• # Logiciels "libres" ou logiciels "liberticides" sous licences libres ?

    Posté par . En réponse à la dépêche VÉRAC : Vers une Évaluation Réussie Avec les Compétences. Évalué à 2.

    Bonjour,

    La lecture de certains posts ici me font réagir. Je préfère ouvrir une autre enfilade plutôt que de répondre à chacun.

    Premier sujet de réflexion : devons-nous systématiquement promouvoir dans l'éducation n'importe quel produit logiciel sous prétexte qu'il est labellisé "libre" ?

    Dans l'une des contributions de chryjs j'ai lu ce commentaire qui m'a laissé perplexe :

    "Qu'on aime ou pas les programmes actuels, qu'ils soient critiquables ou pas, cela ne nous empêche pas de nous outiller pour faire notre travail le mieux possible.
    [...]
    "Merci donc à Edleh et à tous ses collègues qui essaient de faire avancer les choses tout en utilisant/produisant des logiciels libres".

    Par delà la spécificité de VÉRAC (dont je n'ai pas à juger si c'est un bon ou mauvais produit) chryis laisse entendre que nous devrions soutenir tous les produits logiciels au seul prétexte qu'il seraient "libres" quand bien même se mettraient-ils au service de programmes que l'on pourrait juger contestables.

    Ce qui, pour ceux qui s'en souviennent encore, nous ramène aux débats sur les DRMs "libres" durant loi DADVSI. Pour mémoire, un certain nombre de développeurs open source qui ne voyaient dans les DRMs qu'un enjeu technique proposaient de développer des "menottes numériques", sous licences libres.

    Actuellement on assiste à un phénomène comparable dans l'éducation où se déploient un certain nombre de solutions dites libres qui brident les libertés et/ou peuvent entrer en conflit avec la philosophie des logiciels libres.

    Un exemple, le fameux firewall Amon-Ecole déployé dans l'éducation sous Ubuntu qui interroge l' Active Directory des serveurs Microsoft au lieu d'un annuaire LDAP, ce qui rend impraticable l' accès à Internet des stations sous GNU Linux dans les établissements secondaires.

    Ou autre exemple, la fameuse application web sous licence GNU GPL Gibii qui permet de gérer la validation des "compétences" du B2i. Ici l'enjeu ce n'est pas Gibii en tant que tel qui, de plus, représente à mes yeux l'un des meilleurs produits développés en interne au sein de l'Education nationale, comme l'est peut-être également VÉRAC, que le B2i lui-même ainsi que le système de surveillance et de contrôle à distance que permet Gibii sur les modes de gestions du B2i dans les établissements scolaires.

    Si l'on adoptait une posture purement technique on pourrait considérer qu'il ne s'agit rien d'autre qu'une suite d'algorithmes et/ou de briques logicilelles rédigés dans un langage de programmation dont le code source est accessible à tous. Mais si l'on considère que l'enjeu c'est aussi, surtout dans le domaine de l'instruction et de l'éducation, de garantir la transmission et le partage des connaissance tout en garantissant les libertés individuelles, le débat prend une autre signification (Cf. par exemple et au hasard le livre "À l’école des compétences - De l’éducation à la fabrique de l’élève performant" d'Angélique del Rey ou les commentaires de Nico Hirtt sur cette "nouvelle pensée pédagogique unique").

    Deuxième sujet de réflexion : les ENT et le cloud computing

    Certains ici se souviennent peut être des prises de position de Richard Stallman à l'encontre du cloud computing où les sociétés risquaient de perdre le contrôle de leurs données en adoptant de tels systèmes :

    « Cette perte de contrôle est l'une des raisons pour lesquelles il ne faut pas utiliser les applications Web pour votre informatique. C'est aussi néfaste que d'utiliser un programme propriétaire. »
    http://www.zdnet.fr/actualites/richard-stallman-denonce-le-c(...)

    Aussi, je me demande lorsque je lis dans l'enfilade (contributeur :Tiste)

    "Très intéressant comme logiciel. Ceci dit, est-ce que le fait pour les enseignants d'avoir besoin d'installer le logiciel sur l'ordinateur ne risque pas de rebuter l'utilisation par rapport à des systèmes déjà mis en place (comme l'ENT, Espace Numérique de Travail, où tout est géré en ligne) ? "

    je me demande si la communauté éducative du logiciel libre ne fait pas fausse route en promouvant des ENT libres.

    Librement Charlie