• [^] # Re: Dictionnaire, mon bon dictionnaire

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien La théorie de l’évolution est mal comprise : est‐ce un problème de langue, de vocabulaire ou de psychologie ?. Évalué à 7 (+6/-0).

    Quand on parle de « théorie de l'évolution », il n'y aucune ambiguïté possible

    Je peux attester que la confusion est bien possible. J’ai le souvenir de conversations avec un ami, cultivé et ayant fait quelques années d’études à l’université et pourtant adepte des explications créationnistes, qui m’assurait que la « théorie de l’évolution » n’était « qu’une théorie », et que l’expression signifiait en réalité « hypothèse de l’évolution ». Ce cas n’est peut-être pas si isolé (l’article rappelle que la proportion des créationnistes dans la population n’est pas insignifiante).

    Je trouve quant à moi l’article intéressant sur le fond. Pour nommer les phénomènes qu’ils découvrent, les scientifiques, faute de pouvoir inventer entièrement leur langage, utilisent les approximations de la langue commune et des métaphores (ce sont des poètes : ils essayent de nommer ce qui n’a pas encore été nommé !). Le problème des métaphores c’est qu’elles conduisent parfois à supposer trop de ressemblances entre les deux phénomènes comparés. Pour prendre un exemple encore tiré de la biologie : on dit parfois que l’adn est un code (code génétique). Ce n’est qu’une métaphore. Le « code » dans la plupart des sens renvoie à une écriture et à des scripteurs (l’écriture des codes de lois, l’écriture de symboles...). Si on se laisse trop séduire par la métaphore il pourrait donc être tentant d’imaginer que le « code génétique » a été écrit par quelqu’un (l’adn comme écriture de Dieu, on en revient au même point).

    Note incidente : je me demande si quand nous entendons un mot notre cerveau ne convoque pas de façon plus ou moins inconsciente l’ensemble des sens que nous connaissons de ce mot (par exemple, quand j’entends parler des « saveurs » des leptons, une partie de moi-même ne peut pas s’empêcher de penser à des parfums de pistache ou de vanille).

    Aussi, pour ajouter un peu de perspective : en France 60 % de la population actuelle n’a pas de diplôme de l’enseignement supérieur. Certains faits scientifiques qui nous paraissent évidents ne le sont peut-être pas la majorité des Français.