• [^] # Re: heu..

    Posté par . En réponse au journal Le traité de Lisbonne dans toute sa splendeur. Évalué à 5.

    je suis au chômage et très diplomé.

    Le fait d'être atteint du syndrome de la Tourette pourrait peut-être expliquer ça?

    On peut être libre et pauvre. On peut être libre et chômeur. On peut être libre et malheureux. Tu as tout à fait le droit de considérer que ça n'est pas une situation optimale—objectivement, ça ne l'est pas. D'ailleurs, il y a une différence entre avoir le droit de faire ce qu'on veut, et pouvoir le faire (faute de moyens, mais aussi simplement faute de volonté).

    Les théories fumeuses sur une sorte de complot du grand patronat qui esclavagise les gens sous couvert de liberté, c'est à la mode, parce que ça conforte les gens qui sont déçus par leur réussite dans notre société compétitive. Les fonctionnaires sont jaloux des salariés du privés, qu'ils s'imaginent super-riches (alors que bon...) ; les salariés du privé sont jaloux des fonctionnaires, qu'ils s'imaginent nuls, glandeurs, et super-protégés (on se demande bien pourquoi ils ne passent pas les concours...), les pauvres sont jaloux des patrons, qu'ils s'imaginent comploteurs et conservateurs (alors que j'ai l'impression que les entrepreneurs voudraient que la société change plus vite), etc.

    La réalité, c'est qu'on vit dans un monde cruel, qui n'est pas égalitariste. Par contre, on est libres. Si tu n'arrives pas à exploiter cette liberté, tu as le droit de réclamer plus d'égalitarisme, plus de redistribution. Réclamer moins de liberté pour les autres, c'est déja un peu tendancieux. Prétendre qu'en fait, tu n'es pas libre, c'est de la fumisterie. Il y a des gens de 18 ans qui montent des entreprises, sans soutien familial ni rien. C'est juste qu'ils sont bien adaptés à exploiter cette liberté économique. Personnellement, je ne m'en sens pas capable, mais je pense avoir assez de lucidité pour me le reprocher à moi, et pas à le reprocher à la terre entière, à l'Europe, au gouvernement, à François Hollande, aux "patrons", aux banques, au lobby juif ou aux extra-terrestres.