• # Les subtilités...

    Posté par . En réponse au journal Justice est faite. Évalué à -3.

    La justice, qui n’a pas rêvé de s’en émanciper un jour, à tous les échelons de la société ?
    Et la tentation a tout l’air de s’accroître à mesure qu’on approche des hauteurs où s’entrecroisent les échelons officiellement et officieusement supérieurs.
    Pour mémoire, un traité constitutionnel européen nous avait été soumis à référendum en 2005.
    Premières pages du document, pour ceux qui l’auraient conservé :
    1. Toute personne a droit à la vie.
    2. Nul ne peut être condamné à la mort, ni exécuté.
    Page 170, après maints paragraphes de technicité imbuvable ayant semé en route la majorité des lecteurs :
    1. Toute personne a droit à la vie.
    2. Nul ne peut être condamné à la mort, ni exécuté.
    3. La mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire :
    a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ;
    b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue ;
    c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.
    Ça aurait pu être dit autrement et plus simplement. Mais ça n’aurait pas eu le même goût, et surtout ça n’aurait pas prêté à infinité d’interprétations contradictoires. Ça n’aurait pas laissé autant de portes ouvertes... Les rompus à se casser la tête à chaque mot du texte sur les intentions du législateur — leur affichage devrait d’ailleurs être obligatoire en préambule de chaque texte de loi — trouveront ou non bizarre ce retour tardif et à la sauvette sur une disposition aussi importante. Pour ma part, je l’imagine tout sauf innocent.
    Ceci dit, Ben Laden est mort. Est-ce que les justiciers rapides pousseront le sens de la justice jusqu’à débusquer et abattre George Bush ? Parce que franchement, toutes ses salades pour nous faire accepter le massacre des Irakiens...
    Et Jean-Paul II, de combien de morts du SIDA a-t-il payé sa béatification ?
    Les essais et les mensonges nucléaires, De Gaulle et successeurs, combien de victimes ?
    Je me réponds à moi-même. Oui, il y a des gens qui n’ont jamais rêvé s’émanciper de la justice, ou bien qui y ont sagement renoncé.
    Mais ceux-là n’atteindront jamais les hautes marches du pouvoir.