Summil
Cet article concerne un village palestinien du sous-district de Gaza. Un village proche de Tel Aviv, Al-Mas'udiyya, était également appelé Summayl.
| Nom local |
(ar) صميل الخليلVoir et modifier les données sur Wikidata |
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| Pays | |
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| Sous-district | |
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| Altitude | |
| Coordonnées |
| Population |
1 000 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata |
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| Densité |
51,8 hab./km2 () |
| Fondation | |
|---|---|
| Dissolution |
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Summil (صميل, également transcrit Summeil) est un village arabe palestinien du sous-district de Gaza, situé à 36 kilomètres au nord-est de Gaza. Il était construit sur une colline sableuse de la plaine côtière et avait 950 habitants en 1945. Il a été dépeuplé lors de la première guerre israélo-arabe [2] , au cours du nettoyage ethnique de la Palestine.
Géographie
[modifier | modifier le code ]Le village de Summil était situé dans la plaine côtière, à 36 kilomètres au nord-est de Gaza et à 125 mètres d‘altitude environ[3] . Le site du village était une colline entourée d‘oueds. Les villages voisins étaient al-Jaladiyya et Bi'lin au nord, Zikrin à l'est, Zayta et Iraq al-Manshiyya au sud et Jusayr à l‘ouest[3] .
La superficie totale des terres du village était de 19 304 dounams (soit 19,3 km2)[4] dont la propriété se répartissait entre 16 261 dounams aux Arabes, 2620 dounams aux Juifs et 423 dounams de terres publiques[3] . 530 dounams (53 hectares) étaient non-cultivables. Le reste se répartissait entre 54 dounams irrigables ou en vergers et 18 720 dounams (1872 hectares) pour les céréales[5] dont 16 093 cultivés par les Arabes[3] .
Histoire
[modifier | modifier le code ]Empire romain
[modifier | modifier le code ]Un bas-relief de marbre représentant un dieu Pan moustachu, datant du Ier ou du IIe siècle, a été découvert à Summil[6] .
Croisades et sultanat mamelouk
[modifier | modifier le code ]Summil est fondé par les Hospitaliers en 1168, sous le royaume de Jérusalem, afin de protéger la forteresse de Bayt Jibrin [2] . Quelques vestiges du château subsistent ainsi qu‘un mur de maçonnerie appelé Bir Summail au sud de ceux-ci[7] . Selon la tradition locale, le nom du village vient d‘un Samuel, un des Croisés installés au village.
Sous le sultanat mamelouk, aux XIIIe – XVe siècles, le château est appelé Barakat al-Khalil ("la bénédiction d‘Ibrahim (Abraham)"), car les taxes du village étaient utilisées par le sultan Barquq pour l‘entretien de la mosquée d‘Abraham à Hébron [2] .
Empire ottoman
[modifier | modifier le code ]La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman. Dans le defter (registre fiscal) de 1596, il relève de la nahié (sous-district) de Gaza et du sandjak de Gaza. Ce document recense 66 foyers, tous musulmans, soit environ 363 habitants. Les villageois payaient un impôt à taux fixe de 33,3 % sur le froment, l‘orge, les fruits, les ruches et les chèvres, pour un total de 14 500 akçe . Tous les prélèvements étaient affectés à un waqf (fondation pieuse)[8] .
Edward Robinson visite Summil en 1838 et le décrit comme « un village considérable sur une élévation de la plaine ». Il note un puits public profond de plus de cent pieds de profondeur (soit environ 30,5 mètres) et 11 pieds de diamètre. Il signale également un pan de mur ayant appartenu à un château[9] .
En 1863, Victor Guérin estime que le village, qu‘il appelle Soummeil el-Khalil (Soumeil près d‘Hébron), a une population de 400 habitants. Quelques maisons étaient construites en pierre, les autres d‘adobe. Il note également la présence des ruines du château croisé et la présence d‘un oualy (maqâm) consacré à un cheikh Abdallah, dont la construction en grosses pierres de taille est de bonne qualité, et d‘un ancien birket[10] . Une liste de villages ottomane datée d'environ 1870 recense 50 maisons et une population masculine de 133, les femmes n‘étant pas recensées[11] ,[12] .
Dans le rapport de 1882 du Palestine Exploration Fund, Summeil est décrit comme un « un petit village perché sur une butte, construit en terre et en pierres, avec des haies de cactus. Un bassin au sud et un puits au nord alimentent le lieu. Près du puits se trouve une arche en ogive bien maçonnée, apparemment médiévale, et des fondations de pierre taillée au village. [Le puits] de Bir Summeil, au sud du village, est aussi en bonne maçonnerie, et le lieu remonte au moins aux Croisades[13] ,[14] ». À la fin du 19e siècle, Summil était construit sur un plan semi-circulaire[2] .
Palestine mandataire
[modifier | modifier le code ]De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Summil est conquise en octobre 1917 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Sous le mandat britannique, le village s'étend vers le sud-ouest et c‘est Falouja qui lui fournit les services commerciaux, médicaux et administratifs[2] .
Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Summail a une population de 561 habitants, tous musulmans[15] augmentant au recensement de 1931 à 692 habitants, tous musulmans, dans 178 maisons[16] .
Dans les statistiques de Village de 1945, la population de Summeil est estimée à 950 musulmans[17] ,[4] .
Une mosquée construite sur les restes d‘un église croisée était entretenue par les habitants. Les maisons étaient en adobe. Une école primaire est ouverte en 1936, avec 88 élèves en 1945. Un puits "al-Khalil" et profond de 48 mètres fournissait l‘eau du village[2] .
Le village juif de Qedma est fondé en 1946 sur les terres du village[3] .
Guerre de 1948 et nettoyage ethnique
[modifier | modifier le code ]Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Summil est attribué à l’État arabe[18] .
Summil est occupé par la brigade Guivati lors de son offensive vers le sud lors des Dix Jours entre les deux trêves, entre le 8 et le 18 juillet 1948. Pendant cette offensive, l‘armée israélienne tente d‘occuper une large bande de terrain au sud de la route de Jérusalem à Ramla, déplaçant environ 20 000 habitants. Bien que les récits israéliens évoquent la fuite des habitants à l‘approche de leur armée, la Haganah parle de « plusieurs opérations de nettoyage », dont à Summil. Ses habitants ont fui vers l‘est vers la région d‘Hébron [2] . Summil tombe probablement entre le 9 et le 14 juillet[3] .
Le 19 juillet 1948, une patrouille israélienne affronte des Palestiniens infiltrés armés à Summil, en tuant un et en blessant un autre. La patrouille avertit que tout réfugié rencontré dans les zones sous leur contrôle serait abattu[19] . Le lendemain, le 20 juillet, l‘armée israélienne reçoit l‘ordre formel d‘empêcher toute « infiltration » à Summil, Barqusya, Bi ́lin, Al-Masmiya al-Saghira, al-Tina, Al-Khayma, Idnibba, Jilya, Qazaza, et Mughallis. Les ordres précis étaient de détruire « toute force armée » rencontrée et d‘« expulser les villageois désarmés »[20] .
Période israélienne
[modifier | modifier le code ]Après la guerre, le village est annexé par Israël.
Cinq villages israéliens sont installés sur les terres de Summil : Qedma, Segula, Menucha et Nachala, les trois derniers fondés en 1953, ainsi que Wardon, créé en 1968[3] .
Voici comment Walid Khalidi décrit ce qui subsiste du village en 1992 : « Les restes d‘un mur, peut-être construit autour du village, sont toujours visibles. La plus grande partie du site est recouverte de khubbayza (plante sauvage de la famille des malvacées consommée cuite dans la cuisine paysanne palestinienne) et d‘herbe. Il y a aussi des épine-du-Christ et des buissons denses de cactus ; la vieille route bordée de cactus est visible. Une cabane type bidonville abrite une famille arabe (dont les membres travaillent probablement dans les colonies israéliennes) s‘élève sur les terres, cultivées par les exploitants agricoles israéliens[21] ».
Andrew Petersen visite le site en 1994 et note : « Le château est grossièrement carré avec une tour centrale (donjon) entourée par un mur avec des tours d‘angles carrées. Le principal vestige est le mur nord, qui subsiste sur 30 mètres de long et huit mètres de haut, et 1,5 mètre d‘épaisseur. La partie inférieure forme un fruit ou glacis bien conservé[22] . »
Voir aussi
[modifier | modifier le code ]Bibliographie complémentaire
[modifier | modifier le code ]- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine , Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)
- ’Abd al-Mu'ti Al-Dirbashi, Summiel al-Khalil : Qaryati [Summiel d'Hébron : mon village], publié par Dar al-Yanabi' lil-Nashr wal-Tawzi' (livre du souvenir du village)
Articles connexes
[modifier | modifier le code ]Liens externes
[modifier | modifier le code ]Sur les autres projets Wikimedia :
- Summil, sur Wikimedia Commons
- Welcome to Summil
- Summil (Gaza), Zochrot
- Survey of Western Palestine, Map 20: IAA, Wikimedia commons
- Summil from the Khalil Sakakini Cultural Center
Notes
[modifier | modifier le code ]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Summil » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Palmer, 1881, p. 379
- ↑ a b c d e f et g Khalidi, 1992, p. 137.
- ↑ a b c d e f et g « Summil — صُمِّيل », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 5 avril 2026.
- ↑ a et b Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 46.
- ↑ Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Quoted in Hadawi, 1970, p. 88.
- ↑ Iliffe, 1934, p. 165–166.
- ↑ Pringle, 1997, p. 97.
- ↑ Hütteroth, Abdulfattah, 1977, p. 151. Cité par Khalidi, 1992, p. 137.
- ↑ Robinson and Smith, 1841, vol 2, p. 368, cité par Khalidi, 1992, p. 137.
- ↑ Guérin, 1869, p. 121-122
- ↑ Socin, 1879, p. 161.
- ↑ Hartmann, 1883, p. 133 compte 49 maisons.
- ↑ Conder, Kitchener, 1882, SWP II, p. 413.
- ↑ Conder, Kitchener, 1883, SWP III, p. 260.
- ↑ Barron, 1923, Table V, Sub-district of Gaza, p. 9.
- ↑ Mills, 1932, p. 6.
- ↑ Department of Statistics, 1945, p. 32.
- ↑ Sami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949.
- ↑ Morris, 2004, p. 443, et 459.
- ↑ Morris, 2004, p. 443, 459.
- ↑ Khalidi, 1992, p. 137-8
- ↑ Petersen, 2001, p. 289
Bibliographie
[modifier | modifier le code ]- Palestine: Report and General Abstracts of the Census of 1922, Government of Palestine, (lire en ligne)
- C.R. Conder et H.H. Kitchener, The Survey of Western Palestine: Memoirs of the Topography, Orography, Hydrography, and Archaeology (SWP), vol. 2, London, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- C.R. Conder et H.H. Kitchener, The Survey of Western Palestine: Memoirs of the Topography, Orography, Hydrography, and Archaeology (SWP), vol. 3, London, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- Department of Statistics, Village Statistics, April, 1945, Government of Palestine, (lire en ligne)
- V. Guérin, Description Géographique Historique et Archéologique de la Palestine, vol. 1: Judee, pt. 2, Paris, L'Imprimerie Nationale, (lire en ligne)
- S. Hadawi, Village Statistics of 1945: A Classification of Land and Area ownership in Palestine, Palestine Liberation Organization Research Center, (lire en ligne)
- M. Hartmann, « Die Ortschaftenliste des Liwa Jerusalem in dem türkischen Staatskalender für Syrien auf das Jahr 1288 der Flucht (1871) », Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins , vol. 6, , 102–149 (lire en ligne)
- W.-D. Hütteroth et K. Abdulfattah, Historical Geography of Palestine, Transjordan and Southern Syria in the Late 16th Century, Erlangen, Germany, Vorstand der Fränkischen Geographischen Gesellschaft, coll. « Erlanger Geographische Arbeiten, Sonderband 5 », (ISBN 3-920405-41-2, lire en ligne)
- J.H. Iliffe, « A bust of Pan », Quarterly of the Department of Antiquities in Palestine, vol. 3, , 165–166 (lire en ligne)
- W. Khalidi, All That Remains: The Palestinian Villages Occupied and Depopulated by Israel in 1948, Washington D.C., Institute for Palestine Studies, (ISBN 0-88728-224-5, lire en ligne) No online access to relevant pages.
- Census of Palestine 1931. Population of Villages, Towns and Administrative Areas, Jerusalem, Government of Palestine, (lire en ligne)
- B. Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne)
- E.H. Palmer, The Survey of Western Palestine: Arabic and English Name Lists Collected During the Survey by Lieutenants Conder and Kitchener, R. E. Transliterated and Explained by E.H. Palmer, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- Andrew Petersen, A Gazetteer of Buildings in Muslim Palestine (British Academy Monographs in Archaeology), vol. 1, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-727011-0, lire en ligne)
- D. Pringle, Secular buildings in the Crusader Kingdom of Jerusalem: an archaeological Gazetter, Cambridge University Press, (ISBN 0521-46010-7, lire en ligne) Summail and Bir Summail (209), p. 97. Describes the remains of the castle and the medieval masonry well (Bir Summail) south of it.
- E. Robinson et E. Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea: A Journal of Travels in the year 1838, vol. 2, Boston, Crocker & Brewster, (lire en ligne)
- E. Robinson et E. Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea: A Journal of Travels in the year 1838, vol. 3, Boston, Crocker & Brewster, (lire en ligne)
- Socin, A., « Alphabetisches Verzeichniss von Ortschaften des Paschalik Jerusalem », Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins , vol. 2, , 135–163 (lire en ligne)