La démocratie athénienne était réservée à une seule classe sociale, donc égalisée. La démocratie authentique est alors possible (J.-J. Rousseau).
Le problème contre la démocratie athénienne n’est absolument pas un problème de taille. Il suffit de réunir les assemblées en plusieurs fois et en plusieurs lieux. J.-J. Rousseau décrit bien cela pour les républiques romaines. Au lieu de réunir une fois 40 millions, vous réunissez 40 000 fois (en des lieux et temps différents) des assemblées de 1 000 personnes. Cela n’a rien d’irréalisable : pour information, nous avons 36 000 communes, et nous pouvons étaler une session de débat sur deux ou trois semaines : à chaque week-end une assemblée différente est convoquée, de sorte que tout citoyen a été convoqué une fois.
Le problème qui va apparaître est l’inégalité entre les citoyens. De cette inégalité résultera des intérêts totalement contradictoires et le développement d’une intolérance forte. Cela se terminera en luttes passionnelles d’égo. Reproduire dans tous les coins de la France les mêmes problèmes qu’à Paris, merci mais très peu pour moi (ceci dit, les pseudo-luttes d’égo de la représentative ne sont que des effets annexes du système de contre-pouvoir ; c’est parce qu’il y a des pouvoirs et contre-pouvoirs qu’il y a des luttes entre personnes, et c’est parce qu’il y a des luttes entre personnes que le système de contre-pouvoir fonctionne).
De plus, lors de ces assemblées, celui qui a le capital intellectuel et le charisme nécessaire s’en sortira mieux que d’autres. C’est bien ce qui est au cœur de la démocratie : l’égalité. Du moment qu’un citoyen possède une capacité d’analyse, argumentative, des moyens, supérieurs à ceux d’un autre, alors la démocratie ne sera que formelle (le vote), mais pas établie de fait (l’expression libre et consciente de chaque citoyen).
Bref, il y a à considérer tout un ensemble de faits culturels pour établir qu’une société est démocratique ou non. Nous en sommes très loin.
[^] # Re: Ah misère...
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Avis aux abstentionnistes. Évalué à 3. Dernière modification le 23 novembre 2012 à 17:33.
La démocratie athénienne était réservée à une seule classe sociale, donc égalisée. La démocratie authentique est alors possible (J.-J. Rousseau).
Le problème contre la démocratie athénienne n’est absolument pas un problème de taille. Il suffit de réunir les assemblées en plusieurs fois et en plusieurs lieux. J.-J. Rousseau décrit bien cela pour les républiques romaines. Au lieu de réunir une fois 40 millions, vous réunissez 40 000 fois (en des lieux et temps différents) des assemblées de 1 000 personnes. Cela n’a rien d’irréalisable : pour information, nous avons 36 000 communes, et nous pouvons étaler une session de débat sur deux ou trois semaines : à chaque week-end une assemblée différente est convoquée, de sorte que tout citoyen a été convoqué une fois.
Le problème qui va apparaître est l’inégalité entre les citoyens. De cette inégalité résultera des intérêts totalement contradictoires et le développement d’une intolérance forte. Cela se terminera en luttes passionnelles d’égo. Reproduire dans tous les coins de la France les mêmes problèmes qu’à Paris, merci mais très peu pour moi (ceci dit, les pseudo-luttes d’égo de la représentative ne sont que des effets annexes du système de contre-pouvoir ; c’est parce qu’il y a des pouvoirs et contre-pouvoirs qu’il y a des luttes entre personnes, et c’est parce qu’il y a des luttes entre personnes que le système de contre-pouvoir fonctionne).
De plus, lors de ces assemblées, celui qui a le capital intellectuel et le charisme nécessaire s’en sortira mieux que d’autres. C’est bien ce qui est au cœur de la démocratie : l’égalité. Du moment qu’un citoyen possède une capacité d’analyse, argumentative, des moyens, supérieurs à ceux d’un autre, alors la démocratie ne sera que formelle (le vote), mais pas établie de fait (l’expression libre et consciente de chaque citoyen).
Bref, il y a à considérer tout un ensemble de faits culturels pour établir qu’une société est démocratique ou non. Nous en sommes très loin.