Il existe une expression en anglais qui traduit assez bien cette obsession qu'ont certaines compagnies de contrôler tout et n'importe quoi pourvu que ça ait à voir avec leur image: ce sont des "contrôle freaks".
Cela entre plus ou moins dans la catégorie des maladies mentales quand on en parle pour un individu. C'est d'ailleurs, si mes souvenirs sont exacts, une catégorie apparentée au TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif: vous savez, ces gens qui désinfectent tout ce qu'ils touchent, qui reviennent vérifier 20 fois qu'ils ont bien fermé la porte à clef...). Le sujet souffrant est un perfectionniste obsessionnel. On en trouve beaucoup chez les informaticien, d'ailleurs. Ce sont des gens qui privilègient leur contrôle parfait d'un système donné: organisation, comportement, informations entrante et sortante, etc...
Je le répète, c'est à la limite de la maladie mentale.
Mais là, nous ne parlons pas d'un individu. Nous parlons d'une organisation. Qui repose elle-même sur d'autres organisations. Ce peut être les JO, France Télévision ou n'importe laquelle des quelques boîtes qui veulent régenter notre façon de les présenter.
Oui, le lien hypertexte n'est jamais qu'une référence bibliographique. Et oui, il est aussi absurde et attentatoire aux libertés publiques de vouloir limiter les hyperliens de cette façon que d'imposer étudiants thésards de faire relire leur thèse par toutes les personnes qu'ils citent (car l'analogie dont il est question est là; il s'agit d'accorder un droit de relecture aux personnes qu'on cite).
Si on se met à la place d'un juriste de base (je suis d'accord avec celui qui a dit que c'était sorti de la tête d'un juriste), avec une culture technique limitée, le web n'est pas une base bibliographique. Le web est un panneau publicitaire. Cela fait d'ailleurs plus de 10 ans qu'on nous le serine: le web, c'est le commerce électronique, le B2B, B2C, etc...
Nous savons que ce n'est pas ça, parce que d'une façon ou d'une autre, par l'entremise des logiciels libres, nous avons poussé notre maîtrise et notre connaissance des réseaux interconnectés plus loin que le juriste de base. Mais cela nous a fait progresser, nous. Pas lui.
Poussons la logique plus loin: si le web est un instrument commercial, l'hyperlien est un instrument marketing. Et là on ne raisonne plus dans des termes de _liberté_ et de _science_, mais en termes de _concurrence_ et de respect des lois du _commerce_. Il est exact qu'un hyperlien peut être nuisible à une entreprise, d'un certain point de vue. On le voit bien avec l'exemple des Bombes Google, dont SCO a fait les frais (j'adore). Il suffit que j'écrive une ou plusieurs page où je présente un individu ou une entreprise comme ceci ou celà, que je poste ces pages sur le web et que je les fasse référencer d'une façon ou d'une autre, et ça y est; j'ai égratigné la réputation d'une personne physique ou morale, si peu que ce soit.
Dans une vision du monde reposant sur un web instrument de savoir, c'est tout simplement une concession que nous faisons à la morale dans l'intérêt de la qualité de l'information qui y siège par ailleurs; nous acceptons qu'il y ait des trolls, de la diffamation, des crétineries absolues comme le site de Warez de Jean-Kevin, parce qu'au bout, en contrepartie, nous avons aussi des bibliothèques entières disponibles en ligne, les logiciels libres, et des instruments de contre-pouvoir efficaces. Mais si l'on est dans un cadre où le web est un *instrument économique*, alors tout contournement du principe général est inadmissible car économiquement dommageable. Et donc il doit être soit contrôlé soit réprimé.
Voilà pourquoi, régulièrement, on voit des entreprises tenter de contrôler le web et son fonctionnement quand il regarde leur image.
Je suis webmaster, amateur. Vais-je demander l'autorisation à ces boîtes si j'ai besoin de faire un hyperlien vers leur site web? Non. Est-ce que je prends un risque? Oui mais il est minime. Car devant une cour de justice, je pourrai démontrer plusieurs choses:
1) Il sera difficile au site plaignant de démontrer que j'avais connaissance de cette clause à moins qu'il n'y fasse clairement allusion sur chaque page de son site web.
2) L'hyperlien est une référence bibliographique; en dehors d'une utilisation clairement frauduleuse comme les frames, etc... la clause d'autorisation préalable imposée par le site plaignant est donc /abusive/.
3) La coutume en vigueur sur Internet est contraire (argument fort dans les pays de droit coutumier).
Et il y a certainement d'autres arguments auxquels je ne pense pas sur le coup.
# Les obsédés du contrôle...
Posté par Noindex Nofollow . En réponse à la dépêche Cachez ce lien que je ne saurais voir. Évalué à 10.
Cela entre plus ou moins dans la catégorie des maladies mentales quand on en parle pour un individu. C'est d'ailleurs, si mes souvenirs sont exacts, une catégorie apparentée au TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif: vous savez, ces gens qui désinfectent tout ce qu'ils touchent, qui reviennent vérifier 20 fois qu'ils ont bien fermé la porte à clef...). Le sujet souffrant est un perfectionniste obsessionnel. On en trouve beaucoup chez les informaticien, d'ailleurs. Ce sont des gens qui privilègient leur contrôle parfait d'un système donné: organisation, comportement, informations entrante et sortante, etc...
Je le répète, c'est à la limite de la maladie mentale.
Mais là, nous ne parlons pas d'un individu. Nous parlons d'une organisation. Qui repose elle-même sur d'autres organisations. Ce peut être les JO, France Télévision ou n'importe laquelle des quelques boîtes qui veulent régenter notre façon de les présenter.
Oui, le lien hypertexte n'est jamais qu'une référence bibliographique. Et oui, il est aussi absurde et attentatoire aux libertés publiques de vouloir limiter les hyperliens de cette façon que d'imposer étudiants thésards de faire relire leur thèse par toutes les personnes qu'ils citent (car l'analogie dont il est question est là; il s'agit d'accorder un droit de relecture aux personnes qu'on cite).
Si on se met à la place d'un juriste de base (je suis d'accord avec celui qui a dit que c'était sorti de la tête d'un juriste), avec une culture technique limitée, le web n'est pas une base bibliographique. Le web est un panneau publicitaire. Cela fait d'ailleurs plus de 10 ans qu'on nous le serine: le web, c'est le commerce électronique, le B2B, B2C, etc...
Nous savons que ce n'est pas ça, parce que d'une façon ou d'une autre, par l'entremise des logiciels libres, nous avons poussé notre maîtrise et notre connaissance des réseaux interconnectés plus loin que le juriste de base. Mais cela nous a fait progresser, nous. Pas lui.
Poussons la logique plus loin: si le web est un instrument commercial, l'hyperlien est un instrument marketing. Et là on ne raisonne plus dans des termes de _liberté_ et de _science_, mais en termes de _concurrence_ et de respect des lois du _commerce_. Il est exact qu'un hyperlien peut être nuisible à une entreprise, d'un certain point de vue. On le voit bien avec l'exemple des Bombes Google, dont SCO a fait les frais (j'adore). Il suffit que j'écrive une ou plusieurs page où je présente un individu ou une entreprise comme ceci ou celà, que je poste ces pages sur le web et que je les fasse référencer d'une façon ou d'une autre, et ça y est; j'ai égratigné la réputation d'une personne physique ou morale, si peu que ce soit.
Dans une vision du monde reposant sur un web instrument de savoir, c'est tout simplement une concession que nous faisons à la morale dans l'intérêt de la qualité de l'information qui y siège par ailleurs; nous acceptons qu'il y ait des trolls, de la diffamation, des crétineries absolues comme le site de Warez de Jean-Kevin, parce qu'au bout, en contrepartie, nous avons aussi des bibliothèques entières disponibles en ligne, les logiciels libres, et des instruments de contre-pouvoir efficaces. Mais si l'on est dans un cadre où le web est un *instrument économique*, alors tout contournement du principe général est inadmissible car économiquement dommageable. Et donc il doit être soit contrôlé soit réprimé.
Voilà pourquoi, régulièrement, on voit des entreprises tenter de contrôler le web et son fonctionnement quand il regarde leur image.
Je suis webmaster, amateur. Vais-je demander l'autorisation à ces boîtes si j'ai besoin de faire un hyperlien vers leur site web? Non. Est-ce que je prends un risque? Oui mais il est minime. Car devant une cour de justice, je pourrai démontrer plusieurs choses:
1) Il sera difficile au site plaignant de démontrer que j'avais connaissance de cette clause à moins qu'il n'y fasse clairement allusion sur chaque page de son site web.
2) L'hyperlien est une référence bibliographique; en dehors d'une utilisation clairement frauduleuse comme les frames, etc... la clause d'autorisation préalable imposée par le site plaignant est donc /abusive/.
3) La coutume en vigueur sur Internet est contraire (argument fort dans les pays de droit coutumier).
Et il y a certainement d'autres arguments auxquels je ne pense pas sur le coup.