvelles d'amis pourtant proches. Une carte postale en vacances, ou le plaisir de retrouver des gens qui ne venaient que durant les vacances. C'est ce que j'appelle des relations au "temps long". Il suffisait de ne plus fréquenter les mêmes lieux pour perdre contact, mais cela n'empêchait pas le plaisir des retrouvailles quand on se revoyait.

    Et durant quelques millénaires, l'humanité a fonctionné comme ça et ça couvrait pas mal de besoins sociaux.

    Je ne vais pas cracher dans la soupe : internet et les communications facilitées m'ont enfin permis de trouver les gens avec qui j'avais réellement envie d'échanger ; le malheur d'être geek et anormale, donc facilement ostracisée ou forcée à porter un masque inconfortable, est devenue la joie de trouver des gens aussi bizarre que moi un peu partout dans le monde. Ceci dit, si j'adore discuter avec des gens de logiciel libre, de créatures tentaculaires et de philosophie, j'ai toujours autant d'ennui à savoir qui a mangé quoi à midi et quand est-ce que le petit dernier a perdu sa dent. Or, sur les groupes et réseaux sociaux, même les geeks partagent ça. Bon sang, si je veux savoir ce que quelqu'un mange, je mange avec lui... j'ai pas besoin d'avoir 50 notifications à tous les repas.

    Et donc, en évitant l'hyperconnexion, je perds principalement ça : un bruit énorme qui ne m'intéresse pas. Quand j'en ai besoin (je suis humaine), je sors mon chien, et je discute avec les gens croisés dans la rue. Ça me fait prendre l'air, j'ai les micro-expressions, et grand bonus, quand j'apprend que mon voisin est à l'hopital, je peux faire quelque chose de concret pour lui (alors que les amis à l'autre bout du pays, je suis juste face à mon impuissance).

    Donc : oui : je n'ai pas le bruit de 99% de la population. Mais je m'en passe assez bien. J'ai de quoi me nourrir avec des conversations et des projets construits, par contre (et là internet est utile, et des sites comme linuxfr).

    Et j'ai toujours ces relations "à l'ancienne" avec les gens de mon patelin et ma famille proche ; c'est très largement suffisant.

    Mais non ça n'est pas satisfaisant, ça a une petite couleur de capitulation...

    Là-dessus, je dirais que... c'est peut-être pas si grave. Faire quelques compromis, suivant où on place ses curseurs, montre qu'on n'a pas sombré dans un purisme qui finit par être sectaire (et pénible). Je te conseille juste, si tu cède à ça pour ce groupe, de ne pas forcément dire à tous tes proches que "ça y est" tu as whatsapp. Parce qu'on se fait vite déborder, et on finit par utiliser au quotidien ce qui devait n'être que ponctuel.

    Et pour voir ça du bon côté : c'est en essayant une solution proprio comme ça que tu va trouver de vrais arguments contre. Je peste parfois beaucoup sur les logiciels libres (mal foutus, pas ergonomiques, pas jolis, etc), et puis quand je teste les alternatives proprio, soudain je me rends compte qu'en réalité on a plein de trucs géniaux, dans nos logiciels bricolés. Je suis encore totalement traumatisée de mon dernier passage sur gmail ! Je ne sais même pas comment les gens supportent ça au quotidien... Alors que Snappymail est juste génial.

  • [^] # Re: Argument différent

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Émancipation numérique, comment convaincre ?. Évalué à 5 (+3/-0).

    En fait, là-dessus, l'argument utile est celui de l'erreur, de "l'innocent injustement condamné". C'est un narratif qui parle, parce que les gens, en général, se jugent innocents (ils ne font rien de mal, donc ils n'ont rien à se reprocher) mais savent et craigent l'injustice.

    Un autre argument utile est celui de l'acteur malveillant, façon cnews. "Ha mais bien sûr, Méta ne te veux pas de mal. Mais les données qu'ils recueillent sont utilisées par des gens qui, eux, peuvent t'en vouloir." La géolocalisation ? C'est génial pour que les cambrioleurs puissent visiter ta maison sans être dérangé, ou que les squatteurs s'installent dedant durant tes vacances (cet argument est totalement pété, je tiens à le préciser, mais quitte à se servir de grosses ficelles : celle-ci a été assez relayée dans la presse indigne pour être utilisable).

    Le méchant vilain pirate qui va se servir des infos personnelles qui ont fuité à l'occasion est un super épouvantail. Et pour le coup, ils exploitent en partie ce que les entreprises récupèrent. Quand on se fait pirater son compte, tous les amis recoivent des messages et c'est parfois personnalisé grâce aux infos dans l'historique. Et je suis en train de me dire qu'avec les LLM, ça doit devenir encore plus facile d'extraires des données utiles dans un tas de mail qu'un pirate à l'ancienne ne prendrais pas le temps de lire en détail.

  • [^] # Re: Argument différent

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Émancipation numérique, comment convaincre ?. Évalué à 8 (+7/-1).

    Pour les méta-données, il y a des histoires à raconter.

    Par exemple : avoir un téléphone dans sa poche permet de localiser quelqu'un (si on a accès aux relevés des antennes GSM du coin). En théorie, c'est donc une info plutôt accessible au niveau gouvernement. Et en théorie, ce n'est pas grave ni important, hein ?

    Et puis un jour tu vois débarquer les gendarmes chez toi, à propos du casse d'une banque. Tu sais, toi, que tu n'étais pas dans cette banque, ce jour-là. Ha mais... tu étais dans le même bâtiment, à l'étage, qui abrite un super petit magasin de figurines peintes. Pour les gendarmes, tu étais donc "au même endroit", et comme quelques semaines plus tôt, tu avais eu le malheur de déjeuner dans le même resto que le directeur de la banque (tu ne sais même pas qui c'est !), et que tu as un profil de dangereux agitateur sur tes réseaux sociaux (c'était quoi cette question "et vous vous feriez quoi avec un million d'euros ?" ???), te voilà devenu un suspect et, si la justice manque de moyens, un coupable tout désigné...

    Les métadonnées c'est ça : des traces qui peuvent te mettre dans la panade, que les faits soient avérés ou non. On devrait trouver mieux comme histoire, à adapter suivant les trucs importants pour les gens.

    Moralité : ne prenez pas votre téléphone pour aller en manif.

  • # Ça ne va pas aider

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Émancipation numérique, comment convaincre ?. Évalué à 10 (+9/-0).

    Le problème c'est que si les gens que tu fréquente sont OK pour donner toute leur vie privée (et la tienne) à des entreprises profondément néfastes, tu ne les feras pas changer d'avis pour une application. Là, si je comprends, ils te disent qu'ils sont bien au courant de tous les soucis posés par les GAFAMS et signent en conscience. C'est un peu différent des gens qui ne savent pas et, quand ils l'apprennent, trouvent que c'est pas extra et cherchent comment en sortir (avec plus ou moins de facilité/difficulté). L'argument de gmail étant un bon exemple.

    C'est un peu comme si tu te retrouvais en enfer et que les damnés te disaient "nan mais ça va, j'ai déjà vendu mon âme, alors je peux aussi me faire dévorer par les démons et puis balancer mes enfants dans les flammes au passage, youpi". À ce stade, je te conseillerais plutôt de tenter de te barrer de là, parce que visiblement, ça ne leur pose aucun souci de vendre tes données et ce qui est précieux pour toi à nos monstres modernes.

    J'ai comme tout le monde un certain nombre de gens de mon entourage qui sont coincés avec les GAFAM (un peu, beaucoup, passionnément...). Je discute avec eux à l'occasion des problèmes que cela pose et des éventuelles alternatives. Certains, avec le temps, essaient autre choses, d'autres s'en moquent. Je sais où sont mes propres limites : je négocie ici et là dans les marges, par exemple en ayant un compte facebook pour quand c'est vraiment impossible autrement d'avoir des infos sur une entreprise locale, mais où je n'accepte personne en ami (pour mes proches : "j'ai pas facebook ni le reste"), même si dans 95% des cas j'arrive aussi à simplement me passer des infos en question. Je coupe les contacts avec ceux qui revendent mes données, ça c'est une limite ; sinon ce serait un peu comme si je continuait de prendre le thé avec un ex qui a partagé à tous ses potes des photos où je suis à poil. Il y a des choses, ça ne se fait pas.

    La conséquence est évidement que oui, je loupe des infos, des rencontres, etc etc. Et parfois, ça complique sacrément la vie.

    Par contre je gagne des choses que je trouve très appréciable, dont un peu de santé mentale. Pas de notifications incessantes, moins de temps scotché au tel, plus de temps dédié à "prendre le temps", parfois même à m'ennuyer (et encore, pas assez), plus d'attention au présent "ici et maintenant". Je suis clairement un ovni. Mais je crois que ce que je "manque", au final, me permet aussi de vivre autrement, et de bonnes choses.

    Finalement, je finis par militer non pas pour éviter les GAFAM mais au delà de ça, éviter l'hyperconnexion permanente. Apprendre à vivre, à communiquer plus lentement, moins souvent, en y accordant un vrai "temps". De la même façon que je n'ai pas de compte actif chez les gafams, je ne suis pas sur Mastodon, du coup, ni connectée non-stop à XMPP, ni n'ai le mail sur mon ordiphone. Parce qu'au final, même si les réseaux libres prennent plus soins de nos données, ils phagocytent beaucoup de temps et d'énergie. Ok, je passe quand même trop de temps sur Linuxfr et quelques coins de ce genre ;)

    Magré tout, je sais : ça ne va pas t'aider avec ton problème. Je ne minimise pas la difficulté à résister à une pression sociale : c'est réellement dur. J'ai tendance à raconter que mon tel n'est pas compatible, que je n'ai pas les moyens d'en avoir un qui pourrait (c'est à moitié vrai). Les gens finissent par se lasser, surtout quand ils ont besoin de leur shoot de dopamine permanent. Oui, on se retrouve exclus de certains cercles, ce qui laisse la possibilité d'en trouver d'autres, voir de savourer d'en avoir moins. Mais ça n'est pas évident de résister à la tentation. "Ha, juste pour X, qui est si sympa, peut-être que je pourrais..." Bah, d'un autre côté, je ne suis pas certaine que craquer dans ce genre de cas soit une bonne idée alors ça aide un peu.

    Bref : bon courage. Je crains que tu aie épuisé les bons arguments, même si je suis très curieuse de voir les retours des autres. Si tu arrive à les faire changer d'avis, raconte-nous :)

  • [^] # Re: what ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Publication de contenus augmentés par l'IA. Évalué à 6 (+4/-0).

    Perso ce sont des questions philosophiques qui me dépassent donc je suspend mon jugement...

    Ce qui est une posture philosophique plus que pertinente en réalité. La plupart des débats sur la "conscience" des LLM n'ont aucune qualité philosophique, c'est de la discussion de boudoir où les intervenants ont un vague concept de ce qu'est la conscience, sans jamais définir ce qu'elle peut être et parler de la même chose.

    À l'inverse, les débats philosophiques sur la conscience sont passionnants (ou à couper les cheveux en quatre, suivant le niveau d'appréciation) et existent depuis quelques siècles, sans arriver à rien de tranché. Il y a des postures qui défendent même que la conscience n'existe pas (oui, même chez l'être humain). Mais pour le coup, le lien que tu cite est dans cette filiation : avant de décider si oui ou non, on a une "conscience", décidons d'un critère qui marque ce que peut être la conscience.

    Accessoirement : reconnaitre de la conscience à un être (humain, animal... pourquoi pas machine un jour) n'a jamais changé grand chose à la façon dont cet être pouvait être traité légalement. Raison pour laquelle je trouve toujours ce genre de débat assez vaseux. Quand bien même un de ces jours on reconnaitrait à une IA de la conscience, de la sensibilité, voir, soyons fou, de l'agentivité, qu'est-ce que ça changerait ? Elle sera toujours dans une boite qu'on peut débrancher en coupant le courant, et ce pouvoir du vivant sur la machine n'est pas facilement dépassable. Même si ça fait de supers scénarios de films.

  • [^] # Re: Pas augmenté, diminués par IA

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Publication de contenus augmentés par l'IA. Évalué à 3 (+1/-0).

    Sur les traductions, je préfère une proposition même par IA, que d'aller demander de mon côté à DeepL. Je me dis que mieux vaut que le traducteur aie tourné une fois et que tous les lecteurs aient sont résultats, plutôt que tous ceux qui ne parlent pas la langue d'origine demande la même traduction.

    Par contre c'est cool d'indiquer le niveau de "confiance" de la traduction, si c'est du DeepL (ou autre LLM), à la main (et de quelqu'un de fluide ou non). Je fais parfois des contresens énormes en traduisant dans ma tête de l'anglais ou de l'allemand, il vaut mieux que je ne tente pas ça sans assistance !

    Par contre autant traduire une citation, OK pour la machine, autant un article complet, ma préférence est toujours pour le travail d'un humain, qui comprendra mieux les subtilités.