• [^] # Re: 1984

    Posté par . En réponse au journal Faut-il arrêter l'Euro ?. Évalué à 2.

    Fondamentalement : oui. À condition d’avoir la légitimité ai-je précisé. Au niveau du droit rien ne s’y oppose (puisque c’est l’État qui définit le droit…), il suffit de réunir la majorité (ce qui n’est pas une mince affaire). Tout le reste est une question de rapport de force. Un contrat ne vaut que parce qu’il y a la puissance publique derrière pour le faire respecter ; si la puissance publique est elle-même partie prenante, cela repose entièrement sur la confiance.

    Bon… en fait… y’a un problème avec les créanciers étrangers : on le voit avec l’Argentine qui s’est fait piquer un bateau il y a quelques mois, mais il faut la puissance d’autres États pour s’en mêler.

    Le seul autre argument qui est régulièrement opposé, c’est de ne plus trouver de gens qui veuillent prêter. Mais ça ne tient pas car l’État a d’autres moyens de se financer très efficaces et qui finiront par être plus intéressent que l’emprunt si le poids de la dette augmente indéfiniment (dont la création monétaire, retour à la case départ). D’un autre côté les défauts sont extrêmement rares, et les titres de dette souveraine sont plutôt recherchés sur le long terme.

    Mais le simple rappel de ce fait suffirait à rendre raisonnables les prêteurs pour leur faire accepter autant de délai supplémentaire que nécessaire et la suppression des intérêts (au-dessus des taux BCE, on n’est pas sadique tout de même…).

    Sinon y’a la méthode Lordon (de souvenir) : on décide unilatéralement de ne pas rembourser. Ça fout un bazar monstre dans la finance : “bon ben y’a plus qu’à nationaliser tout ça” dira-t-il innocemment (sans que ça coûte un rond). Ceux qui s’opposent à la nationalisation par idéologie feraient mieux de jeter un œil du côté du pantouflage, des conflits d’intérêts, et de la corruption pour se rendre compte que le lien politique–finance (politique=élus+hauts fonctionnaires) est très largement avéré, donc ça peut pas être pire de donner directement la finance dans les mains des élus. Et à partir de là on peut commencer à bosser sérieusement pour faire en sorte que le système financier soit aux ordres du peuple et non plus l’inverse, tout en évitant la concentration du pouvoir (élections séparées, associations d’usagers, etc.).