• [^] # Re: Mais encore ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Big Brother Awards 2005. Évalué à 2.

    La sociologie est donc une arnaque et les hommes changent constamment, la réaction d'une société est fondamentalement imprévisible et l'Histoire ne se répète jamais et ne nous enseigne rien sur le présent (à quoi ça sert alors ?)...
    Wahou ! Voilà une réflexion profonde dont on sent bien qu'elle s'appuie sur des faits irréfutables ! Une seule citation d'un seul historien te suffit pour connaître l'opinion de tous les historiens actuels et passés ? Désolé de te décevoir, mais sociologie et histoire sont beaucoup moins séparées que tu ne sembles le penser, et de nombreux historiens estiment la sociologie, et non des moindres.

    Ta réflexion ne manque pas d'aspects intéressants, et je ne suis pas de ceux qui se cachent derrière leur petit doigt en pensant que notre société n'est pas plus violente aujourd'hui : nous vivons dans une société déchirée, au bord de l'explosion, et la violence des "jeunes" (dont j'ai des échos directs par ma famille) n'est qu'un symptome de cet état de fait qui s'aggrave tous les jours...

    Malheureusement tes avis sont trop tranchés : la sociologie ne détient pas la vérité ultime certes, elle n'en est pas pour autant une fausse science, elle a obtenu des résultats indiscutablement (et le fait que les politiques (et les commerciaux) disposent d'équipes complètes travaillant dans le domaine de la sociologie pour mieux manipuler la population (ou les consommateurs, c'est un peu la même chose aujourd'hui) devrait te mettre la puce à l'oreille). Autre indice de la naïveté de ta pensée, cette phrase :

    Mais en quoi le citoyen ordinaire est-il géné par ce déploiement ? Je dois être con mais tant que les données sont utilisées par des fonctionnaires doté de pouvoirs judiciaires qui n'en usent que pour les nécessités d'enquêtes judiciaires, je ne vois pas trop où est le problème.


    Désolé mais ça c'est typiquement la phrase qui fait bondir l'historien : toutes les dictatures commencent par cette croyance que les mécanismes de l'état sont fondamentalement au service du citoyen... Si l'histoire nous a appris quelque chose c'est bien ça : il est essentiel qu'il y ait des contre-pouvoirs et qu'un contrôle constant soit exercé sur les actions de l'état, surtout sur la collecte et le stockage de renseignement personnels. A vrai dire la France manque de contre-pouvoirs, c'est certainement l'un des gros points faibles de son système, alors il est d'autant plus nécessaire d'être prudent ! Quant à la sécurité par la surveillance, je n'y crois pas : ça ne fait pas diminuer le crime personnel (les exemples sont nombreux) sauf à atteindre un degré que personnellement je juge intolérable, et c'est parfaitement impuissant contre les soulèvements massifs comme on en a vu récemment. Sans parler du fait que ces mesures sont innapliquables dans les zones de non-droit que sont devenues certains quartiers dont les flics osent à peine s'approcher.
    Il est évident qu'on ne pourra rétablir la situation qu'en s'attaquant aux racines du problème : fossé social, chomage, logements inadaptés, etc. En augmentant la surveillance et la répression, on ne fait qu'améliorer la situation localement et temporairement, en l'aggravant à terme globalement. Ce qui ne signifie pas qu'il faille purement et simplement abandonner la surveillance, simplement il faut qu'elle reste raisonnable.

    Nos avis ne sont pas inconciliables : il me semble simplement que tu penches un peu trop actuellement du côté de l'interventionnisme à tout crin. Sous prétexte qu'il "faut faire quelque chose" (ce qui est vrai), il ne s'agit pas qu'on fasse n'importe quoi, et il est du devoir du citoyen de surveiller ces actions et de les critiquer.

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    Jedaï