Le sujet de l'exploitation forestière du pin maritime ou de l'assainissement des marais est souvent évoqué.
Une autre cause de la plantation massive du pin maritime est la fixation des dunes qui a motivé sa plantation dès la fin du XVIIIe siècle. Sans cette plantation les dunes auraient continuer d'avancer et le sable à se répandre sur des centaines de km. Et comme déjà dit que pousserait-il sur ce sol très pauvre, le même sable des dunes ?
Donc c'est la même forêt en gros depuis 200 ans, par contre beaucoup de choses ont changées.
Les semis de pins sont caricaturaux, les rangs sont espacés d'un passage de débroussailleuse (rare) et à touche touche dans le rang. Une bonne part du pin part en pâte à papier contrairement à avant où c'était uniquement du bois d'œuvre, donc les pins sont bons à couper plus tôt, 30 ans.
La conséquence c'est que le territoire est plus souvent occupé par des pins trop jeunes, trop serrés, proies idéales du moindre incendie même avec des circonstances défavorables, au moins tant que le houpier n'est pas suffisamment haut pour être un peu à l'abri d'un feu de broussailles de taille d'un mètre ou un mètre 50. Il y a un taux de survie de 20 % après un incendie si le houpier est brûlé je suppose que sur les pins âgés ce taux de survie est plus important. De plus les pins âgés couvrent le sol d'aiguilles ce qui bien que combustible diminue le développement des broussailles.
L'abandon progressif du gemmage depuis les années 60 n'est pas sans conséquences, forêts moins parcourues, chemin moins entretenus ou qui disparaissent complétement, parefeux idem, les pompiers en sont réduits à attendre le feu sur les routes goudronnées dans certains cas, et à combattre le feu dans des points difficilement accessibles. L'âge idéal d'un pin pour le gemmage serait après 30 ans, de 30 à 60 ans. Donc en plus des revenus de coupe il y avait des revenus de gemmage, mais c'est fini, concurrence de résines étrangères et probablement surtout pour l'utilisation principale de la térébenthine, la peinture où elle est remplacée par du white spirit.
Les pins ont brûlé cet été, ils brûleront probablement encore à l'avenir. L'habitat, les habitants et leur mode de vie ont aussi changé, ce n'était pas rare qu'il y ait des vaches, un cochon, des poules des jardins potagers, pour les vaches il faut des près, les cochons il faut les nourrir, les poules et les jardins font aussi des zones peu sensibles au feu. Tout cela protégeait un peu mieux les maisons isolées, les hameaux ou les villages des incendies. Il y avait eu quand même des dizaines de morts dans les années 1950.
Et j'ajouterai aussi le climat, avant il y avait couramment juillet, août des températures supérieures à 30°, mais ce n'était pas en continu ni la majorité. Cette année c'est le contraire, c'est les journée inférieures à 30° qui sont rares, et on a tapé les 30° déjà en mai (jamais vu) puis en juin.
On nous dit que tout va bien du coté des sommes allouées à la lutte incendie, hum hum ...
Bref dire qu'en gros c'est la même forêt qu'il y a 200 ans, c'est à la fois un peu vrai et complétement faux. Oui c'est une forêt de pins mais rien n'est pareil, ni son exploitation, apparition de la pâte à papier, disparition du gemmage, les habitants et leur mode de vie ont aussi évolué comme partout ailleurs.
Wikipedia me dit qu'un pin maritime peut vivre 500 ans, si vous en trouvez un centenaire déjà ce sera pas mal, je n'en ai jamais vu et pourtant je ne suis pas loin. Il y a d'autres essences qui peuvent pousser et qui poussent (difficilement) plus on s'éloigne du littoral, des chênes châtaigner et probablement bien d'autres, le pin n'est pas l'ennemi, c'est celui qui se débrouille le mieux de cet habitat.
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par remico . En réponse au lien Industrie forestière - Les Landes de Gascogne, une forêt créée artificiellement par les humains au XIXe siècle. Évalué à 8 (+7/-0).
Le sujet de l'exploitation forestière du pin maritime ou de l'assainissement des marais est souvent évoqué.
Une autre cause de la plantation massive du pin maritime est la fixation des dunes qui a motivé sa plantation dès la fin du XVIIIe siècle. Sans cette plantation les dunes auraient continuer d'avancer et le sable à se répandre sur des centaines de km. Et comme déjà dit que pousserait-il sur ce sol très pauvre, le même sable des dunes ?
Donc c'est la même forêt en gros depuis 200 ans, par contre beaucoup de choses ont changées.
Les semis de pins sont caricaturaux, les rangs sont espacés d'un passage de débroussailleuse (rare) et à touche touche dans le rang. Une bonne part du pin part en pâte à papier contrairement à avant où c'était uniquement du bois d'œuvre, donc les pins sont bons à couper plus tôt, 30 ans.
La conséquence c'est que le territoire est plus souvent occupé par des pins trop jeunes, trop serrés, proies idéales du moindre incendie même avec des circonstances défavorables, au moins tant que le houpier n'est pas suffisamment haut pour être un peu à l'abri d'un feu de broussailles de taille d'un mètre ou un mètre 50. Il y a un taux de survie de 20 % après un incendie si le houpier est brûlé je suppose que sur les pins âgés ce taux de survie est plus important. De plus les pins âgés couvrent le sol d'aiguilles ce qui bien que combustible diminue le développement des broussailles.
L'abandon progressif du gemmage depuis les années 60 n'est pas sans conséquences, forêts moins parcourues, chemin moins entretenus ou qui disparaissent complétement, parefeux idem, les pompiers en sont réduits à attendre le feu sur les routes goudronnées dans certains cas, et à combattre le feu dans des points difficilement accessibles. L'âge idéal d'un pin pour le gemmage serait après 30 ans, de 30 à 60 ans. Donc en plus des revenus de coupe il y avait des revenus de gemmage, mais c'est fini, concurrence de résines étrangères et probablement surtout pour l'utilisation principale de la térébenthine, la peinture où elle est remplacée par du white spirit.
Les pins ont brûlé cet été, ils brûleront probablement encore à l'avenir. L'habitat, les habitants et leur mode de vie ont aussi changé, ce n'était pas rare qu'il y ait des vaches, un cochon, des poules des jardins potagers, pour les vaches il faut des près, les cochons il faut les nourrir, les poules et les jardins font aussi des zones peu sensibles au feu. Tout cela protégeait un peu mieux les maisons isolées, les hameaux ou les villages des incendies. Il y avait eu quand même des dizaines de morts dans les années 1950.
Et j'ajouterai aussi le climat, avant il y avait couramment juillet, août des températures supérieures à 30°, mais ce n'était pas en continu ni la majorité. Cette année c'est le contraire, c'est les journée inférieures à 30° qui sont rares, et on a tapé les 30° déjà en mai (jamais vu) puis en juin.
On nous dit que tout va bien du coté des sommes allouées à la lutte incendie, hum hum ...
Bref dire qu'en gros c'est la même forêt qu'il y a 200 ans, c'est à la fois un peu vrai et complétement faux. Oui c'est une forêt de pins mais rien n'est pareil, ni son exploitation, apparition de la pâte à papier, disparition du gemmage, les habitants et leur mode de vie ont aussi évolué comme partout ailleurs.
Wikipedia me dit qu'un pin maritime peut vivre 500 ans, si vous en trouvez un centenaire déjà ce sera pas mal, je n'en ai jamais vu et pourtant je ne suis pas loin. Il y a d'autres essences qui peuvent pousser et qui poussent (difficilement) plus on s'éloigne du littoral, des chênes châtaigner et probablement bien d'autres, le pin n'est pas l'ennemi, c'est celui qui se débrouille le mieux de cet habitat.