SĂ©bastien Rohaut est un « vieil habituĂ© » de LinuxFr.org (vingt ans, mazette !), IngĂ©nieur DiplĂŽmĂ© Par lâĂtat (fĂ©licitations, une fois de plus, pour ce titre). Il nous a gratifiĂ© rĂ©cemment dâun excellent journal sur les systĂšmes embarquĂ©s pour voiture. SĂ©bastien est aussi un auteur de livres sur lâinformatique aux Ă©ditions ENI, un Ă©diteur cher Ă notre cĆur puisquâil est lâun de ceux grĂące auxquels les personnes qui contribuent au site peuvent gagner un livre. Il vient de mettre Ă jour son livre Linux : maĂźtrisez lâadministration du systĂšme , qui en est Ă sa sixiĂšme Ă©dition. Il a, en outre, rĂ©cemment Ă©crit une mise Ă jour (la sixiĂšme, elle aussi), de celui sur la prĂ©paration Ă la certification LPICâ1. Dans son catalogue, on retrouve Ă©galement des livres sur lâalgorithmique, notamment avec Python.
Pour tout dire, je crois bien que SĂ©bastien est un grand bosseur, et, sâil Ă©crit ses livres comme il a rĂ©pondu Ă cette interview, ils doivent se lire facilement et agrĂ©ablement.
Quâestâce qui tâa donnĂ© lâidĂ©e dâĂ©crire ton premier livre ? Sur quoi portaitâil et estâil toujours disponible ?
CâĂ©tait en 2005. JâĂ©tais idĂ©aliste et quasiment certain, vu lâincroyable qualitĂ© des environnements de bureau (notamment KDE 3) et des distributions qui sortaient en cette pĂ©riode, que Le Grand Jour allait rapidement arriver : lâavĂšnement de Linux en tant que systĂšme dâexploitation pour poste de travail et PC Ă la maison, Ă©tait proche, Windows nâavait quâĂ bien se tenir ! Jâavais créé un groupe dâutilisateurs Linux, appelĂ© Slyunix, autour dâun site Web communautaire qui fonctionnait plutĂŽt bien, jâavais organisĂ© une grosse Linux party au sein dâune Ă©cole qui avait rĂ©uni plus de 250 personnes, et je mourrais dâenvie de convertir le grand public. Alors je me suis dit quâĂ©crire un livre pour aider les gens Ă passer de Windows Ă Linux serait bien pratique. Je me suis basĂ© sur lâune des distributions les mieux intĂ©grĂ©es et faciles Ă lâĂ©poque, SUSE Linux, et jâai Ă©crit SUSE Linux 10.1 â de Windows Ă Linux par la pratique, qui couvrait lâhistoire de Linux, lâinstallation, la configuration de KDE, la bureautique, Internet, le multimĂ©dia, le shell, la personnalisation, le dĂ©pannage, mais aussi XGL et Compiz pour le bureau 3D. CâĂ©tait la grande classe !
On trouve encore lâannonce sur LinuxFr.org : https://linuxfr.org/news/suse-linux-101-de-windows-a-linux-par-la-pratique.
Outre lâidĂ©alisme, il y a une seconde raison qui mâa poussĂ© Ă Ă©crire : le besoin de reconnaissance professionnelle. En 2005, je ne mâĂ©panouissais pas dans mon travail (jâĂ©tais chef de projet dans lâinformatique dĂ©cisionnelle, un peu contre mon grĂ©), je voulais ĂȘtre ingĂ©nieur systĂšme mais mon employeur (SSII) rechignait Ă me changer de poste et les autres sociĂ©tĂ©s demandaient de lâexpĂ©rience. Jâai alors forcĂ© le destin : jâai passĂ© une certification Linux, jâai Ă©crit mon premier livre, et mon prĂ©cĂ©dent boss chez mon client, ayant repris une Ă©quipe dâintĂ©gration systĂšme, mâa donnĂ© ma chance. Une de ces trois composantes aurait manquĂ©, que je ne serais pas lĂ oĂč je suis aujourdâhui.
Il faut aussi penser Ă la logique financiĂšre, mĂȘme si les sommes perçues sont parfois assez faibles par rapport au travail fourni...
Comment asâtu trouvĂ© un Ă©diteur ?
Lâassociation Slyunix, dont jâĂ©tais le prĂ©sident, avait un emplacement au salon Solutions Linux 2005. Câest un grand et bon souvenir, ce village des associations. Les Ă©ditions ENI y Ă©taient aussi, et leurs reprĂ©sentants avaient fait le tour des stands avec une liste de sujets pour lesquels ils recherchaient des auteurs. Jâai donnĂ© mon adresse, puis ils mâont recontactĂ©. AprĂšs un essai dâune vingtaine de pages, nous avons pu discuter sujet et contenu, câest parti comme ça. Ăa fait quinze ans de collaboration.
Quâestâce qui fait que tu vas Ă©crire un livre sur un sujet ou un autre ?
Il y a deux possibilitĂ©s : soit je propose un sujet, soit lâĂ©diteur pioche dans son vivier dâauteurs pour lui proposer la rĂ©daction dâun nouveau livre ou dâune mise Ă jour. Le premier, sur SUSE Linux et le passage de Windows Ă Linux, me tenait Ă cĆur. Pareil pour le livre sur la haute disponibilitĂ© : câĂ©tait mon cĆur de mĂ©tier Ă lâĂ©poque, jâai proposĂ© le sujet et jâai mis beaucoup de temps Ă lâĂ©crire. CâĂ©tait compliquĂ©, trop peutâĂȘtre, il nâa pas eu beaucoup de succĂšs. Pour ceux sur lâalgorithmique (jâai Ă©tĂ© dĂ©veloppeur pendant de nombreuses annĂ©es) ou la mise Ă jour du livre sur Ubuntu, câest lâĂ©diteur qui me lâa proposĂ©. Pareil pour mon pavĂ© sur la certification LPIC1 et lâadministration systĂšme : câest une proposition qui est tombĂ©e lorsque jâai Ă©tĂ© certifiĂ© et ça tombait pile au bon moment pour eux. Et moi, qui Ă©tait aussi professeur dâUnix Ă lâĂ©poque, ça mâa beaucoup plu. Câest devenu une rĂ©fĂ©rence dans plusieurs pays francophones et hispanophones.
Avec quels outils Ă©crisâtu tes livres, estâce que cela a changĂ© au cours du temps ? Et pourquoi ces logiciels ? Estâce que lâĂ©diteur tâimpose un format particulier ?
Jâai Ă©crit des livres avec OpenOffice, puis LibreOffice, et Microsoft Word. Je fais mes schĂ©mas avec LibreOffice Draw ou draw.io. Depuis que jâutilise un Mac, jâai tendance Ă dĂ©laisser LibreOffice qui souffre de quelques soucis de performances mâempĂȘchant de lâutiliser dans de bonnes conditions (utilisation processeur avec les Ă©crans Retina), et câest trĂšs malheureux tant cette suite bureautique est de qualitĂ©. LâĂ©diteur est agnostique, il peut fournir des feuilles de style pour les deux suites. La relecture et les corrections se font avec le format PDF, donc nâimporte quel bon lecteur PDF permettant les annotations et le surlignage suffit. Les feuilles de style sont rigoureuses, elles permettent dâavoir une vue du plan et du rĂ©sultat final. Le plus dur est dâarriver Ă faire entrer les sorties de terminal dans la largeur indiquĂ©e, il faut rĂ©guliĂšrement tricher.
Je dois tester tous mes exemples sur plusieurs distributions, parce jâai rĂ©guliĂšrement de trĂšs mauvaises surprises selon les choix faits par les Ă©diteurs, surtout lorsquâil sâagit dâune mise Ă jour dâun livre, et câest quelque chose qui mâĂ©nerve beaucoup, le manque dâhomogĂ©nĂ©itĂ© selon les distributions, que ce soit pour des composants systĂšme comme les configurations de systemd, ou des commandes simples, comme cal ou nc, dont les syntaxes varient. Sympa pour les scripts... Jâai donc soit des machines physiques en amorçage multiple (merci GRUB et Clover), soit plusieurs machines virtuelles VirtualBox ou KVM via libvirt, gĂ©nĂ©ralement une dizaine, avec plusieurs distributions (Fedora, CentOS, Ubuntu, openSUSE), parfois dans plusieurs versions. Câest aussi le souci avec certains livres : il faut garantir que le contenu sâapplique Ă des distributions vieilles de plusieurs annĂ©es mais encore supportĂ©es en entreprise, ce qui implique par exemple de devoir encore expliquer init System V ou Upstart.
Tu as aussi coĂ©crit des livres. Dans ce cas, comment se passe le travail de rĂ©daction ? Qui dĂ©cide de qui va Ă©crire avec qui ? Toi ? LâĂ©diteur ? Le hasard ?
JusquâĂ prĂ©sent, câĂ©tait le hasard. Quand un auteur ne souhaite plus mettre Ă jour son livre, par exemple sâil manque de temps ou a changĂ© dâorientation professionnelle, lâĂ©diteur va chercher quelquâun pour le faire Ă sa place. Câest ce que jâai fait pour le livre sur Ubuntu. De mĂȘme, jâai lĂąchĂ© les mises Ă jour des livres dâalgorithmique, quelquâun dâautre a pris le relais. Câest ainsi que sur lâĂ©dition suivante, deux noms apparaissent : lâauteur original, et celui qui a procĂ©dĂ© Ă la mise Ă jour. Et si jâarrĂȘte, mon nom finit par disparaĂźtre lui aussi. En revanche, jâai comme projet de réécrire le livre sur la haute disponibilitĂ©. Câest devenu tellement ardu que jâai proposĂ© une double Ă©criture, avec un ancien collĂšgue et ami. Câest encore en projet, mais dans ce cas, ce sera la premiĂšre fois que je choisirai avec qui Ă©crire. Nous avons dĂ©jĂ travaillĂ© ensemble sur de nombreux documents et prĂ©sentations (en meetâup par exemple), et soit nous travaillerons ensemble sur un mĂȘme chapitre, soit chacun Ă©crira le chapitre dont il aura la responsabilitĂ©.
En moyenne pourraisâtu nous donner une estimation du temps que cela prend dâĂ©crire un livre, ou le mettre Ă jour ?
Trop ! En dĂ©marrant de zĂ©ro, il faut compter quatre Ă six mois pour environ cinq cents pages une fois en rayon. Ce nâest pas du temps plein : je travaille et jâai une vie de famille. Je mây colle gĂ©nĂ©ralement le soir et les weekâends. Disons, une trentaine dâheures par semaine. Je mâaccorde aussi des jours de repos. Et câest selon la complexitĂ© du sujet. Une mise Ă jour est plus rapide, disons deux mois. Je trouve que câest plus compliquĂ© de mettre Ă jour que de partir dâune page blanche : il faut rĂ©installer tous les environnements, tester Ă nouveau et rĂ©actualiser la plupart des exemples, en trouver des nouveaux, creuser chaque nouveautĂ©, etc. Surtout, surtout, il ne faut pas Ă©crire dâĂąneries, avec une date limite Ă tenir. Et Ă chaque fois, jâhĂ©site Ă supprimer du contenu, que je trouve toujours pertinent, et le livre grossit Ă chaque nouvelle Ă©dition. Câest ainsi que de cinq cent cinquante pages Ă lâorigine, le livre de certification a largement dĂ©passĂ© les neuf cents pages. Câest long et parfois dĂ©courageant, mais il faut sâaccrocher, jusquâĂ la sortie finale.
Comment esâtu rĂ©munĂ©rĂ©, perçoisâtu des droits dâauteurs en fonction du nombre de vente, un forfait ? Estâce que cela rĂ©munĂšre le temps passĂ© Ă la rĂ©daction, par exemple si on se base sur le montant horaire du SMIC1 (il faut bien donner une base, et celleâci est objective) ? Peuxâtu nĂ©gocier le montant de ta rĂ©munĂ©ration ?
Tout dâabord une prĂ©cision : on ne devient pas riche en Ă©crivant des livres techniques. En tout cas, pas moi. Il y a trois formules de rĂ©munĂ©ration disponibles : une commission sur chaque livre vendu, disons n % du prix de vente hors taxes, une formule mixte avec une partie forfaitaire et un pourcentage, n/2 % sur les ventes, ou un forfait fixe, dont le montant est dĂ©fini selon la collection. On est mieux rĂ©munĂ©rĂ© dans une collection sur les certifications, par exemple. Que le livre fasse quatre cents pages ou neuf cents pages, câest le mĂȘme tarif. Depuis le dĂ©but, je privilĂ©gie le forfait, partant du principe quâil vaut mieux tenir que courir : on ne sait pas si le livre va bien se vendre et ça fait un revenu complĂ©mentaire.
Disons quâun livre complet va prendre quatre cents heures Ă Ă©crire, sur quatre mois. Au SMIC horaire actuel (10,15 euros), si je prends le forfait, alors ça va me rapporter un peu plus que ça pour la collection Certifications, mais moins pour une collection Ressources Informatiques.
Avec le recul, les livres sur lâadministration et la certification se sont vendus Ă plusieurs dizaines de milliers dâexemplaire sur les dix derniĂšres annĂ©es. Jâaurais dĂ» prendre la commission sur chaque livre vendu...
Estâce que câest toi qui dĂ©cides de quel livre Ă©crire ou estâce ton Ă©diteur ?
Jâai dĂ©jĂ rĂ©pondu dans la troisiĂšme question. Les deux. :)
Apparemment, tu nâas quâun seul Ă©diteur ? Estâce un choix dĂ©libĂ©rĂ© ?
Je nâai jamais cherchĂ© Ă changer dâĂ©diteur. Aucun autre Ă©diteur (de livres) ne mâa dâailleurs approchĂ©. Jusquâen 2013, jâĂ©crivais des articles pour PlanĂšte Linux , et dâautres magazines mâavaient approchĂ©, jâai dĂ©clinĂ©. Je reste fidĂšle Ă ceux qui mâont accordĂ© leur confiance.
Sous quel rĂ©gime tes livres sont publiĂ©s : droits dâauteur « classiques », licence de type Creative Common par exemple ? Estâce un choix dĂ©libĂ©rĂ© de ta part ?
Ce sont des droits dâauteur classiques. Je nâai pas choisi, je nâai jamais rĂ©flĂ©chi Ă la question, dâailleurs. Et je ne pense pas avoir le choix. Il faudrait voir directement avec lâĂ©diteur.
Peuxâtu nous dire quel est lâĂ©tat de ta rĂ©flexion sur le droit dâauteur et les licences de type Creative common ?
Tout ce que je publie hors Ăditions ENI est soit sous licence Creative Commons (comme les dĂ©pĂȘches de LinuxFr.org, non ?), soit, sâil sâagit de code, sous GPL : ce quâil y a sur mon dĂ©pĂŽt GitHub, mes contributions Ă des projets existants comme des modules Ansible, etc. Si le public trouve un quelconque intĂ©rĂȘt Ă rĂ©utiliser mon travail, alors tant mieux. Il arrive aussi que je tombe sur des parties complĂštes de mes docs (notamment mes supports de cours de PHP, de shell et dâadministration systĂšme) sur divers sites, alors que je nâavais pas spĂ©cifiĂ© de licence particuliĂšre, mais gĂ©nĂ©ralement ce sont des PDF et mon nom y est prĂ©sent, je nây vois aucun inconvĂ©nient. Si je devais choisir une licence, ce serait CC BYâSA : on garde son nom sur lâĆuvre, et chaque personne est libre de lâadapter en y ajoutant son nom.
Concernant ce qui est publiĂ© par les Editions ENI, il sâagit dâune Ćuvre commerciale. Tout ce que jâĂ©cris et mets Ă jour pour eux reste dans ce cadre. Cependant, il est possible que pour les ouvrages non rééditĂ©s, tombant en dĂ©suĂ©tude, je puisse rĂ©clamer la restitution de mes droits et, dans ce cas, je pourrais envisager dâen libĂ©rer certaines parties. Tiens, il va falloir que jâen parle avec mon Ă©diteur...
Si lâon regarde ton catalogue, on voit que tes livres ne sont disponibles que sous deux formes : papier ou en ligne, pas de format EPUB par exemple. Estâce un choix de ta part ?
Non, câest le choix par dĂ©faut de mon Ă©diteur. Cela dit, on peut imprimer la version en ligne au format PDF. En tout cas, ça fonctionnait il y a quelques annĂ©es. Je ne pense pas que lâĂ©diteur apprĂ©cierait de voir les PDF ou EPUB diffusĂ©s sur divers canaux alternatifs (mĂȘme si câest parfois le cas).
Comment cela se passe avec lâĂ©diteur ? Par exemple, estâce quâil te tient au courant du nombre de ventes ? Estâce quâil te demande de participer Ă des opĂ©rations de promotion des livres ; esâtu rĂ©munĂ©rĂ© pour ce faire ?
Ăa se passe trĂšs bien. Nous avons des contacts rĂ©guliers, par courriel ou tĂ©lĂ©phone. Jâai aussi eu lâoccasion de me dĂ©placer dans leurs locaux (Ă cĂŽtĂ© de Nantes) et de les rencontrer sur les salons. Le nombre de vente ne mâest communiquĂ© que si je le demande, avec parfois de bonnes surprises, mais aussi des dĂ©ceptions. LâĂ©diteur a une Ă©quipe trĂšs performante de personnes dĂ©diĂ©es aux relations avec les auteurs, et assure un suivi rĂ©gulier avant, pendant et aprĂšs lâĂ©criture dâun livre. Pareil pour les correcteurs : certains ont la capacitĂ© dâanalyser en profondeur les exemples et de trouver des coquilles, comme ce fut le cas lors de ma derniĂšre mise Ă jour oĂč jâavais recommencĂ© plusieurs fois une manipulation et mĂ©langĂ© les rĂ©sultats...
La promotion est effectuĂ©e par lâĂ©diteur auprĂšs des organes habituels (presse, vente en ligne, chaĂźnes de librairies, grandes chaĂźnes, etc.) mais demande aux auteurs de diffuser aussi de leur cĂŽtĂ©, par exemple sur les rĂ©seaux sociaux ou les sites spĂ©cialisĂ©s. Jâai aussi participĂ© Ă une sĂ©ance de dĂ©dicace. Tout ceci nâest Ă©videmment pas rĂ©munĂ©rĂ©. Mais, jâai eu aussi la chance dâorganiser une formation pour lâinstitut de formation ENI qui, elle, a Ă©tĂ© rĂ©munĂ©rĂ©e.
Tu nous a rĂ©galĂ© rĂ©cemment dâun trĂšs intĂ©ressant journal sur les systĂšmes embarquĂ©s pour voiture, lequel sâest, de surcroĂźt, comme souvent sur LinuxFr.org, attirĂ© des commentaires intĂ©ressants. Quand tu Ă©cris un livre, tu nâas pas ce genre de retour immĂ©diat, estâce frustrant ? Asâtu nĂ©anmoins des contacts avec tes lecteurs ?
Les visiteurs sur LinuxFr.org sont gĂ©nĂ©ralement des gens techniques, comme la plupart des passionnĂ©s de Linux et de logiciels libres, et les journaux techniques attirent les commentaires. Et le plus surprenant, câest que les commentaires, eux, ne sont gĂ©nĂ©ralement pas techniques, ouvrent souvent des dĂ©bats (ou des trolls) ou fournissent des anecdotes. Le partage se fait souvent dans les commentaires. Câest enrichissant. Je poste peu, mais jâapprĂ©cie beaucoup les retours dâexpĂ©rience, sur les miennes et celles des autres. Je pense que je vais Ă©crire dâautres journaux.
Pour les livres, câest Ă©videmment diffĂ©rent. En fait, câest stressant, car les commentaires qui me sont remontĂ©s le sont soit quand un lecteur trouve une coquille (ce qui arrive, malheureusement), soit via les commentaires sur les sites de vente en ligne, comme Amazon ou la FNAC. Et câest stressant ! Quand je tombe sur des commentaires Ă trois Ă©toiles ou moins, je suis perturbĂ©... jusquâĂ ce que je mâaperçoive que câest une critique sur un dĂ©faut dâimpression ou le format du livre imprimĂ©... Jâai eu la chance jusquâĂ prĂ©sent dâavoir de bonnes critiques.
Il y a aussi de bonnes surprises, comme ce lecteur qui mâa attendu une fois Ă la sortie de lâĂ©cole oĂč je donnais cours pour me remercier, ceux qui me contactent directement par courriel pour me poser des questions, ceux qui mâajoutent sur LinkedIn, ceux qui laissent des remerciements sur mon livre sur un article de mon Ă©diteur, ceux que jâai pu croiser sur des salons... Ceux qui me touchent le plus et qui me rendent fier sont les personnes qui me remercient car ils ont obtenu un job ou leur certification Ă lâaide de mon livre.
Au niveau professionnel, quels logiciels libres utilisesâtu, sur quel systĂšme dâexploitation ?
Depuis 2006, de passionnĂ© de Linux « Ă la maison » jâai basculĂ© dans le systĂšme Unix professionnel : ingĂ©nieur systĂšme, Ops, DevOps, Tech Lead dâune plateâforme « digitale », dans cet ordre. Jusquâen 2013, mon poste de travail Ă©tait sous Linux, avec bien Ă©videmment tous les outils qui allaient avec. Depuis 2013, mon employeur me fournit un Mac. Je dois avouer quâAqua est exactement le bureau que je voudrais sur un Linux, mais jâutilise Thunderbird, Firefox, iTerm2 et le gestionnaire de paquets Brew qui sont libres. CĂŽtĂ© serveur maintenant, ce nâest que du Linux, Ă©videmment ! La plateâforme numĂ©rique que je gĂ©rais Ă©tait constituĂ©e dâenviron deux cents serveurs, essentiellement sous Ubuntu LTS, et sous Red Hat (pour OpenShift), avec des outils libres : HAProxy, NGINX, Jenkins, Quagga, Keepalived, Ansible, Docker, Kubernetes, Pacemaker, etc. Seules entorses au Libre : lâachat de licences OpenShift pour le support (PaaS basĂ©e sur Kubernetes), et F5 BIGâIP (pour le WAF, mais câest sous Linux aussi).
Quelle est ta distribution GNU/Linux préférée et pourquoi, quels sont tes logiciels libres préférés ?
openSUSE et Fedora, sans aucune hĂ©sitation. openSUSE, câest de la grande qualitĂ©. Jâutilise beaucoup Fedora en ce moment, parce que câest la seule qui ne casse pas ma configuration UEFI Ă lâinstallation. Ubuntu est sympa au premier abord, mais quand on creuse... AĂŻe... Ubuntu a tout de mĂȘme rĂ©ussi Ă flinguer ma NVRAM, ça mâa bien refroidi... CĂŽtĂ© logiciels libres et poste de travail, outre les classiques (Firefox, Thunderbird, LibreOffice, etc.) jâapprĂ©cie Ă©normĂ©ment Kodi, que jâinstalle partout (macOS, Linux et Android), HandBrake, VLC, le bureau KDE, draw.io, KeePassXC, htop, Kid3, GIMP, Horos, Dolphin (lâĂ©mulateur) et Wine. Il en manque. CĂŽtĂ© serveur, ce serait trop long, mais jâen ai citĂ© une partie dans ma prĂ©cĂ©dente rĂ©ponse.
Quelle question auraisâtu adorĂ© quâon te pose (Ă©videmment, tu peux y rĂ©pondre) ?
Estâce que Linux a changĂ© ma vie ? Oui : depuis que je lâai dĂ©couvert en 1994 (pour avoir un compilateur C gratuit), câest Ă la fois la source de ma passion et de mon mĂ©tier, je nâaurais jamais pu mâĂ©panouir dans ma vie active sans Linux, les logiciels libres, et mĂȘme LinuxFr.org, phare durant les tempĂȘtes.
Quelle question auraisâtu dĂ©testĂ© quâon te pose (en espĂ©rant que je ne lâai pas posĂ©e) ?
Pourquoi aiâje abandonnĂ© Linux sur mon desktop ? La rĂ©ponse prendrait plusieurs pages dâarguments parce que câest un sujet qui me fout vraiment en rogne tant câest un Ă©norme gĂąchis. Jâai rĂ©pondu en 2013 dans un article sur PlanĂšte Linux ; je me suis fait allumer par quelques fanatiques mâaccusant de trahison Ă la Cause, mais je ne changerai pas ma rĂ©ponse dâune virgule.
Merci beaucoup Sébastien.
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Le SMIC ou salaire minimum interprofessionnel de croissance, est, en France, le salaire minimum horaire en dessous duquel aucun salariĂ© de plus de 18 ans ne peut ĂȘtre payĂ©. â©
# non Linux sur le desktop
PostĂ© par Gil Cot â (site web personnel, Mastodon) . ĂvaluĂ© Ă 2.
Je travaille actuellement sur Mac, le client actuel utilisant du Mac pour gĂ©rer son parc Linux. Au dĂ©but j'ai trouvĂ© cela chouette, puis j'ai vite dĂ©chantĂ© tellement les seuls outils que j'utilise (Ă part le navigateur je n'utilise que le terminal) sont Ă jour [euphĂ©misme] et que je n'ai pas Brew ou quelque chose d'Ă©quivalent (bah oui, poste d'entreprise oĂč vous n'avez pas la main et n'ĂȘtes pas administrateur du dit poste) Ce n'est pas pour taper dessus ; je peux comprendre que certains aiment, et on devrait comprendre que les artifices dĂ©ployĂ©s n'illusionnent pas d'autres.
"It is seldom that liberty of any kind is lost all at once." â David Hume
[^] # Re: non Linux sur le desktop
PostĂ© par SĂ©bastien Rohaut (site web personnel) . ĂvaluĂ© Ă 5.
Ăa doit ĂȘtre frustrant de n'avoir aucun droit. J'ai la chance d'avoir un mac fourni par mon entreprise qui est Ă jour et sur lequel je peux temporairement Ă©lever mes droits, ce qui m'autorise le sudo, notamment, et donc je peux ajouter tous les outils que je souhaite avec brew. Ce sont des machines durcies et monitorĂ©es, gĂ©rĂ©es de maniĂšre centralisĂ©e, avec tĂ©lĂ©distribution des mises Ă jour, Symantec Endpoint Protection (IPS, antivirus, anti-malware) un proxy d'entreprise obligatoire mĂȘme quand je suis chez moi(cloud proxy), l'interdiction de l'Apple Store, une connexion VPN et rĂ©seau Ă base de certificats, une authentification double facteur, etc. Donc, tu peux avoir un mac d'entreprise qui t'offre aussi la souplesse d'un Linux tout en Ă©tant blindĂ©.
Au moins un mac de base reste un Unix qui te fournit un shell, python, perl, awk, les commandes de base (attention, syntaxe BSD), les clients ssh, etc. Sous Windows, bah, c'est galĂšre.
[^] # Re: non Linux sur le desktop
PostĂ© par ZeroHeure . ĂvaluĂ© Ă 6.
A propos, je viens de remettre en état un iMac de 2007. Le montage du matériel chez Apple est je dois dire assez fantastique : blindage conséquent, capteurs de température, ventilos efficaces, silent block sous les disques, fixations trÚs solides, etc. Bref niveau matériel, c'est trÚs au dessus.
"La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay
[^] # Re: non Linux sur le desktop
PostĂ© par Anonyme . ĂvaluĂ© Ă 6.
C'Ă©tait trĂšs au-dessus, maintenant ce n'est plus du tout le cas mĂȘme si les prix sont restĂ©s les mĂȘmes.
[^] # Re: non Linux sur le desktop
PostĂ© par ZeroHeure . ĂvaluĂ© Ă 4.
Par exemple ?
Je regarde les vue éclatées de modÚles récents et d'un portable sur iFixit et je vois toujours du blindage, des vis, des ventilos gros et efficaces, des fixations costaudes... Je ne parle pas de facilité d'accÚs ou de réparation, mais purement et simplement de matériel construit pour durer et protéger les données.
"La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay
[^] # Re: non Linux sur le desktop
PostĂ© par claudex . ĂvaluĂ© Ă 5.
On commence Ă voir de plus en plus WSL sur les postes de dev et sys. Du coup, ça permet d'ĂȘtre tranquille.
« Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche
[^] # Re: non Linux sur le desktop
PostĂ© par hyakosm . ĂvaluĂ© Ă 1.
WSL n'est pas natif, prend beaucoup de place et les accÚs disques restent trÚs lents. C'est un beau progrÚs mais ça prendrait encore beaucoup d'améliorations.
[^] # Re: non Linux sur le desktop
PostĂ© par claudex . ĂvaluĂ© Ă 5.
WSL2 corrige le problĂšme des accĂšs disques.
« Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche
[^] # Re: non Linux sur le desktop
PostĂ© par Gil Cot â (site web personnel, Mastodon) . ĂvaluĂ© Ă 1.
Oui, c'est parfois frustrant de ne pas pouvoir avoir temporairement dâĂ©lĂ©vation de privilĂšge
:-)Mais cela fait partir du jeu...Pour l'utilisation de Brew, ça montre justement qu'il y a anguille sous roche non ? En tout cas, c'est la mĂȘme chose sous FenĂȘtre quand on a installĂ© Chocolatey !
Bah justement, je ne vois pas trop de différence : sous Windows il y a maintenant WLSS (je n'ai pas encore essayé, sinon on peut toujours faire comme avant en installant Cygwin ou autre)
Au dĂ©but, j'ai bien aimĂ© avoir le programme Terminal au lieu de devoir rechercher autre chose, et c'est l'un des deux seuls programmes que j'utilise vraiment. J'ai apprĂ©ciĂ© aussi de pouvoir utiliser aussi directement SSH sans prise de tĂȘte et avec plusieurs onglets etc. Vraiment ça c'est top.
:-)(actuellement c'est ce que je trouve le plus positif : un terminal comme Konsole ou GNOME terminal etc.)J'ai bien aimĂ© avoir sous la main les interprĂ©teurs de commandes (petit bĂ©mol, j'ai dĂ©cidĂ© de basculer ma coquille sous BASH et je n'apprĂ©cie pas qu'on me demande tout le temps d'aller sous ZSH) et les commandes de base (pas de souci pour moi que ce soit du BSD et non du GNU âen session interactive c'est parfois chiant si on a certains automatismes, mais quand je scripte ça fait longtemps que je veille Ă ĂȘtre POSIX/portable et ça paye ici aussi)
Ah mais les langages stars (Perl, Python, Ruby) ont été la douche froide... Un systÚme qui est mis à jour réguliÚrement et pour lesquels ces composantes sont figés dans le temps... Comme tous les systÚmes propriétaires, Pomme jette la poudre aux yeux mais c'est pas utilisable par un-e unixien-ne ou un-e développeur-se avancé sans devoir bidouiller. Pour moi,
brewetchoco.exesont les pansements que des un-e-s et les autres se mettent pour amĂ©nager la prison dorĂ©e."It is seldom that liberty of any kind is lost all at once." â David Hume
# Haute dispo
PostĂ© par jean_clume . ĂvaluĂ© Ă 7.
Sebastien ton livre sur la haute dispo est une merveille didactique, je suis étonné qu'il n'ait pas eu le succÚs escompté.
Ce livre est toujours d'actualité et je m'en sers réguliÚrement pour former des collÚgues novices aux bases du clustering.
Un grand merci Ă toi!
# Ubuntu ?
PostĂ© par pieq (site web personnel, Mastodon) . ĂvaluĂ© Ă 3.
Merci pour cet entretien trÚs intéressant !
Je me demande parfois quelles sont les expériences des lecteurs de LinuxFR dans le cadre de leur travail ou de leur carriÚre, cet entretien livre quelques réponses !
Deux questions, cependant :
Qu'est-ce qui ne va pas quand on creuse ?
Tu peux expliquer ce qui s'est passé exactement (et quand) ? (c'est mon boulot d'ingénieur qualité, déformation professionnelle... désolé ! ;))
[^] # Re: Ubuntu ?
PostĂ© par SĂ©bastien Rohaut (site web personnel) . ĂvaluĂ© Ă 9.
Pour la premiÚre partie c'est mon point de vue un peu subjectif. Je devrais le réinstaller pour te lister les soucis qui m'ont fait rùler.
Pour la NVRAM, alors là , ceux qui m'ont suivi sur la tribune ont pu suivre mes tribulations en temps réel. j'ai un setup pas si compliqué que ça, j'ai une machine en multiboot Mac/Linux. C'est un "hackintosh". Le premier EFI contient Clover, un bootloader bien sympathique. Quand j'installe Linux, je veux que ce soit sur le volume EFI d'un second disque, comme l'autorise la norme, et ensuite soit le "boot menu" de la carte mÚre me permet de démarrer dessus (les entrées de boot de la NVRAM), soit Clover énumÚre les volumes EFI et m'affiche une jolie icÎne Linux dans la liste, pour chainer le boot dessus.
C'est simple: si l'installateur propose bien l'installation des fichiers EFI sur une autre partition que la premiÚre (mais dans ce cas tu dois créer la partition EFI manuellement, tiens, voilà un exemple de réponse à ta premiÚre question), j'ai eu de trÚs mauvaises surprises, notamment celle de voir que que grub continuait à modifier des choses sur la premiÚre en mode OSEF, mais surtout que mes entrées NVRAM n'étaient pas seulement modifiées, mais écrasées et corrompues. Au premier boot j'arrive sous Ubuntu, donc je veux logiquement remettre mon entrée par défaut sur Clover (premiÚre partition EFI, et clover peut ensuite chainer sur Grub, deuxiÚme partition EFI) et là un efibootmgr m'affiche des entrées totalement folles avec des chaines de caractÚres aléatoires. Je remarque que mon fichier EFI\BOOT\BOOTX64.EFI sur la premiÚre partition EFI est en fait Grub, et pas Clover.
Toute tentative de remise en ordre se solde par un blocage intĂ©gral au boot au moment de la lecture et de la mise Ă jour de la NVRAM, ça crashe : je ne peux mĂȘme plus accĂ©der au setup de la carte mĂšre. La seule solution pour m'en sortir est d'ouvrir ma tour et de dĂ©brancher tous mes disques, et par trois fois j'ai dĂ» mĂȘme forcer un RAZ total en forçant l'Ă©numĂ©ration du matĂ©riel en retirant une barrette de RAM (mĂ©thode bien connue). Ceci supprime les entrĂ©es corrompues, et enfin je peux accĂ©der au boot menu du bios. Je dois alors booter sur ma clĂ© USB de secours avec Clover pour le rĂ©installer, et ENFIN, je peux booter normalement sur tous mes OS.
Dans les forums, on trouve des types qui ont dû renvoyer leur carte mÚre en réparation, voire en changer, à cause de ça (pas forcément Ubuntu hein)...
On croit que c'est fini ? Mais non ! A chaque mise à jour d'Ubuntu, s'il y a grub ou un noyau dans la liste, rebelote ! La post-installation flingue tout à nouveau ! J'avais cru trouver le Graal avec le paramÚtre --no-nvram de Grub, mais de maniÚre incroyable, il a disparu avec la derniÚre version LTS (20.04)... Je voulais ouvrir un rapport de bug, mais il y en avait déjà plusieurs, plus ou moins liés, alors j'ai laissé tomber.
J'en Ă©tais arrivĂ© Ă un point oĂč j'avais installĂ© Ubuntu en mode MBR classique et je bootais via le boot menu du bios...
Bizarrement, l'installation d'une Fedora est impeccable: je choisis sur quel disque installer mon EFI, l'installateur me crée tout proprement, pas de corruption de la NVRAM, par d'écrasement de fichiers j'utilise efibootmgr pour remettre l'entrée d'origine, les mises à jour sont tranquilles, etc.
Ubuntu n'en est pas Ă son premier coup. En 2017, la 17.10 flinguait des portables Lenovo https://linuxiumcomau.blogspot.com/2017/12/lenovo-bios-issues.html
[^] # Re: Ubuntu ?
PostĂ© par Lawless . ĂvaluĂ© Ă 0.
Attention, le systÚme d'exploitation macOS, tout comme Windows, est un systÚme d'exploitation totalement propriétaire à des années lumiÚres de la philosophie du logiciel libre, d'ailleurs la licence de macOS interdit explicitement d'installer macOS sur un ordinateur non Apple :
Sans compter toutes les bidouilles faites au noyau ou au systÚme macOS qui sont nécessaires pour faire fonctionner macOS sur un PC doivent également violer les termes de la licence :
[^] # Re: Ubuntu ?
PostĂ© par SĂ©bastien Rohaut (site web personnel) . ĂvaluĂ© Ă 4.
Je ne suis pas certain que tout ceci soit bien lĂ©gal. Surtout la seconde partie. AprĂšs hein, apple ne m'a pas empĂȘchĂ© d'acheter deux trois trucs sur son store, et des vrais macs on en a trois ici. Ils feraient mieux de mettre Ă jour leurs ancienne machines avec des os rĂ©cents plutĂŽt que de faire la chasse à ça.
Parce que le Mac pro acheté 6000 brouzoufs en 2006 considÚré artificiellement obsolÚte en 2011 à cause d'un efi 32 bits, que j'ai dû transformer en hackintosh pour monter en 10.11, puis de nouveau obsolÚte parce que le noyau utilise maintenant sse4... Foutage de gueule.
# Différences entre les deux bouquins d'admin linux
PostĂ© par ulver . ĂvaluĂ© Ă 8.
Jolie coĂŻncidence, j'allais acheter l'un de tes bouquins d'admin sur Linux :)
Je suis tombé sur "Maßtrisez l'administration du systÚme (6e édition)" et "Préparation à la certification LPIC-1 (examens LPI 101 et LPI 102) - [6e édition]". En comparant un peu les deux sommaires, quelques chapitres se recoupent, ce qui semble normal vu les sujets trÚs proches des 2 livres.
Est ce que tu pourrais me préciser un peu les différences entre les livres ? Est ce qu'il y en a un que tu considÚres plus pour les débutants et l'autre plus avancé par exemple ?
Merci d'avance :)
[^] # Re: Différences entre les deux bouquins d'admin linux
PostĂ© par SĂ©bastien Rohaut (site web personnel) . ĂvaluĂ© Ă 10.
Le contenu est le mĂȘme, le livre d'admin ne contient simplement pas les TPs, les questions de fin de chapitre et la simulation d'examen en ligne.
[^] # Re: Différences entre les deux bouquins d'admin linux
PostĂ© par ulver . ĂvaluĂ© Ă 2.
Merci pour ton retour. La version sans TP/quizz était disponible en librairie juste à cÎté de mon travail, j'ai donc pris celle là ;)
# JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par hyakosm . ĂvaluĂ© Ă 5.
Je me souviens de cette fin d'années 2000, de la finition et des fonctionnalités des environnements de cette époque (j'utilisais surtout KDE 3.5 mais GNOME était aussi trÚs propre et trÚs fonctionnel). C'était assez grisant. Surtout comparé à Windows à l'époque (XP ou Vista...). Par exemple, quand je montrais que les applications étaient triées par catérogie ou alors que l'explorateur de fichiers gérait les onglets, le split-view, la navigation dans les archives et les montages réseaux, c'était impressionnant.
10 ans aprÚs on a bien déchanté. J'ai l'impression qu'on ne s'est jamais remis du bazar causé par les transitions KDE 3 vers 4 et GNOME 2 vers 3.
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par SĂ©bastien Rohaut (site web personnel) . ĂvaluĂ© Ă 6.
Merci d'abonder dans mon sens concernant l'une de mes raisons d'abandon de Linux en tant que desktop. ta derniÚre ligne pointe l'un des principaux problÚmes qui a flingué les chances de Linux comme desktop au milieu des années 2000. Mais qu'est-ce qui leur a pris ?
Et c'est bien le passage de KDE3 vers 4 a Ă©tĂ© dĂ©sastreux. On avait un produit fini, pratique, avec de superbes applications qui Ă©taient plus pratiques et qui fonctionnaient mieux que leurs Ă©quivalents non libres, une personnalisation poussĂ©e, un konqueror avec une foule de kio_slaves qui en faisaient un produit universel pour accĂ©der Ă tout et... ils ont tout pĂ©tĂ© et on a jamais retrouvĂ© la mĂȘme qualitĂ©. KDE3 Ă©tait largement supĂ©rieur Ă une interface XP ou Vista ! Une exemple bĂȘte est kmail, que j'ai utilisĂ© pendant des annĂ©es, et qui fonctionne maintenant mal depuis 10 ans.
J'aurais tellement prĂ©fĂ©rĂ© une Ă©volution en douceur : d'abord porter vers qt4 et 5 sans tout pĂ©ter, puis aprĂšs faire tranquillement Ă©voluer l'interface. Mais passer des heures Ă bidouiller son kde4 ou 5 pour tenter de retrouver les mĂȘme fonctions qu'on a eu pendant plusieurs annĂ©es, ce n'est pas normal. Il y a kmail, mais par exemple aussi les connecteurs google qui ne fonctionnent plus, ou simplement le widget meteo qui ne fonctionne pas non plus...
Pour les nostalgiques il y a Trinity, visuellement ça a vieilli, et le problĂšme principal est l'abandon des applis tierces, ce qui le rend malheureusement difficile Ă utiliser. Ăa a figĂ© dans le temps.
Quant à Gnome, je vois ça comme un desktop trop limité, sur lequel il faut malheureusement bidouiller à coup de dconf, d'extensions et de tweaks pour avoir ce qu'on veut. Autant KDE cherchait la parité avec Windows (en terme de visuel par exemple), autant Gnome cavale derriÚre Aqua.
Mon rĂȘve est une fusion des desktops en un vrai truc concurrentiel face Ă MS et Apple, ou mĂȘme Android/Chrome. C'est pas demain la veille.
Le souci principal reste le contrÎle qualité. Ce ne sont pas des produits finis qui nous arrivent, ils ne sont jamais stabilisés ni fiabilisés. Je ne leur jÚte pas la pierre, mais ils devraient penser utilisateur final avant de penser développement de nouvelles fonctions. Il faut penser à l'utilisateur, aller vers lui, lui demander ce qu'il en pense et ce qu'il veut !
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par ZeroHeure . ĂvaluĂ© Ă 7.
Une des raisons, je pense, c'est que les nouveaux développeurs, des étudiants ou jeunes ingénieurs, ont envie de faire un truc nouveau. Pas du peaufinage.
Je me souviens de la vision qui a présidé à Kmail 4 avec les schémas trÚs scolaires autour d'Akonadi. Alors que le webmail et les smartphones se répandaient on imaginait un Kmail capables de gérer des centaines ou des milliers de courriels par jour. Mais pour qui ?
Et on le voit de nouveau avec Konqueror abandonné pour Qupzilla/Falkon, projet nouveau, plus attirant.
"La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par laparn . ĂvaluĂ© Ă 1.
Est-ce que ce serait possible d'avoir l'article de Planete Linux sur les problĂšmes du desktop linux ?
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par Lawless . ĂvaluĂ© Ă 4.
Il n'existe pas un bureau sur Linux, mais des bureaux. C'est peut-ĂȘtre une faiblesse, mais aussi une force car c'est une forme de diversitĂ©. Fusionner tous les bureaux Linux en un seul bureau serait une perte de cette diversitĂ© et ne donnerait pas forcĂ©ment un meilleur bureau Linux, car tes attentes ne sont pas forcĂ©ment mes attentes, et ni les attentes des autres utilisateurs.
Quel est le meilleur bureau sous Linux ? Tu trouveras sûrement plein de personnes pour soutenir KDE et autant pour soutenir GNOME, XFCE, Cinemaron ou MATE.
Le bureau macOS te convient ? Parfait. Est-il le meilleur bureau pour autant ? Moi personnellement j'ai essayé macOS, et j'ai été trÚs malheureux sur ce bureau. Donc c'est surtout une affaire de goût. Le bureau Linux s'est bien amélioré ces dix derniÚre années.
Quant à ton abandon du bureau Linux, je comprends que certains utilisateurs t'aient accusé de trahir la cause, en tout cas la cause que tu as défendu pendant des années. Qu'une personne comme toi qui a une certaine notoriété et qui a fait la promotion du bureau Linux pendant des années, change pour macOS, cela donne une trÚs mauvaise image du bureau sous Linux. C'est un peu comme quand Miguel de Icaza le fondateur de GNOME a annoncé qu'il abandonnait Linux pour macOS, c'est le genre de promotion que le bureau Linux se passerait bien.
De mon point de vue, le bureau Linux pourrait ĂȘtre dix fois meilleur que Windows ou macOS que cela ne se changerait pas la donne. Windows occupe le marchĂ© depuis vingt ans, tu ne trouves pratiquement aucun ordinateur prĂ©installĂ© avec Linux. BeoS Ă©tait dix fois meilleurs que Windows 98 et cela n'a pas affaibli le monopole de Windows.
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par SĂ©bastien Rohaut (site web personnel) . ĂvaluĂ© Ă 3.
Ton commentaire est trÚs intéressant, notamment sur ta phrase sur les forces et faiblesses de la diversité des bureaux Linux. Il faudrait que je puisse ressortir l'article et en faire un journal, qui devraient donner des commentaires croustillants.
Si Miguel de Icaza a abandonné Linux et Gnome pour MacOS, c'est qu'il avait probablement de bonnes raisons. à ma moindre échelle, j'en avais aussi. Et j'ai pu partager mes états d'ùme. Je lui en veux, à Miguel, d'avoir entretenu cette guerre des bureaux et d'avoir malheureusement réussi à imposer Gnome comme le quasi-standard dans toutes les distribs. Avant de se rendre compte du désastre et d'abandonner. Quand on relit l'histoire de KDE vs Gnome, il y a de quoi pleurer, tant sur le plan philosophique que sur les choix techniques.
Je leur en veux, aux auteurs de KDE, d'avoir si bien cassé un produit fonctionnel (kde3) pour le transformer en un mix de desktop PC et de tablette à la stabilité douteuse et aux applications instables.
Nous sommes souvent en prĂ©sence de puristes, de passionnĂ©s, sĂ»rs d'eux et de leurs objectifs, avec une idĂ©e de ce qui doit sortir qui n'est pas en adĂ©quation avec le besoin du grand nombre, malheureusement. La communautĂ© du desktop linux Ă©tant trĂšs rĂ©duite, elle ne travaille que pour elle-mĂȘme et les Ă©volutions ne sont donc le rĂ©sultat que des besoins d'un petit nombre...
Mais tu sais, j'ai encore un espoir tĂ©nu pour du pur Linux. On peut utiliser un bureau linux, en entreprise par exemple, oĂč le besoin d'outils est limitĂ© Ă un choix prĂ©cis, oĂč, grace au cloud, on peut avoir accĂšs Ă quasiment tout via un navigateur, oĂč le choix du matĂ©riel est gĂ©nĂ©ralement homogĂšne. En conclusion de mon article il y a sept ans, je parlais du jeu. Je voyais un potentiel Ă©norme dans Linux en tant que plateforme de gamer. Et bien, avec Vulkan, Steam, et Proton, oĂč les jeux tournent parfois mieux que sous Windows, je me dis que c'est encore possible. Je n'ai pas d'installation Windows Ă la maison : que du Linux et du Mac. Et, c'est dingue, mon desktop Linux ne me sert quasiment qu'Ă jouer.
Et puis, mine de rien, on ne parle que de PC... Mais Linux a en fait déjà gagné... Pas de la maniÚre dont on aurait souhaité, pas avec les acteurs qu'on pensait... Android, Chromebook, ce sont des Linux, ce sont en fait des desktops Linux avec des centaines de millions d'utilisateurs.
Quand je vois Windows insister lourdement sur WSL2, la compatibilitĂ© graphique, il n'y a pluq que quelques pas pour que Windows devienne un bureau Linux... C'est beau et terrible Ă la fois, de penser qu'on pourrait en arriver lĂ , un Windows au noyau Linux... Dingue, et pourtant... Un Linux qui sait faire tourner des applis Windows nativement, un Windows qui sait faire tourner des applis Linux nativement, ... Les cinq prochaines annĂ©es risquent d'ĂȘtre dingues...
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par guppy . ĂvaluĂ© Ă 6.
Peut-on vraiment dire ça alors que le résultat de leur travail est disponible pour tous ?
Comme toujours dans le logiciel libre. Pourquoi les développeurs développeraient quelque chose dont ils n'ont pas besoin ?
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par laparn . ĂvaluĂ© Ă 2.
Je crains de réveiller des souvenirs douloureux :
https://mail.gnome.org/archives/usability/2005-December/msg00021.html
Linus avait pĂ©tĂ© un plomb sur une proposition qu'il faisait pour la fenĂȘtre de dialogue d'impression dans Gnome. Il avait expliquĂ© le problĂšme et proposĂ© un patch qui avait Ă©tĂ© joyeusement rejetĂ©.
Tout cela pour dire que la communautĂ© des "Desktop" linux est comme toute communautĂ© libre quelque chose de dĂ©licat Ă "manipuler" mĂȘme pour un pro du libre comme Linus.
Personnellement, je pense que la raison principale pour laquelle le desktop linux n'a jamais "pris" sur le desktop est l'absence de MS Office. Je prends le pari que le jour oĂč MS crĂ©e une version linux de Office, le desktop linux passera Ă 10% de part de marchĂ© en 5 ans. Et je pense que cela va arriver, parce que petit Ă petit MS Office bascule vers des technos web, et que MS sort ses outils sous linux petit Ă petit (Skype, VSCode, Teams). Quand le portage prendra 10 minutes de compile d'un electron like, MS le fera.
AprĂšs, en terme de dĂ©veloppement, linux a Ă©tĂ© en situation de rattrapage par rapport aux desktops Mac et Windows. Le tĂ©lĂ©phone a Ă©tĂ© l'occasion d'ĂȘtre en rupture avec les normes de desktop existantes. Je pense qu'il faut ĂȘtre en rupture avec l'existant de maniĂšre violente pour avoir une expĂ©rience diffĂ©rente et plus efficace.
Par un utilisateur exclusif de desktop linux depuis 23 ans.
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par barmic 𩩠. ĂvaluĂ© Ă 2.
Il y a déjà Office365 sur linux.
https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par barmic 𩩠. ĂvaluĂ© Ă 4. DerniĂšre modification le 16 juillet 2020 Ă 10:29.
Ăa alimente les troll infinis sur les forums plus ou moins spĂ©cialisĂ©s, mais ça ne change rien. Ceux qui savent qui est Miguel de Icaza ont dĂ©jĂ leur avis sur la question.
https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll
[^] # Re: JâĂ©tais idĂ©aliste...
PostĂ© par LoĂŻc Blot (site web personnel) . ĂvaluĂ© Ă 4.
Salut Sébastien,
je n'ai pas connu le big bang KDE 3 vers 4 mais Gnome 2 vers 3, et clairement de Gnome 3.0 à 3.12 on était dans la regression, néanmoins depuis la 3.12 on a vraiment de belles choses sur Gnome, c'est un bureau trÚs réactif et fonctionnel, qu'on peut piloter au clavier, l'interface de paramÚtres est trÚs trÚs proche de celle de MacOSX et aussi fonctionnelle, je n'ai pas grand chose à lui reprocher, hormis de ne pas fournir les décorations par défaut sur des apps wayland natives.
Veepee & UNIX-Experience
# Le pingouin sur la banquise en face
PostĂ© par microlinux . ĂvaluĂ© Ă 8.
Chouette interview, merci.
SĂ©bastien Rohaut, c'est le gars dont je me dis que j'aurais dĂ» le croiser depuis longtemps, mais le hasard a fait qu'on ne se connaĂźt toujours pas, ou alors juste de loin peut-ĂȘtre. J'ai Ă©tĂ© auteur chez PlanĂšte Linux comme lui, j'ai Ă©galement Ă©crit une sĂ©rie de bouquins sur Linux (mais pour le concurrent Eyrolles), je suis tout aussi fan d'OpenSUSE, et j'ai eu ma pĂ©riode de crise avec Linux sur le poste de travail (que j'ai rĂ©solue diffĂ©remment). Je me dis qu'un de ces jours, faudrait quand-mĂȘme qu'on se boive une ou deux ou vingt-sept biĂšres.
Je me rappelle bien son article dans PlanÚte Linux sur la crise de Linux sur le desktop, et j'ai trouvé les arguments trÚs pertinents. Pour ma part, j'ai toujours une OpenSUSE configurée aux petits oignons, dont je suis assez content. Mais je me dis qu'un jour il faudra que je m'attelle au projet Hackintosh juste pour voir.
Sébastien, si jamais tu passes dans le Gard, cherche "microlinux" sur ton moteur de recherche préféré et passe-moi un coup de fil. Et on ira se boire quelques biÚres.
Un gentil bonjour de la garrigue gardoise.
Nico (alias "Kiki Novak")
Dyslexics have more fnu.
[^] # Re: Le pingouin sur la banquise en face
PostĂ© par Ysabeau đ§¶ (site web personnel, Mastodon) . ĂvaluĂ© Ă 5.
Ăa me fait vraiment trĂšs plaisir de voir que tu es revenu ici.
Et alors, j'ai ton bouquin DĂ©buter avec Linux. Il m'a Ă©tĂ© utile ici oĂč lĂ avec ma distro prĂ©fĂ©rĂ©e, Mageia. Mais je ne pense pas que ça soit vraiment pour les dĂ©butants :-).
Je l'ai lu et relu tellement il est agréable à lire (et merci pour la recette de lasagnes).
Je nâai aucun avis sur systemd
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