Je n'utilise ni AOO, ni LibO, mais vous semblez tous en vouloir au projet parce qu'Oracle fut derrière il y a 10 ans.
J’en ai rien à faire qu’Oracle fut derrière il y a 10 ans, mais ces dernières années j’ai vu des gens conseiller OpenOffice sans savoir que LibreOffice existait, ils conseillaient donc un produit sacrément en retard. J’ai aussi vu des reconditionneurs de PC préinstaller OpenOffice alors qu’ils auraient pu installer LibreOffice, probablement à cause de cette même inertie. Là encore c’est l’utilisateur qui se retrouve avec un produit sacrément en retard.
Et ça c’est vraiment problématique parce que LibreOffice est bien plus compatible avec Microsoft Office, donc il y a moins de chance que 1. des gens reviennent à Microsoft Office (ou le pirate) par déception, ou 2. pensent qu’OpenOffice c’est pourri (peut-être à raison ?) mais sans même connaître l’alternative LibreOffice ni avoir essayé.
Et puis, si OpenOffice est si en retard, est-il pleinement compatible avec LibreOffice ? Pourquoi laisser prendre ce risque par ignorance et devoir gérer les problèmes et insatisfactions éventuelles si on peut conseiller LibreOffice à la place ?
Pour collaborer avec des gens je ne vois aucune raison qu’une seule personne parmi les collaborateurs utilise OpenOffice.
Je peux imaginer que des entreprises ont intérêt dans OpenOffice pour des raisons de licence, mais je ne vois aucun intérêt pour la collaboration et l’échange de document. Si LibreOffice n’était pas aussi facile d’accès pour l’utilisateur la question pourrait se poser, mais les deux sont libre et gratuit, et l’un est une version obsolète de l’autre.
À propos de « il y a 10 ans » et autres durées. OpenOffice était déjà obsolète bien avant l’apparition de LibreOffice et n’était déjà pas l’OpenOffice préinstallé ou distribué dans les distributions Linux.
L’OpenOffice préinstallé ou distribué dans les distributions Linux était Go-oo, mais ce nom n’est pas connu parce que c’était surtout un nom de code (un nom de branche ?) et que le logiciel était nommé OpenOffice, il était simplement compilé avec les patchs Go-oo.
La prise en charge des formats Office Open XML de Microsoft (.docx, etc.) c’était pas dans OpenOffice que c’était développé, c’était dans GO-Office. Les versions officielles d’OpenOffice (comme celle alors utilisée généralement sous Windows) était très en retard sur la compatibilité des formats comparé aux OpenOffice (en fait GO-Office) distribué sous Linux. Quand t’installais Ubuntu t’avais Go-oo, pareil pour Debian, SUSE et les autres.
Cette distinction entre OpenOffice et GOo-oo date de l’époque de Sun (bien avant Oracle) parce que déjà les conditions de collaboration avec Sun étaient compliquées. C’est à dire que quand Oracle a racheté Sun, Oracle n’a pas racheté Go-oo mais un produit déjà en retard, et les développeurs de Go-oo ne pouvaient pas être rachetés en rachetant Sun. Après qu’Oracle a racheté Sun des développeurs OpenOffice de chez Sun sont partis et Oracle a viré les autres. Mais Go-oo existait déjà des années avant qu’Oracle ne rachète Sun, la force d’innovation et une bonne partie de la force de travail n’était déjà plus chez Sun (ou ne l’avait jamais été). Quand Oracle a racheté Sun, OpenOffice était déjà en retard de plusieurs années.
L’usage du nom LibreOffice (l’usage d’un nouveau nom étant désormais requis pour des raisons légal) n’a fait qu’expliciter une réalité qui précède de plusieurs années le rachat de Sun (et d’OpenOffice) par Oracle.
Les informations sur Go-oo seraient aujourd’hui difficiles à trouver si Wikipédia n’avait pas conservé les informations à ce sujet Go-oo (aparté: ce n’est pas vrai de tous les projets, il y a beaucoup de deletionnistes qui suppriment des informations précieuses à tour de bras).
Citation :
Go-oo (also Go-Open Office; previously called ooo-build) is a discontinued free office suite which started as a set of patches for OpenOffice.org, then later became an independent fork of OpenOffice.org with a number of enhancements, sponsored by Novell.
ooo-build was started in 2003. The go-oo.org domain name was being used by 2005. The first separate release of Go-oo was 2.3.0, in October 2007. Go-oo was discontinued in favour of LibreOffice in September 2010.
The ooo-build patchset was started at Ximian in 2003, before that company was bought by Novell. This was originally because Sun was slow to accept outside patches to OpenOffice.org, even from corporate partners. Most Linux distributions used ooo-build rather than OpenOffice.org upstream code directly.
Since the end of 2007, various Linux distributions, including SUSE in its various forms, Debian and Ubuntu, had cooperated in maintaining Go-oo as a large set of patches to the upstream OpenOffice.org that, for various technical or bureaucratic reasons, had not been accepted (or, in some cases, even submitted) upstream.
Michael Meeks, from Novell (who also worked on OpenOffice.org and GNOME), said that the differentiation was done because Sun Microsystems wanted to preserve the right to sell the code on a proprietary basis, as they did for IBM Lotus Symphony. Sun was accused of not accepting contributions from the community. Go-oo encouraged outside contributions, with rules similar to those later adopted for LibreOffice.
In September 2010, The Document Foundation announced LibreOffice as a fully separate fork of OpenOffice.org. Go-oo was deprecated in favour of LibreOffice and Go-oo changes were incorporated into LibreOffice. LibreOffice and Collabora Online are current descendants of Go-oo.
Go-office était plus rapide, prenait en charge l’écriture de fichiers OOXML (docx, xmlx, etc.), quand OpenOffice ne pouvait que les lire, prenait en charge le SVG, savait utiliser GStreamer pour les contenus multimédia, etc.
À propos de "Sun Microsystems wanted to preserve the right to sell the code on a proprietary basis, as they did for IBM Lotus Symphony." certains diront que c’est ce même genre de motivation qui est la seule raison d’existence d’OpenOffice : ce pourquoi OpenOffice a été maintenu sous perfusion jusqu’à ce qu’Oracle le refile à la fondation Apache.
L’aventure Go-oo a commencé en 2003, trois ans seulement après que Sun ait libéré StarOffice en OpenOffice. Donc d’une certaine manière, l’aventure LibreOffice a commencé en 2003, mais c’était complètement transparent pour les utilisateurs de distribution Linux jusqu’à ce que le changement de nom vers LibreOffice soit rendu nécessaire pour des raisons légales.
The ooo-build patch set was started at Ximian in 2002, because Sun were slow to accept outside work on OpenOffice.org, even from corporate partners, and to make the build process easier on Linux. It tracked the main line of development and was not intended to constitute a fork. Most Linux distributions used, and worked together on, ooo-build.
Sun's contributions to OpenOffice.org had been declining for a number of years and some developers were unwilling to assign copyright in their work to Sun, particularly given the deal between Sun and IBM to license the code outside the LGPL. On 2 October 2007, Novell announced that ooo-build would be available as a software package called Go-oo, not merely a patch set. (The go-oo.org domain name had been in use by ooo-build as early as 2005.) Sun reacted negatively, with Simon Phipps of Sun terming it "a hostile and competitive fork". Many free software advocates worried that Go-oo was a Novell effort to incorporate Microsoft technologies, such as Office Open XML, that might be vulnerable to patent claims. However, the office suite branded "OpenOffice.org" in most Linux distributions, having previously been ooo-build, soon in fact became Go-oo.
Ah et à propos de « OpenOffice n’avait de raison d’existence que pour le code propriétaire », en plus d’IBM Symphony :
Sun used OpenOffice.org as a base for its commercial proprietary StarOffice application software, which was OpenOffice.org with some added proprietary components. Oracle bought Sun in January 2010 and quickly renamed StarOffice to Oracle Open Office.
En fait Oracle n’est qu’un acteur qui a fait plus de bruit que les autres dans le drama affectant ces projets, mais le véritable impact d’Oracle sur LibreOffice c’est le fait que LibreOffice a dû trouver un nouveau nom qu’OpenOffice... et que 10 ans après il y a encore des gens qui par ignorance utilisent un produit obsolète à cause de l’inertie des marques.
Dans tous les cas l’existence même de la séparation entre OpenOffice et Go-oo puis LibreOffice c’était la nécessité pour Sun puis Oracle de produire du code propriétaire. Et ça fait 20 ans que c’est vrai. Peut-être que 20 ans après on peut commencer à accepter cet état de fait et embrasser pleinement LibreOffice.
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[^] # Re: Aux confins de l'absurdité
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Apache OpenOffice 4.1.13. Évalué à 10. Dernière modification le 22 août 2022 à 18:38.
J’en ai rien à faire qu’Oracle fut derrière il y a 10 ans, mais ces dernières années j’ai vu des gens conseiller OpenOffice sans savoir que LibreOffice existait, ils conseillaient donc un produit sacrément en retard. J’ai aussi vu des reconditionneurs de PC préinstaller OpenOffice alors qu’ils auraient pu installer LibreOffice, probablement à cause de cette même inertie. Là encore c’est l’utilisateur qui se retrouve avec un produit sacrément en retard.
Et ça c’est vraiment problématique parce que LibreOffice est bien plus compatible avec Microsoft Office, donc il y a moins de chance que 1. des gens reviennent à Microsoft Office (ou le pirate) par déception, ou 2. pensent qu’OpenOffice c’est pourri (peut-être à raison ?) mais sans même connaître l’alternative LibreOffice ni avoir essayé.
Et puis, si OpenOffice est si en retard, est-il pleinement compatible avec LibreOffice ? Pourquoi laisser prendre ce risque par ignorance et devoir gérer les problèmes et insatisfactions éventuelles si on peut conseiller LibreOffice à la place ?
Pour collaborer avec des gens je ne vois aucune raison qu’une seule personne parmi les collaborateurs utilise OpenOffice.
Je peux imaginer que des entreprises ont intérêt dans OpenOffice pour des raisons de licence, mais je ne vois aucun intérêt pour la collaboration et l’échange de document. Si LibreOffice n’était pas aussi facile d’accès pour l’utilisateur la question pourrait se poser, mais les deux sont libre et gratuit, et l’un est une version obsolète de l’autre.
À propos de « il y a 10 ans » et autres durées. OpenOffice était déjà obsolète bien avant l’apparition de LibreOffice et n’était déjà pas l’OpenOffice préinstallé ou distribué dans les distributions Linux.
L’OpenOffice préinstallé ou distribué dans les distributions Linux était Go-oo, mais ce nom n’est pas connu parce que c’était surtout un nom de code (un nom de branche ?) et que le logiciel était nommé OpenOffice, il était simplement compilé avec les patchs Go-oo.
La prise en charge des formats Office Open XML de Microsoft (.docx, etc.) c’était pas dans OpenOffice que c’était développé, c’était dans GO-Office. Les versions officielles d’OpenOffice (comme celle alors utilisée généralement sous Windows) était très en retard sur la compatibilité des formats comparé aux OpenOffice (en fait GO-Office) distribué sous Linux. Quand t’installais Ubuntu t’avais Go-oo, pareil pour Debian, SUSE et les autres.
Cette distinction entre OpenOffice et GOo-oo date de l’époque de Sun (bien avant Oracle) parce que déjà les conditions de collaboration avec Sun étaient compliquées. C’est à dire que quand Oracle a racheté Sun, Oracle n’a pas racheté Go-oo mais un produit déjà en retard, et les développeurs de Go-oo ne pouvaient pas être rachetés en rachetant Sun. Après qu’Oracle a racheté Sun des développeurs OpenOffice de chez Sun sont partis et Oracle a viré les autres. Mais Go-oo existait déjà des années avant qu’Oracle ne rachète Sun, la force d’innovation et une bonne partie de la force de travail n’était déjà plus chez Sun (ou ne l’avait jamais été). Quand Oracle a racheté Sun, OpenOffice était déjà en retard de plusieurs années.
L’usage du nom LibreOffice (l’usage d’un nouveau nom étant désormais requis pour des raisons légal) n’a fait qu’expliciter une réalité qui précède de plusieurs années le rachat de Sun (et d’OpenOffice) par Oracle.
Les informations sur Go-oo seraient aujourd’hui difficiles à trouver si Wikipédia n’avait pas conservé les informations à ce sujet Go-oo (aparté: ce n’est pas vrai de tous les projets, il y a beaucoup de deletionnistes qui suppriment des informations précieuses à tour de bras).
Citation :
Go-office était plus rapide, prenait en charge l’écriture de fichiers OOXML (docx, xmlx, etc.), quand OpenOffice ne pouvait que les lire, prenait en charge le SVG, savait utiliser GStreamer pour les contenus multimédia, etc.
À propos de "Sun Microsystems wanted to preserve the right to sell the code on a proprietary basis, as they did for IBM Lotus Symphony." certains diront que c’est ce même genre de motivation qui est la seule raison d’existence d’OpenOffice : ce pourquoi OpenOffice a été maintenu sous perfusion jusqu’à ce qu’Oracle le refile à la fondation Apache.
L’aventure Go-oo a commencé en 2003, trois ans seulement après que Sun ait libéré StarOffice en OpenOffice. Donc d’une certaine manière, l’aventure LibreOffice a commencé en 2003, mais c’était complètement transparent pour les utilisateurs de distribution Linux jusqu’à ce que le changement de nom vers LibreOffice soit rendu nécessaire pour des raisons légales.
En fait la page Wikipédia pour OpenOffice.org précise :
Ah et à propos de « OpenOffice n’avait de raison d’existence que pour le code propriétaire », en plus d’IBM Symphony :
En fait Oracle n’est qu’un acteur qui a fait plus de bruit que les autres dans le drama affectant ces projets, mais le véritable impact d’Oracle sur LibreOffice c’est le fait que LibreOffice a dû trouver un nouveau nom qu’OpenOffice... et que 10 ans après il y a encore des gens qui par ignorance utilisent un produit obsolète à cause de l’inertie des marques.
Dans tous les cas l’existence même de la séparation entre OpenOffice et Go-oo puis LibreOffice c’était la nécessité pour Sun puis Oracle de produire du code propriétaire. Et ça fait 20 ans que c’est vrai. Peut-être que 20 ans après on peut commencer à accepter cet état de fait et embrasser pleinement LibreOffice.
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