• [^] # Re: Juste un éclairage du coté de Coubertin ...

    Posté par . En réponse au journal Après cette semaine mouvementé pour l'Olympisme. Évalué à 5.

    Au passage, nous pouvons encore dialoguer avec les gens du passé, avec leurs écrits etc. Mais nous ne pouvons juger, au sens juridique, des actes qui ne sont plus de notre juridiction.

    Comprenons-nous bien. Que l'on soit choqué par certains passages d'Aristote, d'Averroès ou de St Augustin, cela est tout à fait compréhensible. Mais nous ne pouvons pas les juger officiellement aujourd'hui.

    Ils ont vécus à une autre époque. Et cette époque il nous faut l'entendre pas la condamner. Il ne sert à rien de se boucher les oreilles sur le passé.

    Je vais vous donner un exemple. Je me souviens d'un passage des mémoires de je ne sais plus quel inquisiteur.

    En substance il disait ceci : «Je regrette de ne pas avoir brûlé ces deux jeunes enfants possédés par le démon. J'ai été pris de compassion, mais ils vont brûler éternellement dans les feux de l'enfer à cause de moi etc.»

    Bien entendu je ne défend pas de tels pratiques. Très loin de moi cette idée. Mais si nous plaquons notre regard moderne sur le passé, nous nous rendons incapables de comprendre ce qui se passait dans ce passé. Nous devons juger comme inadmissible de telles pratiques aujourd'hui, mais nous ne pouvons aujourd'hui condamner un tel homme à avoir des pensées criminelles alors que son époque était tout autre. Ce n'est pas à nous de le juger sur le plan juridique, même s'il est de notre devoir de faire en sorte que de telles choses n'arrivent plus.

    D'ailleurs fermer les yeux sur le passé conduit justement à perpétuer les erreurs du passé. Si vous ne voyez dans les inquisiteurs de l'époque que des criminels qui se savaient criminels, de purs hypocrites, alors vous serez incapable, si cela se reproduit un jour (ce dont je doute, en tout cas pas actuellement), de combattre la mise en place d'une telle idéologie car vous la prendrez de travers.

    Un exemple frappant, et très actuel, c'est le cas du terrorisme islamiste. L'Occident traite du problème soit sur le plan exclusivement politique, soit sur le plan exclusivement religieux. Héritiers que nous sommes de la parole de Jésus : «Il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César», nous avons toujours pensés une séparation entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, même quand les deux marchaient ensemble, ils n'étaient pas identiques.

    Or, dans un vieux Courrier International, un ancien membre des groupe terroristes islamistes qui a retourné sa veste, explique que la religion et la politique sont la même chose chez ces islamistes. Combattre ce terrorisme c'est donc mener en même temps un combat politique et un combat théologique. Si nous ne pensons pas à cela, nous sommes incapables d'atteindre notre adversaire.

    C'est précisément cela le risque de regarder les choses avec nos points de vues particuliers, et nos conceptions particulières, nous nous rendons incapables de comprendre les actions des autres, les actions des hommes du passé comme des hommes du présent. Et par la même occasion nous nous rendons incapable de réellement combattre les choses dont nous ne voulons pas, ou plus. Et cela vaut pour tout le monde.