J'ai eu la même expérience mais un peu plus tôt (96-97) et j'ai eu 5 au bac. :-P
Je me méfie toujours des philosophes, il y a de l'excellent comme du pur AI slop dans cette discipline. Je suis né mathématicien, j'ai vécu en mathématicien et je mourrai en mathématicien. Je suis kantien car, de tous les philosophes que j'ai lu, c'est le seul dont j'ai pu dire « nul ne peut entrer ici, s'il n'est géomètre ». ;-)
Peut-être ce passage de la préface de la deuxième édition te semblera moins chiante à lire :
Si donc il n’est pas impossible de léguer à la postérité une métaphysique systématique construite sur le plan de la critique de la raison pure, ce n’est pas un don médiocre à lui faire ; soit que l’on songe simplement à la culture que la raison peut recevoir en général en entrant dans les voies certaines de la science, au lieu d’errer dans le vide et de se livrer à de vaines divagations, comme elle le fait en l’absence de la critique ; soit que l’on cherche un meilleur emploi du temps pour une jeunesse avide de savoir, que le dogmatisme ordinaire encourage de si bonne heure et si fortement à raisonner à perte de vue sur des choses où elle n’entend rien et où elle n’entendra jamais rien, non plus que personne au monde, ou à négliger l’étude des sciences solides pour courir à la recherche de pensées et d’opinions nouvelles.
Kant, Critique de la raison pure
Et pour avoir lu toute son œuvre, ce qu'il entendait par sciences solides, c'était la logique, les mathématiques, la physique... et la métaphysique qu'il s'est efforcé de fonder. ;-)
Après, mon parcours, c'est classe prépa MPSI-MP, licences de mathématique fondamentale, maîtrise de mathématique pure et DEA de logique. C'est en licence que j'ai découvert la Critique pour les mêmes raisons que David Bessis : comprendre la nature de cette science qui occupe mon esprit en permanence, et ce fût une révélation. C'est uniquement depuis ce temps que je m'intéresse à la philosophie. En DEA, il y avait des étudiants issus soit d'un cursus mathématique (comme moi), soit d'un cursus philosophique (ils galéraient un peu sur certains sujets mathématiques, mais nos discussions étaient des plus rafraîchissante).
Cela étant son œuvre ne se limite pas à ce que l'on appelle de nos jours les sciences « dures », il a eu une influence non négligeable sur l'existence d'institutions comme la Sociétés des Nations, l'Organisation des Nations Unies ou encore l'Union Européenne (voir son opuscule Vers la paix perpétuelle). Il a appliqué le même principe que Curry-Howard au domaine du droit et, dans les facultés de droit ou de sciences politiques, il est étudié pour cela. À la question : pourquoi faut-il trois pouvoirs (le législatif, l'exécutif et le judiciaire) ? il répond que c'est nécessaire conformément à la structure formelle d'un syllogisme :
Tous les hommes sont mortels (majeure)
Socrate est un homme (mineure)
donc Socrate est mortel (conclusion)
à la majeure correspond la Loi (le pouvoir législatif), à la mineure correspond le cas ou question de fait dans un procès (le pouvoir exécutif représenté par le procureur) et enfin le juge (pouvoir judiciaire) subsume la mineure sous la majeure pour tirer la conclusion ou sentence.
Et ce qui est drôle, c'est que si l'on regarde un code informatique qui gère des permissions (via Curry-Howard), il suit le même schéma : c'est un tel syllogisme. ;-)
À la question : pourquoi tous les hommes naissent-ils libre et égaux en droit ? Il répond que c'est l'équivalent juridique du principe d'action-réaction chez Newton, et que ces deux principes ont pour fondement la forme logique des jugements disjonctifs (A ou B).
Et là on sort totalement du cadre légitime du recours à la méthode axiomatique (limitée aux mathématiques), mais la structure formelle reste identique : voilà, pour moi, l'essence de ce que Kant a apporté à la philosophie. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Au-delà du problème de Erdös
Posté par kantien . En réponse au lien Commentaire de gro-tsen sur la vidéo de Mr phi sur la résolution par LLM du problème de la distance unitaire. Évalué à 3 (+1/-0).
J'ai eu la même expérience mais un peu plus tôt (96-97) et j'ai eu 5 au bac. :-P
Je me méfie toujours des philosophes, il y a de l'excellent comme du pur AI slop dans cette discipline. Je suis né mathématicien, j'ai vécu en mathématicien et je mourrai en mathématicien. Je suis kantien car, de tous les philosophes que j'ai lu, c'est le seul dont j'ai pu dire « nul ne peut entrer ici, s'il n'est géomètre ». ;-)
Peut-être ce passage de la préface de la deuxième édition te semblera moins chiante à lire :
Et pour avoir lu toute son œuvre, ce qu'il entendait par sciences solides, c'était la logique, les mathématiques, la physique... et la métaphysique qu'il s'est efforcé de fonder. ;-)
Après, mon parcours, c'est classe prépa MPSI-MP, licences de mathématique fondamentale, maîtrise de mathématique pure et DEA de logique. C'est en licence que j'ai découvert la Critique pour les mêmes raisons que David Bessis : comprendre la nature de cette science qui occupe mon esprit en permanence, et ce fût une révélation. C'est uniquement depuis ce temps que je m'intéresse à la philosophie. En DEA, il y avait des étudiants issus soit d'un cursus mathématique (comme moi), soit d'un cursus philosophique (ils galéraient un peu sur certains sujets mathématiques, mais nos discussions étaient des plus rafraîchissante).
Cela étant son œuvre ne se limite pas à ce que l'on appelle de nos jours les sciences « dures », il a eu une influence non négligeable sur l'existence d'institutions comme la Sociétés des Nations, l'Organisation des Nations Unies ou encore l'Union Européenne (voir son opuscule Vers la paix perpétuelle). Il a appliqué le même principe que Curry-Howard au domaine du droit et, dans les facultés de droit ou de sciences politiques, il est étudié pour cela. À la question : pourquoi faut-il trois pouvoirs (le législatif, l'exécutif et le judiciaire) ? il répond que c'est nécessaire conformément à la structure formelle d'un syllogisme :
à la majeure correspond la Loi (le pouvoir législatif), à la mineure correspond le cas ou question de fait dans un procès (le pouvoir exécutif représenté par le procureur) et enfin le juge (pouvoir judiciaire) subsume la mineure sous la majeure pour tirer la conclusion ou sentence.
Et ce qui est drôle, c'est que si l'on regarde un code informatique qui gère des permissions (via Curry-Howard), il suit le même schéma : c'est un tel syllogisme. ;-)
À la question : pourquoi tous les hommes naissent-ils libre et égaux en droit ? Il répond que c'est l'équivalent juridique du principe d'action-réaction chez Newton, et que ces deux principes ont pour fondement la forme logique des jugements disjonctifs (A ou B).
Et là on sort totalement du cadre légitime du recours à la méthode axiomatique (limitée aux mathématiques), mais la structure formelle reste identique : voilà, pour moi, l'essence de ce que Kant a apporté à la philosophie. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.