Témoignage personnel : il y a près de 25 ans quand j’étais à l’école (j’ai vu ça dès le collège) les enfants blancs se faisaient brimer par ceux qui pouvaient se justifier d’une autre ascendance (ce que tu appelles aujourd’hui « non-blanc » ou « racisé »). Cela allait de l’humiliation ponctuelle, au harcèlement en passant par la dénonciation mensongère.
Pour justifier leurs supériorités raciales mais éviter le mot de « race » un peu honteux, ils invoquaient leur « pedigree ». Si tu pouvais justifier d’un peu de métissage alors tu pouvais justifier un pedigree et donc de t’élever de ce qu’ils considéraient comme une sous-race à leurs yeux. Vers la même époque passait à la radio une chanson qui disait quelque chose comme « moi j’ai du pedigree oh baby » on un truc comme ça, et ça les encourageait !
Il n’y avait pas de préférence sur les origines, la majorité des enfants tenant ce comportement était d’origine Laotienne, Hmong, Vietnamienne, Cambodgienne, typiquement des enfants de familles qui avaient risqué leur vie en quittant leur pays comme boat-peoples (la génération précédente étant généralement orpheline dus à ces événements). Toute personne pouvant justifier d’au moins un parent noir avait la dignité suffisante à leurs yeux pour rentrer dans ce club élitiste, être épargné des humiliations, et participer à leurs activités. Ce qui était important pour ne pas être considéré comme indigne et inférieur, c’était d’être non-blanc. Le moindre sang mêlé était salvateur.
Autant je peux regarder ces souvenirs comme des bêtises de gamins immatures, autant j’imagine que tu n’es plus au collège. Les seuls qui s’inquiètent de ton pedigree sont les racistes, si tu ressens le besoin de commencer ton intervention par présenter ton pedigree, si tu t’inquiètes toi-même pour ton pedigree je te propose de prendre du temps pour un petit moment d’introspection, en commençant par te poser des questions comme « pourquoi ai-je spontanément pensé que présenter mon pedigree était constructif » ou « pourquoi ai-je supposé que mon pedigree donnerait de la crédibilité à mon propos » ou autres questions de ce genre.
Tu dénonces les « racisés » qui « pèchent par excès ». Il n’y a fondamentalement aucun niveau où le mot « racisé » est acceptable. Contrairement au mot « maître » par exemple, il n’y a pas d’emplois racistes et d’emplois non-racistes du mot « racisé ». Il n’y a pas d’emploi mesuré ni d’emploi à l’excès du mot « racisé ». Le mot « racisé » est fondamentalement raciste, il a été formé pour le combat racial il ne s’applique qu’aux êtres humains.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Sacrée naiveté
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal GitHub remplace la branche master par main. Évalué à 10. Dernière modification le 25 août 2020 à 21:02.
Témoignage personnel : il y a près de 25 ans quand j’étais à l’école (j’ai vu ça dès le collège) les enfants blancs se faisaient brimer par ceux qui pouvaient se justifier d’une autre ascendance (ce que tu appelles aujourd’hui « non-blanc » ou « racisé »). Cela allait de l’humiliation ponctuelle, au harcèlement en passant par la dénonciation mensongère.
Pour justifier leurs supériorités raciales mais éviter le mot de « race » un peu honteux, ils invoquaient leur « pedigree ». Si tu pouvais justifier d’un peu de métissage alors tu pouvais justifier un pedigree et donc de t’élever de ce qu’ils considéraient comme une sous-race à leurs yeux. Vers la même époque passait à la radio une chanson qui disait quelque chose comme « moi j’ai du pedigree oh baby » on un truc comme ça, et ça les encourageait !
Il n’y avait pas de préférence sur les origines, la majorité des enfants tenant ce comportement était d’origine Laotienne, Hmong, Vietnamienne, Cambodgienne, typiquement des enfants de familles qui avaient risqué leur vie en quittant leur pays comme boat-peoples (la génération précédente étant généralement orpheline dus à ces événements). Toute personne pouvant justifier d’au moins un parent noir avait la dignité suffisante à leurs yeux pour rentrer dans ce club élitiste, être épargné des humiliations, et participer à leurs activités. Ce qui était important pour ne pas être considéré comme indigne et inférieur, c’était d’être non-blanc. Le moindre sang mêlé était salvateur.
Autant je peux regarder ces souvenirs comme des bêtises de gamins immatures, autant j’imagine que tu n’es plus au collège. Les seuls qui s’inquiètent de ton pedigree sont les racistes, si tu ressens le besoin de commencer ton intervention par présenter ton pedigree, si tu t’inquiètes toi-même pour ton pedigree je te propose de prendre du temps pour un petit moment d’introspection, en commençant par te poser des questions comme « pourquoi ai-je spontanément pensé que présenter mon pedigree était constructif » ou « pourquoi ai-je supposé que mon pedigree donnerait de la crédibilité à mon propos » ou autres questions de ce genre.
Tu dénonces les « racisés » qui « pèchent par excès ». Il n’y a fondamentalement aucun niveau où le mot « racisé » est acceptable. Contrairement au mot « maître » par exemple, il n’y a pas d’emplois racistes et d’emplois non-racistes du mot « racisé ». Il n’y a pas d’emploi mesuré ni d’emploi à l’excès du mot « racisé ». Le mot « racisé » est fondamentalement raciste, il a été formé pour le combat racial il ne s’applique qu’aux êtres humains.
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