Un truc à se dire, c'est que la Novlangue est une sorte de parodie de langue, pas une langue qui pourrait réellement fonctionner en pratique. C'est une critique de techniques linguistiques naïves.
Ce que je veux dire par là, c'est que, scientifiquement, contrôler la pensée en contrôlant la langue n'est pas vraiment fondé. Une langue sans métaphores ni métonymies, ça ne peut pas exister. La langue a un peu d'influence sur notre façon de penser, mais pas trop. L'effet exact du un peu n'est d'ailleurs pas évident : est-ce que l'absence d'un mot nous encourage un peu à ne pas penser à un concept, ou bien au contraire le fait de devoir l'exprimer plus difficilement nous force à un peu mieux le comprendre ? Avant d'être une aide à construire des pensées complexes, la langue est un outil de communication. Le comportement consistant à résoudre les dissonances cognitives et, donc, à ne plus considérer à la fois comme vrais des faits qu'on considère incompatibles, est naturel : on retrouve ça même chez certains animaux.
La conséquence de tout ça, c'est que les changements de langage qu'on puisse nous glisser, même s'ils ne nous rendront du coup pas meilleurs, ils ne nous empêcheront pas de penser non plus.
Par contre, la médiatisation, contraintes et discussions qui se créent du fait de ceci peuvent faire évoluer les mentalités dans diverses directions, pas forcément productives (polarisation et tout ça), indépendamment du langage :-)
# Novlangue et linguistique
Posté par anaseto . En réponse au journal GitHub remplace la branche master par main. Évalué à 8.
Un truc à se dire, c'est que la Novlangue est une sorte de parodie de langue, pas une langue qui pourrait réellement fonctionner en pratique. C'est une critique de techniques linguistiques naïves.
Ce que je veux dire par là, c'est que, scientifiquement, contrôler la pensée en contrôlant la langue n'est pas vraiment fondé. Une langue sans métaphores ni métonymies, ça ne peut pas exister. La langue a un peu d'influence sur notre façon de penser, mais pas trop. L'effet exact du un peu n'est d'ailleurs pas évident : est-ce que l'absence d'un mot nous encourage un peu à ne pas penser à un concept, ou bien au contraire le fait de devoir l'exprimer plus difficilement nous force à un peu mieux le comprendre ? Avant d'être une aide à construire des pensées complexes, la langue est un outil de communication. Le comportement consistant à résoudre les dissonances cognitives et, donc, à ne plus considérer à la fois comme vrais des faits qu'on considère incompatibles, est naturel : on retrouve ça même chez certains animaux.
La conséquence de tout ça, c'est que les changements de langage qu'on puisse nous glisser, même s'ils ne nous rendront du coup pas meilleurs, ils ne nous empêcheront pas de penser non plus.
Par contre, la médiatisation, contraintes et discussions qui se créent du fait de ceci peuvent faire évoluer les mentalités dans diverses directions, pas forcément productives (polarisation et tout ça), indépendamment du langage :-)