• # Vous reprendrez bien bien un peu d'acide fluorhydrique avec votre vitriol.

    Posté par . En réponse au journal Pourquoi LinuxFr sent-il le vitriol?. Évalué à 10.

    ce genre de choses ne peut changer que s'il y a un large consensus de la communauté qui reconnaît un problème et veut le résoudre, et pour l'instant je n'ai pas l'impression que ce soit le cas.

    Pour ma part je pense que le problème est identifié, que la communeauté veut le résoudre et que c'est la source de ce que tu appelles le "vitriol". Si l'on en croit ce sondage :
    https://linuxfr.org/sondages/vous-avez

    On a environ 65% de la population de linuxfr qui avait entre 26 et 45 ans en 2008 (40.8+13.6+10.8 (oui parce que si vous vous identifiez à un highlander sans être né entre 1973 et 1985 il faut songer à consulter)) aujourd'hui ils ont donc entre 30 et 50 ans. Il s'agit de la génération informatique, de la seule vraie génération informatique, coincée entre les "comprend rien" et les "LOL achète un mac avec ton iphone". Ca ne veut pas dire que tous les membres de cette génération sont bon en informatique (très loin de là) ni que tous les membres des autres générations sont nuls en informatique (très loin de là aussi), mais dans l'ensemble cette génération a une vision assez pertinente de ce qu'est l'informatique. Sur un site plutôt pointu comme Linuxfr (même si le niveau baisse inexorablement - c'était mieux avant toussa), qui a tendance a attirer des gros calibres du monde informatique, cette vision est généralement assez abrupte. Par abrupte je veux dire qu'il faut un certain bagage pour pouvoir prétendre rentrer dans certaines discussions.
    Je me suis fait violamment calmer sur des discussions sur Scheme/Racket et sur Erlang qui sont pourtant des langages peu courants. Généralement ca se passe de la façon suivante, on voit un débat sur un sujet que l'on pense connaitre, on essaye (en toute bonne foi, sans même chercher à troller) de participer et généralement on ne fait que démontrer avec brio que l'on avait même pas compris le sujet de la discussion. Ce qui entrainne généralement une magnifique séance de X contre un, ou X est égal au nombre de participants au débat sauf nous.
    Est-ce que ca pique ? Oui. Est-ce que ca donne envie d'envoyer tout le monde ballader en de passer en mode insulte ? Oui. Est-ce qu'il serait souhaitable de changer ce comportement ? Non.
    Lors d'un débat sur un point technique B (donc avant C) entre tout un tas de personnes qui n'auraient pas forcément eu l'occasion de se croiser autrement, il n'y a pas trop de place pour la pédagogie. Si tu as le niveau nécessaire tu contribues au débat, si tu ne l'as pas tu sors.

    En quoi est-ce souhaitable comme situation ? Et bien Linuxfr réussit à éviter assez bien ce que j'appelle les commentaires amazon. C'est à dire les commentaires de type "J'ai essayé, ca marche pas, c'est nul", ou encore les mecs qui nous chantent les louanges de PHP pendant des heures dans une news sur Javascript ou Ruby.
    Un autre syndrome que l'on évite également est celui du "ca se fait en deux lignes de Perl". C'est à dire dans une news ou un journal il y a un débat sur une nouvelle fonctionnalité du langage ou de l'application et sur comment l'utiliser proprement, et là un commentaire va signaler que la fonctionnalité n'a rien de nouveau, qu'elle existe dans un autre langage qui n'a rien à voir depuis 1987 et que dans ce langage c'est trivial. Ce commentaire a des chances non négligeables de se retrouver à -10 sans une seule explication. Pourquoi ? Parceque
    a) Les gens qui débattent sont (souvent) au courant
    b) Le commentaire n'apporte rien au débat en cours
    c) C'est bien beau de pouvoir solutionner un problème en deux lignes de Perl, mais bon là on est en train de décrire un ordonanceur système, donc le Perl ca va pas être possible.

    Après il y a le mec qui s'accroche. Il fait un commentaire à coté le de la plaque et se prend un -10, il surenchérit d'un autre commentaire disant que son premier commentaire à coté de la plaque est factuellement vrai (ce que personne ne conteste) et se reprend un -10, il hurle à la cable contre lui et se prend un troisième -10. Strike, batteur éliminé.
    Celui là je comprend qu'il soit un peu ennervé (je le comprend d'autant mieux que je suis pas totalement certain de pas avoir été lui une fois ou deux.)

    Maintenant ce système d'amélioration du ratio signal/bruit n'est pas parfait. Il a quelques effets vicieux.

    Le premier effet vicieux est le rebond. Le rebond est un effet qui se déclenche quand une bonne ame se dévoue pour essayer de faire de la pédagogie et cherche à expliquer à une personne pourquoi il se prend -10. Dans le cas des deux lignes de Perl par exemple on va avoir une personne qui va expliquer que la fonctionnalité Perl n'apporte rien dans le cas présent. Magie de la lecture en diagonale, de l'énnervement et de la mise en valeur des posts non lus, au moins un perliste va lire "la fonctionnalité Perl n'apporte rien" et zapper la partie "dans le cas présent". Et là vous pouvez aller chercher le pop-corn parceque ca va être un match magnifique entre les initiateurs du débat original qui vont chercher à recentrer le débat sur le problème qui les interresse, les pro-perl gonflés à bloc qui vont pas laisser leur langage favori se faire maltraiter de la sorte, les anti-perl qui verront l'occasion de régler certains comptes et les pédagogues (dont le pédagogue original) qui vont chercher à expliquer d'abord calmement, puis violamment que c'est PAS CA DONT ON EST EN TRAIN DE PARLER BOR#@!

    Le second effet vicieux est l'auto-débat. Un auto-débat est un débat qui se met automatiquement en place d'une façon prédéfinie si vous essayer d'aller à l'encontre d'un mouvement général. Par exemple : on annonce le support de l'UTF-8 sur tel ou tel système de fichier ou outil système ou terminal. Aujourd'hui je me retiens, mais avant j'aurais eu tendance à dire que l'UTF-8 (ou 16 ou 32) au niveau système c'est idiot - pour la simple et bonne raison qu'il existe en UTF-X des caractères ou des suites de caractères invalides, et que ca ne me parait pas une bonne idée de permettre à un système de fichier de pouvoir contenir des noms de fichiers avec des caractères invalides dedans, généralement j'ajoute qu'un codage 16bits strict est probablement plus pertinent au niveau système. Quelque soit le nombre de précautions oratoires prises, le débat va virer ASCII vs UTF-8 et au moins une personne dira qu'il en a rien à foutre du Quenya et/ou du Klingon.

    les auto-débats existent sur IPv6, systemd et ip/ifconfig principalement. Il y en avait un sur XML mais il semble en voie de disparition. Il s'agit généralement de sujets sur lesquels il y a un consensus assez fort (soit sur le site, soit au sein de la communeauté libre) et sur lesquels les chasseurs de karma se ruent.

    Le troisième effet vicieux est sur tout ce qui touche aux licences et à la notion d'attribution (comme par exemple remettre un prix à un mathématicien). Ce sont des notions fondamentales du logiciel libre, et honnêtement toute tentative de discussion sur le sujet se finit soit en une salve de -10 pour un des deux bords, soit en troll sur la notion de plus ou moins libre.
    C'est celà qui a explosé au nez de Keyser, involontairement ou non il a remis en cause la notion d'attribution et de reconnaissance, à partir de la on ne pouvait plus rien pour lui. Il est entrée nu et tartiné de sauce barbecue dans la fosse aux lions pour précher les bienfait d'une alimentation végétarienne. L'attribution est le principe fondateur de toute licence libre sérieuse (Toutes mes excuses à MM. Kemiyatorn et Hocevar), quand à la reconnaissance c'est le seul paiement demandé par une grosse majorité des contributeurs du libre. Dire "L'attribution et la reconnaissance c'est nul" implique nécessairement que "Le libre c'est nul" - il ne faut donc pas s'étonner de prendre des clauqes quand on le clame sur un site qui s'appelle LinuxFR...