Le fait d'être atteint du syndrome de la Tourette pourrait peut-être expliquer ça?
On peut être libre et pauvre. On peut être libre et chômeur. On peut être libre et malheureux. Tu as tout à fait le droit de considérer que ça n'est pas une situation optimale—objectivement, ça ne l'est pas. D'ailleurs, il y a une différence entre avoir le droit de faire ce qu'on veut, et pouvoir le faire (faute de moyens, mais aussi simplement faute de volonté).
Les théories fumeuses sur une sorte de complot du grand patronat qui esclavagise les gens sous couvert de liberté, c'est à la mode, parce que ça conforte les gens qui sont déçus par leur réussite dans notre société compétitive. Les fonctionnaires sont jaloux des salariés du privés, qu'ils s'imaginent super-riches (alors que bon...) ; les salariés du privé sont jaloux des fonctionnaires, qu'ils s'imaginent nuls, glandeurs, et super-protégés (on se demande bien pourquoi ils ne passent pas les concours...), les pauvres sont jaloux des patrons, qu'ils s'imaginent comploteurs et conservateurs (alors que j'ai l'impression que les entrepreneurs voudraient que la société change plus vite), etc.
La réalité, c'est qu'on vit dans un monde cruel, qui n'est pas égalitariste. Par contre, on est libres. Si tu n'arrives pas à exploiter cette liberté, tu as le droit de réclamer plus d'égalitarisme, plus de redistribution. Réclamer moins de liberté pour les autres, c'est déja un peu tendancieux. Prétendre qu'en fait, tu n'es pas libre, c'est de la fumisterie. Il y a des gens de 18 ans qui montent des entreprises, sans soutien familial ni rien. C'est juste qu'ils sont bien adaptés à exploiter cette liberté économique. Personnellement, je ne m'en sens pas capable, mais je pense avoir assez de lucidité pour me le reprocher à moi, et pas à le reprocher à la terre entière, à l'Europe, au gouvernement, à François Hollande, aux "patrons", aux banques, au lobby juif ou aux extra-terrestres.
l'Union européenne est construite sur le primat de la concurrence
Il serait idiot de nier que la construction européenne est fondée sur des bases libérales. Cependant, l'idéologie libérale va plus loin que l'idéolgie capitaliste ; elle est profondément humaniste car elle est basée sur un idéal de liberté (plus que de démocratie). La concurrence non-faussée et le "logiciel" économique européen est centrée sur la liberté d'entreprendre, et pas sur une logique de marché—typiquement, les lois anti-monopoles déservent le capitalisme "brut". L'europe garantit la liberté de circulation des biens, mais aussi des personnes, qu'il serait injuste d'analyser seulement à travers du prisme du capitalisme. La cour de justice européenne est un allié précieux dans le respect des droits de l'Homme—la France qui se fait condamner pour son régime de garde à vue moyennageux, ou l'état de ses prisons, ça n'a rien à voir avec le capitalisme. Le support de l'UE à la recherche académique (qui est très significatif), ça n'est pas non plus lié au capitalisme (les appels à projet EU ne font pas nécessairement ce lien débile entre la recherche et l'innovation).
Bref, l'UE est construite sur la liberté : liberté des individus, liberté d'entreprendre. C'est une idéologie libérale, je ne suis pas forcément d'accord avec ça, mais le prisme d'analyse "libéralisme = capitalisme" est beaucoup trop réducteur.
Il est clair que la construction européenne se fait depuis le début sous l'influence de deux contraintes: d'une part, la necessité de coordonner les législations, et éventuellement de forcer les États membres à converger vers un intérêt commun, et d'autre part, le besoin des États de maintenir leurs compétences régaliennes.
On voit bien ici que la plupart des arguments anti-européens sont complètement paradoxaux. Il est absurde de reprocher à l'Europe d'être inefficace (lutte contre l'évasion fiscale, sécurité sociale, immigration, justice, sécurité, etc) et en même temps de lui reprocher d'accaparer les compétences des États. L'Europe a tendance à être particulièrement efficace dans les domaines où elle est autonome : par exemple la politique monétaire de limitation de l'inflation (on en est même à se demander s'il ne faudrait pas craindre la déflation). L'Europe est dirigée par des technocrates, on peut tout à fait argumenter sur le fait que son caractère démocratique est douteux, mais les technocrates en question ne sont pas nécessairement incompétents. Peut-être qu'on ne demande pas les bonnes choses à l'Europe, mais quand on demande de contrôler l'inflation, l'inflation est contrôlée ; quand on demande une politique agricole productiviste, on a une politique agricole productiviste, etc. Et c'est bien les gouvernements qui fixent les grandes directions...
Je ne suis pas sûr que la comparaison soit en faveur de la prudence (mais bon, je peux me tromper).
Yaka faire le calcul. Vitesse moyenne, environ 80 km/h en France; vitesse limitée à 50 km/h : disons 40 km/h de moyenne. Une voiture fait environ 14000 km/an, on perdrait donc 175h/an. En tout en France, vu qu'on est 70 millions, ça fait 12 milliards d'heures de vie perdues.
Il y a environ 3500 morts par an en France sur les routes, s'ils meurent à l'âge médian (40 ans), ça fait environ 1,2 milliards d'heures de vie de perdues par an.
Si on ne compte que les morts, il y a un facteur 10 en faveur des fous du volant.
Sauf que. Déja, il y a 17 blessés graves pour un mort. Je ne sais pas combien sont handicapés à vie, mais même si c'est seulement 10% des blessés qui sont tellement gravement atteints que leur vie est foutue, le rapport passe de 1/10 à 3/10.
Ensuite, une mort brutale gâche en général la vie de toute une famille. Même si on compte qu'un mort = 2 vies gâchées, le rapport passe à 6/10.
Enfin, le temps passé dans une voiture n'est pas forcément perdu. On peut téléphoner (kit main libre), on peut discuter, on peut écouter les nouvelles à la radio. Si 50% du temps passé en voiture est exploité, on passe à 12/10. Victoire pour les sécuritaires :-)
Globalement, je pense qu'on est donc du même ordre de grandeur.
La vie est trop courte pour être passée dans une boîte en aluminium.
Je connais des gens qui dépensent une part majoritaire de leur salaire dans des boites en alumunium de la sorte, et qui attendent le week-end avec impatience pour passer du temps dans ladite boite. J'ai même l'impression que ces gens-là sont d'ailleurs attirés par les vitesses élevées. Il faudrait prendre en compte dans le calcul une proportion inconnue de gens qui aiment passer du temps dans leur bagnole, aussi insensé que ça puisse paraitre.
Posté par arnaudus .
En réponse au journal Turing est battu.
Évalué à 6.
Dernière modification le 11 juin 2014 à 16:36.
Limiter les dépassements et les changements de files me semble réduire le danger.
Pour répondre à Toto et pouvoir affirmer que son problème de scooter lent n'était pas très important, je me suis tapé vite fait le rapport de la commission de la sécurité routière sur l'accidentologie. Étrangement, ces manoeuvres pourtant stressantes ne sont pas si accidentogènes (en fait, si, évidemment, le risque d'accident pour une manouvre—désolé, j'ai perdu mon E dans l'O, merci les mises à jour d'Ubuntu—est assez élevé, mais les dépassements restent assez rares au final, et ils ne représentent qu'un faible pourcentage des accidents totaux). Alors oui, évidemment, ça serait encore mieux s'il n'y avait pas besoin de doubler, mais ça ne réduirait pas drastiquement le nombre d'accidents.
Je crois que l'intérêt des limitations des vitesses est surtout d'uniformiser la vitesse.
À mon avis, l'intérêt principal des limitations de vitesse est de réduire le nombre et la gravité des accidents. Le nombre, parce que la demi-seconde de gagnée permet de s'arrêter avant la collision ou de l'éviter, et pour la gravité, c'est trivial.
En fait, c'est assez amusant d'essayer de comprendre pourquoi on en est là. On en est là simplement parce que les bagnoles et la législation afférente sont apparues bien avant l'ère moderne et notre manière de gérer les risques. Le raisonnement moderne est très simple : on détermine à quelle vitesse un accident commence à devenir dangereux (probablement dans les 50 km/h?), et on légifère de manière à ce qu'il soit impossible de dépasser une telle vitesse (donc, 50 km/h sur autoroute, 25 km/h sans tremplin central?).
Pourtant, le code de la route est foutu de manière à ce qu'en marche normale, deux véhicules puissent se percuter à 180 km/h (collision frontale), ou pire, à 160 km/h contre un obstacle quasi-fixe (un PL par exemple). Ces vitesses sont bien trop élevées, en entrainent probablement une mort quasi-certaine. Il y a tant de morts sur la route simplement parce que les véhicules vont beaucoup trop vite! Progressivement, on réduit la mortalité, en réduisant un peu la vitesse, et en augmentant les capacités des voitures à maintenir leurs passagers en vie. Il y a évidemment des limites à ça, puisqu'on n'a qu'à peu près 1m50 pour faire passer le cerveau des passagers d'une certaine vitesse à 0 km/h.
La vérité, c'est juste que notre pratique de la bagnole et des trucs à moteur n'est simplement pas en phase avec notre besoin de sécurité. On n'accepte plus de se laver avec des produits aux parabènes (dont la toxicité n'est pas prouvée), alors que le risque est probablement mineur ; les appareils électroménagers sont blindés de triple-sécurités pour éviter tout risque d'accident domestique. Et paf, quand on prend la bagnole, on roule légalement à 400% de la vitesse à laquelle on devrait se limiter si on exigeait un niveau de sécurité équivalent. C'est absurde.
Je n’ai obtenu aucun argument rationnel sur ce sujet.
Il y a deux possibilités.
* Tu es un expert du raisonnement et on est tous des cons. On se demande pourquoi tu continues à t'abaisser à discuter avec nous
* Ton raisonnement est profondément fallacieux
Personnellement, je vote pour la deuxième possibilité. En fait, je ne comprends même pas ce que tu veux dire. Tu as commencé avec des histoires de distances de sécurité qui ne tenaient pas debout (on se doit de respecter les distances en cas de dépassement, quelle que soit la vitesse du véhicule doublé), puis tu as enchainé sur ces histoires de différentiel de vitesse, qui ne tiennent pas debout non plus (augmenter la vitesse des véhicules lents pour réduire le différentiel, c'est le même raisonnement que d'armer toute la population pour réduire la criminalité). J'ai l'impression que tu bloques sur le détail du bridage, mais c'est un point technique sans intérêt : il reviendrait au même de limiter la vitesse des 50 cm3 à 50 km/h, sauf que le bridage permet d'éviter les contrôles routiers (la question est plutôt pourquoi ce n'est pas fait avec tous les véhicules à 130 km/h).
De toutes manières, les statistiques montrent qu'à la base, le problème est imaginaire. Les scooters ne sont pas particulièrement surreprésentés dans la mortalité des deux-roues (en gros, on n'a pas plus d'accident mortel en petite cylindrée), et les collisions par l'arrière, bien que plus souvent mortelles pour les deux roues, ne représentent que 3% des tués (1% pour les deux-roues motorisés). À comparer aux 7% de morts en deux roues dus à une perte de contrôle sans collision avec un tiers...
Cette limitation rend impossible le respect des distances de sécurité par le conducteur dudit 49.9cm3, car il est constamment en train d’être dépassé, ou sur le point d’être dépassé, ou venant tout juste d’être dépassé.
Ouille ouille ouille, mais où as-tu été chercher ça? Lors d'un dépassement, il faut évidemment respecter les distances de sécurité! En déboitant et en se rabattant. En tout état de cause, il y a évidemment des abrutis qui serrent un peu, mais avec un différentiel de vitesse d'au moins 20 km/h (idem, différentiel officiel minimum pour un dépassement), la distance de sécurité est rétablie en quelques secondes. Bref, à mes yeux, cette excuse bidon pour le débridage est délirante. D'ailleurs, il existe de nombreux véhicules qui sont plus lents (charettes, tracteurs, vélos, cyclos...), et qui ne posent aucun problème de sécurité si tout le monde respecte le code.
Et oui, d'ailleurs, le code impose qu'on ralentisse derrière un tel véhicule si on ne peut pas passer (véhicule en face, ligne blanche, manque de visibilité). Apparemment, certains ont loupé l'information, et pensent que la faute incombe au véhicule lent.
Non, sans dec, le différentiel de vitesse est parfois dangereux, mais encore une fois, c'est complètement con de penser que le problème vient du véhicule lent : il semble évident que pour éviter les différentiels de vitesse trop important dans les zones sans visibilité, il faut ralentir les véhicules rapides, et pas accélérer les véhicules lents! Pourquoi, dès que ça parle de bagnoles, certains mettent leur cerveau en mode hibernation?
Ça serait un signe d'un algorithme médiocre, sans aucun intérêt. Il parait évident que pour conduire une voiture, il faut un truc un peu plus évolué que "if (dist < dist_sec) brake;"
Dans la vie courante, on tombe très souvent sur des conversations de la sorte ; le schéma, c'est quelque chose comme "cette règle du code de la route, je ne la respecte pas dans certaines occasions, car si je la respectais, ça serait dangereux ; je suis donc un conducteur prudent et c'est injuste de me faire verbaliser pour ça". Le raisonnement est évidemment fallacieux ; il n'existe aucun cas, à ma connaissance, où la sécurité est mise en danger par le respect du code de la route, sauf situation triviale. Au pire, c'est l'incivilité des autres usagers qui peut créer du danger (par exemple, ceux qui vont essayer de doubler sans visibilité les usagers qui respectent des limites de vitesse abusivement basses), mais ce n'est jamais le respect du code en tant que tel qui est dangereux. Bref, les arguments du type "je dépasse la limite mais en fait c'est parce que c'est moins dangereux de rouler vite", c'est pour le bistro du coin avec les copains poivrots (oui, je sais, une étude avait montré une diminution des risques d'endormissement avec la vitesse, mais c'est sans considérer l'effet de la vitesse lui-même en cas d'accident).
Il est des cas où la sécurité impose des actions qui ne vont pas fluidifier le trafic, par exemple. Ralentir en cas de brouillard, laisser la bande d'arrêt d'urgence libre, éviter l'interfile pour les motos, etc. Tout ça ralentit le trafic et peut créer des bouchons, mais le code de la route n'a pas été conçu pour éviter les bouchons (c'est d'ailleurs problématique).
Disons qu'on n'arrête pas de redéfinir l'IA, alors, ce qui revient à peu près au même. Je pense que, pour la plupart des scientifiques des années 1950, être capable de battre un joueur d'échec professionnel, c'était de l'IA. Depuis, on a vérifié que c'était principalement du calcul brut; ça n'est pas très différent de calculer des nombres premiers.
De manière générale, au moins pour les applications grand public, l'IA n'existe pas. Ce qui se passe, c'est simplement que certains programmes simulent l'intelligence, mais même quand ils sont bien conçus, ils ne reflètent que l'intelligence du programmeur. Un programme n'est pas plus intelligent qu'un bouquin ; je n'ai jamais entendu des gens discuter de l'intelligence d'un livre, par exemple.
C'est pas forcément vrai. Les ordinateurs sont très bons à faire tout un tas de trucs qu'on considérait avant comme réservés aux humains. Par exemple, la relecture d'un texte (un ordinateur ne confondrait jamais "face" avec "fasse", par exemple :-) ), jouer aux échecs, détecter les montages photo, mettre au point des emplois du temps, et résoudre des équations. J'ai juste l'impression qu'on décale progressivement l'"humanité" des tâches, histoire de les redéfinir au fur et à mesure que les ordinateurs deviennent meilleurs que nous.
Il est évident que les prochains trucs à tomber sont la traduction automatique (dernièrement, les performances des logiciels se sont énormément améliorées, même pour les algorithmes disponibles gratuitement comme Google translate), et la conduite de véhicules (je ne comprends pas comment c'est possible, et j'avoue que je doute même, mais le fait que plusieurs États US autorisent les bagnoles de Google me fait penser que j'ai tort). Mais par contre, la conversation, des clous, et ça me fout en rogne de voir ces titres raccoleurs dans les journaux.
Il faudrait voir la taille des paquets, avec des compilations de lib statiques avec simplification introduit dans le linker (logiquement, il vire maintenant les symboles non utilisés et pas seulement les .o). Si cela se trouve le travail de factorisation, n'est pas tellement utile.
Osef un peu de la taille des paquets, non? Pour moi, le principal avantage de lier dynamiquement les bibliothèques, c'est d'avoir un système modulaire. Du coup s'il y a un bug ou une faille de sécurité dans la lib trucmuche, je dois mettre à jour la lib trucmuche et seulement cette lib, et pas la totalité de ma distribution. Si je veux patcher ma lib trucmuche, tout le monde va utiliser ma version patchée. Le gain de RAM est toujours appréciable, mais ça n'est pas un argument majeur.
(c'est amusant, www.wikpedia.com, que j'avais tapé au pif, existe vraiment, et renvoie aléatoirement vers des attrappes couillon (voyance, trucs pornos, applis pour smartphones, etc). Coup de bol, mais ça appuie bien le raisonnement :-) ).
En fait, les moteurs de recherche remplacent une fonctionalité manquante du protocole DNS : la tolérance aux erreurs. Tu oublies le www, tu tapes example,com ou exemple.com, et hop, horrible page d'erreur. C'est acceptable pour une ip ou un numéro de téléphone, qui ne sont pas signifiants, mais c'est inacceptable avec du signifiant en langage naturel, puisque le langage naturel est assz tolérannt au éreurs (havèque dé limes hittes).
Les arguments du type "les utilisateurs sont cons", ça va deux secondes, mais pour cette question particulière, je pense que c'est faux. Pour le coup, les ingénieurs sont cons. Si tu crées un système qui renvoie une erreur obscure quand tu tapes wikipdia.org, ou pire, qui t'envoie potentiellement sur un site de phishing ; quand tu mets à jour le système et que la seule "amélioration" que tu trouves, c'est d'offir encore plus de possibilités de confusion (en autorisant l'unicode ou en créant une profusion de TLS), alors tu crées une "niche écologique" pour un service entre l'utilisateur et le DNS, qui filtre les fautes et renvoie le bon site.
Après, tu peux prétendre qu'à cause de Google, il risque d'être de plus en plus difficile d'acheter du viagra chinois sur www.wikpedia.com. Certes. Il pourrait même exister des gens qui pourraient penser que c'est une bonne chose. Ceux qui n'arrivent pas à comprendre pourquoi devraient peut-être, de temps en temps, se renseigner sur ce qu'Internet est devenu au cours des 10 dernières années...
google est tellement bien que le mieux... est de ne rien faire pour le concurrencer.
Absolument pas. Je dis que ça ne sert à rien d'essayer de le copier. Le problème est très simple : très peu de gens aujourd'hui seraient capables de financer, s'ils le voulaient, une infrastructure qui ne ferait qu'indexer les nouvelles pages web. Je ne parle même pas des serveurs de base de données pour traiter les requêtes, rien que l'indexation. On peut même oublier les serveurs, tiens. Juste la bande passante. Rien que ça, aucun projet libre ne pourrait le faire. Résultat, ton moteur n'est même pas encore en ligne que son contenu est déja obsolète. Tu es condamné à offrir un service effroyablement inférieur à celui de Google. Tu peux essayer si tu veux, on vit dans un pays libre, mais c'est un acte de déséquilibré.
la vie privée... de toute façon ça sert à rien de lutter, on a perdu.
J'ai déja dit des trucs comme ça dans d'autres posts, mais certainement pas ici. Justement, je dis que c'est un problème important, mais qu'il est totalement puéril de penser qu'offrir des outils merdiques puisse contribuer à le résoudre. Et si c'est pour créer une interface graphique qui interroge Google en arrière-plan, comme le font plusieurs des moteurs listés dans la dépèche, je pense qu'il existe beaucoup de trucs plus importants à faire.
tu bosses chez Google ?
Mon portefeuille aimerait probablement bien :-) C'est vrai qu'à force des trolls sur Microsoft et Apple, on pourrait finir par croire que toutes les boites en informatique ne font que de la merde, mais c'est faux. Google fait à la fois des trucs bien et des trucs pas bien. Et ça serait débile de ne pas reconnaitre que c'est leur capacité d'innovation et d'investissement dans leur moteur de recherche qui les maintient en position quasiment hégémonique sur ce marché. Être tout fier d'utiliser DDG en faisant semblant de ne pas savoir que ça ne fait qu'interroger Google derrière en modifiant marginalement l'order des retours, je ne vois pas l'intérêt.
En quoi ça pose problème que ça vienne de wikipedia ?
Ça ne pose pas de "problème". C'est juste que c'est une information sémantique qui est tirée de quelque part, peut-être d'un autre site, peut-être indirectement de Wikipédia, peut-être des requêtes Google, je ne sais pas.
Tu présumes que la base que google utilise est de meilleure qualité ?
En l'occurrence, oui. Wikipédia ne peut pas s'empêcher d'écrire que X est "humoriste, chansonnier, et écrivain", ou que Y est "acteur et réalisateur", même si une des facettes est totalement anecdotique.
Tu parle de technique, mais fonctionnellement c'est proche.
Mouais, pas sûr. DDG met Wikipédia en première réponse et développe le contenu de l'article sur un court paragraphe. Je dirais, "bêtement", tel quel. Google va chercher des informations clés, qu'il présente selon ses critères, en l'agrémentant d'informations qu'il va chercher ailleurs. Je trouve que dans le principe, justement, c'est très différent, même si au niveau visuel, ça pourrait être proche.
Ça ne se rapproche pas de ce que fait ddg, ça ? (en moins bien peut être)
De très loin, peut-être. Google affiche plusieurs photos (dont toutes ne viennent pas de Wikipédia), une information générale (acteur, chanteur, footballeur), qui ne vient pas de Wikipédia, d'ailleurs, puis une sorte de fiche signalétique (dates et lieu de naissance, nationalité...). Et enfin un lien vers Wikipédia. J'ai l'impression que DDG copie-colle WP et lui ajoute une feuille de style maison...
Peut-être n'ai-je pas insisté sur un point important : les histoires de vie privée et de pratiques commerciales hégémoniques sont un vrai problème. Mais l'argument "Adoptez un nouveau moteur ; bon, il est tout pourri, mais on est gentils" est bidon. À mon avis, il est même assez fallacieux. Si Linux est intéressant, c'est qu'il est, sur bien des aspects, supérieur à MS Windows. Si Firefox a envahi les bureaux, ce n'est pas parce qu'il est libre, c'est que c'était un logiciel de meilleure qualité qu'Internet Explorer. Jamais la liberté ou la transparence ne sera un argument convainquant aux yeux du plus grand nombre si le service rendu est médiocre.
Les méta-moteurs ne sont à mon avis que des parasites. Évidemment, on peut très bien obtenir des résultats plus pertinents en croisant les données, mais 1) ça peut très bien être fait au niveau du client (la barre de recherche dans Firefox pourrait très bien interroger plusieurs moteurs et retourner une synthèse), et 2) la plupart des moteurs de recherche sont déja des méta-moteurs (cf l'histoire de Bing qui s'était fait chopper à pomper Google), et j'ai nettement l'impression qu'il n'existe qu'un seul vrai moteur de recherche autonome et performant actuellement. Du coup, en utilisant un méta-moteur officiel, on va interroger Google, plus d'autres méta-moteurs officieux, qui eux aussi recopient plus ou moins Google. Au final, on interroge Google, quoi.
Développer un nouveau moteur de recherche, c'est une perte de temps. Jamais personne n'aura les ressources pour le faire correctement, le web est trop gros, les moyens de Google sont trop importants—et surtout, Google est sacrément pertinent. On peut dire ce qu'on veut du respect de la vie privée, des pratiques commerciales, ou du don't be evil, mais Google a révolutionné le principe du moteur de recherche au début des années 2000, et personne n'a jamais réussi à lui faire de l'ombre (au moins dans le monde occidental).
L'avenir est plutôt aux moteurs de métadonnées, qui seront capables de fournir des réponses aux questions. J'ai d'ailleurs l'impression que Google s'est déja embarqué dans ce chemin, et l'interface qui intègre des éléments en provenance de Wikipédia dans la présentation des résultats d'une requête est un semblant de commencement du concept. Quand on tape "Roger Tartempion", on n'a plus seulement une collection de sites perso parlant de Roger, on a sa photo, sa date de naissance, son métier, et un résumé de ce qu'il est. Bref, si on met les considérations morales/éthiques à part, non seulement Google fournit le meilleur service actuellement, mais le moteur semble évoluer vers un web pseudo-sémantique alors que ses concurrents peinent à copier vaguement son contenu.
Les devs de Firefox ou d'Ubuntu sont payés par une entreprise pour fournir des outils conviviaux : ils fournissent des outils conviviaux. Les dev de petits projets ne sont pas payés, ils contribuent à des outils qu'ils utilisent eux-mêmes, pour ajouter des fonctionnalités qui leurs sont utiles ou pour corriger des bugs qui les gènent. C'est normal qu'ils ne travaillent pas sur l'intégration : ils s'en foutent, ils savent déja utiliser le logiciel.
Et puis, c'est quand même caricatural. La plupart des logiciels qui viennent avec une interface graphique sont, en général, utilisables. Ils sont parfois moches, parfois pas complètement intuitifs, mais ils ne nécessitent pas non plus de lire une doc de 500 pages, sauf exception (qui a dit "The Gimp"?).
Non, mais ça n'est pas ça le problème. Le problème principal c'est de comprendre le code. Prend un projet libre par exemple. Si la base du code est écrite par un développeur professionnel, il risque de coder comme lui le peut, c'est à dire d'utiliser toutes les subtilités du langage. Si le code est écrit par un amateur éclairé, c'est presque pire, car il risque lui aussi d'utiliser tout ça, mais mal. Le truc, c'est qu'après, il faut que d'autres puissent lire le code, le comprendre, l'auditer, et corriger les bugs. Si tu réduis drastiquement le nombre de gens sur Terre qui peuvent comprendre ton code, tu réduis aussi la taille de ta communauté.
La question se pose donc à plusieurs niveaux. Il est évident que les nouveautés ont un intérêt, sinon elles n'auraient jamais été mises en place. Certaines sont vraiment bénéfiques pour la lisibilité (les types auto, par exemple), mais d'autres sont complètement obscures (les lambdas, etc), et sont sont réservées qu'aux développeurs de bibliothèques génériques.
L'autre problème, c'est que C++ offre de plus en plus de manières différentes de faire la même chose, avec des subtilités évidemment, mais quand même. Et de plus en plus de manières de faire de mauvais choix d'interface, ce qui rejoint l'idée qu'il s'oriente vers une sorte d'élitisme.
Ça m'énerve, les nouveautés du C++11 ne font que complexifier le langage plus qu'autre chose.
J'ai un peu le même sentiment. C++ évolue vers un outil destiné à un petit groupe de professionnels très qualifiés. C'était déja un peu le cas, mais c'est de pire en pire : on voit nettement apparaitre des développeurs de bibliothèques (qui vont utiliser les template, les génériques, les deftypes et les lambdas, etc) et les utilisateurs. Finalement, est-ce qu'on n'aurait pas le même genre de structures pour beaucoup d'outils, comme Latex par exemple, où 99% des utilisateurs sont infoutus de comprendre le contenu d'un fichier de style?
Le problème, c'est que les êtres humains étant ce qu'ils sont, les gens ne vont pas s'empêcher de tenter d'épater la gallerie avec du code complexe là où il n'est pas nécessaire. C++ offre finalement trop de possibilités. Qui n'a jamais vu une classe string surcharger les opérateurs + et += pour faire de la concaténation, par exemple? Finalement, ces possibilités de programmation générique vont principalement servir pour étendre la STL ou autres trucs très très conceptuels, mais pas pour le code de tous les jours. Ce qui me gène le plus, c'est la perte totale de l'autodocumentation.
Mais c'est ce qu'on te demande lorsque tu vas voter, au moins pour la présidentielle.
On demande de choisir un président pour représenter la République. C'est parce que les gens sont complètement cons qu'ils pensent voter pour un super-magicien qui va améliorer leur vie.
La vie quotidienne locale est gérée par la mairie et le fameux mille-feuilles territorial. Améliorer la vie au quotidien passe par la création de crèches ou le ramassage des poubelles. La vie nationale est du ressort des députés, de plus en plus soumis à l'agenda du gouvernement.
À ma connaissance, la constitution donne au président le pouvoir de déclencher une guerre, de dissoudre l'assemblée, de serrer la pince à Obama et de discuter le bout de gras avec les Allemands à Bruxelles. Le pouvoir de faire baisser le chômage, il n'est pas dans la constitution, ça ne fait pas partie du paquet 'super-héros-président'.
Évidemment, les gens ne croiraient peut-être pas au père Noël si les candidats n'arrêtaient pas de promettre qu'ils vont relancer la croissance, rendre les gens heureux, et raser gratis. Mais c'est un cercle vicieux : les candidats savent qu'ils doivent raconter des conneries comme ça, parce que les gens ne voteraient pas pour eux s'ils ne le disaient pas. Un certain Lionel J. de l'Île de Ré peut en témoigner. Et comme ils préfèrent être élus en mentant que de ne pas être élus sans mentir, bah ils mentent. Et les gens font semblant de les croire (parce qu'en vrai, ils ne sont pas si cons que ça). Et après, ils font semblant d'être déçus. Ils font alors semblant de menacer d'élire n'importe qui, mais à force de faire semblant, bah sur un malentendu, ça pourrait bien arriver.
Non : le privilège d'avoir été élevé et éduqué dans une famille où on apprend l'esprit critique
C'est un peu facile comme argument. Je ne suis pas convaincu d'avoir été élevé dans une famille particulière. Et au vu des dernières élections, je ne peux pas croire que dans 25% des familles on reçoit une éducation obscurantiste.
Je ne crois pas que les gens qui ne réfléchissent pas soient bêtes. Mais ils sont fainéants. Purée, personne ne devrait avoir à t'expliquer pourquoi la politique c'est intéressant. La politique, c'est discuter de notre vie en commun. C'est complètement naturel de vouloir discuter de ça.
J'ai l'impression que la conception française de la vie politique, c'est de trouver un super-héros qui va venir déverser un seau de pognon devant chez toi tous les matins. Tu votes pour un gusse, tu attends ton pognon. Évidemment, il ne vient pas. Alors le coup d'après, tu votes pour un autre gusse. Toujours pas de sceau de pognon. Alors tu votes pour un troisième gusse, etc. À chaque fois tu t'aigris, et tu finis par voter pour n'importe qui.
Mais on a quel âge pour croire qu'un super-héros avec un costard cravate va venir résoudre nos problèmes? C'est une attitude passive, complètement puérile vis-à-vis de la politique. Aucun homme ou femme politique ne pourra jamais faire ça.
Qu'est-ce qui te fait dire que tu as plus réfléchi qu'elle?
Au hasard, le fait que j'étais au courant qu'il s'agissait d'une élection européenne, avec un scrutin de liste, afin d'élire des députés? Elle, elle voulait voter pour quelqu'un qui ne se présentait pas. Ouais, c'est certain, elle comprenait tout à fait les tenants et les aboutissants du scrutin. Je suis certain qu'elle avait un avis éclairé sur la politique économique de la BCE.
Et puis bon, ça va deux secondes le relativisme, mais franchement, est-ce qu'on peut légitimement considérer que l'extrême droite est une option? Est-ce qu'il existe des analyses géopolitiques sérieuses qui ont jamais suggéré que l'idéologie nationaliste, que le racisme, la xénophobie, et le rejet du monde tel qu'il existe ont pu un jour apporter quelque chose de bénéfique à un peuple? Quelles sont les valeurs positives et progressistes portées par l'extrême droite?
"pour faire chier"
C'est pas une opinion, "pour faire chier". Typiquement, voter n'importe quoi pour faire chier, c'est le genre d'attitude complètement irresponsable que je déteste. C'est quoi ton espoir, quand tu votes "pour faire chier"? Ah oui, gagné, Hollande, tu l'as fait chier, ça ne fait aucun doute. La France, tu l'as bien aidée, c'est clair : le monde entier se fout de notre tronche. Et les gens que tu envoies au parlement pour te représenter, tu t'en fous complètement, tu as voté pour n'importe qui du moment que ça faisait chier.
Quand tu fais une réunion au boulot, tu es content quand des gens la pourrissent "pour faire chier"? Tu trouves que c'est le moyen de régler les problèmes? Quand tu as un conflit avec ton voisin, tu lui balances les crottes de ton clébard pour le faire chier? C'est comme ça que tu règles tes conflits de voisinage? J'ai l'impression que dans notre pays, en effet, il y a de plus en plus de gens qui trouvent ça légitime de faire chier. C'est marrant, en biologie, ça n'existe pas. Faire chier les autres gratuitement, ça n'a aucun intérêt. On peut les faire chier pour leur piquer leur bouffe ou leurs femelles, pour étendre son territoire. Mais les faire chier pour le principe? C'est totalement absurde, de perdre de l'énergie juste pour faire chier. C'est une attitude qui n'a aucun sens.
[^] # Re: heu..
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le traité de Lisbonne dans toute sa splendeur. Évalué à 5.
Le fait d'être atteint du syndrome de la Tourette pourrait peut-être expliquer ça?
On peut être libre et pauvre. On peut être libre et chômeur. On peut être libre et malheureux. Tu as tout à fait le droit de considérer que ça n'est pas une situation optimale—objectivement, ça ne l'est pas. D'ailleurs, il y a une différence entre avoir le droit de faire ce qu'on veut, et pouvoir le faire (faute de moyens, mais aussi simplement faute de volonté).
Les théories fumeuses sur une sorte de complot du grand patronat qui esclavagise les gens sous couvert de liberté, c'est à la mode, parce que ça conforte les gens qui sont déçus par leur réussite dans notre société compétitive. Les fonctionnaires sont jaloux des salariés du privés, qu'ils s'imaginent super-riches (alors que bon...) ; les salariés du privé sont jaloux des fonctionnaires, qu'ils s'imaginent nuls, glandeurs, et super-protégés (on se demande bien pourquoi ils ne passent pas les concours...), les pauvres sont jaloux des patrons, qu'ils s'imaginent comploteurs et conservateurs (alors que j'ai l'impression que les entrepreneurs voudraient que la société change plus vite), etc.
La réalité, c'est qu'on vit dans un monde cruel, qui n'est pas égalitariste. Par contre, on est libres. Si tu n'arrives pas à exploiter cette liberté, tu as le droit de réclamer plus d'égalitarisme, plus de redistribution. Réclamer moins de liberté pour les autres, c'est déja un peu tendancieux. Prétendre qu'en fait, tu n'es pas libre, c'est de la fumisterie. Il y a des gens de 18 ans qui montent des entreprises, sans soutien familial ni rien. C'est juste qu'ils sont bien adaptés à exploiter cette liberté économique. Personnellement, je ne m'en sens pas capable, mais je pense avoir assez de lucidité pour me le reprocher à moi, et pas à le reprocher à la terre entière, à l'Europe, au gouvernement, à François Hollande, aux "patrons", aux banques, au lobby juif ou aux extra-terrestres.
[^] # Re: heu..
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le traité de Lisbonne dans toute sa splendeur. Évalué à 2.
Il serait idiot de nier que la construction européenne est fondée sur des bases libérales. Cependant, l'idéologie libérale va plus loin que l'idéolgie capitaliste ; elle est profondément humaniste car elle est basée sur un idéal de liberté (plus que de démocratie). La concurrence non-faussée et le "logiciel" économique européen est centrée sur la liberté d'entreprendre, et pas sur une logique de marché—typiquement, les lois anti-monopoles déservent le capitalisme "brut". L'europe garantit la liberté de circulation des biens, mais aussi des personnes, qu'il serait injuste d'analyser seulement à travers du prisme du capitalisme. La cour de justice européenne est un allié précieux dans le respect des droits de l'Homme—la France qui se fait condamner pour son régime de garde à vue moyennageux, ou l'état de ses prisons, ça n'a rien à voir avec le capitalisme. Le support de l'UE à la recherche académique (qui est très significatif), ça n'est pas non plus lié au capitalisme (les appels à projet EU ne font pas nécessairement ce lien débile entre la recherche et l'innovation).
Bref, l'UE est construite sur la liberté : liberté des individus, liberté d'entreprendre. C'est une idéologie libérale, je ne suis pas forcément d'accord avec ça, mais le prisme d'analyse "libéralisme = capitalisme" est beaucoup trop réducteur.
[^] # Re: heu..
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le traité de Lisbonne dans toute sa splendeur. Évalué à 8.
Il est clair que la construction européenne se fait depuis le début sous l'influence de deux contraintes: d'une part, la necessité de coordonner les législations, et éventuellement de forcer les États membres à converger vers un intérêt commun, et d'autre part, le besoin des États de maintenir leurs compétences régaliennes.
On voit bien ici que la plupart des arguments anti-européens sont complètement paradoxaux. Il est absurde de reprocher à l'Europe d'être inefficace (lutte contre l'évasion fiscale, sécurité sociale, immigration, justice, sécurité, etc) et en même temps de lui reprocher d'accaparer les compétences des États. L'Europe a tendance à être particulièrement efficace dans les domaines où elle est autonome : par exemple la politique monétaire de limitation de l'inflation (on en est même à se demander s'il ne faudrait pas craindre la déflation). L'Europe est dirigée par des technocrates, on peut tout à fait argumenter sur le fait que son caractère démocratique est douteux, mais les technocrates en question ne sont pas nécessairement incompétents. Peut-être qu'on ne demande pas les bonnes choses à l'Europe, mais quand on demande de contrôler l'inflation, l'inflation est contrôlée ; quand on demande une politique agricole productiviste, on a une politique agricole productiviste, etc. Et c'est bien les gouvernements qui fixent les grandes directions...
[^] # Re: Ça me met en colère !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Turing est battu. Évalué à 2.
Yaka faire le calcul. Vitesse moyenne, environ 80 km/h en France; vitesse limitée à 50 km/h : disons 40 km/h de moyenne. Une voiture fait environ 14000 km/an, on perdrait donc 175h/an. En tout en France, vu qu'on est 70 millions, ça fait 12 milliards d'heures de vie perdues.
Il y a environ 3500 morts par an en France sur les routes, s'ils meurent à l'âge médian (40 ans), ça fait environ 1,2 milliards d'heures de vie de perdues par an.
Si on ne compte que les morts, il y a un facteur 10 en faveur des fous du volant.
Sauf que. Déja, il y a 17 blessés graves pour un mort. Je ne sais pas combien sont handicapés à vie, mais même si c'est seulement 10% des blessés qui sont tellement gravement atteints que leur vie est foutue, le rapport passe de 1/10 à 3/10.
Ensuite, une mort brutale gâche en général la vie de toute une famille. Même si on compte qu'un mort = 2 vies gâchées, le rapport passe à 6/10.
Enfin, le temps passé dans une voiture n'est pas forcément perdu. On peut téléphoner (kit main libre), on peut discuter, on peut écouter les nouvelles à la radio. Si 50% du temps passé en voiture est exploité, on passe à 12/10. Victoire pour les sécuritaires :-)
Globalement, je pense qu'on est donc du même ordre de grandeur.
Je connais des gens qui dépensent une part majoritaire de leur salaire dans des boites en alumunium de la sorte, et qui attendent le week-end avec impatience pour passer du temps dans ladite boite. J'ai même l'impression que ces gens-là sont d'ailleurs attirés par les vitesses élevées. Il faudrait prendre en compte dans le calcul une proportion inconnue de gens qui aiment passer du temps dans leur bagnole, aussi insensé que ça puisse paraitre.
[^] # Re: Ça me met en colère !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Turing est battu. Évalué à 6. Dernière modification le 11 juin 2014 à 16:36.
Pour répondre à Toto et pouvoir affirmer que son problème de scooter lent n'était pas très important, je me suis tapé vite fait le rapport de la commission de la sécurité routière sur l'accidentologie. Étrangement, ces manoeuvres pourtant stressantes ne sont pas si accidentogènes (en fait, si, évidemment, le risque d'accident pour une manouvre—désolé, j'ai perdu mon E dans l'O, merci les mises à jour d'Ubuntu—est assez élevé, mais les dépassements restent assez rares au final, et ils ne représentent qu'un faible pourcentage des accidents totaux). Alors oui, évidemment, ça serait encore mieux s'il n'y avait pas besoin de doubler, mais ça ne réduirait pas drastiquement le nombre d'accidents.
À mon avis, l'intérêt principal des limitations de vitesse est de réduire le nombre et la gravité des accidents. Le nombre, parce que la demi-seconde de gagnée permet de s'arrêter avant la collision ou de l'éviter, et pour la gravité, c'est trivial.
En fait, c'est assez amusant d'essayer de comprendre pourquoi on en est là. On en est là simplement parce que les bagnoles et la législation afférente sont apparues bien avant l'ère moderne et notre manière de gérer les risques. Le raisonnement moderne est très simple : on détermine à quelle vitesse un accident commence à devenir dangereux (probablement dans les 50 km/h?), et on légifère de manière à ce qu'il soit impossible de dépasser une telle vitesse (donc, 50 km/h sur autoroute, 25 km/h sans tremplin central?).
Pourtant, le code de la route est foutu de manière à ce qu'en marche normale, deux véhicules puissent se percuter à 180 km/h (collision frontale), ou pire, à 160 km/h contre un obstacle quasi-fixe (un PL par exemple). Ces vitesses sont bien trop élevées, en entrainent probablement une mort quasi-certaine. Il y a tant de morts sur la route simplement parce que les véhicules vont beaucoup trop vite! Progressivement, on réduit la mortalité, en réduisant un peu la vitesse, et en augmentant les capacités des voitures à maintenir leurs passagers en vie. Il y a évidemment des limites à ça, puisqu'on n'a qu'à peu près 1m50 pour faire passer le cerveau des passagers d'une certaine vitesse à 0 km/h.
La vérité, c'est juste que notre pratique de la bagnole et des trucs à moteur n'est simplement pas en phase avec notre besoin de sécurité. On n'accepte plus de se laver avec des produits aux parabènes (dont la toxicité n'est pas prouvée), alors que le risque est probablement mineur ; les appareils électroménagers sont blindés de triple-sécurités pour éviter tout risque d'accident domestique. Et paf, quand on prend la bagnole, on roule légalement à 400% de la vitesse à laquelle on devrait se limiter si on exigeait un niveau de sécurité équivalent. C'est absurde.
[^] # Re: Ça me met en colère !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Turing est battu. Évalué à 1.
O --- M --- G.... T'es sérieux, là? Quand tu sens que tu vas avoir un accident, tu accélères?
[^] # Re: Ça me met en colère !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Turing est battu. Évalué à 5.
Il y a deux possibilités.
* Tu es un expert du raisonnement et on est tous des cons. On se demande pourquoi tu continues à t'abaisser à discuter avec nous
* Ton raisonnement est profondément fallacieux
Personnellement, je vote pour la deuxième possibilité. En fait, je ne comprends même pas ce que tu veux dire. Tu as commencé avec des histoires de distances de sécurité qui ne tenaient pas debout (on se doit de respecter les distances en cas de dépassement, quelle que soit la vitesse du véhicule doublé), puis tu as enchainé sur ces histoires de différentiel de vitesse, qui ne tiennent pas debout non plus (augmenter la vitesse des véhicules lents pour réduire le différentiel, c'est le même raisonnement que d'armer toute la population pour réduire la criminalité). J'ai l'impression que tu bloques sur le détail du bridage, mais c'est un point technique sans intérêt : il reviendrait au même de limiter la vitesse des 50 cm3 à 50 km/h, sauf que le bridage permet d'éviter les contrôles routiers (la question est plutôt pourquoi ce n'est pas fait avec tous les véhicules à 130 km/h).
De toutes manières, les statistiques montrent qu'à la base, le problème est imaginaire. Les scooters ne sont pas particulièrement surreprésentés dans la mortalité des deux-roues (en gros, on n'a pas plus d'accident mortel en petite cylindrée), et les collisions par l'arrière, bien que plus souvent mortelles pour les deux roues, ne représentent que 3% des tués (1% pour les deux-roues motorisés). À comparer aux 7% de morts en deux roues dus à une perte de contrôle sans collision avec un tiers...
[^] # Re: Ça me met en colère !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Turing est battu. Évalué à 7.
Ouille ouille ouille, mais où as-tu été chercher ça? Lors d'un dépassement, il faut évidemment respecter les distances de sécurité! En déboitant et en se rabattant. En tout état de cause, il y a évidemment des abrutis qui serrent un peu, mais avec un différentiel de vitesse d'au moins 20 km/h (idem, différentiel officiel minimum pour un dépassement), la distance de sécurité est rétablie en quelques secondes. Bref, à mes yeux, cette excuse bidon pour le débridage est délirante. D'ailleurs, il existe de nombreux véhicules qui sont plus lents (charettes, tracteurs, vélos, cyclos...), et qui ne posent aucun problème de sécurité si tout le monde respecte le code.
Et oui, d'ailleurs, le code impose qu'on ralentisse derrière un tel véhicule si on ne peut pas passer (véhicule en face, ligne blanche, manque de visibilité). Apparemment, certains ont loupé l'information, et pensent que la faute incombe au véhicule lent.
Non, sans dec, le différentiel de vitesse est parfois dangereux, mais encore une fois, c'est complètement con de penser que le problème vient du véhicule lent : il semble évident que pour éviter les différentiels de vitesse trop important dans les zones sans visibilité, il faut ralentir les véhicules rapides, et pas accélérer les véhicules lents! Pourquoi, dès que ça parle de bagnoles, certains mettent leur cerveau en mode hibernation?
[^] # Re: Ça me met en colère !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Turing est battu. Évalué à 5.
Ça serait un signe d'un algorithme médiocre, sans aucun intérêt. Il parait évident que pour conduire une voiture, il faut un truc un peu plus évolué que "if (dist < dist_sec) brake;"
Dans la vie courante, on tombe très souvent sur des conversations de la sorte ; le schéma, c'est quelque chose comme "cette règle du code de la route, je ne la respecte pas dans certaines occasions, car si je la respectais, ça serait dangereux ; je suis donc un conducteur prudent et c'est injuste de me faire verbaliser pour ça". Le raisonnement est évidemment fallacieux ; il n'existe aucun cas, à ma connaissance, où la sécurité est mise en danger par le respect du code de la route, sauf situation triviale. Au pire, c'est l'incivilité des autres usagers qui peut créer du danger (par exemple, ceux qui vont essayer de doubler sans visibilité les usagers qui respectent des limites de vitesse abusivement basses), mais ce n'est jamais le respect du code en tant que tel qui est dangereux. Bref, les arguments du type "je dépasse la limite mais en fait c'est parce que c'est moins dangereux de rouler vite", c'est pour le bistro du coin avec les copains poivrots (oui, je sais, une étude avait montré une diminution des risques d'endormissement avec la vitesse, mais c'est sans considérer l'effet de la vitesse lui-même en cas d'accident).
Il est des cas où la sécurité impose des actions qui ne vont pas fluidifier le trafic, par exemple. Ralentir en cas de brouillard, laisser la bande d'arrêt d'urgence libre, éviter l'interfile pour les motos, etc. Tout ça ralentit le trafic et peut créer des bouchons, mais le code de la route n'a pas été conçu pour éviter les bouchons (c'est d'ailleurs problématique).
[^] # Re: Ça me met en colère !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Turing est battu. Évalué à 4.
Disons qu'on n'arrête pas de redéfinir l'IA, alors, ce qui revient à peu près au même. Je pense que, pour la plupart des scientifiques des années 1950, être capable de battre un joueur d'échec professionnel, c'était de l'IA. Depuis, on a vérifié que c'était principalement du calcul brut; ça n'est pas très différent de calculer des nombres premiers.
De manière générale, au moins pour les applications grand public, l'IA n'existe pas. Ce qui se passe, c'est simplement que certains programmes simulent l'intelligence, mais même quand ils sont bien conçus, ils ne reflètent que l'intelligence du programmeur. Un programme n'est pas plus intelligent qu'un bouquin ; je n'ai jamais entendu des gens discuter de l'intelligence d'un livre, par exemple.
[^] # Re: Ça me met en colère !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Turing est battu. Évalué à 4.
C'est pas forcément vrai. Les ordinateurs sont très bons à faire tout un tas de trucs qu'on considérait avant comme réservés aux humains. Par exemple, la relecture d'un texte (un ordinateur ne confondrait jamais "face" avec "fasse", par exemple :-) ), jouer aux échecs, détecter les montages photo, mettre au point des emplois du temps, et résoudre des équations. J'ai juste l'impression qu'on décale progressivement l'"humanité" des tâches, histoire de les redéfinir au fur et à mesure que les ordinateurs deviennent meilleurs que nous.
Il est évident que les prochains trucs à tomber sont la traduction automatique (dernièrement, les performances des logiciels se sont énormément améliorées, même pour les algorithmes disponibles gratuitement comme Google translate), et la conduite de véhicules (je ne comprends pas comment c'est possible, et j'avoue que je doute même, mais le fait que plusieurs États US autorisent les bagnoles de Google me fait penser que j'ai tort). Mais par contre, la conversation, des clous, et ça me fout en rogne de voir ces titres raccoleurs dans les journaux.
[^] # Re: Le format des paquets n'est pas le problème
Posté par arnaudus . En réponse au journal La diversité ou la complexité inutile ?. Évalué à 6.
Osef un peu de la taille des paquets, non? Pour moi, le principal avantage de lier dynamiquement les bibliothèques, c'est d'avoir un système modulaire. Du coup s'il y a un bug ou une faille de sécurité dans la lib trucmuche, je dois mettre à jour la lib trucmuche et seulement cette lib, et pas la totalité de ma distribution. Si je veux patcher ma lib trucmuche, tout le monde va utiliser ma version patchée. Le gain de RAM est toujours appréciable, mais ça n'est pas un argument majeur.
[^] # Re: Un autre moyen de se passer de google...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Google, Facebook et autres big brothers 2.0 #1 — Les moteurs de recherche. Évalué à 5.
(c'est amusant, www.wikpedia.com, que j'avais tapé au pif, existe vraiment, et renvoie aléatoirement vers des attrappes couillon (voyance, trucs pornos, applis pour smartphones, etc). Coup de bol, mais ça appuie bien le raisonnement :-) ).
[^] # Re: Un autre moyen de se passer de google...
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Google, Facebook et autres big brothers 2.0 #1 — Les moteurs de recherche. Évalué à 9.
En fait, les moteurs de recherche remplacent une fonctionalité manquante du protocole DNS : la tolérance aux erreurs. Tu oublies le www, tu tapes example,com ou exemple.com, et hop, horrible page d'erreur. C'est acceptable pour une ip ou un numéro de téléphone, qui ne sont pas signifiants, mais c'est inacceptable avec du signifiant en langage naturel, puisque le langage naturel est assz tolérannt au éreurs (havèque dé limes hittes).
Les arguments du type "les utilisateurs sont cons", ça va deux secondes, mais pour cette question particulière, je pense que c'est faux. Pour le coup, les ingénieurs sont cons. Si tu crées un système qui renvoie une erreur obscure quand tu tapes wikipdia.org, ou pire, qui t'envoie potentiellement sur un site de phishing ; quand tu mets à jour le système et que la seule "amélioration" que tu trouves, c'est d'offir encore plus de possibilités de confusion (en autorisant l'unicode ou en créant une profusion de TLS), alors tu crées une "niche écologique" pour un service entre l'utilisateur et le DNS, qui filtre les fautes et renvoie le bon site.
Après, tu peux prétendre qu'à cause de Google, il risque d'être de plus en plus difficile d'acheter du viagra chinois sur www.wikpedia.com. Certes. Il pourrait même exister des gens qui pourraient penser que c'est une bonne chose. Ceux qui n'arrivent pas à comprendre pourquoi devraient peut-être, de temps en temps, se renseigner sur ce qu'Internet est devenu au cours des 10 dernières années...
[^] # Re: Méta-moteurs
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Google, Facebook et autres big brothers 2.0 #1 — Les moteurs de recherche. Évalué à 1.
Absolument pas. Je dis que ça ne sert à rien d'essayer de le copier. Le problème est très simple : très peu de gens aujourd'hui seraient capables de financer, s'ils le voulaient, une infrastructure qui ne ferait qu'indexer les nouvelles pages web. Je ne parle même pas des serveurs de base de données pour traiter les requêtes, rien que l'indexation. On peut même oublier les serveurs, tiens. Juste la bande passante. Rien que ça, aucun projet libre ne pourrait le faire. Résultat, ton moteur n'est même pas encore en ligne que son contenu est déja obsolète. Tu es condamné à offrir un service effroyablement inférieur à celui de Google. Tu peux essayer si tu veux, on vit dans un pays libre, mais c'est un acte de déséquilibré.
J'ai déja dit des trucs comme ça dans d'autres posts, mais certainement pas ici. Justement, je dis que c'est un problème important, mais qu'il est totalement puéril de penser qu'offrir des outils merdiques puisse contribuer à le résoudre. Et si c'est pour créer une interface graphique qui interroge Google en arrière-plan, comme le font plusieurs des moteurs listés dans la dépèche, je pense qu'il existe beaucoup de trucs plus importants à faire.
Mon portefeuille aimerait probablement bien :-) C'est vrai qu'à force des trolls sur Microsoft et Apple, on pourrait finir par croire que toutes les boites en informatique ne font que de la merde, mais c'est faux. Google fait à la fois des trucs bien et des trucs pas bien. Et ça serait débile de ne pas reconnaitre que c'est leur capacité d'innovation et d'investissement dans leur moteur de recherche qui les maintient en position quasiment hégémonique sur ce marché. Être tout fier d'utiliser DDG en faisant semblant de ne pas savoir que ça ne fait qu'interroger Google derrière en modifiant marginalement l'order des retours, je ne vois pas l'intérêt.
[^] # Re: Méta-moteurs
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Google, Facebook et autres big brothers 2.0 #1 — Les moteurs de recherche. Évalué à 2.
Ça ne pose pas de "problème". C'est juste que c'est une information sémantique qui est tirée de quelque part, peut-être d'un autre site, peut-être indirectement de Wikipédia, peut-être des requêtes Google, je ne sais pas.
En l'occurrence, oui. Wikipédia ne peut pas s'empêcher d'écrire que X est "humoriste, chansonnier, et écrivain", ou que Y est "acteur et réalisateur", même si une des facettes est totalement anecdotique.
Mouais, pas sûr. DDG met Wikipédia en première réponse et développe le contenu de l'article sur un court paragraphe. Je dirais, "bêtement", tel quel. Google va chercher des informations clés, qu'il présente selon ses critères, en l'agrémentant d'informations qu'il va chercher ailleurs. Je trouve que dans le principe, justement, c'est très différent, même si au niveau visuel, ça pourrait être proche.
[^] # Re: Méta-moteurs
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Google, Facebook et autres big brothers 2.0 #1 — Les moteurs de recherche. Évalué à 2.
De très loin, peut-être. Google affiche plusieurs photos (dont toutes ne viennent pas de Wikipédia), une information générale (acteur, chanteur, footballeur), qui ne vient pas de Wikipédia, d'ailleurs, puis une sorte de fiche signalétique (dates et lieu de naissance, nationalité...). Et enfin un lien vers Wikipédia. J'ai l'impression que DDG copie-colle WP et lui ajoute une feuille de style maison...
[^] # Re: Méta-moteurs
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Google, Facebook et autres big brothers 2.0 #1 — Les moteurs de recherche. Évalué à 10.
Peut-être n'ai-je pas insisté sur un point important : les histoires de vie privée et de pratiques commerciales hégémoniques sont un vrai problème. Mais l'argument "Adoptez un nouveau moteur ; bon, il est tout pourri, mais on est gentils" est bidon. À mon avis, il est même assez fallacieux. Si Linux est intéressant, c'est qu'il est, sur bien des aspects, supérieur à MS Windows. Si Firefox a envahi les bureaux, ce n'est pas parce qu'il est libre, c'est que c'était un logiciel de meilleure qualité qu'Internet Explorer. Jamais la liberté ou la transparence ne sera un argument convainquant aux yeux du plus grand nombre si le service rendu est médiocre.
# Méta-moteurs
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Google, Facebook et autres big brothers 2.0 #1 — Les moteurs de recherche. Évalué à 10.
Les méta-moteurs ne sont à mon avis que des parasites. Évidemment, on peut très bien obtenir des résultats plus pertinents en croisant les données, mais 1) ça peut très bien être fait au niveau du client (la barre de recherche dans Firefox pourrait très bien interroger plusieurs moteurs et retourner une synthèse), et 2) la plupart des moteurs de recherche sont déja des méta-moteurs (cf l'histoire de Bing qui s'était fait chopper à pomper Google), et j'ai nettement l'impression qu'il n'existe qu'un seul vrai moteur de recherche autonome et performant actuellement. Du coup, en utilisant un méta-moteur officiel, on va interroger Google, plus d'autres méta-moteurs officieux, qui eux aussi recopient plus ou moins Google. Au final, on interroge Google, quoi.
Développer un nouveau moteur de recherche, c'est une perte de temps. Jamais personne n'aura les ressources pour le faire correctement, le web est trop gros, les moyens de Google sont trop importants—et surtout, Google est sacrément pertinent. On peut dire ce qu'on veut du respect de la vie privée, des pratiques commerciales, ou du don't be evil, mais Google a révolutionné le principe du moteur de recherche au début des années 2000, et personne n'a jamais réussi à lui faire de l'ombre (au moins dans le monde occidental).
L'avenir est plutôt aux moteurs de métadonnées, qui seront capables de fournir des réponses aux questions. J'ai d'ailleurs l'impression que Google s'est déja embarqué dans ce chemin, et l'interface qui intègre des éléments en provenance de Wikipédia dans la présentation des résultats d'une requête est un semblant de commencement du concept. Quand on tape "Roger Tartempion", on n'a plus seulement une collection de sites perso parlant de Roger, on a sa photo, sa date de naissance, son métier, et un résumé de ce qu'il est. Bref, si on met les considérations morales/éthiques à part, non seulement Google fournit le meilleur service actuellement, mais le moteur semble évoluer vers un web pseudo-sémantique alors que ses concurrents peinent à copier vaguement son contenu.
[^] # Re: probleme de pub ou de conception ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Aidez-nous à faire adopter les logiciels libres auprès de votre entourage. Évalué à 4.
Les devs de Firefox ou d'Ubuntu sont payés par une entreprise pour fournir des outils conviviaux : ils fournissent des outils conviviaux. Les dev de petits projets ne sont pas payés, ils contribuent à des outils qu'ils utilisent eux-mêmes, pour ajouter des fonctionnalités qui leurs sont utiles ou pour corriger des bugs qui les gènent. C'est normal qu'ils ne travaillent pas sur l'intégration : ils s'en foutent, ils savent déja utiliser le logiciel.
Et puis, c'est quand même caricatural. La plupart des logiciels qui viennent avec une interface graphique sont, en général, utilisables. Ils sont parfois moches, parfois pas complètement intuitifs, mais ils ne nécessitent pas non plus de lire une doc de 500 pages, sauf exception (qui a dit "The Gimp"?).
[^] # Re: Syntaxe étonnante
Posté par arnaudus . En réponse au journal C++Now 2014. Évalué à 6.
Non, mais ça n'est pas ça le problème. Le problème principal c'est de comprendre le code. Prend un projet libre par exemple. Si la base du code est écrite par un développeur professionnel, il risque de coder comme lui le peut, c'est à dire d'utiliser toutes les subtilités du langage. Si le code est écrit par un amateur éclairé, c'est presque pire, car il risque lui aussi d'utiliser tout ça, mais mal. Le truc, c'est qu'après, il faut que d'autres puissent lire le code, le comprendre, l'auditer, et corriger les bugs. Si tu réduis drastiquement le nombre de gens sur Terre qui peuvent comprendre ton code, tu réduis aussi la taille de ta communauté.
La question se pose donc à plusieurs niveaux. Il est évident que les nouveautés ont un intérêt, sinon elles n'auraient jamais été mises en place. Certaines sont vraiment bénéfiques pour la lisibilité (les types auto, par exemple), mais d'autres sont complètement obscures (les lambdas, etc), et sont sont réservées qu'aux développeurs de bibliothèques génériques.
L'autre problème, c'est que C++ offre de plus en plus de manières différentes de faire la même chose, avec des subtilités évidemment, mais quand même. Et de plus en plus de manières de faire de mauvais choix d'interface, ce qui rejoint l'idée qu'il s'oriente vers une sorte d'élitisme.
[^] # Re: Syntaxe étonnante
Posté par arnaudus . En réponse au journal C++Now 2014. Évalué à 4.
J'ai un peu le même sentiment. C++ évolue vers un outil destiné à un petit groupe de professionnels très qualifiés. C'était déja un peu le cas, mais c'est de pire en pire : on voit nettement apparaitre des développeurs de bibliothèques (qui vont utiliser les template, les génériques, les deftypes et les lambdas, etc) et les utilisateurs. Finalement, est-ce qu'on n'aurait pas le même genre de structures pour beaucoup d'outils, comme Latex par exemple, où 99% des utilisateurs sont infoutus de comprendre le contenu d'un fichier de style?
Le problème, c'est que les êtres humains étant ce qu'ils sont, les gens ne vont pas s'empêcher de tenter d'épater la gallerie avec du code complexe là où il n'est pas nécessaire. C++ offre finalement trop de possibilités. Qui n'a jamais vu une classe string surcharger les opérateurs + et += pour faire de la concaténation, par exemple? Finalement, ces possibilités de programmation générique vont principalement servir pour étendre la STL ou autres trucs très très conceptuels, mais pas pour le code de tous les jours. Ce qui me gène le plus, c'est la perte totale de l'autodocumentation.
[^] # Re: bof...
Posté par arnaudus . En réponse au journal [ HS ][elections européennes] : Je suis surpris. Évalué à 7.
On demande de choisir un président pour représenter la République. C'est parce que les gens sont complètement cons qu'ils pensent voter pour un super-magicien qui va améliorer leur vie.
La vie quotidienne locale est gérée par la mairie et le fameux mille-feuilles territorial. Améliorer la vie au quotidien passe par la création de crèches ou le ramassage des poubelles. La vie nationale est du ressort des députés, de plus en plus soumis à l'agenda du gouvernement.
À ma connaissance, la constitution donne au président le pouvoir de déclencher une guerre, de dissoudre l'assemblée, de serrer la pince à Obama et de discuter le bout de gras avec les Allemands à Bruxelles. Le pouvoir de faire baisser le chômage, il n'est pas dans la constitution, ça ne fait pas partie du paquet 'super-héros-président'.
Évidemment, les gens ne croiraient peut-être pas au père Noël si les candidats n'arrêtaient pas de promettre qu'ils vont relancer la croissance, rendre les gens heureux, et raser gratis. Mais c'est un cercle vicieux : les candidats savent qu'ils doivent raconter des conneries comme ça, parce que les gens ne voteraient pas pour eux s'ils ne le disaient pas. Un certain Lionel J. de l'Île de Ré peut en témoigner. Et comme ils préfèrent être élus en mentant que de ne pas être élus sans mentir, bah ils mentent. Et les gens font semblant de les croire (parce qu'en vrai, ils ne sont pas si cons que ça). Et après, ils font semblant d'être déçus. Ils font alors semblant de menacer d'élire n'importe qui, mais à force de faire semblant, bah sur un malentendu, ça pourrait bien arriver.
[^] # Re: bof...
Posté par arnaudus . En réponse au journal [ HS ][elections européennes] : Je suis surpris. Évalué à 9.
C'est un peu facile comme argument. Je ne suis pas convaincu d'avoir été élevé dans une famille particulière. Et au vu des dernières élections, je ne peux pas croire que dans 25% des familles on reçoit une éducation obscurantiste.
Je ne crois pas que les gens qui ne réfléchissent pas soient bêtes. Mais ils sont fainéants. Purée, personne ne devrait avoir à t'expliquer pourquoi la politique c'est intéressant. La politique, c'est discuter de notre vie en commun. C'est complètement naturel de vouloir discuter de ça.
J'ai l'impression que la conception française de la vie politique, c'est de trouver un super-héros qui va venir déverser un seau de pognon devant chez toi tous les matins. Tu votes pour un gusse, tu attends ton pognon. Évidemment, il ne vient pas. Alors le coup d'après, tu votes pour un autre gusse. Toujours pas de sceau de pognon. Alors tu votes pour un troisième gusse, etc. À chaque fois tu t'aigris, et tu finis par voter pour n'importe qui.
Mais on a quel âge pour croire qu'un super-héros avec un costard cravate va venir résoudre nos problèmes? C'est une attitude passive, complètement puérile vis-à-vis de la politique. Aucun homme ou femme politique ne pourra jamais faire ça.
[^] # Re: bof...
Posté par arnaudus . En réponse au journal [ HS ][elections européennes] : Je suis surpris. Évalué à 10.
Au hasard, le fait que j'étais au courant qu'il s'agissait d'une élection européenne, avec un scrutin de liste, afin d'élire des députés? Elle, elle voulait voter pour quelqu'un qui ne se présentait pas. Ouais, c'est certain, elle comprenait tout à fait les tenants et les aboutissants du scrutin. Je suis certain qu'elle avait un avis éclairé sur la politique économique de la BCE.
Et puis bon, ça va deux secondes le relativisme, mais franchement, est-ce qu'on peut légitimement considérer que l'extrême droite est une option? Est-ce qu'il existe des analyses géopolitiques sérieuses qui ont jamais suggéré que l'idéologie nationaliste, que le racisme, la xénophobie, et le rejet du monde tel qu'il existe ont pu un jour apporter quelque chose de bénéfique à un peuple? Quelles sont les valeurs positives et progressistes portées par l'extrême droite?
C'est pas une opinion, "pour faire chier". Typiquement, voter n'importe quoi pour faire chier, c'est le genre d'attitude complètement irresponsable que je déteste. C'est quoi ton espoir, quand tu votes "pour faire chier"? Ah oui, gagné, Hollande, tu l'as fait chier, ça ne fait aucun doute. La France, tu l'as bien aidée, c'est clair : le monde entier se fout de notre tronche. Et les gens que tu envoies au parlement pour te représenter, tu t'en fous complètement, tu as voté pour n'importe qui du moment que ça faisait chier.
Quand tu fais une réunion au boulot, tu es content quand des gens la pourrissent "pour faire chier"? Tu trouves que c'est le moyen de régler les problèmes? Quand tu as un conflit avec ton voisin, tu lui balances les crottes de ton clébard pour le faire chier? C'est comme ça que tu règles tes conflits de voisinage? J'ai l'impression que dans notre pays, en effet, il y a de plus en plus de gens qui trouvent ça légitime de faire chier. C'est marrant, en biologie, ça n'existe pas. Faire chier les autres gratuitement, ça n'a aucun intérêt. On peut les faire chier pour leur piquer leur bouffe ou leurs femelles, pour étendre son territoire. Mais les faire chier pour le principe? C'est totalement absurde, de perdre de l'énergie juste pour faire chier. C'est une attitude qui n'a aucun sens.