• [^] # Re: [X] agnostique radical

    Posté par . En réponse au journal Athéisme, agnostisme: manifeste agnostique. Évalué à 10.

    Croyants (chrétien ou musulman ou agnostique ou...), continuez de croire, mais ne cassez pas les couilles aux autres avec vos règles. Et acceptez qu'il y a autant de chances que Dieu existe que les licornes roses invisibles.

    Les agnostiques ne croient pas. Ils doutent (au sens philosophique du terme, pas comme devant le choix entre glace à la vanille et crème brûlée au restaurant).

    Et en se faisant l'avocat du Diable (ah ah), il y a tout de même UNE chance que Dieu existe sans les licornes. Et l'avantage de Dieu, c'est qu'il explique bien mieux le commencement de l'univers que la licorne. A moins que Dieu ne soit une des licornes, bien entendu.

    Et il faudrait quand même préciser une chose quand on parle des Licornes roses invisibles. C'est qu'elles tournent en dérision la foi en la religion / en les textes sacrés, plus qu'en la croyance en Dieu. La licorne rose dénonce le théisme

    C'est d'ailleurs marrant d'associer le croyant et la religion, et ça se ressent dans beaucoup de commentaires ici. Et je trouve ça assez limitant, et je veux crier ici l'existence d'une croyance en Dieu en dehors de tout théisme !

    Je peux être athée, et croire que Dieu n'existe pas (Oui, j'ai dis "croire", comme dans l'article du Slate). On peut tergiverser des heures sur le rasoir d'Okham ou le théorème de Turing, il n'y a aucune preuve de son inexistence. Ou comme on dit en philosophie niveau débutant, autant de preuve qu'il existe plutôt qu'il n'existe pas. J'aurais accepté "je sais d'après nos moyens scientifiques actuels et l'état de nos connaissances générales que Dieu n'existe pas. Je suis totalement prêt à réviser mon jugement en une fraction de seconde le jour où une expérience pourrait montrer que Dieu est l'hypothèse la plus probable pour expliquer les résultats." Mais avec certains scientistes qui refusent la remise en cause de leurs modèles qu'ils prennent pour vérité absolue (si, si, ça existe, j'en ai croisé), ce "je sais" fait déjà peur. Et dans le phénomène un peu à part de l'athéisme, il ne faut pas oublier que pour la plupart des gens, l'athéisme même scientifique au début dérive vite vers un athéisme de conviction, voire de combat pour certains. La plupart des athées continueraient à crier leur non-croyance même si on leur présentait Dieu à une Garden Party.). Le vrai athée, bien sûr, est persuadé de savoir, et s'offusquera du fait que j'ai dit croire. C'est ce qui fait de lui un athée.

    Ensuite, je peux être agnostique, et dire que rien ne me permet de trancher la question de manière scientifique et sure. Pas de prosélytisme, ni dans un sens, ni dans l'autre. J'ai lu au dessus une version binaire de la croyance en Dieu pour justifier l'ineptie de l'agnosticisme. Je trouve cela limité. A mon sens, l'agnostique est celui qui a la position la plus équilibrée dans ce débat. Tu peux ne pas savoir et refuser de trancher une question qui te taraude déjà intérieurement. Tu peux "ressentir dans ton coeur" que quelque chose existe au delà, tout en te disant que ce que tu ressens n'est qu'une émotion irrationnelle limite freudienne, ou justement que Dieu n'existe pas, mais ne pas laisser cette croyance prendre le pas sur la preuve scientifique. Les deux propositions suivantes sont pour moi valables : "Je ne sais pas si Dieu existe, et je n'ai aucune opinion dessus" ; "Je crois que Dieu existe, mais je ne le sais pas de manière formelle et scientifique, et j'en suis conscient. Je suis agnostique".

    Enfin, je suis croyant. Oui, bien, mais croyant en quoi ? Et revoila les religions et les licornes invisibles.

    Je peux pourtant être théiste. Croire en un Dieu à barbiche, ou avec 7 bras, ou ressemblant à un ornithorynque, qui intervient dans sa création par miracles, catastrophes, naissances, décès (ah, les fameuses mort d'enfants de 2 ans expliqués par les prêtres !), écoute des prières..., aime/déteste bien les humains, et obéit comme fait obéir à des règles fondamentales contenues dans un livre révélé. Si je ne vais pas à l'église le Dimanche, Dieu ne m'aime plus. Si je n'ai pas de parents issus d'une longue lignée remontant jusqu'à Abraham, je ne pourrai jamais être juif, je ne suis pas du peuple élu, Dieu ne m'aimera jamais. Si je mange du porc, Dieu ne m'aime plus. Si je mange du boeuf, Dieu ne m'aime plus. Il faut tourner son thé 4 fois dans le sens des aiguilles d'une montre, et deux fois dans l'autre, sinon gare à toi ! Dieu vit dans un château gonflable aux couleurs de Coca Cola, et on passe son pont-levis quand on meurt. Dieu ne porte que des tailleurs Prada verts. Les licornes roses invisibles se battent depuis des temps immémoriaux contre les huîtres violettes de la damnation.

    Mais je peux très bien également être panthéiste. Dieu existe, et s'appelle "Univers" (ou Nature, quand on était encore des ignares sur une planète plate). Nous sommes tous une partie de Dieu, et nous formons Dieu de manière inconsciente, comme les cellules de notre corps nous forment de manière inconsciente. Dieu n'a a priori pas créé le monde, ou du moins pas intentionnellement. Il est le monde, vous voyez ?

    Ou alors, je suis déiste ? Pour le déiste, Dieu a créé le monde. (Dieu, c'est une entité consciente, alors physiquement à quoi ça ressemble, bah... Aucune idée. Et encore, si Dieu est visible, ce qui n'est pas sûr). Ensuite, suivant les courants, il s'en est détourné et n'intervient pas sur sa création, ou il est mort, ou il écoute vaguement de loin ce qui se passe comme un biologiste ou un commentateur animalier. Le déiste pense que la croyance dans les livres sacrés, c'est du fatras sans queue ni tête, que les hommes de Dieu de tout poil sont des charlatans, et que si Dieu écoute les prières de ses créatures, ils ont juste à prier personnellement, sans aucun besoin d'église, de pape, de règle... Et que ce n'est pas pour autant qu'il interviendra. Une croyance très sympa, qui pourrait reprendre l'histoire de la licorne rose à son compte en modifiant un truc par-ci par-là.

    Oh, y a le mixte des deux, également. le pandéisme. Pour faire court, Dieu crée l'Univers, puis devient l'Univers. Le reste c'est grosso-modo du panthéisme, en imaginant suivant certaines variantes qu'en plus, l'être supérieur puisse écouter ses cellules et son corps. Ce que certains relaxologues new-age nous enjoignent à faire.


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    Au delà de l'existence de Dieu, on peut résumer cette bataille à une autre, plus basique, plus fondamentale : Comment / Pourquoi l'Univers existe-il sous cette forme ? L'athée dit que Dieu n'existe pas, et donc qu'il n'est pas à l'origine de l'Univers. Il se déclare donc savoir comment l'univers est apparu. C'est présomptueux.

    De l'autre côté, Il est très difficile d'invalider le déisme. Qu'un être arrive, fixe les constantes de l'Univers il y a des milliards d'années, puis disparaît ou reste "hors de portée des télescopes", et on aurait "aucun" moyen de le savoir. Là on fait intervenir le rasoir d'Okham pour virer ce Dieu gênant qu'on ne peut même pas réfuter en critiquant des livres sacrés idiots. Oui, mais. on pourra rétorquer qu'un changement infime dans les constantes fondamentales de l'Univers, ou dans l'intensité des quatre forces fondamentales, et boum ! Pas de vie. Et que nous sommes donc le résultat d'un hasard tellement fabuleux, qu'à côté de cela, les licornes roses peuvent bien pulluler sur Terre. La théorie du hasard, c'est très bien. La théorie purement philosophique d'une prédétermination, telle qu'un architecte qui établit à l'heure du Big Bang une dizaine de constantes, deux trois lois immuables, et "Roulez, jeunesse ! Moi je me casse !", ça passe presque aussi bien. Et le côté réconciliateur (si les deux camps voulaient bien se réconcilier), c'est qu'au final, c'est très peu important. Le fondement même de l'Univers reste cet ensemble de lois physiques, de chiffres "magiques" qui ont fait de l'Univers ce qu'il est.


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    N'ayant pas la réponse à cette question, je suis agnostique, avec une conviction personnelle irrationnelle tirant vers l'athéisme. "Je ne sais pas si Dieu existe ou non, donc je n'essayerai pas de vous convaincre, et je trouve vos preuves fallacieuses d'un côté comme de l'autre, mais il me semble bien dans mon fort intérieur que non". Par contre, il m'arrive d'avoir des bouffées d'émerveillement déterministe quand je vois à quel point le monde est bien fait (une ballade en forêt, et on s'émerveille du vol d'un bourdon, la vision particulière d'un ciel étoilé, où on ressent l'immensité du cosmos, un cours de physique où on t'explique que si on changeait un chouilla l'intensité de l'interaction nucléaire faible, des éléments indispensables à la vie n'existeraient pas...)... Et là je reste agnostique, mais avec une opinion résolument-sentimentale-pas-du-tout-rationnelle tirant vers le déisme. Pas longtemps.

    Le seul bien que je vois dans l'athéisme, c'est le combat idéologique contre le théisme, qui est à mon sens une absurdité crasse et dangereuse. Les religions ont la plupart du temps été la source des grands maux de l'humanité.
    Le grand problème de l'athée (comme du croyant) est de penser que l'agnostique est soit hypocrite, soit de l'autre camp. Et en cela j'approuve l'article du Slate, même si je ne suis pas d'accord avec tous les arguments.

    L'athée physicien peut me convaincre que pour les connaissances actuelles, "Dieu" est une hypothèse inutile dans leur modèle du monde. Mais avec toute la bonne volonté du monde, si en physique quelque chose d'inutile au modèle est abandonné, voire décrit comme faux/inexistant, le concept même d'un Dieu (non-intervenant, déiste) efficace pour sa création pourrait être de ne pas être utile à première vue.