Oui il y a des passages intéressants comme
Le plus grand obstacle est-il financier, technique ?
Juridique ! Car la législation du copyright pose d'énormes problèmes. Nous pouvons numériser tous les documents publiés avant 1923, date à laquelle intervient le droit d'auteur. Pour les ouvrages publiés entre 1923 et 1964, les nombreuses fluctuations de la loi ont abouti à un grand flou du droit d'auteur et à une prolifération d'œuvres dites "orphelines", sans ayants droit connus. Il faudrait donc que le Congrès vote une loi qui nous préserve des litiges sur ces livres épuisés auxquels on donnerait une nouvelle vie.
Quant aux autres, parus entre 1964 et 2010, à l'exclusion de ceux encore en vente dans les circuits commerciaux, il me semble que leurs auteurs auraient tout intérêt à les mettre gratuitement à la disposition du public plutôt que de les laisser croupir sur des rayonnages. On pourra imaginer un fonds d'indemnisation, mais je pense que la plupart verront leur intérêt à être lus sur le Net.
C'est toujours bon que dans un journal comme Le Monde on lise que la législation du copyright est LE problème. :)
A vrai dire j'ai un peu de mal à lire l'article qui est truffé d'idéologie pure L'idéal des Lumières était la démocratisation du savoir [...] Internet change la donne et peut permettre de créer une véritable République des Lettres à la portée de tous. A la portée d'un clic. La République numérique du savoir !
Avec cette fausse idée que l'ignorance seule est cause de tous les maux, et que le savoir suffirait au salut et à l'ordre, au bonheur, à la liberté in fine. Le bien le mal deviennent l'ignorance/le savoir, ce qui est très restrictif. Il reconnait tout de même que c'était une utopie en 1789, mais n'arrive pas à concevoir que le vers est peut-être dans le fruit : il reporte l'échec des lumières sur l'analphabétisme, c'est à dire qu'il explique l'échec de son idéologie par le fait que son idéologie n'aie pas pu réussir. Puisque l'idée repose sur elle-même, nous ne sommes plus dans l'ordre de la raison mais dans l'ordre de la foi (et cette foi est difficile à embrasser car sa révélation est incertaine).
Comme je ne partage pas sa foi et qu'une bonne partie de son discours est basé sur cette foi que je ne partage pas, quand il tire des conclusions justes je ne suis pas d'accord avec le raisonnement. Si quelqu'un ne partageant pas son idéologie des lumières est d'accord avec certaines de ses conclusions, c'est qu'il les avait déjà tirées. Alors oui c'est sûr c'est toujours ça de pris d'être d'accord !
Quand il dit
il me semble que leurs auteurs auraient tout intérêt à les mettre gratuitement à la disposition du public [...] je pense que la plupart verront leur intérêt à être lus sur le Net.
En lisant le reste on se rend compte qu'en effet cette mise à disposition gratuite de la part de l'auteur vise d'abord le bien de l'intermédiaire, ensuite de l'auteur et seulement quand l'auteur ne peux plus rien gagner. Quant au lecteur, il n'aura que le bien de payer l'intermédiaire pour un bouquin qui n'a rien couté et qui s'autodétruit.
Le lecteur de DLFP peut facilement se retrouver dans son discours :
* Ils pensent tout deux que la loi sur le droit d'auteur est un problème.
* Ils rêvent tout deux du numérique et de la diffusion du savoir.
C'est ici que s'arrêtent les points commun, l'idée du bien commun n'est pas forcément la même.
En l'occurrence, j'ai beaucoup de mal avec cette idéologie des lumières qui réduit le progrès à la seule progression de la connaissance et du savoir. L'ignorance est cause de servilité, oui, et le savoir est une nécessité de la liberté, mais le savoir n'est pas suffisant. Le savoir est nécessaire mais non suffisant à la liberté.
Ce qui libère l'homme ce n'est pas le savoir seul, c'est le savoir vrai.
Celui qui contrôle le savoir contrôle la vérité. Il faut être très prudent dans l'établissement d'intermédiaires entre le savoir et l'homme, car ces intermédiaires sont aussi ceux de la vérité.
Les lumières se sont levées contre l'Eglise qui disait détenir la Vérité, mais pour ne pas être accusé de remplacer la vérité de l'une par la leur, et se retrouver dans la position de l'Eglise, ils ont juste noyé la vérité dans le savoir. Ce n'est plus l'Eglise qui enseigne la vérité, ce sont les lumières qui enseignent le savoir (et donc la vérité). On a juste changé de ministres, d'intermédiaire entre la vérité et l'homme. Le monsieur soutient justement cette position d'intermédiaire entre l'homme et le savoir (donc de la vérité), et s'en vante ouvertement en se réclamant des lumières. Je ne suis pas sûr que la révolution qu'il annonce soit si bénéfique que cela.
La révolution des lumières fut le transfert du pouvoir des nobles vers la bourgeoisie. Si l'imprimerie a déplacé le contrôle du savoir de la noblesse à la bourgeoisie, la numérisation peut être cette nouvelle imprimerie qui déplace le contrôle du savoir de la vieille bourgeoisie devenue nouvelle noblesse, vers cette nouvelle bourgeoisie dont le monsieur se réclame, ces nouvelles lumières.
Ce, toujours au détriment du peuple, mais toujours avec son appui car ébloui.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Là...
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Une bibliothèque numérique nationale aux Etats-Unis. Évalué à 6.
Le plus grand obstacle est-il financier, technique ?
Juridique ! Car la législation du copyright pose d'énormes problèmes. Nous pouvons numériser tous les documents publiés avant 1923, date à laquelle intervient le droit d'auteur. Pour les ouvrages publiés entre 1923 et 1964, les nombreuses fluctuations de la loi ont abouti à un grand flou du droit d'auteur et à une prolifération d'œuvres dites "orphelines", sans ayants droit connus. Il faudrait donc que le Congrès vote une loi qui nous préserve des litiges sur ces livres épuisés auxquels on donnerait une nouvelle vie.
Quant aux autres, parus entre 1964 et 2010, à l'exclusion de ceux encore en vente dans les circuits commerciaux, il me semble que leurs auteurs auraient tout intérêt à les mettre gratuitement à la disposition du public plutôt que de les laisser croupir sur des rayonnages. On pourra imaginer un fonds d'indemnisation, mais je pense que la plupart verront leur intérêt à être lus sur le Net.
C'est toujours bon que dans un journal comme Le Monde on lise que la législation du copyright est LE problème. :)
A vrai dire j'ai un peu de mal à lire l'article qui est truffé d'idéologie pure L'idéal des Lumières était la démocratisation du savoir [...] Internet change la donne et peut permettre de créer une véritable République des Lettres à la portée de tous. A la portée d'un clic. La République numérique du savoir !
Avec cette fausse idée que l'ignorance seule est cause de tous les maux, et que le savoir suffirait au salut et à l'ordre, au bonheur, à la liberté in fine. Le bien le mal deviennent l'ignorance/le savoir, ce qui est très restrictif. Il reconnait tout de même que c'était une utopie en 1789, mais n'arrive pas à concevoir que le vers est peut-être dans le fruit : il reporte l'échec des lumières sur l'analphabétisme, c'est à dire qu'il explique l'échec de son idéologie par le fait que son idéologie n'aie pas pu réussir. Puisque l'idée repose sur elle-même, nous ne sommes plus dans l'ordre de la raison mais dans l'ordre de la foi (et cette foi est difficile à embrasser car sa révélation est incertaine).
Comme je ne partage pas sa foi et qu'une bonne partie de son discours est basé sur cette foi que je ne partage pas, quand il tire des conclusions justes je ne suis pas d'accord avec le raisonnement. Si quelqu'un ne partageant pas son idéologie des lumières est d'accord avec certaines de ses conclusions, c'est qu'il les avait déjà tirées. Alors oui c'est sûr c'est toujours ça de pris d'être d'accord !
Quand il dit
il me semble que leurs auteurs auraient tout intérêt à les mettre gratuitement à la disposition du public [...] je pense que la plupart verront leur intérêt à être lus sur le Net.
En lisant le reste on se rend compte qu'en effet cette mise à disposition gratuite de la part de l'auteur vise d'abord le bien de l'intermédiaire, ensuite de l'auteur et seulement quand l'auteur ne peux plus rien gagner. Quant au lecteur, il n'aura que le bien de payer l'intermédiaire pour un bouquin qui n'a rien couté et qui s'autodétruit.
Le lecteur de DLFP peut facilement se retrouver dans son discours :
* Ils pensent tout deux que la loi sur le droit d'auteur est un problème.
* Ils rêvent tout deux du numérique et de la diffusion du savoir.
C'est ici que s'arrêtent les points commun, l'idée du bien commun n'est pas forcément la même.
En l'occurrence, j'ai beaucoup de mal avec cette idéologie des lumières qui réduit le progrès à la seule progression de la connaissance et du savoir. L'ignorance est cause de servilité, oui, et le savoir est une nécessité de la liberté, mais le savoir n'est pas suffisant. Le savoir est nécessaire mais non suffisant à la liberté.
Ce qui libère l'homme ce n'est pas le savoir seul, c'est le savoir vrai.
Celui qui contrôle le savoir contrôle la vérité. Il faut être très prudent dans l'établissement d'intermédiaires entre le savoir et l'homme, car ces intermédiaires sont aussi ceux de la vérité.
Les lumières se sont levées contre l'Eglise qui disait détenir la Vérité, mais pour ne pas être accusé de remplacer la vérité de l'une par la leur, et se retrouver dans la position de l'Eglise, ils ont juste noyé la vérité dans le savoir. Ce n'est plus l'Eglise qui enseigne la vérité, ce sont les lumières qui enseignent le savoir (et donc la vérité). On a juste changé de ministres, d'intermédiaire entre la vérité et l'homme. Le monsieur soutient justement cette position d'intermédiaire entre l'homme et le savoir (donc de la vérité), et s'en vante ouvertement en se réclamant des lumières. Je ne suis pas sûr que la révolution qu'il annonce soit si bénéfique que cela.
La révolution des lumières fut le transfert du pouvoir des nobles vers la bourgeoisie. Si l'imprimerie a déplacé le contrôle du savoir de la noblesse à la bourgeoisie, la numérisation peut être cette nouvelle imprimerie qui déplace le contrôle du savoir de la vieille bourgeoisie devenue nouvelle noblesse, vers cette nouvelle bourgeoisie dont le monsieur se réclame, ces nouvelles lumières.
Ce, toujours au détriment du peuple, mais toujours avec son appui car ébloui.
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