• [^] # Re: Liberté et liberté

    Posté par . En réponse à la dépêche Big Brother Awards 2005. Évalué à 2.

    « Tu peux me donner la durée moyenne d'étude d'un policier, sa païe moyenne , et le nombre moyen de policier par rapport aux meme critères rapportés aux juges? »

    Je ne connais pas le nombre d'OPJ, il y en au moins 20000 (corps des officiers et corps des commissaires). Le niveau d'étude théorique les concernant est bac+3 et bac+5 (dans la pratique actuelle, c'est comme pour tous les autres concours, comme celui de prof : largement plus).

    Évidemment, il y a plus de policiers que de juge d'instruction, si c'est là où tu veux en venir.

    Pour autant, une justice ne peut que fonctionner si elle dispose de fonctionnaires dotés de pouvoirs judiciaires. On peut restreindre à tout va le pouvoir judiciaire de ses fonctionnaires pour éviter les bavures. Mais évidemment, se pose ensuite le problème de l'efficacité.
    Évidemment, il a moins de juge d'instruction. Et de fait, il est matériellement impossible que chaque enquête de police devait faire l'objet d'une instruction - il n'y a déjà pas assez de magistrats instructeurs pour les enquêtes nécessitant l'ouverture d'une instruction.

    Dans ce contexte, je vois mal l'intérêt de ne se couper les jambes, autant faire confiance à ses fonctionnaires et se donner les moyens de choper et sanctionner ceux qui abusent de leur fonction.
    Il y a tout les ans des individus radiés de la police pour des problèmes de ce genre, je pense qu'il y a là un bon compromis entre efficacité et contrôle.


    « Et séparer l'organe qui donne l'autorisation d'accéder aux données de l'organe qui utilise ces données permet d'avoir un controle plus efficace (meme si non parfait on est d'accord) que si l'organe qui a besoin des données s'occupe de son propre controle. »

    Sauf si l'organe de contrôle est surchargé de taf et laisse passer tout et n'importe quoi. Sans vouloir trop m'avancer, c'est une des raisons qui fait qu'à Outreau la chambre de l'instruction n'ait rien vu, tout comme le fait que le JLD ait toujours suivi le juge d'instruction sans trop creuser.

    C'est bien beau de prévoir des instances de contrôle mais il est pire d'avoir des instances inéfficaces que de responsabiliser ses fonctionnaires. Mieux vaut dire à chacun de prendre ses responsabilités quand de fait les choses reposent sur lui que lui faire croire qu'il y a quelqu'un derrière pour l'encadrer, alors que cet encadrement n'est qu'artificiel.


    « Désolé mais je ne suis pas huissier , je ne suis pas un agent assermenté ni un détective privé ou un enquêteur . Je ne fréquente pas les juges non plus, donc je ne puis te donner le genre de renseignement que tu souhaite, et tu le sais pertinnement. »

    Il y a des milliards de légendes qui trainent autour des questions de recrutement et d'avancement dans les structures publiques. Certains justifient leurs échecs par toutes sortes de raisons, dont des raisons farfelues.
    On ne sait jamais trop à quoi se fier.

    Tu veux mon avis, de toi à moi : un juge qui aurait peur de juger selon son ame et conscience, selon les règles de son mandat, par peur de ne pas avoir d'avancement est un juge qui ne serait franchement pas couillu, pas capable de faire valoir le bon sens qui l'anime... et ne mériterait franchement pas d'être promu à quoi que ce soit.

    Quand j'étais étudiant, j'ai souvent vu des autres étudiants proclamer que s'ils plantaient leurs exams, c'était parce que les sujets étaient piégés (du genre, en première année de DEUG, un sujet sur la crise de Fachoda, qui dans le cours correspondait à 2 lignes). En fait, il n'y avait aucun piège nulle part, la seule question était de voir si on est capable de mettre en oeuvre ses connaissances (la crise de Fachoda est l'exemple même du sujet qui permet d'aborder de fond en comble la situation des relations internationales à l'aube de la seconde guerre mondiale, avec la Russie trop loin pour aider la France et le RU mitigé en pleine « entente cordiale »). Mais certains aurait juré que c'est un piège qui leur avait couté l'exam, un truc de vicieux ourdi par quelques enseignants-chercheurs malfaisants.

    Ca ne veut pas dire que tout est impossible, ça veut juste dire qu'il vaut mieux prendre des pincettes et s'assurer qu'on a ses renseignements de première main avant d'être persuadé de leur véracité.