• # Laisser faire ?

    Posté par . En réponse à la dépêche WikHaiePédia. Évalué à 10.

    Chez moi, dans une ancienne ferme que je loue, je laisse faire. Je laisse pousser ce qui veut pousser. Les "mauvaises herbes" : espèces endémiques et résistantes qui favorisent la biodiversité (insectes, oiseaux). A part le carré "jardin cultivé", le reste fait ce qu'il veut. Il me suffit de scruter au ras du sol sur quelques mètres pour me rendre compte que ça fonctionne : je vois de nombreuses plantes et de nombreux insectes différents. Contrairement à beaucoup d'autres endroits soi-disant "verts".

    Je trouve ça tellement triste que des gens dépensent autant d'énergie, de temps et d'argent (bon sang, il y en a qui PAIENT pour utiliser une MACHINE le DIMANCHE) pour transformer "la Terre" en "gazon anglais", et maintenant ce mouvement inverse : une fois qu'on a bien défoncé la biodiversité à grands coups d'activité humaine, on s'invente une bonne conscience en remettant une couche d'activité humaine pour refaire en moins bien ce qui se faisait tout seul et très bien.

    En attendant, la forêt (une réserve de biodiversité sans commune mesure avec des petits jardins) en France est gérée de façon de plus en plus industrielle (monocultures et engins lourds). L'ONF va passer dans le privé, les grosses scieries rachètent les petites, la gestion est faite de moins en moins par des gens qui connaissent le terrain précis (propriétaire qui habite à 400m, bûcheron qui a l'exclusivité du chantier depuis 20 ans..) et de plus en plus dans une approche "productivité/gros volumes"... Connaître le terrain, c'est savoir si et où le tracteur risque de s'enliser, c'est savoir quelles espèces il faut préserver car elles vont "profiter", c'est savoir à l'avance si tel bois sera bon pour la construction ou juste bon pour se chauffer, c'est savoir les vents dominants et ne pas créer d'ouvertures qui exposent aux vents violents des arbres qui ne les ont jamais connus. Vers chez moi, la scierie a obtenu de faire raser un morceau de forêt, pour agrandir la route, pour que les camions de la scierie puissent aller chercher d'autres arbres plus loin. Je n'invente rien. De plus en plus, on fait des coupes à blanc avec replantage de monoculture. Et, de l'autre côté de la route, au premier coup de vent, le propriétaire d'en face se retrouve avec la moitié de ses arbres de bordure déracinés. Dans 20 ans et face à la catastrophe, avec nos impôts on paiera des guignols à prix d'or dans des bureaux, pour décider qu'il faut planter de ci, de là, quelques feuillus parmi les résineux (ce qui se faisait tout seul dans les forêts gérées artisanalement).

    Du coup, face à la folie ordinaire et à l'approche "petit-boutiste" du problème écologique (on ne coupe jamais le mal à la racine, on ne fait qu'aménager des petites réparations quand c'est trop tard) je vois plus dans la "biodiversité plantée de jardin" un effet de mode/esthétique qu'une réelle prise de conscience. J'attends le prochain revirement, quand le "dernier chic" sera de tout aplatir de nouveau pendant que le voisin plante des buissons.

    Vivement cet été, que je vois si cette fois, ma "mauvaise herbe" préférée arrive à atteindre mes 1m80. L'été dernier elle y était presque.

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.