Les vrais éditeurs font signer un contrat d'édition avec un pourcentage et éventuellement une avance sur ventes.
Ho, les contrats existent. Sinon comment on s'assure qu'un écrivain n'aille pas essayer de vendre son bouquin ailleurs ?
Par contre, les paiements ?
Dans les excuses les plus régulières :
- "ça faisait un trop petit montant, on vous paiera tout l'an prochain" (qui se reporte d'année en année)
- "on n'a pas encore vérifié le total des livres vendus" (depuis deux ans ?)
- "il y a des difficultés de trésorerie" (toujours)
Et l'un de mes préférés :
"Non mais la maison d'édition a des soucis, si on vous paie on est obligé de fermer". Il y a quand même des auteurs qui en sont à payer leurs éditeurs pour éviter qu'ils ferment. Si ça, c'est pas de l'arnaque. Pardon, du crowdfunding.
Il y a aussi ceux qui convertissent le montant des droits d'auteurs en bouquins "comme ça vous pourrez les vendre vous, c'est pareil".
J'ai aussi un de mes potes dont l'éditeur a été racheté par un autre ; au mépris des lois, il n'en a pas été prévenu et n'a donc pas pu s'opposer au transfert de son contrat vers le nouvel éditeur. Lequel a republié ses bouquins (qui se vendent) sans l'en avertir, et sans le payer. "Ha bon, mais vous vouliez être payé ? Ça ne vous suffit pas d'être distribué ?"
Ho et ce très grand éditeur, du genre que tout le monde connait, qui a rémunéré un ouvrage de référence en donnant une somme fixe misérable aux auteurs qui avaient écrits les articles... "Mais vous comprenez, le prestige d'être publié chez nous".
Est-ce légal ? Non. Est-ce que les auteurs vont engager des frais de justice alors qu'ils ne savent souvent même pas à combien se montent leurs ventes et qu'ils se doutent que ça ne dépasse probablement pas 2000€/an dans le meilleur des cas ? Non. Est-ce que les éditeurs se font leur trésorerie sur le dos de leurs auteurs les plus dociles ? oui, avec des comptes qui sont plus qu'opaque, avec des paiements qui ont parfois deux ans de retard...
Donc, oui, la règle est de payer avec la promesse que "un jour" c'est sûr ils seront payés.
Les éditeurs qui ne font pas cela, qui paient mois après mois, ou au moins une fois dans l'année, et exposent clairement les comptes, sont des exceptions. Il y en a. Mais ils sont rares.
On reparle du rapport Racine ? Du scandale de la caisse de retraite des écrivains ?
Parce qu'il y a des gens qui se font du pognon dans la chaine du livre. Si si. Donc ce n'est pas que le secteur est, en soit, si moribond. C'est surtout qu'il y a des infâmes saloupiots sans aucune morale ni éthique, qui profitent allègrement du besoin compulsif des écrivains de "se faire publier". L'excuse "mais c'est parce qu'il y a trop de livres qui sortent et pas assez de gens qui lisent", c'est l'excuse pour 1) ne pas payer les auteurs 2) ne pas faire le minimum de travail de curation en tant qu'éditeur aussi (mais sérieusement, il y a des choses qui sont publiés par certaines grosses maisons... même un LLM fait mieux... mais peu importe c'est sur le bon segment marketting, y'aura aussi assez de pigeons pour en acheter dans la collection).
Et est-ce que je suis un peu énervée contre ce genre de personnes et leurs arguments ? C'est possible.
[^] # Re: Un retour
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 9 (+7/-0).
Ho, les contrats existent. Sinon comment on s'assure qu'un écrivain n'aille pas essayer de vendre son bouquin ailleurs ?
Par contre, les paiements ?
Dans les excuses les plus régulières :
- "ça faisait un trop petit montant, on vous paiera tout l'an prochain" (qui se reporte d'année en année)
- "on n'a pas encore vérifié le total des livres vendus" (depuis deux ans ?)
- "il y a des difficultés de trésorerie" (toujours)
Et l'un de mes préférés :
"Non mais la maison d'édition a des soucis, si on vous paie on est obligé de fermer". Il y a quand même des auteurs qui en sont à payer leurs éditeurs pour éviter qu'ils ferment. Si ça, c'est pas de l'arnaque. Pardon, du crowdfunding.
Il y a aussi ceux qui convertissent le montant des droits d'auteurs en bouquins "comme ça vous pourrez les vendre vous, c'est pareil".
J'ai aussi un de mes potes dont l'éditeur a été racheté par un autre ; au mépris des lois, il n'en a pas été prévenu et n'a donc pas pu s'opposer au transfert de son contrat vers le nouvel éditeur. Lequel a republié ses bouquins (qui se vendent) sans l'en avertir, et sans le payer. "Ha bon, mais vous vouliez être payé ? Ça ne vous suffit pas d'être distribué ?"
Ho et ce très grand éditeur, du genre que tout le monde connait, qui a rémunéré un ouvrage de référence en donnant une somme fixe misérable aux auteurs qui avaient écrits les articles... "Mais vous comprenez, le prestige d'être publié chez nous".
Est-ce légal ? Non. Est-ce que les auteurs vont engager des frais de justice alors qu'ils ne savent souvent même pas à combien se montent leurs ventes et qu'ils se doutent que ça ne dépasse probablement pas 2000€/an dans le meilleur des cas ? Non. Est-ce que les éditeurs se font leur trésorerie sur le dos de leurs auteurs les plus dociles ? oui, avec des comptes qui sont plus qu'opaque, avec des paiements qui ont parfois deux ans de retard...
Donc, oui, la règle est de payer avec la promesse que "un jour" c'est sûr ils seront payés.
Les éditeurs qui ne font pas cela, qui paient mois après mois, ou au moins une fois dans l'année, et exposent clairement les comptes, sont des exceptions. Il y en a. Mais ils sont rares.
On reparle du rapport Racine ? Du scandale de la caisse de retraite des écrivains ?
Parce qu'il y a des gens qui se font du pognon dans la chaine du livre. Si si. Donc ce n'est pas que le secteur est, en soit, si moribond. C'est surtout qu'il y a des infâmes saloupiots sans aucune morale ni éthique, qui profitent allègrement du besoin compulsif des écrivains de "se faire publier". L'excuse "mais c'est parce qu'il y a trop de livres qui sortent et pas assez de gens qui lisent", c'est l'excuse pour 1) ne pas payer les auteurs 2) ne pas faire le minimum de travail de curation en tant qu'éditeur aussi (mais sérieusement, il y a des choses qui sont publiés par certaines grosses maisons... même un LLM fait mieux... mais peu importe c'est sur le bon segment marketting, y'aura aussi assez de pigeons pour en acheter dans la collection).
Et est-ce que je suis un peu énervée contre ce genre de personnes et leurs arguments ? C'est possible.