De manière générale, sauf exception, un groupe dominant n'est pas au courant qu'il est dominant. Quand tu es un homme, tu ne sais pas que c'est plus dur d'être une femme dans la rue ou dans le milieu professionnel. Quand tu es blanc, tu ne sais pas que c'est plus dur d'être noir. Ce qui te fais prendre conscience des discriminations, c'est de les subir.
Notre seule chance d'améliorer le monde et d'éviter les discriminations quand on fait partie du groupe dominant, c'est d'écouter ceux qui subissent les discriminations. Une fois qu'on est au courant, on peut nier, on peut minimiser, on peut se moquer, on peut regretter le temps où on avait le droit d'étaler une culture raciste ou sexiste, on peut dire «ah oui c'est pas normal» et ne rien faire, on peut essayer de faire changer les choses, bref, on a toute une panoplie de réactions possibles.
Il est tout à fait légal d'être un vieux chnoque réactionnaire, il est même légal d'être raciste, et de nier la plupart des discriminations (sauf les crimes contre l'humanité). Mais la plupart du temps, les gens ne l'acceptent pas. Peut-être une histoire de dissonnance cognitive (on ne peut pas accepter l'image que les autres nous renvoient), je ne sais pas, je ne suis pas dans la tête des réactionnaires. Du coup, ils vont accumuler les excuses vaseuses pour ne pas changer leurs habitudes, et le résultat semble pire que s'ils ne disaient rien.
Quand on me dit "Je préfèrerais que tu n'utilises pas tel ou tel mot quand tu fais référence à telle ou telle chose", on ne me demande pas de comprendre pourquoi ma manière de m'exprimer est choquante, on me demande juste d'arrêter de le faire. En plus, on ne me l'impose pas, on m'explique que ça choque et que ça serait mieux si je ne le faisais pas. Pourquoi est-ce que je n'accepterais pas cet effort minime? Est-ce que ça réduit ma liberté d'expression que de dire "personne de petite taille" plutôt que "nain"? Moi je m'en fous pas mal, je peux penser "tiens, un nain" quand j'en croise un dans la rue, mais quand je leur parle, en quoi ça peut me gêner d'utiliser une périphrase si ça peut faire plaisir? Je ne sais pas si je suis normal ou pas, mais ça me semble relever de la sociopathie que de penser "gnark gnark gnark je vais dire «nain» devant lui rien que pour l'emmerder et lui montrer qu'il doit encaisser plutôt que de s'en prendre à ma liberté d'expression".
[^] # Re: Le racisme systémique
Posté par arnaudus . En réponse au journal GitHub remplace la branche master par main. Évalué à 7.
De manière générale, sauf exception, un groupe dominant n'est pas au courant qu'il est dominant. Quand tu es un homme, tu ne sais pas que c'est plus dur d'être une femme dans la rue ou dans le milieu professionnel. Quand tu es blanc, tu ne sais pas que c'est plus dur d'être noir. Ce qui te fais prendre conscience des discriminations, c'est de les subir.
Notre seule chance d'améliorer le monde et d'éviter les discriminations quand on fait partie du groupe dominant, c'est d'écouter ceux qui subissent les discriminations. Une fois qu'on est au courant, on peut nier, on peut minimiser, on peut se moquer, on peut regretter le temps où on avait le droit d'étaler une culture raciste ou sexiste, on peut dire «ah oui c'est pas normal» et ne rien faire, on peut essayer de faire changer les choses, bref, on a toute une panoplie de réactions possibles.
Il est tout à fait légal d'être un vieux chnoque réactionnaire, il est même légal d'être raciste, et de nier la plupart des discriminations (sauf les crimes contre l'humanité). Mais la plupart du temps, les gens ne l'acceptent pas. Peut-être une histoire de dissonnance cognitive (on ne peut pas accepter l'image que les autres nous renvoient), je ne sais pas, je ne suis pas dans la tête des réactionnaires. Du coup, ils vont accumuler les excuses vaseuses pour ne pas changer leurs habitudes, et le résultat semble pire que s'ils ne disaient rien.
Quand on me dit "Je préfèrerais que tu n'utilises pas tel ou tel mot quand tu fais référence à telle ou telle chose", on ne me demande pas de comprendre pourquoi ma manière de m'exprimer est choquante, on me demande juste d'arrêter de le faire. En plus, on ne me l'impose pas, on m'explique que ça choque et que ça serait mieux si je ne le faisais pas. Pourquoi est-ce que je n'accepterais pas cet effort minime? Est-ce que ça réduit ma liberté d'expression que de dire "personne de petite taille" plutôt que "nain"? Moi je m'en fous pas mal, je peux penser "tiens, un nain" quand j'en croise un dans la rue, mais quand je leur parle, en quoi ça peut me gêner d'utiliser une périphrase si ça peut faire plaisir? Je ne sais pas si je suis normal ou pas, mais ça me semble relever de la sociopathie que de penser "gnark gnark gnark je vais dire «nain» devant lui rien que pour l'emmerder et lui montrer qu'il doit encaisser plutôt que de s'en prendre à ma liberté d'expression".