• [^] # Re: La RIAA attaque 261 utilisateurs de réseaux P2P

    Posté par . En réponse à la dépêche La RIAA attaque 261 utilisateurs de réseaux P2P. Évalué à 2.

    D'ailleurs c'est la même chose avec les bouquins hein ... ce ne sont que des lettres.

    Sauf qu'une suite de lettres organisée a une signification évidente (dans une langue donnée), alors qu'une suite de nombres, ça reste un nombre, sans signification évidente pour un humain. Si je te montre deux nombres entiers très grands, est-ce que tu pourras, sans l'aide d'un ordinateur, reconnaître lequel est un entier aléatoire et lequel est un échantillon de son/mp3/divx/binaire/jpeg/texte ascii ?

    Puis la même chose avec les logiciels, que des 0 et 1. Donc je peux utiliser un logiciel GPL pour produire un binaire modifié sans distribuer mes modifications (pas de licence à respecter, ce ne sont que des 0 et 1), non ?

    À partir du moment où quelqu'un exécute un programme modifié qui ne respecte pas les voeux de l'auteur de la source (le programme avant modification), l'auteur est lésé. De la même manière, cela ne devrait pas poser de problème de diffuser des binaires modifiés sans les sources, tant que personne n'utilise ces binaires. Personne ne sera lésé. Si je ne m'abuse, Microsoft ne s'offusque pas qu'on fasse des millions de copies de leurs applications. Ce qu'ils veulent, c'est qu'on paye une license à l'utilisation (ou éventuellement à l'installation, ce qui sous-entend que si on installe, c'est pour utiliser). La GPL fait, comme la loi sur les droits d'auteur, l'amalgame entre le produit de l'esprit, l'algorithme, l'idée du programme, et le fichier qui n'est que le contenant de ce produit de l'esprit.

    > Finalement, si j'ai 3 millions de mp3 chez moi que je n'écoute jamais
    si c'est le cas faudra m'expliquer l'utilité de les télécharger.


    Je ne peux pas. N'empêche qu'il y a des gens qui ont la « téléchargite » et qui téléchargent des tas de trucs juste pour le plaisir d'amasser ou de collectionner. J'ai rencontré une personne qui a plusieurs centaines de CDs de mp3. Il a vraiment le temps d'écouter tout ça ?

    Sachant que tout ce qui peut être mis sur informatique est juste un grand nombre, que tout ce qui ne le peut pas est juste une association de mollécule, que tout tableau n'est qu'une suite de couleur que .... qu'est ce que peut gérer le droit d'auteur à ton avis ?

    Tu as bien écrit « tout ce qui peut être mis sur informatique » (sur support numérique en fait). Tant que l'oeuvre n'est pas mise sur support numérique, elle n'est pas un nombre. La musique que j'écoute (i.e. l'ensemble de vibrations organisées de l'air) n'est pas un nombre, mais c'est bel et bien ça, l'oeuvre. De même, la transcription de partition de musique n'est pas l'oeuvre elle-même, son enregistrement sur un support (vinyl, bande magnétique, cylindre, CD) n'est pas l'oeuvre elle-même. L'oeuvre n'apparait que lorsque le support est utilisé en conjonction avec un appareil capable de restituer l'oeuvre (un lecteur de CD, un tourne-disque, un lecteur de DVD/K7, un projecteur et un écran de télé/cinéma). Un tableau, une sculpture n'ont pas besoin de support, car le support est l'oeuvre elle-même, c'est ce qui la rend si difficile à copier. Un livre en revanche n'est qu'une transcription sur papier de la pensée de l'auteur à l'aide de symboles graphiques (les lettres), mais qui ne nécessite pas d'appareil spécialisé pour la lire (hormis un cerveau et une connaissance de la lange utilisée pour écrire). Un livre est, de nos jours, facile à copier, même sans passer par une numérisation.

    Le problème, c'est qu'il n'y a pas de moyen de faire appliquer une loi disant qu'on n'a pas le droit de « jouer/reproduire » ce qui est transcrit dans un fichier numérique, donc on amalgame le contenant et le contenu et on interdit la reproduction du contenant, alors que le contenant n'est pas l'oeuvre.

    Ce qui me gène, c'est que si je parviens à fabriquer un appareil capable de jouer un morceau 1 (soumis au droit d'auteur de A) à partir d'un nombre aléatoire, tout fichier contenant n'importe quel nombre aléatoire sera soumis au droit d'auteur de A. Le problème, c'est qu'un fichier F représentant un morceau 2 (dont l'auteur est B) pourra aussi être joué dans mon appareil, qui fera entendre le morceau 1. On sera alors en face d'un problème intéressant : le fichier F peut, selon la méthode utilisée, peut être interprété soit comme 1, soit comme 2. À qui je vais payer les droits d'auteurs ? À A ou à B ? Je pense que tant que le cerveau humain est capable de reconnaître l'oeuvre fixée sur un support, il n'y a pas (trop) de problème pour définir ce qui est l'oeuvre en question. À partir du moment où il faut un interpréteur entre le support et l'oeuvre elle-même (lecteur de CD par exemple), ça devient plus difficile à gérer.