Posté par golum .
En réponse au journal Le 12.
Évalué à 2.
Ca faisait longtemps que notre cher Cooker ne nous avait pas resservi son couplet sur le succès de la libéralisation des telecoms avec la mise en concurrence des boites privées comme recette à appliquer à toutes les sauces.
Passons sur ce dossier qui reste discutable (financement des infrastructures, Qos,...), on en a déjà suffisamment parlé.
La question est plutôt:
Fallait- il appliquer la même stratégie avec le 12 ?
Commençons par faire un petit rappel. Le modèle "Etat employeur" n'a aujourd'hui plus le vent en poupe car selon ses détracteurs, il est trop sujet au corporatisme et ne serait pas optimal pour le ratio coût/service.
C’est la qu’intervient la sacro-sainte concurrence.
Rappelons qu’afin d’assurer la continuité de services, des autorités de régulation sont créées afin que le désengagement de l’état s’effectue dans les meilleures conditions.
En l’occurrence, nous avons l’ART (Autorité de Regulation des Telecoms) qui intervient sur le dossier du 12.
La solution choisie était-elle la meilleure ?
Comme alternative l’ART aurait pu choisir la délégation de services. Elle aurait pu choisir de maintenir le service du 12 et d’en déléguer sa gestion en établissant un cahier des charges précis puis en procédant à un appel d’offre. Ce cahier des charges aurait pu être soumis à une approbation démocratique (vote du parlement). Ce cahier des charges aurait pu être révisable toujours par la même voie. Ainsi, lorsque le bon peuple décide que le service doit être gratuit on s’en donne les moyens. On arrête les subventions lorsque le contribuable ne veut plus le prendre en charge. On pourrait aussi décider la façon dont il est géré (entreprise en charge embauchant des contrats de réinsertion ou critères purement économiques) en fonction de l’air politique du temps
Bref on garderait le contrôle, tout en conservant les « bienfaits » de la mise en concurrence.
Mais comme on préfère lorgner du coté de ceux dont la devise est : « Faites comme je dis mais ne faites pas comme je fais » ( http://www.liberation.fr/page.php?Article=333379 ) plutôt que de s’inspirer de nos cousins scandinaves qui ont certainement plus envie d’une Europe politique.
Résultat :
Les actionnaires et autre rentiers se gavent, les publicitaires sont aux anges, les « contribu’ouabes associés » si cher à notre Don Quichotte sont ravis (pour ceux qui ont raté les épisodes précedent http://linuxfr.org/~Cooker/19596.html – PS Cooker : N’oublies pas mon coussin péteur à l’effigie d’Arlette pour la pub ;-). Les technocrates de l’ART ne se feront pas lourder la prochaine fois qu’un PDG d’une boîte Telecoms sera parachuté ministre de l 'économie en recompense du service rendu.
Et le client là dedans ?
Au mieux, les tarifs baissent et tant pis si la réduction des coûts se fait sur la main d’1⁄2uvre après moultes délocalisations vers le moins-disant contribuant ainsi au nivellement par le bas.J'attends avec impatience les innovations technologiques qui revolutionneront un service de ce genre.
Au pire, on payera plus cher pour avoir des services en plus, dont on a jamais besoin (déjà que le 12 c'est pas un service aussi utilsé qu'n abonnement ADSL).
Comble du comble, non seulement, il faut oublier le 12 mais il impossible de composer un numéro facile à retenir, la concurrence non faussée l’exige.
Si c’est la même équipe qui a traité le dossier de la boucle locale et ben franchement, j’ai de sérieux doutes sur le prétendu succès de cette opération.
J’espère en tout cas qu’il ne vont pas reprendre les mêmes dans l’Autorité de régulation ferroviaire lorsqu’ils décideront de libéraliser ce transport, parce que si je dois passer par Strasbourg pour me rendre de Paris à Pau, le sketch de Chevallier et Laspales ne me fera plus sourire du tout.
[^] # Re: Et pour l'annuaire c'est pour quand ?
Posté par golum . En réponse au journal Le 12. Évalué à 2.
Passons sur ce dossier qui reste discutable (financement des infrastructures, Qos,...), on en a déjà suffisamment parlé.
La question est plutôt:
Fallait- il appliquer la même stratégie avec le 12 ?
Commençons par faire un petit rappel. Le modèle "Etat employeur" n'a aujourd'hui plus le vent en poupe car selon ses détracteurs, il est trop sujet au corporatisme et ne serait pas optimal pour le ratio coût/service.
C’est la qu’intervient la sacro-sainte concurrence.
Rappelons qu’afin d’assurer la continuité de services, des autorités de régulation sont créées afin que le désengagement de l’état s’effectue dans les meilleures conditions.
En l’occurrence, nous avons l’ART (Autorité de Regulation des Telecoms) qui intervient sur le dossier du 12.
La solution choisie était-elle la meilleure ?
Comme alternative l’ART aurait pu choisir la délégation de services. Elle aurait pu choisir de maintenir le service du 12 et d’en déléguer sa gestion en établissant un cahier des charges précis puis en procédant à un appel d’offre. Ce cahier des charges aurait pu être soumis à une approbation démocratique (vote du parlement). Ce cahier des charges aurait pu être révisable toujours par la même voie. Ainsi, lorsque le bon peuple décide que le service doit être gratuit on s’en donne les moyens. On arrête les subventions lorsque le contribuable ne veut plus le prendre en charge. On pourrait aussi décider la façon dont il est géré (entreprise en charge embauchant des contrats de réinsertion ou critères purement économiques) en fonction de l’air politique du temps
Bref on garderait le contrôle, tout en conservant les « bienfaits » de la mise en concurrence.
Mais comme on préfère lorgner du coté de ceux dont la devise est : « Faites comme je dis mais ne faites pas comme je fais » ( http://www.liberation.fr/page.php?Article=333379 ) plutôt que de s’inspirer de nos cousins scandinaves qui ont certainement plus envie d’une Europe politique.
Résultat :
Les actionnaires et autre rentiers se gavent, les publicitaires sont aux anges, les « contribu’ouabes associés » si cher à notre Don Quichotte sont ravis (pour ceux qui ont raté les épisodes précedent http://linuxfr.org/~Cooker/19596.html – PS Cooker : N’oublies pas mon coussin péteur à l’effigie d’Arlette pour la pub ;-). Les technocrates de l’ART ne se feront pas lourder la prochaine fois qu’un PDG d’une boîte Telecoms sera parachuté ministre de l 'économie en recompense du service rendu.
Et le client là dedans ?
Au mieux, les tarifs baissent et tant pis si la réduction des coûts se fait sur la main d’1⁄2uvre après moultes délocalisations vers le moins-disant contribuant ainsi au nivellement par le bas.J'attends avec impatience les innovations technologiques qui revolutionneront un service de ce genre.
Au pire, on payera plus cher pour avoir des services en plus, dont on a jamais besoin (déjà que le 12 c'est pas un service aussi utilsé qu'n abonnement ADSL).
Comble du comble, non seulement, il faut oublier le 12 mais il impossible de composer un numéro facile à retenir, la concurrence non faussée l’exige.
Si c’est la même équipe qui a traité le dossier de la boucle locale et ben franchement, j’ai de sérieux doutes sur le prétendu succès de cette opération.
J’espère en tout cas qu’il ne vont pas reprendre les mêmes dans l’Autorité de régulation ferroviaire lorsqu’ils décideront de libéraliser ce transport, parce que si je dois passer par Strasbourg pour me rendre de Paris à Pau, le sketch de Chevallier et Laspales ne me fera plus sourire du tout.