En tant que facteur et militant syndical, je peux te répondre que faire sortir des facteurs en grève c’est vraiment la croix et la bannière. Déjà, pour une bête raison mathématique : un jour de grève, c’est deux jours de boulot le lendemain, et ainsi de suite. Il y a d’autres raisons et il faut vraiment que l’affaire soit grave pour que le facteur se mette en grève.
Pour ce qui est de la qualité du service, le facteur travaille en son âme et conscience et je vois de tout. Un facteur est rarement sanctionné tant qu’il n’est pas allé jusqu’à voler. Parce qu’en général il est teigneux. Mais aussi parce qu’aujourd’hui la Poste préfère le travail vite fait au travail bien fait.
Et la qualité de service dépend beaucoup des conditions de travail. Dans mon bureau, je suis rouleur, je remplace les facteurs en congés ou malades, après deux jours de doublure pour apprendre la tournée. Dans une ville voisine, il n’y a pas de doublure. Les facteurs partent avec un plan de la ville et il n’est pas rare qu’à 18 h — pour une embauche entre 6 et 7 h — certains soient obligés de laisser tomber sans avoir fait la moitié du travail.
Une constante : le facteur est payé sur une estimation du temps de travail et non sur son temps de travail réel. Ces derniers temps, il y a eu quelques visites de l’Inspection du travail dans les centres de distribution. La Poste a découvert avec effarement que ce mode de rémunération est totalement illégal pour les salariés devenus majoritaires. Mais ne s’est pas décidée pour autant à équiper de pointeuses.
Elle continue de baser ses calculs sur des estimations de trafic, qui l’arrangent évidemment. Et ça devient de plus en plus difficile de faire son travail correctement en respectant les temps impartis théoriques. Personnellement, je préfère déborder des horaires. Mais le débord peut être très important, et ça peut être sous la pluie, la neige, voire la tempête. Alors, je comprends ceux de mes collègues qui choisissent d’autres solutions pour ne pas se ruiner la santé.
Mais il en est aussi qui continuent de privilégier la qualité de service, on trouve de tout à la Poste comme à la Samaritaine.
[^] # Re: Des boulets de toute façon (salariés comme responsables)
Posté par eqfm . En réponse au journal La poste by Colissimo. Évalué à 10.
En tant que facteur et militant syndical, je peux te répondre que faire sortir des facteurs en grève c’est vraiment la croix et la bannière. Déjà, pour une bête raison mathématique : un jour de grève, c’est deux jours de boulot le lendemain, et ainsi de suite. Il y a d’autres raisons et il faut vraiment que l’affaire soit grave pour que le facteur se mette en grève.
Pour ce qui est de la qualité du service, le facteur travaille en son âme et conscience et je vois de tout. Un facteur est rarement sanctionné tant qu’il n’est pas allé jusqu’à voler. Parce qu’en général il est teigneux. Mais aussi parce qu’aujourd’hui la Poste préfère le travail vite fait au travail bien fait.
Et la qualité de service dépend beaucoup des conditions de travail. Dans mon bureau, je suis rouleur, je remplace les facteurs en congés ou malades, après deux jours de doublure pour apprendre la tournée. Dans une ville voisine, il n’y a pas de doublure. Les facteurs partent avec un plan de la ville et il n’est pas rare qu’à 18 h — pour une embauche entre 6 et 7 h — certains soient obligés de laisser tomber sans avoir fait la moitié du travail.
Une constante : le facteur est payé sur une estimation du temps de travail et non sur son temps de travail réel. Ces derniers temps, il y a eu quelques visites de l’Inspection du travail dans les centres de distribution. La Poste a découvert avec effarement que ce mode de rémunération est totalement illégal pour les salariés devenus majoritaires. Mais ne s’est pas décidée pour autant à équiper de pointeuses.
Elle continue de baser ses calculs sur des estimations de trafic, qui l’arrangent évidemment. Et ça devient de plus en plus difficile de faire son travail correctement en respectant les temps impartis théoriques. Personnellement, je préfère déborder des horaires. Mais le débord peut être très important, et ça peut être sous la pluie, la neige, voire la tempête. Alors, je comprends ceux de mes collègues qui choisissent d’autres solutions pour ne pas se ruiner la santé.
Mais il en est aussi qui continuent de privilégier la qualité de service, on trouve de tout à la Poste comme à la Samaritaine.