cette somme mise dans l'acquisition peut être conçue comme un garde fou du spectateur - il lui évite la boulimie artistique, la désensibilisation à la création - ainsi qu'une protection de l'oeuvre elle même
Ce n'est pas à l'artiste ni au producteur de se soucier de la "saturation du marché" (sauf s'il veut faire de l'argent), ni de l'état mental de la personne qui va éventuellement savourer son oeuvre (boulimique, ascétique, en état de surcharge intellectuelle) ;en outre, je ne vois pas bien en quoi l'oeuvre a besoin d'être protégée, en matière de diffusion : la diffuser davantage ne nuit pas à l'oeuvre elle-même, mais éventuellement à la perception de celle-ci, et par voie de conséquence, à la renommée ou aux revenus de l'auteur.
La licence libre détruit toute la phase "acquisition" du processus d'appréciation de la création.
Une telle licence ne détruit rien. On peut s'affranchir de cette phase d'"acquisition", en utilisant n'importe quel logiciel p2p (que ce soit légal ou pas n'est pas la question). Il est par ailleurs curieux de considérer qu'une telle acquisition passe nécessairement par un transit monétaire. L'acquisition peut également passer par un travail personnel (savoir/apprendre à jouer un morceau de musique, par exemple).
Elle rend rapide, massive et insensé la mise à disposition du regard, souvent noyé dans dans un grand nombres objets artistiques qui ont opté pour la même licence.
Et alors ? On s'en fout. Ce n'est pas la licence qui fait l'oeuvre. La licence n'est d'aucune importance, par rapport à la qualité de l'oeuvre.
La première question que je me pose devant une oeuvre d'art, c'est celle de mon appréciation toute personnelle (y a pas de critères). Puis éventuellement de savoir pourquoi, comment, qui, quoi, quand. Et enfin, éventuellement, de savoir ce que je peux faire avec (juste la regarder, toucher, écouter ou aussi la modifier, etc.) ; et dans cette dernière interrogation, le problème se pose essentiellement plus au niveau de ma capacité personnelle qu'au niveau de ma capacité légale/contractuelle.
Les licences libres ne permettent pas, à mon sens, de protéger et rendre accessible une oeuvre d'art, parce que cet effacement de la partie acquisition détruit le fait même de son unicité originale, et inhibe le processus de conception dans une forme de curiosité éphémère.
Coup dans l'eau. De telles licences n'empêchent rien. Elles révèlent, a contrario, le sens profond du terme "originalité" : non pas quelque chose qui est nouveau, mais quelque chose qui a une origine particulière, qui prend place dans un contexte précis.
Pour illustration : certains spectacles de rue, gratuits, par essence libres, mais fruits d'un travail, d'une énergie, d'une inventivité fous valent infiniment davantage qu'un film de 2h40 en salle de cinéma. Quelle différence ? Le second bénéficie d'une campagne marketing monstre et de grands dollars.
Les licences libres ne sont, à la limite, que des révélateurs de pratiques communes qui ne se revendiquaient pas comme étant estimables. Elles permettent de remettre les ego à leurs places respectives.
# Mouf.
Posté par romain . En réponse au journal L'art est il compatible avec les licences libres ?. Évalué à 3.
Une telle licence ne détruit rien. On peut s'affranchir de cette phase d'"acquisition", en utilisant n'importe quel logiciel p2p (que ce soit légal ou pas n'est pas la question). Il est par ailleurs curieux de considérer qu'une telle acquisition passe nécessairement par un transit monétaire. L'acquisition peut également passer par un travail personnel (savoir/apprendre à jouer un morceau de musique, par exemple).
Et alors ? On s'en fout. Ce n'est pas la licence qui fait l'oeuvre. La licence n'est d'aucune importance, par rapport à la qualité de l'oeuvre.
La première question que je me pose devant une oeuvre d'art, c'est celle de mon appréciation toute personnelle (y a pas de critères). Puis éventuellement de savoir pourquoi, comment, qui, quoi, quand. Et enfin, éventuellement, de savoir ce que je peux faire avec (juste la regarder, toucher, écouter ou aussi la modifier, etc.) ; et dans cette dernière interrogation, le problème se pose essentiellement plus au niveau de ma capacité personnelle qu'au niveau de ma capacité légale/contractuelle.
Coup dans l'eau. De telles licences n'empêchent rien. Elles révèlent, a contrario, le sens profond du terme "originalité" : non pas quelque chose qui est nouveau, mais quelque chose qui a une origine particulière, qui prend place dans un contexte précis.
Pour illustration : certains spectacles de rue, gratuits, par essence libres, mais fruits d'un travail, d'une énergie, d'une inventivité fous valent infiniment davantage qu'un film de 2h40 en salle de cinéma. Quelle différence ? Le second bénéficie d'une campagne marketing monstre et de grands dollars.
Les licences libres ne sont, à la limite, que des révélateurs de pratiques communes qui ne se revendiquaient pas comme étant estimables. Elles permettent de remettre les ego à leurs places respectives.