Je vais essayer de te répondre point par point, au maximum de questions.
C’est quoi le rapport entre ses pratiques sexuelles, la qualité de son sang et un danger pour le receveur ?
On ne parle pas tellement de "qualité" pour les produits sanguins, parce que ça recouvrirait bien trop de domaines. Est-ce qu'on parle d'un produit suffisamment concentré en globules rouges ? Dépourvu de substances toxiques ? De virus ? Ce n'est pas clair.
Le rapport entre les pratiques sexuelles et le danger pour le receveur, c'est le risque de contracter une IST et de la transmettre au receveur. On connaît plusieurs infections transmissibles par voie sanguine : les IST sont, notamment, le VIH et l'hépatite B. Cependant, depuis le scandale du sang contaminé, on est devenu plus humble et on prend en compte la possibilité de germes émergents et non connus. Donc on teste pour le VIH et l'hépatite B, mais on est aussi prudent sur les potentielles IST inconnues. N'oublions pas que le VIH a commencé en tant qu'épidémie il y a 40 ans, c'est une broutille à l'échelle de l'évolution des espèces.
On peut avoir consommé par IV sans jamais avoir pris le moindre risque d’infection : désinfection de la zone, utilisation d’une aiguille neuve, pansement.
En théorie, oui. En pratique, ça ne correspond pas aux pratiques observées, principalement parce que quand on consomme des drogues par voie IV, l'acte de consommer prend le pas sur tout le reste, et que si on a le choix entre consommer et rester en sécurité, la sécurité passe à l'arrière-plan. Surtout qu'on paie les pots cassés d'une certaine stigmatisation de la consommation IV, qui a conduit par le passé à interdire la vente de seringues en pharmacie, et qui continue à tenir les consommateurs éloignés des pharmacies par peur du regard du pharmacien.
Parmi tous les toxicomanes qui n’ont pas toujours pris ces précautions, la proportion de ceux qui ont choppé le SIDA ou une hépatite est elle si importante qu’on sorte l’intégralité de cette population des donneurs potentiels ?
Ben, plus d'un sur deux, c'est assez important, oui.
OK. Dois-je en comprendre qu’on ne teste pas la présence du prion dans le sang donné avant de l’utiliser ?
Il existe un test pour savoir si un individu est atteint d'une maladie à prion : après avoir abattu l'individu, son cerveau est découpé en petits morceaux et le prion est recherché dans ces petits morceaux. Ce test n'est pas pratiqué en routine, mais tu es libre de proposer à l'EFS de t'y soumettre. Il n'y a pas de test sanguin.
Je peux m’être coupé le doigt avec une scie rouillé il y a trois mois et avoir désinfecté la plaie au pâté de caille pas de problème mais si je me suis fais faire un piercing oulala !
Si tu t'es coupé le doigt avec une scie rouillée, le principal risque est bactérien. C'est un risque instantané, et s'il ne t'arrive rien, tu ne garderas pas la bactérie dans l'organisme (sauf pour certaines bactéries, mais ces dernières sont : le bacille de Koch, qui provoque la tuberculose, ne passe pas dans le sang et sa transmission est respiratoire ; Treponema pallidum, qui donne la syphilis, qui est, justement, une IST, et enfin les Borrelia, qui donnent la maladie de Lyme et est transmise par les tiques).
De manière générale, il se trouve que les seules infections transmissibles par voie sanguine et potentiellement asymptomatiques sont des IST. Donc on t'interroge sur ton risque d'IST. Et bien entendu, on contrôle que tu ne présentes pas de symptôme d'infection en cours.
J’ai été voir une prostituée il y a six mois, j’ai mis un préservatif (protip: il vaut mieux avec un⋅e prostitué⋅e), je ne peux pas donner mon sang ?
Réponse courte : non. Réponse longue : le préservatif réduit le risque de transmission du VIH d'environ 80%. C'est beaucoup à l'échelle collective et d'un point de vue épidémiologique, ça permet de contrôler l'épidémie. À l'échelle individuelle, c'est mieux que rien. Mais pour l'EFS qui vise un objectif de moins d'une contamination par le VIH par million de transfusions, c'est insuffisant.
À moins de mentir au questionnaire bien sûr...
C'est assez intéressant comme suggestion. Le but du don du sang, c'est avant tout de soigner des gens. Cependant, on peut remarquer que le don de sang est devenu un moyen d'intégration au même titre que d'autres démarches citoyennes comme voter, ou payer ses impôts (avec la différence qu'on ne choisit pas de payer ses impôts). Du coup, on en arrive à un point où certains sont prêts à mentir pour pouvoir quand même donner leur sang, exposant les receveurs à un risque inutile (pour rappel, en période de carence, l'EFS assouplit -légèrement- les conditions de don de sang pour pouvoir continuer à fournir : mieux vaut une poche à risque très légèrement plus élevé que pas de poche du tout, pour certains patients). En parallèle, en période de carence, l'EFS spamme les médecins hospitaliers locaux pour leur demander de ne prescrire des produits sanguins qu'en cas de stricte nécessité (ce qu'ils font déjà : on est bien conscients qu'administrer un produit sanguin est TOUJOURS un risque pour le patient, et pas seulement un risque infectieux, c'est avant tout un risque de réaction immunitaire).
Là où je veux en venir, c'est qu'on gagnerait à étudier les représentation du don de sang dans la population et à rechercher pourquoi les personnes mentent aux questionnaires. Il y a des personnes qui mentent, l'EFS s'en doute un peu même s'il cherche à le limiter, alors qu'en théorie, on ne retire aucun bénéfice à donner son sang : pourquoi donc mentir ?
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Echec des la première fois
Posté par Liorel . En réponse au journal On cherche mes remplaçants.... Évalué à 10.
Je vais essayer de te répondre point par point, au maximum de questions.
On ne parle pas tellement de "qualité" pour les produits sanguins, parce que ça recouvrirait bien trop de domaines. Est-ce qu'on parle d'un produit suffisamment concentré en globules rouges ? Dépourvu de substances toxiques ? De virus ? Ce n'est pas clair.
Le rapport entre les pratiques sexuelles et le danger pour le receveur, c'est le risque de contracter une IST et de la transmettre au receveur. On connaît plusieurs infections transmissibles par voie sanguine : les IST sont, notamment, le VIH et l'hépatite B. Cependant, depuis le scandale du sang contaminé, on est devenu plus humble et on prend en compte la possibilité de germes émergents et non connus. Donc on teste pour le VIH et l'hépatite B, mais on est aussi prudent sur les potentielles IST inconnues. N'oublions pas que le VIH a commencé en tant qu'épidémie il y a 40 ans, c'est une broutille à l'échelle de l'évolution des espèces.
En théorie, oui. En pratique, ça ne correspond pas aux pratiques observées, principalement parce que quand on consomme des drogues par voie IV, l'acte de consommer prend le pas sur tout le reste, et que si on a le choix entre consommer et rester en sécurité, la sécurité passe à l'arrière-plan. Surtout qu'on paie les pots cassés d'une certaine stigmatisation de la consommation IV, qui a conduit par le passé à interdire la vente de seringues en pharmacie, et qui continue à tenir les consommateurs éloignés des pharmacies par peur du regard du pharmacien.
Ben, plus d'un sur deux, c'est assez important, oui.
Il existe un test pour savoir si un individu est atteint d'une maladie à prion : après avoir abattu l'individu, son cerveau est découpé en petits morceaux et le prion est recherché dans ces petits morceaux. Ce test n'est pas pratiqué en routine, mais tu es libre de proposer à l'EFS de t'y soumettre. Il n'y a pas de test sanguin.
Si tu t'es coupé le doigt avec une scie rouillée, le principal risque est bactérien. C'est un risque instantané, et s'il ne t'arrive rien, tu ne garderas pas la bactérie dans l'organisme (sauf pour certaines bactéries, mais ces dernières sont : le bacille de Koch, qui provoque la tuberculose, ne passe pas dans le sang et sa transmission est respiratoire ; Treponema pallidum, qui donne la syphilis, qui est, justement, une IST, et enfin les Borrelia, qui donnent la maladie de Lyme et est transmise par les tiques).
De manière générale, il se trouve que les seules infections transmissibles par voie sanguine et potentiellement asymptomatiques sont des IST. Donc on t'interroge sur ton risque d'IST. Et bien entendu, on contrôle que tu ne présentes pas de symptôme d'infection en cours.
Réponse courte : non. Réponse longue : le préservatif réduit le risque de transmission du VIH d'environ 80%. C'est beaucoup à l'échelle collective et d'un point de vue épidémiologique, ça permet de contrôler l'épidémie. À l'échelle individuelle, c'est mieux que rien. Mais pour l'EFS qui vise un objectif de moins d'une contamination par le VIH par million de transfusions, c'est insuffisant.
C'est assez intéressant comme suggestion. Le but du don du sang, c'est avant tout de soigner des gens. Cependant, on peut remarquer que le don de sang est devenu un moyen d'intégration au même titre que d'autres démarches citoyennes comme voter, ou payer ses impôts (avec la différence qu'on ne choisit pas de payer ses impôts). Du coup, on en arrive à un point où certains sont prêts à mentir pour pouvoir quand même donner leur sang, exposant les receveurs à un risque inutile (pour rappel, en période de carence, l'EFS assouplit -légèrement- les conditions de don de sang pour pouvoir continuer à fournir : mieux vaut une poche à risque très légèrement plus élevé que pas de poche du tout, pour certains patients). En parallèle, en période de carence, l'EFS spamme les médecins hospitaliers locaux pour leur demander de ne prescrire des produits sanguins qu'en cas de stricte nécessité (ce qu'ils font déjà : on est bien conscients qu'administrer un produit sanguin est TOUJOURS un risque pour le patient, et pas seulement un risque infectieux, c'est avant tout un risque de réaction immunitaire).
Là où je veux en venir, c'est qu'on gagnerait à étudier les représentation du don de sang dans la population et à rechercher pourquoi les personnes mentent aux questionnaires. Il y a des personnes qui mentent, l'EFS s'en doute un peu même s'il cherche à le limiter, alors qu'en théorie, on ne retire aucun bénéfice à donner son sang : pourquoi donc mentir ?
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.