Posté par Moonz .
En réponse au journal Le Rationalisme.
Évalué à 1.
Dernière modification le 04 février 2025 à 20:14.
Je ne veux pas me lancer dans l’exégèse de Kant ; je connais très mal le sujet, ma seule intention dans l’invocation du nom est de donner un exemple de théorie épistémologique, pas de me prétendre expert sur le sujet (ou d’en invoquer un).
Je vais juste rebondir sur quelques points qui me semblent intéressants :
Lorsqu'il dit que nous concluons de la vérité des conséquences (faits observés) à la vérité du principe, il dit que nous concluons par abduction ce qui n'est pas un principe logique valide, mais acceptable, voire nécessaire, dans la connaissance expérimentale et c'est sur cela que repose l'induction.
C’est une très bonne illustration de comment la théorie des probabilités est utilisée dans le projet ukemiste :
A => B signifie P(B | A) = 1
P(A | B) = P(B | A) P(A) / P(B) = P(A) / P(B) > P(A), autrement dit l’observation de B est un indice en faveur de A : l’abduction (pour le coup tu m’apprends le terme, même si je connaissais cette loi dans sa forme bayésienne) "bayésienne" est un principe valide.
(et le formalisme bayésien montre également clairement que P(A | B) = P(A) si P(B) = 1, autrement dit l’abduction n’est pas valide si B est une tautologie)
Ce que tu nommes la « technique interdite Kill the Buddha », j'appelle cela tout simplement le doute radicale cartésien
Non, non, le mot important et central dans la technique est cher. C’est l’observation très bête que quand tu es investi émotionnellement dans une hypothèse, c’est là que les biais importants se manifesteront le plus fortement, et qu’il va falloir être particulièrement impitoyable sur les justifications.
Je n’ai jamais été attiré par le genre de questionnement radical "est-ce que la réalité existe vraiment ?"
(chez qui peut-il faire débat ?)
Pas chez moi, mais pour me faire l’avocat du diable : comment définis-tu "simplicité" ? Je note que dans la formulation sur la page wikipedia on parle "d’entités" (je suppose d’entités ontologiques ?), et que ton extrait parle "d’hypothèses auxiliaires". Les deux ne sont pas équivalents. Quelle version est correcte ? Pourquoi ?
Ensuite vouloir mettre des probabilités dans tous les problèmes rencontrés au cours d'une vie relève d'une maladie que j'appellerai la mesurite aigu.
Ce n’est pas vraiment le but. Le but c’est des choses comme... l’exemple plus haut. Un raisonneur idéal (dans le sens de Cox) possède-t-il un principe d’abduction, ou est-ce une étape de raisonnement totalement invalide ? Peut on étudier plus en détails ce principe ? Est-ce utilisable en pratique, dans quelles conditions, et à quoi faut-il faire attention quand on l’utilise ?
Tu devrais Kill the Buddha sur l'ukémisme lui même. ;-)
L’ukemisme ne m’est pas tellement cher en vérité. C’est juste un outil. Je suis loin d’être à 100% satisfait par le pilier "théorie bayésienne des probabilités", le problème est que formaliser mes insatisfactions et arriver où elles mènent est largement au dessus de mes capacités mathématiques (actuelles ? soyons optimistes ?).
[^] # Re: Verbiage...
Posté par Moonz . En réponse au journal Le Rationalisme. Évalué à 1. Dernière modification le 04 février 2025 à 20:14.
Je ne veux pas me lancer dans l’exégèse de Kant ; je connais très mal le sujet, ma seule intention dans l’invocation du nom est de donner un exemple de théorie épistémologique, pas de me prétendre expert sur le sujet (ou d’en invoquer un).
Je vais juste rebondir sur quelques points qui me semblent intéressants :
C’est une très bonne illustration de comment la théorie des probabilités est utilisée dans le projet ukemiste :
A => B signifie P(B | A) = 1
P(A | B) = P(B | A) P(A) / P(B) = P(A) / P(B) > P(A), autrement dit l’observation de B est un indice en faveur de A : l’abduction (pour le coup tu m’apprends le terme, même si je connaissais cette loi dans sa forme bayésienne) "bayésienne" est un principe valide.
(et le formalisme bayésien montre également clairement que P(A | B) = P(A) si P(B) = 1, autrement dit l’abduction n’est pas valide si B est une tautologie)
Non, non, le mot important et central dans la technique est cher. C’est l’observation très bête que quand tu es investi émotionnellement dans une hypothèse, c’est là que les biais importants se manifesteront le plus fortement, et qu’il va falloir être particulièrement impitoyable sur les justifications.
Je n’ai jamais été attiré par le genre de questionnement radical "est-ce que la réalité existe vraiment ?"
Pas chez moi, mais pour me faire l’avocat du diable : comment définis-tu "simplicité" ? Je note que dans la formulation sur la page wikipedia on parle "d’entités" (je suppose d’entités ontologiques ?), et que ton extrait parle "d’hypothèses auxiliaires". Les deux ne sont pas équivalents. Quelle version est correcte ? Pourquoi ?
(si tu veux une approche ukemiste de cette question : https://www.lesswrong.com/posts/EL4HNa92Z95FKL9R2/a-semitechnical-introductory-dialogue-on-solomonoff-1 ; qui est également je pense un bon représentant de ce qu’est le projet ukemiste, à la relecture)
Ce n’est pas vraiment le but. Le but c’est des choses comme... l’exemple plus haut. Un raisonneur idéal (dans le sens de Cox) possède-t-il un principe d’abduction, ou est-ce une étape de raisonnement totalement invalide ? Peut on étudier plus en détails ce principe ? Est-ce utilisable en pratique, dans quelles conditions, et à quoi faut-il faire attention quand on l’utilise ?
L’ukemisme ne m’est pas tellement cher en vérité. C’est juste un outil. Je suis loin d’être à 100% satisfait par le pilier "théorie bayésienne des probabilités", le problème est que formaliser mes insatisfactions et arriver où elles mènent est largement au dessus de mes capacités mathématiques (actuelles ? soyons optimistes ?).