Sur quelques points, on ne peut pas dire qu'il ait tort, le gaillard. Limite il enfonce des portes ouvertes... Mais il y a quand même des passages très discutables dans son argumentation.
Que cela vous plaise ou non, Microsoft n'oblige pas les constructeurs ou les assembleurs à livrer Windows avec leurs machines. C'est un fait !
Certes. Les fabriquants ont toujours le choix de résister aux pressions, de bénéficier de prix moins avantageux sur les licences, etc. Mais force est de constater que depuis l'établissement de la position dominante de MS-DOS, ce choix les désavantage sérieusement. Si la justice a passé autant de temps à étudier les abus de position dominante de Microsoft, ça n'est pas un hasard...
Le passage sur l'opposition entre innovation et standards est également très rigolo. Bien sûr que les standards ne sont pas sacrés et qu'ils peuvent (voire même, doivent) être remis en question. Mais quand une solution, aussi innovante soit-elle, ignore tout simplement les standards existants pour réinventer la roue (sans en fournir les spécifications), ou bien utilise une version modifiée des standards, elle sacrifie, sans raison valable, l'interopérabilité (même incomplète, ou imparfaite) avec l'existant, avec la concurrence. Dans le monde actuel, le sacrifice des standards sur l'autel d'une prétendue innovation n'a pas de sens, et de tels produits ne peuvent valoir leur survie qu'à l'usage d'une position dominante de la part de leur promoteur.
Pour revenir à la métaphore de la voiture, imaginons que Renault fusionne avec Vinci (constructeur et exploitant d'autoroutes, entre autres) et décide que dorénavant les roues de ses voitures seront carrées (pour des raisons de sécurité, de consommation d'énergie, ...) et que ses autoroutes seules y seront adaptées. Ça semble impossible, non ? Pourtant chez MS ça arrive tout le temps...
Stéphane Kimmerlin semble penser que la standardisation induit un nivellement par le bas (d'une certaine manière, les processus de standardisation vont à l'encontre de l'innovation et autres passages). C'est parfois vrai (cas du SQL par exemple, pour lequel n'a norme est loin d'être suffisante, provoquant nombre d'incompatibilités dans les différentes bases de données), mais c'est loin d'être la règle. Je pense notamment au MPEG, qui est assez réactif quant aux évolutions de la technique, et aux besoins liés aux nouvelles applications, et au DVB (TV num européenne), dont les membres ont accepté de remplacer leurs technos proprio (et quand une techno arrive alors qu'elle est en voie d'être dépassée (la TNT en France), c'est plus dû à des facteurs externes (ici le contexte politique) qu'à la standardisation elle même).
Non seulement nous participons de plus en plus activement aux organisations de standards, mais nous implémentons de plus de plus en plus de standards dans nos produits et ouvrons aussi nos propres formats et protocoles. La fourniture des schémas XML d'Office est de ce point de vue un bon exemple.
Mwarf. Et pour SMB/CIFS, NTFS, FAT32, et tous ces formats et protocoles protégés par des NDA et des batteries de brevets logiciels, pour les plus ouverts ?
Merci de me dire quelles sont les innovations issues du logiciel libre depuis 5 ans ?
Deux qui me viennent à l'esprit, là, comme ça : la navigation par onglets, le blockage/filtrage des popups. Ça ne révolutionne pas le monde, mais c'est bien pratique.
Sont-elles majeures ? Largement diffusées et utilisées ?
Leur diffusion est encore mineure, mais je ne pense pas que ce soit représentatif de leurs qualités intrinsèques...
Et je ne peux que constater qu'elles sont de plus en plus utilisées, au fur et à mesure de leur diffusion.
En comparaison, le TabletPC, XML, les Web Services (pour donner quelques exemples récents), sont, me semble-il, des innovations majeures auxquelles Microsoft a donné naissance ou pour lesquelles Microsoft a activement participé à l'élaboration.
- le XML : oui, il a profondément changé pas mal de chose, mais le doit-il a MS ? En quoi aura-t-il été différent sans MS ?
- les Web Services : mouais, spa une révolution non plus, ils étaient à la mode il y a quelques années, mais vont-ils tenir toutes leurs promesses ?
- le TabletPC : mwahahaha [:rofl] j'ai un peu de mal à voir l'innovation, là... quant à l'intérêt du truc, on en reparle dans deux ans.
Pour ce qui est des améliorations des noyaux 2.4 et 2.6, il faut bien reconnaître que certaines ne font que supprimer des lacunes, des manques. Mais pour qu'il soit aussi présent, des set top boxes aux super calculateurs (ah tiens, Microsoft vient de se rendre compte qu'il était temps d'agir sur ce segment...), il ne doit pas être tant que ça à la ramasse, non ?
même des hackers reconnus et de très haut niveau peuvent passer des heures à mettre en place un partage d'imprimante sous CUPS
C'est *une* expérience, un coup d'humeur. Pour ma part, quand j'ai utilisé CUPS pour partager des imprimantes pour la première fois, j'ai été déconcerté par la facilité et le peu de temps passé à le faire...
Maintenant passons aux expériences de produits MS que j'ai eu et que je vois fréquemment autour le moi, par exemple les séances d'arrachage de cheveux devant le comportement indéterministe et confus de Word dès qu'on manipule des documents de quelques vingtaines de pages avec des images, schémas et compagnie... Ajoutons-y les plantages et les fichiers qui refusent d'être ouverts ensuite, le cumul représente combien d'heures perdues chaque année ?
Or Linux a aujourd'hui une orientation trop technique, trop tournée vers l'outil lui-même et n'est pas assez conçu pour répondre aux besoins de la majorité des utilisateurs ou organisations, pour qui ce qui compte ce n'est pas l'outil, mais ce qu'il permet de produire.
Possible. La plupart des gens qui sont ici n'ont probablement pas assez de recul pour le voir. Mais Microsoft propose-t-il des outils beaucoup plus performants en ce sens ? Je n'en suis pas convaincu.
Mais la réalité, c'est que les utilisateurs (et j'inclus dans cette catégorie un nombre de plus en plus important d'administrateurs), eux, veulent simplement un outil qui fonctionne.
Malheureusement j'ai l'impression quand dans certains milieux peuplés d'incompétents, la parenthèse est de plus en plus vraie. C'est bien dommage, ils perdent la connaissance et la maîtrise de l'outil dont ils ont la charge.
Est-ce que les origines du phénomène (gratuité, partage, passion) sont celles qui décident certaines entreprises à considérer Linux ? Non, bien au contraire.
- La passion, bien sûr que non.
- La gratuité, par contre, est parfois un argument de poids. Quand il faut renouveler un parc et que l'heure est aux économies, quand il faut acheter un produit proprio très cher alors qu'on n'est pas sûr qu'il fasse l'affaire ou qu'il soit amorti un jour (raisonnement que j'ai pu constater récemment de la part de personnes qui ne connaissaient pas, ou peu, le logiciel libre auparavant).
- Le partage aussi peut être parfois déterminant (indirectement) : quand la pérennité d'un outil n'est pas assurée, savoir qu'on ne dépendra pas de la volonté de son éditeur pour l'utiliser et le voir évoluer dans le futur, ça n'est pas rien.
Quelle est la contribution réelle aujourd'hui de « la communauté » dans sendmail ? Dans Apache ? Dans MySQL ? Dans OpenOffice ? Savez-vous d'ailleurs que parmi les 100 premiers contributeurs du noyau Linux, 96 appartiennent à des sociétés commerciales qui font de Linux un business ?
C'est de l'enfonçage de portes ouvertes, là. Le mythe de la communauté de personnes complètement désintéresées, ça fait quelque temps qu'il est tombé...
Mais l'intérêt de cette "communauté" n'est pas non plus des moindres : elle a permis à Linux de se développer et d'émerger, à Mozilla de survivre quand AOL/Netscape l'a laché, ...
J'ai écrit « Microsoft n'a rien contre l'open source ».
Ballmer, open-source, cancer, tout ça...
SCO, le sous-marin...
Et tant d'autres.
# Quelques réflexions à chaud
Posté par Pierre Tramo . En réponse à la dépêche Les dirigeants de Microsoft enfoncent le clou sur Linuxfrench. Évalué à 10.
Que cela vous plaise ou non, Microsoft n'oblige pas les constructeurs ou les assembleurs à livrer Windows avec leurs machines. C'est un fait !
Certes. Les fabriquants ont toujours le choix de résister aux pressions, de bénéficier de prix moins avantageux sur les licences, etc. Mais force est de constater que depuis l'établissement de la position dominante de MS-DOS, ce choix les désavantage sérieusement. Si la justice a passé autant de temps à étudier les abus de position dominante de Microsoft, ça n'est pas un hasard...
Le passage sur l'opposition entre innovation et standards est également très rigolo. Bien sûr que les standards ne sont pas sacrés et qu'ils peuvent (voire même, doivent) être remis en question. Mais quand une solution, aussi innovante soit-elle, ignore tout simplement les standards existants pour réinventer la roue (sans en fournir les spécifications), ou bien utilise une version modifiée des standards, elle sacrifie, sans raison valable, l'interopérabilité (même incomplète, ou imparfaite) avec l'existant, avec la concurrence. Dans le monde actuel, le sacrifice des standards sur l'autel d'une prétendue innovation n'a pas de sens, et de tels produits ne peuvent valoir leur survie qu'à l'usage d'une position dominante de la part de leur promoteur.
Pour revenir à la métaphore de la voiture, imaginons que Renault fusionne avec Vinci (constructeur et exploitant d'autoroutes, entre autres) et décide que dorénavant les roues de ses voitures seront carrées (pour des raisons de sécurité, de consommation d'énergie, ...) et que ses autoroutes seules y seront adaptées. Ça semble impossible, non ? Pourtant chez MS ça arrive tout le temps...
Stéphane Kimmerlin semble penser que la standardisation induit un nivellement par le bas (d'une certaine manière, les processus de standardisation vont à l'encontre de l'innovation et autres passages). C'est parfois vrai (cas du SQL par exemple, pour lequel n'a norme est loin d'être suffisante, provoquant nombre d'incompatibilités dans les différentes bases de données), mais c'est loin d'être la règle. Je pense notamment au MPEG, qui est assez réactif quant aux évolutions de la technique, et aux besoins liés aux nouvelles applications, et au DVB (TV num européenne), dont les membres ont accepté de remplacer leurs technos proprio (et quand une techno arrive alors qu'elle est en voie d'être dépassée (la TNT en France), c'est plus dû à des facteurs externes (ici le contexte politique) qu'à la standardisation elle même).
Non seulement nous participons de plus en plus activement aux organisations de standards, mais nous implémentons de plus de plus en plus de standards dans nos produits et ouvrons aussi nos propres formats et protocoles. La fourniture des schémas XML d'Office est de ce point de vue un bon exemple.
Mwarf. Et pour SMB/CIFS, NTFS, FAT32, et tous ces formats et protocoles protégés par des NDA et des batteries de brevets logiciels, pour les plus ouverts ?
Merci de me dire quelles sont les innovations issues du logiciel libre depuis 5 ans ?
Deux qui me viennent à l'esprit, là, comme ça : la navigation par onglets, le blockage/filtrage des popups. Ça ne révolutionne pas le monde, mais c'est bien pratique.
Sont-elles majeures ? Largement diffusées et utilisées ?
Leur diffusion est encore mineure, mais je ne pense pas que ce soit représentatif de leurs qualités intrinsèques...
Et je ne peux que constater qu'elles sont de plus en plus utilisées, au fur et à mesure de leur diffusion.
En comparaison, le TabletPC, XML, les Web Services (pour donner quelques exemples récents), sont, me semble-il, des innovations majeures auxquelles Microsoft a donné naissance ou pour lesquelles Microsoft a activement participé à l'élaboration.
- le XML : oui, il a profondément changé pas mal de chose, mais le doit-il a MS ? En quoi aura-t-il été différent sans MS ?
- les Web Services : mouais, spa une révolution non plus, ils étaient à la mode il y a quelques années, mais vont-ils tenir toutes leurs promesses ?
- le TabletPC : mwahahaha [:rofl] j'ai un peu de mal à voir l'innovation, là... quant à l'intérêt du truc, on en reparle dans deux ans.
Pour ce qui est des améliorations des noyaux 2.4 et 2.6, il faut bien reconnaître que certaines ne font que supprimer des lacunes, des manques. Mais pour qu'il soit aussi présent, des set top boxes aux super calculateurs (ah tiens, Microsoft vient de se rendre compte qu'il était temps d'agir sur ce segment...), il ne doit pas être tant que ça à la ramasse, non ?
même des hackers reconnus et de très haut niveau peuvent passer des heures à mettre en place un partage d'imprimante sous CUPS
C'est *une* expérience, un coup d'humeur. Pour ma part, quand j'ai utilisé CUPS pour partager des imprimantes pour la première fois, j'ai été déconcerté par la facilité et le peu de temps passé à le faire...
Maintenant passons aux expériences de produits MS que j'ai eu et que je vois fréquemment autour le moi, par exemple les séances d'arrachage de cheveux devant le comportement indéterministe et confus de Word dès qu'on manipule des documents de quelques vingtaines de pages avec des images, schémas et compagnie... Ajoutons-y les plantages et les fichiers qui refusent d'être ouverts ensuite, le cumul représente combien d'heures perdues chaque année ?
Or Linux a aujourd'hui une orientation trop technique, trop tournée vers l'outil lui-même et n'est pas assez conçu pour répondre aux besoins de la majorité des utilisateurs ou organisations, pour qui ce qui compte ce n'est pas l'outil, mais ce qu'il permet de produire.
Possible. La plupart des gens qui sont ici n'ont probablement pas assez de recul pour le voir. Mais Microsoft propose-t-il des outils beaucoup plus performants en ce sens ? Je n'en suis pas convaincu.
Mais la réalité, c'est que les utilisateurs (et j'inclus dans cette catégorie un nombre de plus en plus important d'administrateurs), eux, veulent simplement un outil qui fonctionne.
Malheureusement j'ai l'impression quand dans certains milieux peuplés d'incompétents, la parenthèse est de plus en plus vraie. C'est bien dommage, ils perdent la connaissance et la maîtrise de l'outil dont ils ont la charge.
Est-ce que les origines du phénomène (gratuité, partage, passion) sont celles qui décident certaines entreprises à considérer Linux ? Non, bien au contraire.
- La passion, bien sûr que non.
- La gratuité, par contre, est parfois un argument de poids. Quand il faut renouveler un parc et que l'heure est aux économies, quand il faut acheter un produit proprio très cher alors qu'on n'est pas sûr qu'il fasse l'affaire ou qu'il soit amorti un jour (raisonnement que j'ai pu constater récemment de la part de personnes qui ne connaissaient pas, ou peu, le logiciel libre auparavant).
- Le partage aussi peut être parfois déterminant (indirectement) : quand la pérennité d'un outil n'est pas assurée, savoir qu'on ne dépendra pas de la volonté de son éditeur pour l'utiliser et le voir évoluer dans le futur, ça n'est pas rien.
Quelle est la contribution réelle aujourd'hui de « la communauté » dans sendmail ? Dans Apache ? Dans MySQL ? Dans OpenOffice ?
Savez-vous d'ailleurs que parmi les 100 premiers contributeurs du noyau Linux, 96 appartiennent à des sociétés commerciales qui font de Linux un business ?
C'est de l'enfonçage de portes ouvertes, là. Le mythe de la communauté de personnes complètement désintéresées, ça fait quelque temps qu'il est tombé...
Mais l'intérêt de cette "communauté" n'est pas non plus des moindres : elle a permis à Linux de se développer et d'émerger, à Mozilla de survivre quand AOL/Netscape l'a laché, ...
J'ai écrit « Microsoft n'a rien contre l'open source ».
Ballmer, open-source, cancer, tout ça...
SCO, le sous-marin...
Et tant d'autres.