Des langages de balisages
[...] Pour rappel, un langage de balisage est un langage servant à définir et à structurer les informations dans un document.
Il en existe de nombreux, mais on n’évoquera que ceux qui semblent les plus connus ou les plus utilisés.
TeX le grand ancien
TeX, LaTeX et leurs prédécesseurs Roff, Nroff et Troff, auraient mérité une catégorie distincte de celle des langages de balisage : les langages de macros.
La différence entre les deux, c'est qu'il ne s'agit justement pas toujours de "définir et structurer les informations dans un document", bien souvent encadrées dans les dialectes de Markup Languages par une balise d'ouverture et de fermeture, mais de mêler le contenu du document avec des macros appelant des commandes plus ou moins complexes (parfois des programmes à part entière).
Le principe du langage TeX est la séparation du contenu de et la forme, ce qui était innovant.
[...] l’idée étant que l’auteur ou l’autrice :
puisse mettre son énergie à rédiger le contenu sans être distrait par l’apparence de son document.
En écrivant en langage LaTeX, l’utilisateur doit donc définir sémantiquement le contenu de son document plutôt que visuellement.
On avait donc un mélange du contenu et de programmes (macros), mais effectivement l'idée de LaTeX était de ne pas se préoccuper du rendu et de laisser faire le système pour obtenir un résultat professionnel et homogène.
On a eu la même transition de la présentation à la sémantique pour les langages de formattage de pages de manuel Unix de mandoc à mdoc.
On est en tout cas encore loin d'une séparation complète du contenu et de la forme !
Ce n’est pas un traitement de texte
Alors tout au contraire, c'était LE traitement de texte au sens étymologique du terme ("word processor" en VO), puisque le contenu mêlé de macros devait être interprété ou compilé pour produire un résultat adapté au support de sortie et plus riche en possibilités que le terminal texte de départ.
Comme souvent, cette expression a ensuite été complètement dévoyée pour désigner des logiciels où le seul processeur de traitement était l'utilisateur lui-même, qui devait faire tout le boulot de mise en page !!!
On a vu cela en de multiples occasions :
du passage de systèmes d'exploitation au fonctionnement scripté au cliquodrome des systèmes fenêtrés... (qui en reviennent d'ailleurs aujourd'hui avec la montée en puissance de l'automatisation)
de l'intention initiale d'un World Wide Web homogénéisant la structure de documents hypertextes à des concepteurs de pages voulant tout régler au poil de pixel près...
Quand Microsoft lance sa suite bureautique dans les années 1990, il adopte pour le traitement de texte, Word, l’extension .doc qui avait été aussi celle de WordPerfect. Word avait pour lui de montrer le rendu du texte immédiatement : le fameux WYSIWYG pour « What you see is what you get » (ce que vous voyez est ce que vous obtenez).
Ca n'a rien d'officiel, mais j'aimais bien l'acronyme un temps proposé pour traduire WYSIWYG en bon français : PETALE (Présenté à l'Ecran Tel qu'A L'Ecrit) :-)
Voilà.
Si quelqu'un veut des compléments d'information sur l'histoire des utilitaires de préparation documentaire sous Unix et ce que l'on appelle en France la "documentation automatique", j'ai pas mal abordé ces sujets dans un article sur Les dictionnaires sous Unix.
# Balises, macros et traitement de texte
Posté par HubTou (site web personnel) . En réponse à la dépêche Une histoire de formats : il n’y a pas que la taille qui compte. Évalué à 7.
Merci Ysabeau pour ce billet.
Quelques commentaires de vieux schnock :
TeX, LaTeX et leurs prédécesseurs Roff, Nroff et Troff, auraient mérité une catégorie distincte de celle des langages de balisage : les langages de macros.
La différence entre les deux, c'est qu'il ne s'agit justement pas toujours de "définir et structurer les informations dans un document", bien souvent encadrées dans les dialectes de Markup Languages par une balise d'ouverture et de fermeture, mais de mêler le contenu du document avec des macros appelant des commandes plus ou moins complexes (parfois des programmes à part entière).
On avait donc un mélange du contenu et de programmes (macros), mais effectivement l'idée de LaTeX était de ne pas se préoccuper du rendu et de laisser faire le système pour obtenir un résultat professionnel et homogène.
On a eu la même transition de la présentation à la sémantique pour les langages de formattage de pages de manuel Unix de mandoc à mdoc.
On est en tout cas encore loin d'une séparation complète du contenu et de la forme !
Alors tout au contraire, c'était LE traitement de texte au sens étymologique du terme ("word processor" en VO), puisque le contenu mêlé de macros devait être interprété ou compilé pour produire un résultat adapté au support de sortie et plus riche en possibilités que le terminal texte de départ.
Comme souvent, cette expression a ensuite été complètement dévoyée pour désigner des logiciels où le seul processeur de traitement était l'utilisateur lui-même, qui devait faire tout le boulot de mise en page !!!
On a vu cela en de multiples occasions :
Ca n'a rien d'officiel, mais j'aimais bien l'acronyme un temps proposé pour traduire WYSIWYG en bon français : PETALE (Présenté à l'Ecran Tel qu'A L'Ecrit) :-)
Voilà.
Si quelqu'un veut des compléments d'information sur l'histoire des utilitaires de préparation documentaire sous Unix et ce que l'on appelle en France la "documentation automatique", j'ai pas mal abordé ces sujets dans un article sur Les dictionnaires sous Unix.