Ta question porte sur les DRM plus que sur le TPM lui-même je pense.
L'utilisation d'un TPM permet de créer une chaîne de confiance. On peut voir le TPM comme une smartcard intégrée à la carte mère. Au démarrage du PC le contrôle n'est pas passé directement au BIOS mais à un CRTM.
Au boot :
- Celui-ci vérifie l'authenticité (la non-corruption) du BIOS et lui passe la main
- Le BIOS qui est vérifié et donc sûr, vérifie à son tour certains éléments matériels (ROM, etc)
- Le BIOS ensuite peut faire confiance au matériel, il charge et vérifie le bootloader. Si tout est ok, il lui passe le relais
- le bootloader à son tour vérifie certaines données du système (/boot/vmlinux, /etc/password, /boot/stage2, etc). Si tout est ok, il charge et passe la main au noyau.
- le noyau démarre le système et vérifie les éléments qui l'intéresse
On peut ensuite contrôler plein de choses au niveau des applications. On peut faire confiance au noyau, qui peut faire confiance au bootloader, qui peut faire confiance au bios, etc...
La question que tu soulèves est une affaire où l'utilisateur n'a pas le contrôle de la machine et du système (principe des DRM, puisque c'est quelqu'un d'autre qui décide à ta place).
Dans ce cas là, si moi, par exemple, je contrôle ta machine et ses contenus numériques multimédia. Il me suffit de ne pas autoriser l'exécution de la machine virtuelle. Plus subtilement, plutôt que de la shooter, je lui refuse l'accès au périphérique audio. Mieux encore, je n'autorise que mon player à accéder aux données concernant les licences sur les contenus.
Pour arriver à lire ces contenus numérique il faut un player autorisé à le faire. Le lancement du player dépend de l'autorisation de l'OS et le lancement de l'OS dépend du bootloader qui lui-même dépend de l'autorisation du BIOS et donc du TPM. Pour contourner le DRM, il faut reconstitué toute la chaîne de confiance dont la racine est le TPM.
Bien entendu, c'est là l'une des utilisations possibles et cela est, en théorie fiable. Mais comme on l'a vu avec la Xbox, des erreurs d'implémentation peuvent tout foutre par terre et permette le contournement de ces technologies.
On voit aussi clairement la différence entre l'utilisation "légitime" d'un TPM pour renforcer la sécurité d'un système et l'utilisation agressive. Dans le premier cas c'est toi qui configure le tout et dans le second tu ne contrôles rien, c'est ton vendeur hard/soft qui gères ta vie.
Le seul point où je trouve limite l'intégration de TPM systématiquement sur les cartes mères est le fait que le BIOS peut parfaitement refuser de démarrer un bootloader autre que... au hasard, celui de Microsoft (c'est presque ce qui existait dans la Xbox).
Le reste des problèmes ne vient pas du TPM mais de son utilisation par le système et en particulier par Windows.
[^] # Re: C'est con ce que je vais dire mais...
Posté par Denis Bodor (site web personnel) . En réponse à la dépêche TCPA/TPM : la déferlante silencieuse. Évalué à 4.
L'utilisation d'un TPM permet de créer une chaîne de confiance. On peut voir le TPM comme une smartcard intégrée à la carte mère. Au démarrage du PC le contrôle n'est pas passé directement au BIOS mais à un CRTM.
Au boot :
- Celui-ci vérifie l'authenticité (la non-corruption) du BIOS et lui passe la main
- Le BIOS qui est vérifié et donc sûr, vérifie à son tour certains éléments matériels (ROM, etc)
- Le BIOS ensuite peut faire confiance au matériel, il charge et vérifie le bootloader. Si tout est ok, il lui passe le relais
- le bootloader à son tour vérifie certaines données du système (/boot/vmlinux, /etc/password, /boot/stage2, etc). Si tout est ok, il charge et passe la main au noyau.
- le noyau démarre le système et vérifie les éléments qui l'intéresse
On peut ensuite contrôler plein de choses au niveau des applications. On peut faire confiance au noyau, qui peut faire confiance au bootloader, qui peut faire confiance au bios, etc...
La question que tu soulèves est une affaire où l'utilisateur n'a pas le contrôle de la machine et du système (principe des DRM, puisque c'est quelqu'un d'autre qui décide à ta place).
Dans ce cas là, si moi, par exemple, je contrôle ta machine et ses contenus numériques multimédia. Il me suffit de ne pas autoriser l'exécution de la machine virtuelle. Plus subtilement, plutôt que de la shooter, je lui refuse l'accès au périphérique audio. Mieux encore, je n'autorise que mon player à accéder aux données concernant les licences sur les contenus.
Pour arriver à lire ces contenus numérique il faut un player autorisé à le faire. Le lancement du player dépend de l'autorisation de l'OS et le lancement de l'OS dépend du bootloader qui lui-même dépend de l'autorisation du BIOS et donc du TPM. Pour contourner le DRM, il faut reconstitué toute la chaîne de confiance dont la racine est le TPM.
Bien entendu, c'est là l'une des utilisations possibles et cela est, en théorie fiable. Mais comme on l'a vu avec la Xbox, des erreurs d'implémentation peuvent tout foutre par terre et permette le contournement de ces technologies.
On voit aussi clairement la différence entre l'utilisation "légitime" d'un TPM pour renforcer la sécurité d'un système et l'utilisation agressive. Dans le premier cas c'est toi qui configure le tout et dans le second tu ne contrôles rien, c'est ton vendeur hard/soft qui gères ta vie.
Le seul point où je trouve limite l'intégration de TPM systématiquement sur les cartes mères est le fait que le BIOS peut parfaitement refuser de démarrer un bootloader autre que... au hasard, celui de Microsoft (c'est presque ce qui existait dans la Xbox).
Le reste des problèmes ne vient pas du TPM mais de son utilisation par le système et en particulier par Windows.