À mon avis, ce qui rend si mal à l'aise par rapport aux productions "pseudo-artistiques" de l'IA, ça n'est pas qu'elles sont médiocres, c'est justement qu'elles ne sont pas assez médiocres pour être clairement et incontestablement classées comme telles. C'est notre ego qui s'en prend plein la tronche : les machines devraient être bonnes pour calculer "bêtement", et les humains sont supérieurs sur la créativité. Or, les LLM et autres générateurs d'images et de musiques prouvent au contraire que les machines se débrouillent très bien. Bien sûr, elles ne peuvent surpasser en créativité la toute petite partie de l'humanité qui innove réellement, mais elles surpassent une grande majorité des humains sur la plupart des taches : elles programment mieux qu'un humain moyen, composent mieux qu'un humain moyen, écrivent mieux qu'un humain moyen, donnent des conseils plus appropriés qu'un humain moyen, etc.
Ce qui va arriver dans les prochaines années, c'est qu'on va progressivement comprendre ce que les IA savent faire mieux que nous et ce qu'elles ne savent pas faire. Seul le temps et l'expérience vont permettre de le déterminer, parce que le fonctionnement des LLM reste très différent de tout ce qui avait pu être anticipé—qui aurait pu penser qu'un programme d'IA pourrait être capable de résumer un livre sous forme de sonnet de manière très convaincante, mais serait une quiche aux échecs?
On ne peut pas du jour au lendemain intégrer l'idée que des tâches qu'on considérait comme mobilisant fondamentalement l'intelligence humaine s'avèrent être facilement simulées par un algorithme. De toutes manières, ce qui s'ébauche, c'est que ces programmes fonctionnent mal s'ils ne sont pas supervisés, ils restent donc des outils et pas des agents autonomes.
[^] # Re: L'aspect positif (ou pas vraiment, mais bon, c'est déjà ça)
Posté par arnaudus . En réponse au journal Intelligence artificielle et problèmes réels. Évalué à 5.
À mon avis, ce qui rend si mal à l'aise par rapport aux productions "pseudo-artistiques" de l'IA, ça n'est pas qu'elles sont médiocres, c'est justement qu'elles ne sont pas assez médiocres pour être clairement et incontestablement classées comme telles. C'est notre ego qui s'en prend plein la tronche : les machines devraient être bonnes pour calculer "bêtement", et les humains sont supérieurs sur la créativité. Or, les LLM et autres générateurs d'images et de musiques prouvent au contraire que les machines se débrouillent très bien. Bien sûr, elles ne peuvent surpasser en créativité la toute petite partie de l'humanité qui innove réellement, mais elles surpassent une grande majorité des humains sur la plupart des taches : elles programment mieux qu'un humain moyen, composent mieux qu'un humain moyen, écrivent mieux qu'un humain moyen, donnent des conseils plus appropriés qu'un humain moyen, etc.
Ce qui va arriver dans les prochaines années, c'est qu'on va progressivement comprendre ce que les IA savent faire mieux que nous et ce qu'elles ne savent pas faire. Seul le temps et l'expérience vont permettre de le déterminer, parce que le fonctionnement des LLM reste très différent de tout ce qui avait pu être anticipé—qui aurait pu penser qu'un programme d'IA pourrait être capable de résumer un livre sous forme de sonnet de manière très convaincante, mais serait une quiche aux échecs?
On ne peut pas du jour au lendemain intégrer l'idée que des tâches qu'on considérait comme mobilisant fondamentalement l'intelligence humaine s'avèrent être facilement simulées par un algorithme. De toutes manières, ce qui s'ébauche, c'est que ces programmes fonctionnent mal s'ils ne sont pas supervisés, ils restent donc des outils et pas des agents autonomes.