• # adhérent != client

    Posté par . En réponse au journal De la difficulté de faire vivre une association. Évalué à 7.

    Bonjour,
    apparemment il y a un paquet de collectifs qui souffrent plus ou moins du même mal.
    Il y a plusieurs degrés d'investissements dans une asso ou tout collectif organisé (syndicat, parti politique, conseil municipal...).
    Il faut identifier quelle est la raison principale qu'on souhaite "promouvoir" qui pousse à adhérer. Si on est perçu comme "fournisseur de service" au sens large, en gros on a plus de chance d'attirer des "adhérents-clients" que des "adhérents-militants".
    Parmi les adhérents-clients il y a un petit nombre de parasites, qui pensent que la faible contribution qu'ils amènent leur donne tous les droits (on en rencontre souvent dans des assos sportives type salle de muscu). Ce sont des individualistes bouffeurs de temps et d'énergie, capables d'épuiser rapidement les meilleures volontés, qui confondent une asso de bénévoles avec une société commerciale, la parade c'est de leur rendre leur cotisation et les mettre dehors.
    Ensuite, il y a le gros des troupes, qui contribuent financièrement car ils espèrent aussi un "retour sur investissement" mais dans le fonctionnement normal de l'association (les aider à fabriquer ceci ou cela, à installer leur PC, pratiquer leur sport ou leur art etc...)
    Dans les "militants", il y a ceux qui adhèrent par conviction, et donc contribuent financièrement, mais ne prennent pas beaucoup ou pas du tout part aux activités (ni comme acteurs ni comme demandeurs), souvent ils sont géographiquement éloignés, sont membres de plusieurs collectifs, ils "militent" en participant économiquement aux collectifs mais pas au-delà.
    Enfin, il y a les adhérents-militants-acteurs, la minorité agissante, ceux qui font le gros du boulot, ils ont de l'expérience, du temps et/ou habitent à proximité. (dans les assos: souvent des retraités, des agents de la fonction publique, des privés d'emploi...).
    Souvent la dernière catégorie est la plus difficile à trouver, car d'une part nous vivons dans un système qui valorise l'individualisme et la marchandisation de tout et d'autre part tend à restreindre de plus en plus le temps et la disponibilité de chacun (travailler plus, plus longtemps, plus loin...) ce qui diminue d'autant le "vivier" de bénévoles.
    Dans les collectifs que j'ai pu observer (assos sportives, makers/réparation, musique, education populaire, syndicats, caritatifs...), la norme c'est 2% d'acteurs pour les assos sportives, 5% pour les assos culturelles/techniques, 10% pour les collectifs politiques/syndicaux/caritatifs, vision sans doute très dépendante aussi de facteurs locaux (densité de population, pauvreté, répartition des bassins d'emploi, niveau de qualification).
    En dessous d'un nombre minimal suffisant de "porteurs" du collectif ce dernier s'effondre car la charge de travail reposant sur les derniers vaillants acteurs dissuade les hésitants de prendre la relève, et peut donner lieu à toutes les dérives (burn-out, autoritarisme, détournement de l'objectif initial du collectif...)