• [^] # Re: L'esclavagisme et le racisme et contresens historique...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal GitHub remplace la branche master par main. Évalué à -3. Dernière modification le 28 août 2020 à 10:41.

    D'une part, cet article - par ailleurs très confus et mal écrit, mais ça n'a guère d'importance - tombe surtout complètement à côté de plaque en opérant un forçage conceptuel adossé à une espèce de marxisme orthodoxe, consistant à ne retenir que le primat de la lutte des classes. On a observé des considérations analogues avec le féminisme, l'écologie politique, l'homosexualité, considérés comme idéologiques, au sens marxiste, c'est-à-dire comme une forme de masquage des rapports sociaux. A mon avis, cette vulgate mène un combat d'arrière-garde qui n'a plus guère plus d'assise ni scientifique, ni militante, même au sein du marxisme contemporain. Pourquoi la domination ne devrait-elle prendre qu'une seule forme ?

    Par ailleurs, sa thèse est mal défendue, ses exemples, le plus souvent, illustrant mal ou pas du tout les arguments.

    D'autre part, et c'est plus inquiétant, il fait preuve d'un cynisme un peu mécaniste en ne voyant l'antiracisme contemporain que comme tactique ou manifestation des intérêts des classes dominantes. Ce discours de la récupération est un grand classique de la vulgate marxiste : si une lutte ne concerne pas la classe ouvrière pour elle-même, c'est qu'elle est contre elle. De la même façon, les luttes féministes, écologistes ou de défense des droits des homosexuels ont été qualifiées de bourgeoises. Ce discours binaire ne tient pas, presque par nature : encore une fois, les rapports tactiques et stratégiques sont multiples plutôt qu'unilatéraux, et le fait que la frange progressiste des classes dominantes se constitue en relais (ou en productrice) d'une partie de ces discours ne lui en assure pas l'hégémonie, ni n'en fait nécessairement, tactiquement, des ennemis.