• # Différents types d’éditeurs scientifiques

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Journaux scientifiques en libre accès et foutoir avec les licences libres. Évalué à 10. Dernière modification le 22 avril 2021 à 21:02.

    Ces deux expériences, chez des éditeurs différents, me font penser que ces revues en libre accès ne sont que du libre washing, c’est-à-dire que les éditeurs y voient une nouvelle source de revenu (il faut payer pour publier) sans rien comprendre aux différentes licences comme les réponses que j’ai obtenues le laisse penser.

    Cela n’étonnera personne connaissant un peu le milieu de la recherche, surtout venant de Springer. C’est bien connu que les grosses boites d’édition scientifique ont adopté l’accès gratuit pour les lecteurs comme une variante de leur modèle économique plus conventionnel basé sur l’abonnement, et qu’elles suivent un peu le mouvement du libre accès uniquement parce qu’elles en tirent des bénéfices.

    Ces deux modèles de publication sont d’ailleurs habilement utilisés de concert. Par exemple, quand un article est rejeté sans peer review dans un journal comme Nature parce que l’éditeur (au sens « la personne qui décide si l’article sera envoyé à des reviewers », pas au sens « la maison d’édition » ; c’est embêtant qu’en français on n’ait pas deux mots pour publisher et editor) décide que l’article ne présente rien d’assez important ou nouveau pour être publié dans ce journal, les auteurs se voient souvent proposer de transférer leur article à Nature Communications avec la garantie qu’il sera envoyé au peer review par cet autre journal. La différence, c’est que si l’article est publié dans Nature les auteurs ne payent rien mais les lecteurs doivent avoir un abonnement, alors que pour Nature Communications l’accès est gratuit pour les lecteurs mais il y a des APC (article processing charges : des frais conséquents de l’ordre de plusieurs milliers d’euros par article) à la charge des auteurs si l’article est accepté après peer review. Donc l’éditeur (cette fois au sens publisher, maison d’édition) se sert de son journal prestigieux où tout le monde veut publier comme d’un rabatteur vers son journal open access un peu moins prestigieux mais où les auteurs seront quand même contents de payer pour avoir le mot « nature » dans le titre du journal.

    La situation des licences est probablement plus claire chez les éditeurs dont l’accès libre est le modèle principal. Par exemple les journaux de PLOS, eLife, certains journaux édités par des sociétés savantes comme l’IUCR, etc.