Je commencerais par paraphraser votre première phrase :
J'ai 82 ans, j'étais étudiant au début des années soixante quand l'informatique n'était pas un métier. J'ai donc fait des études dans un autre domaine, ingénieur EPUL (depuis devenue École Polytechnique Fédérale de Lausanne, EPFL) en génie électrique. Je me préparais à une carrière dans le domaine de la production électrique, en conséquence dans le nucléaire.
Lors d'un travail de semestre, j'ai été confronté à l'accident de la centrale de Lucens1. Lorsque j'ai vu les dégâts qui pouvaient être causés par un accident dans une micro-centrale (5 MW de puissance), j'ai changé mon fusil d'épaule et je suis devenu, et resté, un farouche opposant au nucléaire.
J'ai fait mon travail de fin d'étude sur l'asservissement des vannes des conduites forcées d'une centrale hydraulique. Il 'agit de fermer la vanne le plus rapidement possible, pour éviter une perte d'eau turbinable. Mais pas trop vite pour éviter une surpression dans la conduite pouvant la faire exploser. Bref, de trouver un optimum. La solution de l'époque, c'était un mélange entre électronique analogique et digitale. C'est ainsi que j'ai fait joujou avec un PDP-1 de DEC.
Et je suis tombé dans la marmite. C'est-à-dire que j'ai consacré ensuite toute ma carrière à ce qui n'était pas encore l'informatique.
De longues années à développer du logiciel embarqué dans des domaines très variés. Allant du calcul du mélange économiquement optimal d'un mélange de céréales pour fabriquer des aliments pour animaux, au système de contrôle du givrage des avions. En passant par le contrôle du brassage de bière, la découpe optimale des fers à béton (une dimension, c'est facile), la découpe optimale des tissus pour la confection (deux dimensions, difficile, pas de solution générale), etc.
Et j'ai fini ma carrière en enseignant programmation et algorithmique à l'école d'ingénieurs de Genève, maintenant HEPIA.
Alors, désormais, je me considère bien plus comme ingénieur en informatique que comme ingénieur en génie électrique.
Effectivement, le CFC en Suisse est très loin d'être une voie de garage. J'ai eu, à l'EPUL, des condisciples qui venait d'un CFC d'électronicien. Ils avaient évidemment complété leur formation en math et physique avant de suivre le programme de mathématique spéciale de l'EPUL, programme qui, en cas de réussite leur permettaient d'entrer de plein droit dans toutes les fillières proposées.
Et, dans les labos, ils avaient certains avantages sur ceux qui, comme moi, venait d'une formation aboutissant à la maturité (pour les Français, comprenez bac). Par exemple, ils savaient souder.
L'un de mes condisciples a d'ailleurs poursuivi jusqu'au doctorat. C'est ainsi qu'en Suisse, il est possible d'être titulaire d'un titre de docteur, sans avoir de matu (bac).
Il existe de nombreuses passerelles entre les formations. Il suffit de vouloir et de travailler. L'exemple de Loi Zimmerli nous le démontre.
# Suisse, tout comme Loi Zimmerli
Posté par abgech . En réponse au journal Formation des plus de 50 ans. Évalué à 5.
Je suis également suisse.
Je commencerais par paraphraser votre première phrase :
J'ai 82 ans, j'étais étudiant au début des années soixante quand l'informatique n'était pas un métier. J'ai donc fait des études dans un autre domaine, ingénieur EPUL (depuis devenue École Polytechnique Fédérale de Lausanne, EPFL) en génie électrique. Je me préparais à une carrière dans le domaine de la production électrique, en conséquence dans le nucléaire.
Lors d'un travail de semestre, j'ai été confronté à l'accident de la centrale de Lucens1. Lorsque j'ai vu les dégâts qui pouvaient être causés par un accident dans une micro-centrale (5 MW de puissance), j'ai changé mon fusil d'épaule et je suis devenu, et resté, un farouche opposant au nucléaire.
J'ai fait mon travail de fin d'étude sur l'asservissement des vannes des conduites forcées d'une centrale hydraulique. Il 'agit de fermer la vanne le plus rapidement possible, pour éviter une perte d'eau turbinable. Mais pas trop vite pour éviter une surpression dans la conduite pouvant la faire exploser. Bref, de trouver un optimum. La solution de l'époque, c'était un mélange entre électronique analogique et digitale. C'est ainsi que j'ai fait joujou avec un PDP-1 de DEC.
Et je suis tombé dans la marmite. C'est-à-dire que j'ai consacré ensuite toute ma carrière à ce qui n'était pas encore l'informatique.
De longues années à développer du logiciel embarqué dans des domaines très variés. Allant du calcul du mélange économiquement optimal d'un mélange de céréales pour fabriquer des aliments pour animaux, au système de contrôle du givrage des avions. En passant par le contrôle du brassage de bière, la découpe optimale des fers à béton (une dimension, c'est facile), la découpe optimale des tissus pour la confection (deux dimensions, difficile, pas de solution générale), etc.
Et j'ai fini ma carrière en enseignant programmation et algorithmique à l'école d'ingénieurs de Genève, maintenant HEPIA.
Alors, désormais, je me considère bien plus comme ingénieur en informatique que comme ingénieur en génie électrique.
Effectivement, le CFC en Suisse est très loin d'être une voie de garage. J'ai eu, à l'EPUL, des condisciples qui venait d'un CFC d'électronicien. Ils avaient évidemment complété leur formation en math et physique avant de suivre le programme de mathématique spéciale de l'EPUL, programme qui, en cas de réussite leur permettaient d'entrer de plein droit dans toutes les fillières proposées.
Et, dans les labos, ils avaient certains avantages sur ceux qui, comme moi, venait d'une formation aboutissant à la maturité (pour les Français, comprenez bac). Par exemple, ils savaient souder.
L'un de mes condisciples a d'ailleurs poursuivi jusqu'au doctorat. C'est ainsi qu'en Suisse, il est possible d'être titulaire d'un titre de docteur, sans avoir de matu (bac).
Il existe de nombreuses passerelles entre les formations. Il suffit de vouloir et de travailler. L'exemple de Loi Zimmerli nous le démontre.
1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Lucens