• [^] # Re: MOOC, pire forme d'éducation

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Open Education. Évalué à 5.

    Comme le fait remarquer Damaki, l’absence de contrainte est plus un frein qu’une qualité pour les MOOC, il faut une motivation très forte pour rester devant (passivement) quand on n’y est pas contraint, ou alors un cours d’une exceptionnelle qualité et là...

    Par ailleurs, même dans un cours magistral, en présentiel, on peut (on doit) rester à l’écoute du public et donc moduler le cours en fonction de ce qu’on perçoit de la compréhension ou de l’intérêt des personnes présentes (je sais, tout le monde ne le fait pas, j’ai eu un prof d’histoire qui m’a délivré exactement le même cours que celui qui qu’il avait délivré à un de mes oncles douze ans auparavant, couleur jaunie du papier sur lequel il lisait son cours à l’appui). Dans un MOOC, c’est impossible. On perd pas mal de gens comme cela.

    Tout le problème, je rejoins complètement aussi Damaki là-dessus, c’est qu’à un moment donné, les MOOCs en particulier et tout ce qui concerne l’elearning en général a été vanté comme la révolution en matière d’apprentissage. Sauf que, si cela peut être un outil d’apprentissage, il ne saurait remplacer le présentiel « réel » (les personnes sur place) ou « virtuel » (webcams et assimilés, avec des possibilités d’échanges comme dans une salle de cours) et, surtout, souvent, ces outils sont mal fichus.

    Je me souviens d’un salon sur l’elearning où un commercial d’une boite de solution elearning m’avait expliqué « vous mettez vos cours (le texte des cours) en ligne ». Mais, en fait ça ne peut pas marcher comme ça. Il faut concevoir le cours pour le support en tenant compte du fait que les personnes n’ont pas la capacité de demander des précisions ni de poser des questions, ce qui, en cours est évident. Comme, par ailleurs, il y a des personnes plus à l’aise que d’autres avec l’écriture (je parle côté enseignement, formation) et qu’il y a, finalement, peu de ces personnes qui sachent réellement utiliser les outils de production de l’écrit en fonction desdits outils. À savoir grosso modo, un outil de présentation n’est pas un outil pour un support de cours, sauf s’il s’agit d’une formation sur ledit outil. On a donc, souvent, des documents peu satisfaisants et peu efficaces.

    Oui, bien sur, l’enseignement à distance est une formidable et efficace opportunité, à condition qu’il y ait des vrais gens derrière.

    Et aussi un MOOC comme outil pédagogique complémentaire, oui, pourquoi pas. Cela peut même être extrêmement efficace si c’est bien intégré (et que le MOOC est bien fait). Mais laisser tout seul les personnes devant leur écran n’est pas ce qui va aider la plupart des gens (dans laquelle je m’inclus soit dit en passant).

    Je n’ai aucun avis sur systemd