• [^] # Re: Les limites de la traduction

    Posté par . En réponse au journal Happy Bastille Day !. Évalué à 4.

    Je pense que tu fais la même erreur que mes collègues qui me disent que le rôle des journalistes, c'est d'être neutre. Un journaliste choisit l'information qu'il va faire passer, ça n'est en aucun cas neutre. Dès qu'il y a filtrage, il n'y a plus de neutralité (cf. Internet et les discussions récurrentes). Un journaliste ne peut pas être neutre, il ne peut qu'être honnête (et ne pas cacher des infos).

    La langue, c'est pareil. Ça n'est pas neutre, parce qu'il y a un historique pluri-centenaire. Certaines langues ont un vocabulaire scientifique plus développé, certaines un vocabulaire émotionnel plus important... Parce que les cultures sont différentes. Entre un italien qui parle avec les mains et un norvégien qui ne s'approche pas à moins d'un mètre (je force le trait là, hein), les sentiments, et donc les mots qui font passer ces sentiments, ne sont pas les mêmes.

    Il est très dur d'avoir une maîtrise quasi-parfaite de l'anglais quand ça n'est pas sa langue natale. Les seules personnes qui y arrivent sont les traducteurs, mais c'est parce qu'ils y ont consacré leur vie. Il y a une énorme différence entre pouvoir tenir une conversation courante en Anglais et rédiger un article de loi.