Sabbarin
| Nom local |
(ar) صَبَّارينVoir et modifier les données sur Wikidata |
|---|
| Pays | |
|---|---|
| Sous-district | |
| Superficie | |
| Altitude | |
| Coordonnées |
| Population |
1 700 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata |
|---|---|
| Densité |
67,2 hab./km2 () |
| Événements clés |
Migration forcée (), Nakba, offensive militaire (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata |
|---|
modifier - modifier le code - modifier Wikidata Documentation du modèle
Sabbarin ou Sabarin صبارين ("terrain accidenté" en arabe[3] ) est un village arabe palestinien situé à 28 kilomètres au sud d'Haïfa. Comme des centaines d'autres villages arabes, il a subi un nettoyage ethnique de la part d'Israël, sa population étant expulsée et le village détruit lors de la guerre israélo-arabe de 1948, une partie de la Nakba.
Géographie
[modifier | modifier le code ]Sabbarin était situé à 28 kilomètres au sud d'Haïfa, à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer [4] . Il est construit sur les berges du Wadi al-Tin. Des routes secondaires reliaient Sabbarin à deux routes principales, la route côtière et la route Haïfa-Jénine[4] .
La superficie du village était de 25 307dounams (25 km2)[2] , dont 19 840 appartenant à des Arabes, 4209 à des Juifs et 1258 dounams de terres publiques [4] . Sur ce total, 12 773 dounams consacrés aux céréales ; 45 dounams classés comme terres irrigables ou vergers[5] ,[6] . De multiples sources et wadis alimentaient le village en eau [4] .
Histoire
[modifier | modifier le code ]L'aqueduc alimentant Caesarea Maritima était alimenté par les sources du village, qui existait déjà dans l'Antiquité[4] .
Les Croisés appelaient le village Sab(b)arim[4] .
Fin de l'empire ottoman
[modifier | modifier le code ]En 1859, Sabbarin avait une population d'environ 600 habitants, qui cultivaient 55 feddans (1 feddan =10-25 hectares)[7] .
Victor Guérin visite le village en 1870, et note que le sésame était cultivé, signale un puits bien construit, appelé Bir Sabbarin. La population du village est estimée à 1000 habitants, les maisons étaient construites en pierres ou en adobe [8] .
En 1882, une enquête du Palestine Exploration Fund décrit Sabbarin comme un grand village, situé sur une pente. Elle affirme que le puits est le départ de l'aqueduc alimentant Caesarea Maritima[9] . Le puits est décrit : de forme ovale, de cinq mètres de diamètre et de cinq mètres de profondeur[10] .
Une liste de population de 1887 recense 1160 habitants à Sabbarin, tous musulmans[11] .
Période du mandat britannique
[modifier | modifier le code ]En 1917-1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Sabbarin est conquise en 1918 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Au recensement de 1922 conduit par les autorités britanniques, Sabbarin a une population de 845 habitants dont 833 musulmans et 12 chrétiens[12] , tous catholiques romains [13] . Au recensement de 1931, la population augmente à 1108 habitants, musulmans sauf 18 chrétiens, dans 256 houses[14] .
Dans les statistiques de Village de 1945, la population du village est estimée à 1700 habitants, dont 1670 musulmans et 30 chrétiens[1] . Le village possédait une école primaire pour garçons[4] .
Guerre de 1948 et nettoyage ethnique
[modifier | modifier le code ]Lors de la préparation du plan Daleth par l'exécutif sioniste, plan de nettoyage ethnique des Arabes de Palestine, des dossiers sont constitués sur chaque village arabe pour en préparer l'expulsion. La carte topographique de Sabbarin est une des premières à avoir été dressée[15] .
Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Sabbarin est attribué à l’État juif[16] .
Les milices sionistes s'emparent de Sabbarin le , au cours de l'opération Nettoyage côtier. Le village était défendu par une milice d'autodéfense, éventuellement épaulée par l'Armée de libération arabe. Selon Benny Morris, une résistance est opposée à l'Irgoun (IZL), mais la plupart des habitants prennent la fuite quand une vingtaine d'entre eux eurent été tués. Un véhicule blindé de l'Irgoun tira sur les villageois en fuite[17] , faisant 20 morts[18] . Une partie des habitants restés sur place (femmes, enfants et vieillards) sont poussés dans une maison que les hommes de l'Irgoun font s'écrouler sur eux à l'explosif[18] . Plus d'une centaine de personnes restées sur place, dont des femmes, des enfants et des vieillards, sont détenues plusieurs jours derrière une clôture de barbelés, avant d'être expulsés vers Umm al-Fahm, alors tenue par les Arabes[17] . Cet emprisonnement est selon Ilan Pappé une punition pour la résistance que le village a opposé à son expulsion[19] . Les habitants de Sabbarin qui avaient pris la fuite ont fini dans des camps de réfugiés près de Jénine [20] .
Avant cela, au bout de quelques jours, certains habitants tentent de revenir clandestinement pour récupérer des objets ou faire les récoltes. L’un d’entre eux, Mustafa Abou Awad, a vu les corps de 13 habitants laissés à l’abandon[21] .
Les forces de défense israéliennes (FDI) profitent de la première trêve dans la guerre israélo-arabe (en juin) pour détruire les villages arabes qu'ils avaient conquis ; Sabbarin est détruit à cette période, en moins d'un jour[22] .
Période israélienne
[modifier | modifier le code ]La région fait partie d'Israël depuis 1948. Le kibboutz Ramot Menashe est fondé au nord-est du site du village dès 1948, et le moshav Amikam (en) est créé à un kilomètre au sud en 1950[5] .
Khalidi décrit ainsi !les restes du village en 1992 « Le vaste site, parsemé de débris des maisons, est recouvert d'épineux. De place en place, se trouvent des cactus, des pins, des figuiers, des oliviers et des muriers. Une partie des terres aux alentours sont utilisées par les Israéliens comme pâturages ou pour la culture d'arbres fruitiers »[5] .
Sabbarin fait partie des villages palestiniens où sont organisées les Marches du retour, comme celles organisées par l'Association for the Defence of the Rights of the Internally Displaced (en anglais : association pour la défense des droits des déplacés internes)[23] .
Familles de Sabbarin
[modifier | modifier le code ]D'après Palestine remembered[20] :
- Hamidi (Arabic: حميدي)
- Al-Abhari (Arabic: العبهري )
- Al-Abdallah (Arabic: ال عبدالله )
- Al-Hajj Mahmud (Arabic: الحج محمود )
- Al-De'emeh (Arabic: الدعمة )
- Abu Libdi (Arabic: ابو لبده )
- Ghnima (Arabic: غنيمه )
- Hatab (Arabic: حطاب )
- Al-Samada'a (Arabic: الصمادعة )
- Abu Diab (Arabic: ابو ذياب)
- Al Mallah (Arabic: الملاح)
- Al-Hmedih
- Al-Masri (Arabic: المصري)
- Abu Kabir
- Abu Sammen (Arabic: أبو سمن )
- Faraj (Arabic: فرج )
-
Homme de Sabbarin en 1940.
-
Homme de Sabbarin en 1940.
-
Femmes et enfants de Sabbarin en 1940.
-
Femme de Sabbarin en 1940.
Notes
[modifier | modifier le code ]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sabbarin » (voir la liste des auteurs).
- ↑ a et b Department of Statistics, 1945, p. 14.
- ↑ a et b Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. cité par Hadawi, 1970, p. 49.
- ↑ Palmer, 1881, p. 153.
- ↑ a b c d e f et g Sabbarin — صَبّارين, Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 29 août 2025.
- ↑ a b et c Khalidi, 1992, p. 187.
- ↑ Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945., cité par Hadawi, 1970, p. 92.
- ↑ Conder, Kitchener, 1882, SWP II, p. 43.
- ↑ Guérin, 1875, p. 304.
- ↑ Conder, Kitchener, 1882, SWP II, p. 43. Cité par Khalidi, 1992, p. 187.
- ↑ Conder, Kitchener, 1882, SWP II, p. 68.
- ↑ Schumacher, 1888, p. 178.
- ↑ Barron, 1923, Table XI, Sub-district of Haifa, p. 34.
- ↑ Barron, 1923, Table XVI, p. 49.
- ↑ Mills, 1932, p. 95.
- ↑ Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3), p. 47.
- ↑ Sami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949.
- ↑ a et b Morris 2004, "At Sabbarin, where the IZL met resistance, the villagers fled after 20 died in the fire-fight; an IZL armoured car fired at the fleeing villagers. More than one hundred old people, women and children, who had stayed, were held for a few days behind barbed wire, and then expelled to Umm al Fahm, in Arab-held territory to the southeast."
- ↑ a et b Saleh Abdel Jawad, 2007, Zionist Massacres: the Creation of the Palestinian Refugee Problem in the 1948 War. "12-14 May 1948: Sabbarin: Indiscriminate killings occur. A section of the IZL attack four villages (see Khubbeiza above). Civilians who flee are massacred after a short battle. About 20 people die. Over 100 people remain. All or a part of the elderly, women and children are forced into a house, which is blown up by troops."
- ↑ Pappé, op. cit., p. 147.
- ↑ a et b , Welcome To Sabbarin - صبارين (צבארין), Palestineremembered.com.
- ↑ Fareed Taamallah, « The abandoned harvests of 1948: Palestinian farmers remember the Nakba », Middle East Eye, 14 mai 2020.
- ↑ Pappé, op. cit., p. 195.
- ↑ (en) Maher Charif, « Meanings of the Nakba », sur Interactive Encyclopedia of the Palestine Question – palquest (consulté le )
Bibliographie
[modifier | modifier le code ]- Barron, J.B., Palestine: Report and General Abstracts of the Census of 1922, Government of Palestine, (lire en ligne)
- C.R. Conder et H.H. Kitchener, The Survey of Western Palestine: Memoirs of the Topography, Orography, Hydrography, and Archaeology, vol. 2, London, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- Department of Statistics, Village Statistics, April, 1945, Government of Palestine, (lire en ligne)
- V. Guérin, Description Géographique Historique et Archéologique de la Palestine, vol. 2: Samarie, pt. 2, Paris, L'Imprimerie Nationale, (lire en ligne)
- S. Hadawi, Village Statistics of 1945: A Classification of Land and Area ownership in Palestine, Palestine Liberation Organization Research Center, (lire en ligne)
- W. Khalidi, All That Remains: The Palestinian Villages Occupied and Depopulated by Israel in 1948, Washington D.C., Institute for Palestine Studies, (ISBN 0-88728-224-5, lire en ligne)
- Mills, E., Census of Palestine 1931. Population of Villages, Towns and Administrative Areas, Jerusalem, Government of Palestine, (lire en ligne)
- B. Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne)
- E.H. Palmer, The Survey of Western Palestine: Arabic and English Name Lists Collected During the Survey by Lieutenants Conder and Kitchener, R. E. Transliterated and Explained by E.H. Palmer, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- G. Schumacher, « Population list of the Liwa of Akka », Quarterly Statement - Palestine Exploration Fund, vol. 20, , 169–191 (lire en ligne)
Voir aussi
[modifier | modifier le code ]Bibliographie complémentaire
[modifier | modifier le code ]- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, commenté par Dominique Vidal, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)
Articles connexes
[modifier | modifier le code ]Liens externes
[modifier | modifier le code ]- Welcome To Sabbarin
- Sabbarin, Zochrot
- Survey of Western Palestine, Map 8: IAA, Wikimedia commons
- Sabbarin, at Khalil Sakakini Cultural Center
- Mey Kedem, site archéologique du moshav Amikam avec un tunnel romain commençant à la source d'Ein Tzabarin