• # D'envisager une levée des brevets sur les vaccins anti-Covid...

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Revue de presse de l'April pour la semaine 18 de l'année 2021. Évalué à 6.

    L'article sur le sujet est assez bien écrit. On y évoque les trois classes d'arguments des tenants du statu-quo. Deux sont complètements hypocrites — ça ne servira à rien, donc ne le faisons pas ; et ça pourrait détourner temporairement une partie des compétences, pour in fine aboutir à une plus forte production, cette seconde partie du raisonnement étant nécessairement omise — mais le premier me semble appeler à commentaires au delà des contre-arguments valides présentés dans l'article :

    « "La raison d’être du brevet, c’est d’être une incitation à inventer. Contrairement aux subventions publiques, c’est une incitation financière qui repose sur un mécanisme de marché. On récompense les gens qui inventent. Abroger un brevet, ça a des effets immédiats, qui ne sont pas forcément négatifs mais qui sont très symboliques. Si un État commence à considérer que les droits de propriété sont une variable d’ajustement, il met le doigt dans un engrenage qui n’est pas vraiment un bon signe quand les laboratoires commencent à se pencher sur des vaccins de deuxième génération" »

    Il repose sur le principe que le droit de propriété est inaliénable et supérieur à tous les autres droits. Étant donné les circonstances est-ce que cela ne remet pas directement en cause jusqu'à l'état de droit ? Le contrat social ne nécessite-t-il pas une approbation, ou adhésion large ? Si quelques-uns défendent un droit accessoire (la propriété) au dessus d'un droit primordial (la vie) pour beaucoup, ne risque-t-on pas d'aboutir à une remise en cause importante ?
    Comment pourra-t-on longtemps demander des efforts majeur de solidarité à des populations en difficulté — les jeunes par exemple — tout en leur expliquant que la solidarité ne peut-être qu'à sens unique ? des pauvres vers la richesse, des faibles vers la puissance ?

    N'est-ce pas là un refus en bonne et dû forme de la morale et de la logique les plus élémentaires ?
    Ce n'est pas sans évoquer une excellente portion d'article de Wikipedia qui montre comment en France au XVIIIème siècle, un droit multi-séculaire fermement fondé sur les plus élémentaires des principes moraux s'est vu remettre en cause, puis annihiler, sous la pression des milieux affairistes. D'abord partiellement endigué par un pouvoir royal fort (celui de louis XIV), ce bouleversement s'est progressivement imposé à un pouvoir de plus en plus débile. Débilité qui a conduit à la chute que l'on sait en 1789. Quelque part, ne pourrait-on pas avoir l'impression que nos gouvernements suivent la même pente ? De moins en moins appuyés sur des principes éthiques, toujours plus à l'écoute des grenouillages financiers, prêts à tromper sans vergogne ? Cette histoire de brevet n'en serait qu'un nouveau symptôme ?

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace