En 1940 Pétain s'octroie les plein pouvoirs et par définition nous avons quitté l'état de droit.
Cela se discute...En 1940, les parlementaires qui soutiennent Pétain créent un nouvel État de droit qui abandonne les valeurs de la République, en promulguant une nouvelle Constitution. Ainsi, "Liberté Égalité Fraternité" sont remplacés par "Travail Famille Patrie", la République disparaît. J'en reviens donc au valeurs de la République, seul garantie pour que l'extrême-droite ne supprime pas nos libertés.
Si tu veut être précis. Le 12 juillet 1940 ce qu'il reste de l'assemblé nationale (le PCF ayant était aboli, certains députés ne pouvant pas se rendre à Vichy à cause de la guerre par exemple) vote les pleins pouvoir au gouvernement de Vichy en vu de créer ou modifier la constitution. Il faut se replacer dans le contexte, on est à la séparation de la France en 2 : la zone "libre" et la zone occupée. La majorité du corps électoral est dans l'incapacité de voter (les femmes n'ont pas le droit de vote). L'exposé des motifs affirme « Ce Gouvernement aura la collaboration d'une représentation nationale qui jouera auprès de lui son rôle normal. » donc indique qu'une assemblée devrait faire parti du pouvoir. Au passage à ce moment là Pétain est déjà chef du gouvernement de la France depuis le 16 juin sur nomination du président.
Bref le 10 juillet 1940 le gouvernement de la France a carte blanche pour donner une nouvelle constitution au pays au vu du fait de l'invasion du territoire. Le 11 juillet son premier acte constitutionnel est de se nommer chef de l'État et le deuxième est de se donner les pouvoirs législatif, exécutif, met l'armée à sa botte et se place hors du champ de la justice en donnant droit d'amnistie et de grâce. Il est fait mention de créer une chambre pour les moments où il n'y aura pas de crise extérieure ou intérieure (spoiler ça n'arrivera pas).
Bref c'est très intéressant, mais je ne suis pas sûr de voir où tu veux en venir. Que l'État de droit soit tombé le 10 ou le 11 juillet ne change pas le fait que dans la période que tu cite, la France n'était plus un État de droit. « faire la chasse aux juifs, collaborer avec l'occupant nazi » ne s'est pas faite dans un état de droit.
Après c'est vraiment des subtilités il n'y a ni république ni démocratie sans état de droit, mais la république en soit ne veut pas forcément dire grand chose. C'est la troisième république provisoire qui colonise l'Algérie, c'est sous la première république que le massacre des Vendéens a était commis,...
Au passage ton lien tente de pointer le Front Populaire dans cette débâcle, mais c'est compliqué. Déjà parce que le FP n'existe plus depuis 2 ans au moment des faits, que l'Assemblé Nationale de l'époque est l'équivalent de notre parlement actuel. Le Sénat n'a jamais était Front Populaire. Le Front Populaire est l'alliance de 3 partis : les radicaux, la SFIO et les communistes. Les communistes sont empêchés de siégé et les radicaux ont abandonné le Front Populaire. Ramener le vote du 10 juillet à un vote des députés Front Populaire c'est à minima simpliste. Bon au passage :
Blum fait parti des 80 qui votent contre (qui sont dans leur écrasante majorité de gauche, même sans compter les radicaux)
c'est une façon "intéressante" de ne pas rappeler que Pétain était appuyé par les ligues d'extrême droite
Pierre Laval n°2 du régime de Vichy fut à gauche mais il rompt avec en 1927 et se place dans une forme de ni-ni, il utilise ses amitiés (de droite comme de gauche) pour se placer. C'est lui qui poussera la loi du 10 juillet 1940
Daladier président français du parti radical (ceux qui ont abandonné le Front Populaire 2 ans avant) en 40 est celui qui a nommé Pétain chef du gouvernement apparemment apparemment pour qu'il se plante en essayant de demander un armistice (toute ressemblance avec d'autres présidents français cherchant à donner le pouvoir à l'extrême droite pour montrer comment il se plante n'est que fortuite)
À noter que de mon point de vu il est très facile de juger aujourd'hui en ayant toutes les cartes. Le traumatisme de l'échec de 39-40 est à mon avis difficilement imaginable et je me verrais mal donner des leçon (sauf à Pétain et Laval qui on véritablement profité de la situation à des fins très personnelles).
[^] # Re: C'est pas moi, c'est l'autre.
Posté par barmic 🦦 . En réponse au lien Comment les fascistes et néonazis bâtissent la guerre civile. Évalué à 3.
Si tu veut être précis. Le 12 juillet 1940 ce qu'il reste de l'assemblé nationale (le PCF ayant était aboli, certains députés ne pouvant pas se rendre à Vichy à cause de la guerre par exemple) vote les pleins pouvoir au gouvernement de Vichy en vu de créer ou modifier la constitution. Il faut se replacer dans le contexte, on est à la séparation de la France en 2 : la zone "libre" et la zone occupée. La majorité du corps électoral est dans l'incapacité de voter (les femmes n'ont pas le droit de vote). L'exposé des motifs affirme « Ce Gouvernement aura la collaboration d'une représentation nationale qui jouera auprès de lui son rôle normal. » donc indique qu'une assemblée devrait faire parti du pouvoir. Au passage à ce moment là Pétain est déjà chef du gouvernement de la France depuis le 16 juin sur nomination du président.
Bref le 10 juillet 1940 le gouvernement de la France a carte blanche pour donner une nouvelle constitution au pays au vu du fait de l'invasion du territoire. Le 11 juillet son premier acte constitutionnel est de se nommer chef de l'État et le deuxième est de se donner les pouvoirs législatif, exécutif, met l'armée à sa botte et se place hors du champ de la justice en donnant droit d'amnistie et de grâce. Il est fait mention de créer une chambre pour les moments où il n'y aura pas de crise extérieure ou intérieure (spoiler ça n'arrivera pas).
Bref c'est très intéressant, mais je ne suis pas sûr de voir où tu veux en venir. Que l'État de droit soit tombé le 10 ou le 11 juillet ne change pas le fait que dans la période que tu cite, la France n'était plus un État de droit. « faire la chasse aux juifs, collaborer avec l'occupant nazi » ne s'est pas faite dans un état de droit.
Après c'est vraiment des subtilités il n'y a ni république ni démocratie sans état de droit, mais la république en soit ne veut pas forcément dire grand chose. C'est la troisième république provisoire qui colonise l'Algérie, c'est sous la première république que le massacre des Vendéens a était commis,...
Au passage ton lien tente de pointer le Front Populaire dans cette débâcle, mais c'est compliqué. Déjà parce que le FP n'existe plus depuis 2 ans au moment des faits, que l'Assemblé Nationale de l'époque est l'équivalent de notre parlement actuel. Le Sénat n'a jamais était Front Populaire. Le Front Populaire est l'alliance de 3 partis : les radicaux, la SFIO et les communistes. Les communistes sont empêchés de siégé et les radicaux ont abandonné le Front Populaire. Ramener le vote du 10 juillet à un vote des députés Front Populaire c'est à minima simpliste. Bon au passage :
À noter que de mon point de vu il est très facile de juger aujourd'hui en ayant toutes les cartes. Le traumatisme de l'échec de 39-40 est à mon avis difficilement imaginable et je me verrais mal donner des leçon (sauf à Pétain et Laval qui on véritablement profité de la situation à des fins très personnelles).
https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll