«On parle ici d'activité criminelles, pas de musique à la mode ; il me parait même relativement déplacé de se porter sur des questions de popularité.»
C'est un point technique concernant freenet, je ne vois pas en quoi c'est "déplacé" de l'aborder. Chaque machine a un cache qui a une capacité réduite, et qui contient les éléments les plus populaires du réseau avec une plus forte probabilité. Le risque d'avoir des images pédophiles dans son cache dépend donc de la proportion de gens qui demandent ces images.
«Personnellement, ça me ferait bien bien chier d'adhérer à une structure qui peut facilement aider des criminels.»
C'est un raisonnement qui se tient, mais dans certaines limites. D'abord, vivre dans une société qui défend les droits des individus à une vie privé, qui défend la liberté d'expression, etc. peut facilement aider les criminels. C'est beaucoup plus facile d'être criminel dans ce genre de société que dans un état policier à la 1984. Doit-on y renoncer pour autant ? (Ça aurait pu être une question rhétorique, mais certains pensent que oui...)
Ensuite, je ne peux pas m'empêcher de considérer que le crime qui consiste à diffuser des photos pédophiles est infiniment moins grave que celui qui consiste à faire ces photos, ou à commettre des actes pédophiles sans prendre de photos. On peut prétendre que des photos peuvent pousser des gens au crime, comme on peut prétendre le contraire (ie. qu'elles agissent comme un défouloir), mais ce n'est pas vraiment la question. La question est: jusqu'à quel point accepte-t-on de renoncer à sa liberté d'expression et à sa vie privée pour pouvoir limiter celle des criminels ? Dans la mesure où Freenet apporte seulement la possibilité de diffuser des informations, je ne considère pas que les crimes que l'on puisse commettre via Freenet soient graves au point de justifier que je renonce à ma vie privée.
C'est la même discution que concernant la cryptographie, en somme: si on l'interdit, elle ne sera utilisée que par les criminels (qui de toutes façons n'en ont rien à faire que ce soit interdit), dont interdire la cryptographie ne lèse que les gens honnêtes. Seulement si on autorise la cryptographie, on ne peut plus se baser sur le fait que quelqu'un l'utilise pour le déclarer criminel.
Et pour répondre par avance à l'objection "oui mais utiliser freenet ça aide les criminels à diffuser leurs infos", je voudrais quand même signaler que si les gens qui maintiennent des routeurs sur Internet s'inquiétaient de la possibilité d'aider les gens à véhiculer des informations illégales, on serait bien dans la merde...
[^] # Re: Une fonctionnalité ?
Posté par Yusei (Mastodon) . En réponse au journal Est-il réellement possible d'être anonyme (pour des activités légales) sur Internet ?. Évalué à 7.
C'est un point technique concernant freenet, je ne vois pas en quoi c'est "déplacé" de l'aborder. Chaque machine a un cache qui a une capacité réduite, et qui contient les éléments les plus populaires du réseau avec une plus forte probabilité. Le risque d'avoir des images pédophiles dans son cache dépend donc de la proportion de gens qui demandent ces images.
«Personnellement, ça me ferait bien bien chier d'adhérer à une structure qui peut facilement aider des criminels.»
C'est un raisonnement qui se tient, mais dans certaines limites. D'abord, vivre dans une société qui défend les droits des individus à une vie privé, qui défend la liberté d'expression, etc. peut facilement aider les criminels. C'est beaucoup plus facile d'être criminel dans ce genre de société que dans un état policier à la 1984. Doit-on y renoncer pour autant ? (Ça aurait pu être une question rhétorique, mais certains pensent que oui...)
Ensuite, je ne peux pas m'empêcher de considérer que le crime qui consiste à diffuser des photos pédophiles est infiniment moins grave que celui qui consiste à faire ces photos, ou à commettre des actes pédophiles sans prendre de photos. On peut prétendre que des photos peuvent pousser des gens au crime, comme on peut prétendre le contraire (ie. qu'elles agissent comme un défouloir), mais ce n'est pas vraiment la question. La question est: jusqu'à quel point accepte-t-on de renoncer à sa liberté d'expression et à sa vie privée pour pouvoir limiter celle des criminels ? Dans la mesure où Freenet apporte seulement la possibilité de diffuser des informations, je ne considère pas que les crimes que l'on puisse commettre via Freenet soient graves au point de justifier que je renonce à ma vie privée.
C'est la même discution que concernant la cryptographie, en somme: si on l'interdit, elle ne sera utilisée que par les criminels (qui de toutes façons n'en ont rien à faire que ce soit interdit), dont interdire la cryptographie ne lèse que les gens honnêtes. Seulement si on autorise la cryptographie, on ne peut plus se baser sur le fait que quelqu'un l'utilise pour le déclarer criminel.
Et pour répondre par avance à l'objection "oui mais utiliser freenet ça aide les criminels à diffuser leurs infos", je voudrais quand même signaler que si les gens qui maintiennent des routeurs sur Internet s'inquiétaient de la possibilité d'aider les gens à véhiculer des informations illégales, on serait bien dans la merde...