Les sites de financement participatif utilisent deux autres approches:
- la charité (donner sans contrepartie), ce qui me semble une bêtise monumentale de la part des donateurs pour des projets qui ont un potentiel commercial
J'ai donné 50ドル sur kickstarter à SMBC pour qu'ils puissent faire leur épisode de 30 minutes. J'étais dans la catégorie « je veux juste filer un coup de pouce, je demande rien en retour. » J'ai bêtement estimé qu'ayant lu toutes les BD et vu une bonne partie de leurs vidéos, je pouvais bien les aider à financer un projet qui leur tenait à cœur. Bref, j'ai donné en retour. Je ne pense pas que ce soit une bêtise.
acheter sans garantie de livraison un produit/service (le reward), ce qui est une prise de risque qui ne se justifie que par un fort taux de réduction supposé
J'ai investi (toujours sur kickstarter) dans quelques projets (notamment Parallela et Cartes Infernales). À partir du moment où j'ai mis des sous dans ces projets (et même le précédent d'ailleurs), je me suis dit que
C'est de l'argent que je ne reverrai plus : je ne dois pas voir besoin de celui-ci pour vivre.
Le projet, même financé, peut capoter (par exemple, même si apparemment ça va mieux, les gens de Parallela ont eu des soucis car l'un de leurs ingénieurs s'était barré, et donc ça a retardé leur boulot).
Dans le cas de Cartes Infernales, le projet était limité à la production en fonction des gens qui finançaient. Et oui, j'ai laissé tous ses droits à la dame qui a tout fait : c'est elle qui a fait tout le boulot, alors que moi je n'ai fait que filer des sous pour lui permettre de tenter l'aventure. Elle a récemment trouvé un éditeur, qui lui a demandé de changer un peu la présentation, de changer le titre, etc. Ça fait qu'au final mes « cartes infernales » sont collector : il n'y a qu'une édition, celle du kickstarter. Ça me convient.
Si j'avais mis des milliers de dollars dans le projet, alors j'aurais attendu une « récompense » à la hauteur : un pourcentage, ou bien une garantie d'avoir des trucs nouveaux régulièrement, etc. Mais j'ai mis 80ドル pour payer quelqu'un pour
Restaurer le Dictionnaire infernal et ses illustrations (travail « purement » perso, avec une personne armée de Photoshop je suppose)
Mettre chacune des illustrations sur une carte de tarot (nécessite de parler avec des éditeurs, plus de photoshopping, créer un certain design pour les cartes elles-mêmes, etc.)
Acheter des cahiers, récolter les vœux des backers pour que l'imprimeur sache combien d'illustrations de chaque type doivent être mises sur la couverture desdits cahiers
Assurer l'acheminement des biens à bon port
Oui, elle va potentiellement faire du blé à partir de ce qu'elle a créé avec ce projet. Ça ne me dérange pas — j'ai eu un service personnalisé (elle est réactive, elle a fait des « goodies » qui donc sont collectors, etc.), bref j'ai pas à me plaindre.
Idem avec Daniel Mustard (ancien clochard avec une voix d'or) : goodies personnalisés (disques signés, photo dédicacée, etc.). Bien entendu, il y a une part de « charité » dans le sens où ces personnes s'en remettent à des inconnues pour les financer, mais contrairement au type « file-moi des sous je suis malheureux, cul de jatte, divorcé, et mon chien me pisse dessus », là le mec produit quelque chose en retour, bref qui n'a pas l'impression de parasiter ceux à qui il prend de l'argent1.
Dans le cas de Parallella, on pourrait se dire que merde, là ils cherchent à produire des processeurs, que c'est plus trop de l'artisanat, etc. Ce serait en partie vrai. Mais ils proposent de mettre toute la toolchain en libre (normal, une bonne partie était déjà libre de toute manière), les fichiers de spec du processeur Epiphany eux aussi sont dispo, etc. Bref, en investissant dans le projet, certes je leur donne des sous et je n'ai aucun retour (si ce n'est les 2 boards pour lesquelless j'ai payé), mais en fait si : ils distribuent aussi tout le soft et une partie du hard (en termes de specs). J'estime que le retour sur investissement vaut mes 200$.
[1] Ça explique aussi pourquoi plein de gens sont mécontents de voir les gros poissons se servir de kickstarter : même si techniquement rien ne l'empêche, ils trouvent que c'est détourner l'esprit de l'initiative. J'ai pas d'opinion à ce sujet.
[^] # Re: Problème de capacité des gens
Posté par lasher . En réponse au journal Haro sur le financement participatif. Évalué à 2.
J'ai donné 50ドル sur kickstarter à SMBC pour qu'ils puissent faire leur épisode de 30 minutes. J'étais dans la catégorie « je veux juste filer un coup de pouce, je demande rien en retour. » J'ai bêtement estimé qu'ayant lu toutes les BD et vu une bonne partie de leurs vidéos, je pouvais bien les aider à financer un projet qui leur tenait à cœur. Bref, j'ai donné en retour. Je ne pense pas que ce soit une bêtise.
J'ai investi (toujours sur kickstarter) dans quelques projets (notamment Parallela et Cartes Infernales). À partir du moment où j'ai mis des sous dans ces projets (et même le précédent d'ailleurs), je me suis dit que
Dans le cas de Cartes Infernales, le projet était limité à la production en fonction des gens qui finançaient. Et oui, j'ai laissé tous ses droits à la dame qui a tout fait : c'est elle qui a fait tout le boulot, alors que moi je n'ai fait que filer des sous pour lui permettre de tenter l'aventure. Elle a récemment trouvé un éditeur, qui lui a demandé de changer un peu la présentation, de changer le titre, etc. Ça fait qu'au final mes « cartes infernales » sont collector : il n'y a qu'une édition, celle du kickstarter. Ça me convient.
Si j'avais mis des milliers de dollars dans le projet, alors j'aurais attendu une « récompense » à la hauteur : un pourcentage, ou bien une garantie d'avoir des trucs nouveaux régulièrement, etc. Mais j'ai mis 80ドル pour payer quelqu'un pour
Oui, elle va potentiellement faire du blé à partir de ce qu'elle a créé avec ce projet. Ça ne me dérange pas — j'ai eu un service personnalisé (elle est réactive, elle a fait des « goodies » qui donc sont collectors, etc.), bref j'ai pas à me plaindre.
Idem avec Daniel Mustard (ancien clochard avec une voix d'or) : goodies personnalisés (disques signés, photo dédicacée, etc.). Bien entendu, il y a une part de « charité » dans le sens où ces personnes s'en remettent à des inconnues pour les financer, mais contrairement au type « file-moi des sous je suis malheureux, cul de jatte, divorcé, et mon chien me pisse dessus », là le mec produit quelque chose en retour, bref qui n'a pas l'impression de parasiter ceux à qui il prend de l'argent1.
Dans le cas de Parallella, on pourrait se dire que merde, là ils cherchent à produire des processeurs, que c'est plus trop de l'artisanat, etc. Ce serait en partie vrai. Mais ils proposent de mettre toute la toolchain en libre (normal, une bonne partie était déjà libre de toute manière), les fichiers de spec du processeur Epiphany eux aussi sont dispo, etc. Bref, en investissant dans le projet, certes je leur donne des sous et je n'ai aucun retour (si ce n'est les 2 boards pour lesquelless j'ai payé), mais en fait si : ils distribuent aussi tout le soft et une partie du hard (en termes de specs). J'estime que le retour sur investissement vaut mes 200$.
[1] Ça explique aussi pourquoi plein de gens sont mécontents de voir les gros poissons se servir de kickstarter : même si techniquement rien ne l'empêche, ils trouvent que c'est détourner l'esprit de l'initiative. J'ai pas d'opinion à ce sujet.