Quasiment aucun spécialiste ne va penser que "croissance exponentielle" est du jargon (c'est au programme du bac!). Le problème c'est plutôt chez les politiciens et les journalistes qui répètent ça à tort et à travers en réutilisant l'expression en semblant complètement étrangers à l'idée que ça puisse vouloir dire autre chose que "très vite" voire "vachement vite." Si on veut des noms, les coupables que j'ai récemment entendus utiliser ce terme à bien mauvais escient sont Léa Salamé, Jean-Luc Mélanchon et Ségolène Royal, mais je n'ai aucune raison qu'ils soient les seuls.
Le problème n'est pas tellement à mes yeux l'emploi inadéquat de cette expression particulière qu'on pourrait considérer anecdotique. Le problème réside plutôt dans ce que cette anecdote trahit: apprendre a s'exprimer clairement et précisément, à être au clair sur ce que l'on sait et ne sait pas, accepter son ignorance et ne pas avoir honte de poser des questions, sont toutes choses que l'on peut mettre au cahier des charges du lycée. On aimerait savoir que notre élite sociale est formée de gens intelligents et méritants alors qu'on est obligé de voir qu'un bon lycéen les surpasse: c'est un constat aussi désagréable qu'important. (Pour l'anecdote qui a ouvert cette discussion, je n'ose pas imaginer le nombre de lycéens qui ricanent en entendant les «croissances exponentielles» abusives.)
[^] # Re: C'est bien c'est pas du tout artificiel
Posté par Michaël (site web personnel) . En réponse au journal Deux petits problèmes de math niveau lycée.. Évalué à 2.
Quasiment aucun spécialiste ne va penser que "croissance exponentielle" est du jargon (c'est au programme du bac!). Le problème c'est plutôt chez les politiciens et les journalistes qui répètent ça à tort et à travers en réutilisant l'expression en semblant complètement étrangers à l'idée que ça puisse vouloir dire autre chose que "très vite" voire "vachement vite." Si on veut des noms, les coupables que j'ai récemment entendus utiliser ce terme à bien mauvais escient sont Léa Salamé, Jean-Luc Mélanchon et Ségolène Royal, mais je n'ai aucune raison qu'ils soient les seuls.
Le problème n'est pas tellement à mes yeux l'emploi inadéquat de cette expression particulière qu'on pourrait considérer anecdotique. Le problème réside plutôt dans ce que cette anecdote trahit: apprendre a s'exprimer clairement et précisément, à être au clair sur ce que l'on sait et ne sait pas, accepter son ignorance et ne pas avoir honte de poser des questions, sont toutes choses que l'on peut mettre au cahier des charges du lycée. On aimerait savoir que notre élite sociale est formée de gens intelligents et méritants alors qu'on est obligé de voir qu'un bon lycéen les surpasse: c'est un constat aussi désagréable qu'important. (Pour l'anecdote qui a ouvert cette discussion, je n'ose pas imaginer le nombre de lycéens qui ricanent en entendant les «croissances exponentielles» abusives.)